Une pluie de métérorites s'abat un peu partout dans le monde. Suite à de nombreuses attaques, les marines arrivent dans Los Angeles dans le but de protéger des civils. Sauf que la menace extraterreste finit par arriver...

World Invasion : Battle Los Angeles : Affiche

Après une promotion mémorable avec notamment deux bandes-annonces magnifiques, Battle Los Angeles (vous excuserez le fait de citer le titre original plutôt que son homologue français bien plus longuet) montre ce qu'il a vraiment sous le capeau. Aux commandes du film, Jonathan Liebesman réalisateur de Massacre à la tronçonneuse: au commencement (2007) film plus ou moins hasardeux (reboot? Préquelle? Préquelle du remake?) et par la suite du bien sinistre La colère des titans (2012) et du reboot molasson des Tortues Ninja (2014). Au casting, on retrouve Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez, Ramon Rodriguez, Bridget Moynahan, Michael Pena et le chanteur Ne-Yo. Malgré une critique plutôt assassine, le film semble avoir bien marché aux Etats Unis. On comprend assez rapidement pourquoi ces deux détails sont notables. Battle LA est un film terriblement ricain et dans tout le cliché ambiant qu'il est. Il n'est pas étonnant que l'Américain lambda soit allé voir ce film tant il transpire l'amour de son armée et de ses citoyens. Que le film de Jonathan Liebesman met en scène des soldats, très bien ce n'est pas le premier film à le faire. En revanche qu'il glorifie le soldat à outrance devient très gênant au fur et à mesure du film. Le lieutenant incarné par Eckhart est en soit un festival du gars bougon mais héroïque à qui on l'a fait pas.

World Invasion : Battle Los Angeles : Photo Jonathan Liebesman

Admirons ce dialogue en VF sur la plage: "Bonjour lieutenant! -Salut... les p'tits cons." On dirait une réplique de nanar, pourtant la réponse est tellement dans le premier degret qu'elle finit par devenir risible. Tout le film est à l'image de cette réponse: jamais fun et d'un premier degré devenant de plus en plus gênant. Pareil pour les autres soldats caractérisés dans le cliché habituel. Sauf que là où un Big Jim est particulièrement malin en utilisant parfaitement les capacités de ses protagonistes militarisés dans Aliens (1986), Liebesman en fait des caricatures inévitables avec le jeune fiancé (Ne-yo faisant les bijouteries avant d'être appelé), le garçon manqué (Rodriguez comme d'habitude dira-t-on) ou le jeune rookie qui passera rapidement à la casserole. Idem pour ce qui est des citoyens, certains allant au sacrifice pour sauver l'humanité. Si en plus il s'agit d'un père de famille, vous assistez au sermon de tonton Aaron au fiston lui disant que Papa était un bon citoyen américain et qu'il s'est battu avec dignité. Il ne manque plus que le drapeau pour chanter l'hymne américain en toute légitimité. Mieux, il se trouve que plusieurs personnages finissent par disparaître petit à petit du métrage, tant leur utilité est pauvre. A force d'accumuler les personnages sans jamais les utiliser, on arrive à ce genre de situation grotesque.

World Invasion : Battle Los Angeles : Photo Jonathan Liebesman

Tout Battle LA sent la propagande ricaine puante, au point de se demander si on ne s'est pas trompé de film en payant sa place. C'est là tout le problème de ce film: sa campagne marketing mentait sur la marchandise. Les bandes-annonces comme les affiches annonçaient un film de divertissement certes, mais jouant sur un pessimisme ambiant annonçant un spectacle loin de la propagande final. De quoi montrer aussi par la même occasion une humanité qui n'est pas prête à une invasion de cette taille. Ce genre de vision que l'on pouvait déjà voir dans Independence day de Roland Emmerich (1996) et que l'on retrouve finalement chez Liebesman. Certes dans les deux films, il y a une vision d'un monde en flamme mais aussi une idéologie douteuse transpirant l'America fuck yeah. Ici pas de président faisant de beaux discours, les soldats font le travail à sa place. On pouvait avoir des craintes vis à vis de cela dans certains propos du réalisateur, parlant de valoriser les soldats ricains se battant au front dans son film. Cela se confirme d'autant plus dans le résultat final au combien vomitif. De quoi regretter amèrement les coups de sang de Tim Burton (Mars attacks), Popaul le violent (Starship troopers) et Spielby (La guerre des mondes) auxquels semblait prédestiné ce film au vue de ses bandes-annonces.

World Invasion : Battle Los Angeles : Photo Jonathan Liebesman

Or, comme on peut le voir souvent entre la promotion et le résultat lui-même, il y a parfois un fossé impressionnant. Outre une idéologie qui laisse sérieusement à désirer, les scènes d'action ne laissent pas non plus un grand souvenir. Tourné majoritairement caméra à l'épaule afin d'être au plus près des personnages principaux, les mouvements de caméra ne sont pas toujours lisibles et on peine parfois à rentrer dans les guerillas. On a même parfois l'impression de suivre un mauvais jeu-vidéo (au passage, le jeu du film disponible uniquement sur la plateforme de téléchargement de la Playstation 3 était une catastrophe peut être plus monumentale que le film lui-même), où l'on avance, tire, avance, tire... Cela durant deux bonnes heures. De quoi lasser très rapidement, d'autant que les aventures de nos bidasses n'ont pas grand chose d'intéressant à nous offrir. Idem pour les aliens que l'on voit finalement très peu au combat, se contentant de tirer au loin, souvent à la limite du flou en arrière-plan. Honnêtement, nos chers bidasses pourraient tirer sur des afghans ou des irakiens que le résultat serait identique. Ce sont des adversaires flous, dont on comprend difficilement l'invasion et dont le seul but est de tirer à tout va. Un ennemi invisible aussi inintéressant que ses adversaires.

World Invasion : Battle Los Angeles : Photo Aaron Eckhart

Un film puant de par son idéologie, mal écrit et que l'on préfère oublier.


La critique d'Alice In Oliver

World Invasion: Battle Los Angeles, réalisé par Jonathan Liebesman, faisait partie des films les plus attendus de cette année 2011.
Il faut dire que depuis District 9, on attend avec impatience la nouvelle production qui va tenir la dragée haute au film de Neill Blomkamp.
D'ailleurs, depuis District 9, on assiste à un retour des extraterrestres dans le monde du cinéma. Une bonne nouvelle ? Pas sûr...

Et malheureusement, ce n'est pas World Invasion qui risque de marquer sur la durée. Premièrement, le scénario reste assez convenu.
A cet égard, je rappelle que le cinéma de science fiction des années 50 a souvent évoqué la venue d'aliens sur la Terre.
Pour mémoire, je renvoie à la première version de La Guerre des Mondes, réalisée en 1953.

Toutefois, le concept de World Invasion est prometteur puisqu'il propose de suivre le point de vue de quelques G.I. américains engagés dans une guerre qui les dépasse. A partir de là, Jonathan Liebesman choisit de nous faire partager les événements via le procédé de la caméra à l'épaule, donnant à son film un certain réalisme.
C'est indéniablement le point fort de World Invasion. Malheureusement, c'est presque le seul élément positif à retenir.

Tout d'abord, le scénario est trop conventionnel pour convaincre. Ensuite, World Invasion reste avant tout un film de guerre aux élans patriotiques, nos soldats en présence n'hésitant pas à se battre pour l'honneur et le drapeau.
En vérité, World Invasion pourrait se voir comme une séquelle sérieuse ou comme une suite d'Independence Day, la nanardise en moins.
Pourtant, malgré ses nombreux défauts, le film de Roland Emmerich restait sympathique.

Ce qui n'est absolument pas le cas de World Invasion. Certes, les séquences de guerre et de combat sont spectaculaires, mais finissent par lasser après une petite demie heure de bobine.
Ensuite, les protagonistes en présence sont peu attachants et totalement désincarnés. Difficile alors de se passionner pour leurs aventures.
Inutile alors de comparer World Invasion à District 9 tant le film de Liebesman manque de saveur, de passion, de fond et de réflexion.