Un détective animalier est engagé pour retrouver Flocon de Neige, le dauphin servant de mascotte aux Dauphins de Miami...

Ace Ventura

Comme certains le savent déjà, votre ami Borat est un fan devant l'éternel de Jim Carrey. Comique venant du Canada, ayant tourné dans un peu tout et n'importe quoi avant d'accéder à une célébrité fulgurante. En l'occurrence l'année de naissance de votre interlocteur, mais cela est une autre histoire. Parmi les quelques apparitions de l'ami Jim à l'époque, on retiendra une rockstar s'épanouissant sur Welcome to the jungle (Guns n' roses, 1987) dans La dernière cible (Buddy Van Horn, 1988), le pote de Nicolas Cage dans Peggy Sue s'est mariée (Francis Ford Coppola, 1986) ou extraterrestre coloré dans Earth girls are easy (Julien Temple, 1988). Alors quand Jim Carrey a enfin trouvé le succès, ce fut par trois films tournés coup sur coup: Ace Ventura (Tom Shadyac, 1994), The Mask (Chuck Russell) et Dumb and dumber (Farelly). Si les spectateurs retiennent davantage les deux derniers, votre cher Borat leur préfère les aventures de ce détective animalier pur et dur. Peut être parce que c'est avec Menteur menteur (Shadyac, 1997) le film qui a fait aimer cet acteur à votre interlocuteur et qui l'a profondément marqué. Dès le départ, Jim Carrey impose sa marque et confirme une chose: sans lui, le film ne tiendrait pas très longtemps.

 

balot

Son interprétation est le fil conducteur du film, sa folie furieuse fait la richesse du film, sa puissance comique héritée de Jerry Lewis permet au film d'être emprunt de sa personnalité. Tom Shadyac l'avait compris avec ce film et le fera encore sur Menteur menteur. L'acteur fait le show mais il est assez bien dirigé pour qu'on ne tombe pas dans l'acteur en roue libre. Ce qui ne s'est pas passé sur Ace Ventura en Afrique (Steve Oedekerk, 1996), où Jim Carrey alignait tellement les scènes lourdingues que cela en devenait lassant. Tout dans ce premier film semble encore contrôlé pour laisser place au comique. Ce sera pareil pour The Mask qui passera d'un comic-book sombre à un film globalement comique par sa seule présence. La trame d'Ace Ventura est très simple et est avant tout un véhicule pour l'acteur. Nous avons donc un personnage principal détective animalier en mission. Laquelle? Retrouver la mascotte des Dolphins, l'équipe de football américain de Miami, kidnappée à quelques jours du Superbowl. Le football américain est d'ailleurs assez présent dans le film allant de caméos de joueurs au méchant même, ancien joueur devenu fou après avoir raté le but de la finale. Le film baigne dans la NFL sans en être totalement lié, ce qui ramène un peu de piquant à l'ensemble.

Ace Ventura double vitrage

L'ami Dan Marino est toutefois un peu plus présent que ses collègues, le méchant ayant un gros litige contre lui. Le footballeur semble bien s'amuser dans son propre rôle, au même titre que les trois quarts des acteurs autour de Jim Carrey. On remarquera des têtes connues par ci, des âmes égarées de l'autre (Sean Young, désolé pour elle), une actrice s'apprêtant à vivre elle aussi une bonne année (Courteney Cox en plein lancement de la série Friends) et même des invités surprises (le groupe Cannibal corpse qui garde encore une image positive du tournage de leur scène). Tous participent à un délire général qui prend dans son final des proportions gargantuesques. Shadyac et Carrey vont quand même jusqu'à faire une référence particulièrement explicite à The crying game (Neil Jordan, 1992), non seulement dans le contenu même du "twist", mais aussi en reprenant la fameuse chanson du film. Le film est totalement débile (peut être plus que Dumb and dumber), mais il assume pleinement sa connerie à travers son personnage principal. Tout tourne autour d'Ace Ventura, ce personnage excentrique, voire complètement dingo aux méthodes surréalistes, allant même jusqu'à se retrouver en asile psychiatrique pour chercher des affaires du fameux Ray Finkles. Puis il s'agit certainement d'un de ces films où il est difficile de passer à la VO tant la VF marque durablement le fan avec un lot de répliques succulentes.

Un véritable régal que cette comédie où Jim Carrey est le roi du Superbowl. On en redemande encore.


 

Article initialement publié le 9 décembre 2009.