Rango un caméléon cherchant sa voie débarque par inadvertance à Poussière, ville où l'eau se fait rare. Il se fait alors passer pour le plus grand des tueurs et devient shérif...

Affiche de 'Rango'

Gore Verbinski est un touche à tout: il a débuté avec une comédie frappadingue (La souris); remaker à merveille le Ring d'Hideo Nakata; s'est basé d'une attraction pour créer la trilogie d'aventure Pirates des CaraÏbes; a même failli s'attaquer à la science fiction avec l'adaptation du jeu vidéo Bioshock (trop chère, trop violente...) et passe maintenant au western animé avec Rango. Un film d'animation ayant bénéficié de 3 ans de travail (Verbinski pensait d'ailleurs qu'un dessin animé serait plus rapide à faire... il s'est vite rétracté!) et fait en images de synthèse, avec des soupçons de motion capture. Pour le casting de voix, il n'y est pas aller de mains mortes. 

Rango

Johnny Depp, après Pirates des CaraÏbes, revient chez Verbinski dans la peau du caméléon éponyme. Isla Fisher, Abigail Breslin, Alfred Molina, Bill Nighy, Harry Dean Stanton, Ray Winstone, Timothy Olyphant et Ned Beatty. Beaucoup de dessin animé ne peuvent pas se vanter d'avoir pareille distribution. A noter que le film est en train de casser la barraque, que ce soit aux Etats Unis ou en France. Dès les premières minutes, Rango montre qu'il a du cran. Ici, ce n'est pas vraiment les enfants, mais plutôt les adultes qui sont invités à voir ce film. Alors certes il n'y a pas de violence, mais certaines choses leurs passeront au dessus de la tête.

Rango

Rango est un caméléon en quête d'identitée. Durant tout le métrage, il va essayer de devenir quelqu'un, tout en se faisant passer pour un autre. Il va alors se faire passer pour une sorte de pistolerro fou et le pire c'est qu'il se débrouille. Mais comme tout bon menteur, l'ami Rango va devoir faire face à ses actes. Verbinski rajoute une sous-intrigue intéressante, montrant les excès d'une certaine Amérique (pourquoi je penses à Las Vegas?), privant d'autres communautés d'eau pour la gaspiller de la pire manière. Cette réflexion se révèle donc amusante et bien vu. Surtout Rango est un putain de western animé.

Rango

Les codes du genre sont présents, que ce soit le chapeau, les armes à feu (pistolet et minigun notamment), la traversée du désert, ville en proie à la corruption... Le film ne manque pas d'humour. Pour cela, commençons pas le doublage français, qui est vraiment de grande qualité. Bruno Choel, voix de Johnny Depp en général, arrive à reprendre l'excentricité du personnage. Les gags visuels sont également présents, avec un Rango, sorte d'avatar de Jack Sparrow, alignant les conneries comme jamais. Par exemple, Rango lançant malencontreusement un club de golf ou dansant le Beau Danube Bleu suspendu à une chauve souris.

Sans compter les hibous mexicains particulièrement tordants. Le plus drôle revient aux références utilisées. Ainsi dès le départ, Verbinski n'hésite pas à rendre hommage à son interprète principal, en faisant attérir Rango sur la voiture d'un certain Gonzo, le personnage de Depp dans Las Vegas Parano. Lors de la poursuite en chauve souris, on notera la référence à Apocalypse now, le réalisateur n'hésitant pas à remettre La chevauchée des Walkyries. Mais la meilleure, c'est probablement l'Esprit de l'Ouest, dont je ne vous révèle point l'identité (faut garder la surprise). L'animation est tout simplement impitoyable. C'est vraiment du grand art. On voit clairement les années de travail. De quoi rivaliser avec les grands de Pixar.

Vous pensiez que le western était revenu avec True Grit? Gore Verbinski prouve le contraire avec ce western animé drôle et magnifique.