Un cowboy, un jeune homme timide et deux soeurs essayent de survivre dans un monde remplie de zombies...

Sony Pictures Releasing France

Dans le genre zombiesque, on relate quelques parodies voire beaucoup de séries B interchangeables ne parvenant jamais à se débattre dans le lot (il n'y a qu'à voir le nombre ahurissant de DTV sortant par chez nous tous les mois pour le voir). Dans les années 2000, Shaun of the dead d'Edgar Wright a donné un ton parodique indéniable et est devenu culte alors qu'il s'agit d'un tout petit film anglais. Bien qu'inférieur et moins fun sur la longueur des visions, Zombieland apparaît comme une sorte de successeur mais en nettement plus friqué. Comparé à mon camarade Olivier, je serais bien plus modéré. Déjà parce que le but de cette entreprise n'est absolument pas de renouvellé le genre au même titre que ne le faisait pas le film de Wright à mon humble avis. Il s'agit purement d'un divertissement friqué qui peut se permettre d'avoir Woody Harrelson ou Bill Murray pour un caméo tout en prenant des acteurs vus par ci par là comme Jesse Eisenberg (à cette époque en passe de tourner The social network), Emma Stone (pas encore aussi connue malgré des apparitions dans Supergrave ou Easy A) ou Abigail Breslin (Little Miss Sunshine). A la différence près que contrairement à World War Z, le film malgré Sony derrière a été classé Restricted et assume donc pleinement son côté gore. Par ailleurs une suite était prévue, finalement cela a tourné en pilote pour Amazon et heureusement qu'au vue de la bande-annonce il n'a pas été pris dans la ligne directrice de la chaîne de téléchargements.

Prendre un film comme Zombieland pour une nouvelle référence serait lui donner trop d'importance, mais ce serait oublier qu'il est avant tout un film purement fun. Du divertissement en soi, ce qui ne fera pas de mal vu le piètre niveau de certaines productions horrifiques de studio. Ainsi, Zombieland joue constamment sur le côté parodique notamment avec son lot de règles à la con parsemant le film via des panneaux flottants pouvant interragir avec l'action. Des règles qui ne sont pas sans rappeler le côté meta des Scream où les codes du slasher finissaient par devenir les marques des tueurs. Ici il s'agit surtout de rigoler avec un pétochard incarné par Eisenberg qui s'est fait une raison de faire un carnet avec des rgèles. Par exemple, tapez deux fois sur un zombie pour voir s'il est bien mort, n'allez pas aux toilettes et en particulier seul ou accrochez vos ceintures cela évitera de vous faire tuer en passant par le pare-brise. Les personnages sont peut être un brin caricaturaux, faits sur mesure pour les acteurs: Harrelson joue le gros dur au coeur tendre, Eisenberg le pétochard nerd, Stone la fille dure à cuir et Breslin l'adolescente insolente. Reste que le quatuor fonctionne plutôt bien ensemble.

Indéniablement le meilleur passage du film se situe dans la maison de Bill Murray, caméo en or jouant son propre rôle avec modestie. Le passage où il rejoue Ghostbusters avec des aspirateurs est un grand moment tordu tout comme le passage où il meurt, avouant à demi mot que Garfield est la pire erreur de sa carrière (on lui dirait bien la même chose)! Le final vaut également son pesant de cacahuètes puisque se situe dans un parc d'attraction. Un vrai festival permettant à Harrelson de faire un show dantesque où il dégomme du zombie dans un stand de bonbons. Mais mon passage préféré reste indéniablement celui de la montagne-russe où le coco déglingue du zombies à tous les étages sans quitter une seule fois son siège. Le film accuse un manque de temps, ne proposant finalement qu'un road movie à tendance zombiesque où les héros deviennent une équipe. Un final un peu trop hollywoodien pour le coup, ce qui est un peu dommage avec le nerd trouvant chaussure à son pied et le vieux brisquard trouvant une fille de substitution. Un peu trop mièvre pour le coup, mais ce serait oublier le plaisir que l'on peut éprouver devant le film. 

Une comédie d'horreur jouissive à voir comme du pur divertissement.

La critique d'Alice In Oliver:

Dans les années 2000, le film Shaun of the Dead d'Edgar Wright permet de donner un nouveau souffle à l'univers des zombies. Contre toute attente, ce long-métrage horrifique sans prétention remporte un très gros succès et influence de nombreux ersartz. 
Désormais, les morts vivants peuvent être filmés sous l'angle de la comédie et de l'autodérision. Après Shaun of the Dead, un autre film va profiter du buzz sur la Toile. Son nom ? Bienvenue à Zombieland, réalisé par Ruben Fleischer en 2009. Succès surprise au moment de sa sortie, Bienvenue à Zombieland rencontrera également des critiques favorables.

Mieux encore, très vite, Bienvenue à Zombieland se taille la réputation d'un film culte en devenir. Reste à savoir si le film mérite ou non sa réputation. Personnellement, je penche clairement pour la seconde solution mais j'y reviendrai. Au niveau de la distribution, le long-métrage réunit Woody Harrelson, Jesse Eisenstein, Amber Heard, Abigal Breslin, Emma Stone, Mike White et Bill Murray.
Au niveau du scénario, peu ou prou de surprises. Clairement, Bienvenue à Zombieland n'a pas spécialement pour but d'innover le monde des zombies. Attention, SPOILERS ! Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre.

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Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l'idée d'être dévoré. C'est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie... Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d'un fusil d'assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s'entendre.
Certes, Bienvenue à Zombieland n'est pas un blockbuster et n'a pas du tout les mêmes prétentions budgétaires.

Pourtant, nous sommes bel et bien devant une production hollywoodienne avec tout ce que cela engendre comme défauts. Dans les années 1960, le genre zombie pouvait s'appuyer sur La Nuit des Morts Vivants de George A. Romero. Dans les années 70, c'est Zombie (toujours du même Romero) qui marque les esprits. Quant aux années 1980, elles sont marquées par de nombreuses références: Le Jour des Morts Vivants (encore Romero) et L'Enfer des Zombies pour ne citer que ces exemples.
Bref, tous ces films d'horreur marquent également un état d'esprit: c'est aussi le cinéma bis mais aussi un cinéma engagé qui refuse le formatage et se montre assez radical et violent dans sa forme.

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En résumé, voilà les principaux ingrédients qui manquent terriblement au film de Ruben Fleischer. Certes, on s'amuse parfois des péripéties et des aventures de nos quatre aventuriers. Oui, on relève quelques moments sympathiques. A ce sujet, comment ne pas évoquer toute la séquence se déroulant dans la demeure de Bill Murray ? Mais en gros, retirez cette dernière scène et il ne reste plus grand-chose à retenir de Bienvenue à Zombieland
Dans l'ensemble, cette comédie horrifique est beaucoup trop gentillette et standardisée pour susciter l'intérêt. Bien sûr, elle plaira probablement aux adolescents boutonneux à la recherche perpétuelle du buzz ou d'une séquence hilarante destinée à marquer les esprits.

Mais pour les fans de zombies et de productions crades, gores et insolentes, Bienvenue à Zombieland risque probablement d'atterrir dans la case "aussitôt vu, aussitôt oublié". Finalement, il y a une séquence qui reflète parfaitement cette production hollywoodienne, à savoir la conclusion finale qui se déroule dans un parc d'attraction. Certes, en soi, cette scène n'est pas forcément médiocre mais elle reste terriblement mal exploitée. En résumé, tout cela manque de fraîcheur, de sang, de gore, de toute critique sociale ou d'un quelconque message qui pourrait faire la différence.
Enfin, en dehors du personnage interprété par Woody Harrelson, les autres protagonistes ne présentent presque aucun intérêt. Bref, en quelques mots: une comédie horrifique regardable et consommable. Encore une fois, c'est ce qui définit le mieux Bienvenue à Zombieland, à savoir un produit de consommation, probablement destiné à connaître un jour ou l'autre un remake, un reboot, un préquel ou encore une suite.