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Genre: fantastique
Année: 1986
durée: 1h45

l'histoire: Abattu par l'armée, King Kong s'est écrasé au pied des tours new-yorkaises, mais le monstre a survécu à sa chute. Maintenu en vie par une équipe de chercheurs, la transplantation d'un coeur artificiel pourrait lui sauver la vie. Au même moment, un explorateur découvre l'existence d'un second primate géant.

La critique d'Alice In Oliver:

Non, King Kong n'est pas mort ! Certes, cela peut vous paraître aberrant puisque le singe géant était décédé à la fin du premier volet (toute version confondue: 1933, 1976 et 2005). En effet, le monstre a été sérieusement blessé par le tir de plusieurs avions envoyés par l'armée, le colosse chutant du haut des tours jumelles new-yorkaises. Donc, la logique voudrait qu'il soit mort ! Et bien, non !
Je sais, je me répète... Mais cela est nécessaire pour comprendre le scénario plus que fantaisiste et grotesque de King Kong 2 !

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Pourtant, cette suite est réalisée par John Guillermin, soit le même cinéaste qui avait signé la version de 1976, avec Jeff Bridges et Jessica Lange.
Visiblement, Guillermin n'est pas tout à fait satisfait de son premier volet et décide donc de renouveler les aventures (peu passionnantes, et le mot est faible !) de notre singe géant.

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Attention, SPOILERS ! Certes, King Kong n'est pas mort mais le primate git entre la vie et la mort. Pour le sauver, il faut trouver un coeur artificiel.
Heureux hasard, un explorateur découvre un nouveau singe géant ! Quel coup de bol ! C'est extraordinaire !
Le nouveau colosse est une femelle. Celle-ci est capturée afin de ramener King Kong à la vie.
Mais une fois arrivée sur place, la présence de la guenon géante fait chavirer le coeur de notre héros poilu.
Evidemment, nos deux tourtereaux veulent vivre un amour passionné, mais l'armée ne l'entend pas ainsi, le but étant de poursuivre les expériences sur les deux créatures. Ce qui donne lieu à quelques séquences d'une rare crétinerie.

 

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Quant au scénario, je viens de vous le présenter... Inutile de préciser que John Guillermin n'a pas peur de se tourner en ridicule avec cette suite aussi débile que lamentable. King Kong 2 fait probablement partie des pires suites jamais réalisées. Rien à sauver de cette purge, qui n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar !

La critique de Borat 

Entre le film original (Cooper, Schoedsack, 1933) et son remake (John Guillermin, 1976), King Kong avait fait son apparition dans un bon lot de films d'exploitation. On citera King Kong contre Godzilla (1962) et King Kong s'est échappé (1967) confectionné par Ishiro Honda, King Kong revient (en réalité APE de Paul Leder, 1976) ou Le colosse de Hong Kong (Ho Meng hua, 1977). Mais ce lot de films souvent décomplexés ne vous a certainement pas préparé à King Kong 2 (ou King Kong lives), la suite du premier remake toujours réalisé par Guillermin. Voyant le carton d'audience du remake à la télévision, Dino de Laurentiis (toujours là pour aller mettre de l'argent dans à peu près tout et n'importe quoi) s'était dit qu'une suite serait bien lucrative. Manque de bol pour lui (ou coup de bol pour nous), le film est un énorme flop commercial et une pantalonnade pour les critiques. L'ami Borat l'a connu par hasard en l'achetant pour trois fois rien à l'époque où il venait d'avoir son premier lecteur DVD. Ce qui est assez ironique en y repensant car il a fallu dix ans pour qu'il le mette dans un lecteur. On comprend rapidement pourquoi au vue de ce film opportuniste et franchement mauvais. 

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On peut difficilement parler de nanar (rappelons-le, un mauvais film sympathique), puisque cette suite n'a rien de sympathique et n'est pas vraiment drôle à son insu. Un peu quand même à l'image des apparitions de Kong et de sa femelle. Vraisemblablement, l'animatronique de Carlo Rambaldi a été mis définitivement aux oubliettes (cela tombe bien il n'a jamais été réellement utilisé sur le remake en raison de sa défaillance chronique) au profit du costume qui sauvait à peine les meubles crée par Rick Barker. Ce qui confirme une nouvelle fois que Rambaldi n'avait pas fait grand chose sur le premier film, mais qu'en plus il réutilise le travail de Barker tout en niant son implication. Une mauvaise foi qui se reflète dans ce film aux costumes encore plus pitoyables que ceux de Barker. On voit clairement qu'il y a des bonhommes dans les costumes et surtout les costumes sont très laids. A vrai dire à chaque fois que l'on voit les gorilles, on ne peut que pouffer de rire tellement c'est ridicule. Rambaldi a quand même fait ET et les vers de Dune (David Lynch, 1984) entretemps, on ne peut pas dire que c'était moche... Sans compter les raccords entre les décors et les mecs en costume de gorille souvent catastrophiques. 

Il faut voir la petite colline à échelle humaine avec rochers à l'appui absolument misérables (quand ils ne sont pas en carton pâte lors de scènes de lancers de pierre ou d'explosions), alors que les gorilles sont censés faire 4, 5 mètres ! Pire ils ne paraissent pas plus grand que les acteurs quand ils sont dans un même plan. Guillermin joue sur la perspective sans jamais réussir un effet concluant. Sans compter ces inserts ridicules avec Kong face à des hommes. Des inserts qui passent très mal, là ce type de plans était génial dans le film original qui fêtait ses 53 ans à l'époque. Mais bien sûr ce qu'il y a de plus mauvais dans le film, c'est bien évidemment son scénario entre l'inexistant et je-m'en-foutisme complet. Figurez vous chers amis lecteurs que le Kong n'est pas mort. Il est juste dans le coma depuis dix ans et attend en fait un don du sang d'un de ses semblables pour pouvoir  poser un coeur artificiel. Tout ça pour quoi faire? Des expériences bien sûr! Comme le gorille n'est pas né de la dernière pluie, il part par la grande porte. La gentille scientifique (Linda Hamilton dont l'après-Terminator ne fut décidemment  pas toujours rose) et le gentil aventurier (Brian Kerwin) avaient prévenu mais on n'écoute jamais les gentils gens.

On préfère écouter les méchants militaires débilos qui veulent tout faire péter, avant de se carapater une fois le danger en vue! Il faut voir le Kong en pleine baston attention. Le pauvre se prend des jets d'eau et est affaibli et aveuglé. Comprenez-le: on le tue, on le sort d'entre les morts et on essaye de le tuer une nouvelle fois. Les trois quarts du film résident en une romance improbable entre le rescapé et la donneuse. Une séquence entière montre même Kong en train de se faire gratter le dos par la femelle! Une véritable rigolade de première qui force le respect, car pour avoir l'idée d'une pareille séquence il fallait oser. Pareil pour les deux cocos copulant dans un sac de couchage et avec comme dialogue subtil :" (Kerwin) Vous êtes sûr de ce que vous venait de faire? -(Hamilton) On est des primates aussi." Ce n'est pas avec ça que l'on va s'arrêter de rire. D'ailleurs, le duo de service ne semble pas y croire entre Kerwin qui cabotine gentillement et Hamilton qui semble perdue. Ne parlons même pas du général militaire bien évidemment gueulard.

Un suite opportuniste, involontairement drôle et surtout très mauvaise.