showgirls

Genre: drame (interdit aux - 16 ans)
Année: 1995
Durée: 2h10

L'histoire: Nomi Malone, une jeune femme sexy, se rend à Las Vegas afin de devenir danseuse. Ses débuts dans une boîte de strip-tease lui ouvrent les portes de la gloire, la plongeant dans un monde cruel où l'ambition et la jalousie sont les règles du jeu.

La critique d'Alice In Oliver:

Avant de démarrer sa carrière aux Etats-Unis, Paul Verhoeven se fera connaître dans son pays (la Hollande) pour avoir signé quelques grands films.
Au hasard, on citera Turkish Délices ou encore La Chair et le Sang. La planète Hollywood finira par découvrir ce talent et à faire appel à ses services. Paul Verhoeven se distinguera avec Robocop, un classique de la science fiction, puis, avec Total Recall.

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Toutefois, c'est en 1992 que le cinéaste provoquera un petit scandale, avec Basic Instinct, un thriler sulfureux qui propulsera la carrière de Sharon Stone. Conforté par le succès public et critique de ce film aux allures érotiques, Paul Verhoeven poursuit les hostilités avec Showgirls en 1995.
C'est sans aucun doute le plus mauvais film du réalisateur, qui sera un échec cuisant au cinéma et qui déclenchera les foudres de la critique.

Showgirls est-il si mauvais que cela ? Réponse: oui ! Pourtant, à la base, le scénario est prometteur et annonce un film engagé et dénonciateur sur le monde de la danse et du showbiz.
Malheureusement, ce qui fonctionnait dans Basic Instinct ne marche plus dans ce navet teinté d'érotisme.

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L'histoire tourne autour de Nomi (Elizabeth Berkley), une jeune femme qui travaille en tant que strip-teaseuse dans une boîte de nuit.
Oui, mais voilà, Nomi est ambitieuse et gourmande (dans tous les sens du terme). La jeune femme a bien l'intention de réussir et de devenir une figure incontournable de ce monde impitoyable.

Pour cela, elle doit s'imposer face à la star du moment, une certaine Cristal (Gina Gershon). A partir de là, le film sombre lamentablement et se concentre sur la relation ambivalente (entre rivalité et homosexualité) entre les deux jeunes femmes. Au final, Paul Verhoeven a bien du mal à exploiter son scénario ainsi que ses personnages. Showgirls est donc un film qui tourne rapidement en rond et finit par oublier toute critique d'un milieu cynique, et composé de petites garces et de patrons véreux. Ensuite, Paul Verhoeven sombre parfois dans la caricature.

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Sur le fond, était-il nécessaire de se concentrer sur la relation ambivalente entre Cristal et Nomi ? Ce choix paraît peu pertinent, en sachant que le film dure également deux heures et 10 minutes. C'est long, très long.
Quant aux acteurs, pas grand chose à signaler non plus. Certes, beaucoup baveront sur les nichons d'Elizabeth Berkley.
C'est la seule surprise de ce film bancal. L'actrice ne s'en tire pas trop mal mais ne livre pas non plus une grande prestation.
En résumé, Berkley peut retourner à ses occupations, à savoir la série Sauvé par le Gong. Même chose pour les autres interprètes.
Gina Gershon n'a jamais été et ne sera jamais une grande actrice. Quant à Kyle MacLachlan, il ne sert à rien et n'apparaît plus au cinéma depuis 1985 (Dune). Je sais, j'exagère un peu mais ça fait tellement du bien de taper sur Showgirls...

La critique de Borat

Paul Verhoeven est un réalisateur qui n'a jamais fait dans la subtilité que ce soit en Hollande ou aux USA, preuve d'une fidélité exemplaire à son cinéma mélangeant sexualité et violence. Soit les beaux travers de notre société. En 1995, le Hollandais violent revient du succès polémique de Basic Instinct et compte bien continuer dans ce filon. Avec Showgirls il prévoit même d'aller plus loin que le petit thriller érotique pour faire un beau portrait au vitriol du show-biz de Las Vegas. Pour cela, il prend une jeune actrice connue du grand public et surtout des jeunes comme héroïne, à savoir Elizabeth Berkley alors vedette de Sauvés par la gong. Plusieurs années avant les héroïnes de Disney Channel cherchant à sortir de leurs habitudes avec Springbreakers, Berkley joue gros car elle passe de la petite lycéenne gentillette à une stripteaseuse montrant tout. Le genre de rôle qui vous fait exploser ou imploser une carrière de jeune actrice et malheureusement pour elle, c'est la seconde option qui arrivera. A sa sortie, le film fait polémique à cause de sa grande nudité, d'où une classification NC-17, empêchant les jeunes adolescents d'aller voir le film même accompagnés d'un adulte. De ce fait, les recettes du film n'ont pas été à plus de 38 millions de $ contre 40 de budget. Néanmoins, avec cette restriction, c'est probablement le film qui a le mieux marché! Un comble tout de même.

Showgirls est connu aussi pour son grand nombre de Razzie Awards récoltés. Ainsi, on relate les récompenses de pires film, réalisateur (Popaul a même fait le déplacement), scénario, actrice et révélation pour Berkley, couple à l'écran et bande-originale. Soit l'un des plus beaux palmarès du pire du cinéma ricain. Alors est-ce que ce film est le pire de Verhoeven? Probablement. Le principal reproche que l'on pourra faire à Verhoeven n'est pas tellement le fait de montrer des scènes de stripteases, ce qui est légitime dans la démarche du film. Néanmoins, il y aurait pu avoir un aspect sensuel et franchement torride. Or, la plupart sont racoleuses et vulgaires. Les scènes de stripteases ressemblent plus à des scènes de sexe qu'autre chose et dans ce cas-là ce n'est plus du striptease. Je pense notamment à la scène du show privé sur un Kyle MacLachlan visibilement content qui ressemble plus à du porno soft qu'à autre chose. Par là, je veux bien sûr dire que c'est limite un acte sexuel qui est provoqué. Or, le striptease même privé ne doit pas être aussi virulant et violent (MacLachlan a limite fait dans son pantalon). Dans ce sens, la scène devient réellement vulgaire et c'est le cas de plusieurs autres dont la scène de coucherie dans la piscine (beaucoup trop longue).

Le film n'a donc rien de sensuel dans sa vision du striptease et encore moins de torride. En gros, Berkley aime beaucoup se faire tripoter mais pas trop ("j'ai mes règles!"), se déshabiller en long, en large et en travers et aussi lécher très vulgairement des barres de pole dance (voir photo ci-dessus)! Pas de quoi s'exciter des masses, même si Berkley et Gine Gershon étaient plutôt en forme à l'époque. Des deux actrices, c'est d'ailleurs Gershon qui s'en sort le mieux, à la fois provoquante et maligne, le genre femme de poigne qui s'impose. Néanmoins, pas de quoi crier au génie non plus. Berkley fait le job mais est souvent monoexpressive. Il faut dire aussi que le scénario n'est pas à la hauteur à plus d'un titre. En gros, remplacez "monde de la chanson" par "monde du striptease" et vous aurez un exemple de la success-story de l'héroïne incarnée par Berkley. Soit un thème vu et revu des tonnes de fois et évidemment avec son schéma spécifique: en gros elle débarque dans la nouvelle ville (Las Vegas), monte les échelons petit à petit (du petit bar à stripteases au gros show de Vegas), prend la place de la star et une fois qu'elle découvre que le système est pourri, elle les envoie balader en partant vers de nouveaux horizons. 

Ce qui est quand même sévèrement du réchauffé, surtout pour un réalisateur comme Verhoeven habitué à être novateur dans son genre. On se souvient notamment de sa vision du méchant dans La chair et le sang où au fur et à mesure du récit, la victime et le brigand changeaient de bord. Ici, rien de novateur justement vu que l'on s'attend à à peu près toutes les étapes du récit, d'autant que le film dure 2h11. Par ailleurs, Popaul le violent veut montrer un univers absolument cynique et ne faisant pas de cadeau à ses modèles. Mais le traitement ne marche pas à cause du trop grand nombre de caricatures. Certes, Verhoeven a souvent fait dans le stéréotype (le panar sera volontairement fait dans Starship troopers), mais là cela tient du gimmick gênant. Robert Davi en patron de boîte de strip ne peut s'empêcher de débiter une phrase sans dire "cul" ou "nibard"; MacLachan est un jeune producteur ambitieux et véreux; Alan Rachins est un casteur pervers et qui aime bien taquiner ses castés (il refuse une fille à cause de son nez et quand elle se le fait refaire, il l'envoie décoller ses oreilles!); et la star d'un show viole avec ses copains la copine maquilleuse de l'héroïne. Une séquence d'ailleurs franchement gratuite et dont on se serait bien passer. En fait, elle est juste là pour donner un petit rebondissement pas très frais à une intrigue qui aurait mérité d'être un peu moins naïve.

Un navet pour le moins vulgaire, stéréotypé et indigne du talent de Paul Verhoeven.


Showgirls 1/7 par edgarette