phenomenes

genre: fantastique
année: 2008
durée: 1h30

l'histoire: En quelques minutes, des centaines de gens meurent de façon terrifiante et incompréhensible. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical du comportement humain ? Pour Elliot Moore et sa femme, ce qui importe c'est d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel.

la critique d'Alice In Oliver:

Après La jeune fille de l'eau, un film fantastique des plus ennuyeux, M. Night Shyamalan sait qu'il doit se rattraper.
Et oui, pour une fois, son précédent long-métrage est loin d'avoir fait l'unanimité. Une première pour le réalisateur de Signes, du Village, du Sixième Sens ou encore d'Incassable.

Jusque-là, M. Night Shyamalan était un cinéaste intouchable, mais probablement un peu surestimé. Visiblement, le succès aidant, le réalisateur a pris la grosse tête et semble peu concerné par la critique.
Mais Shyamalan est aussi un réalisateur prolifique. En 2008, il nous présente donc sa nouvelle péloche fantastique, Phénomènes.

Certes, Phénomènes est moins ennuyeux que son film précédent (pas trop dur non plus...), mais c'est aussi une production qui révèle les limites et toutes les failles d'un cinéaste à la dérive et en manque cruel d'inspiration.
Attention, SPOILERS ! Sans que l'on comprenne pourquoi ni comment, des centaines de gens meurent de façon terrifiante.
Les personnes se suicident et bientôt, ce phénomène mystérieux gagne de l'ampleur et semble concerner l'ensemble du territoire américain.

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Dans un premier temps, le gouvernement soupçonne une attaque terroriste ou une nouvelle forme d'épidémie. La vérité ?
Rien de tout ça ! Il s'agit tout simplement de Dame Nature, soudainement excitée par la grande capacité de l'homme à se détruire lui-même et tout ce qui l'entoure. Et oui, ce n'est un secret pour personne: en ces temps de capitalisme forcené, il faut toujours produire et construire des usines, notre atmosphère en subissant largement les conséquences, sans compter les nombreuses forêts détruites et ravagées par les machines humaines.

De ce fait, il était donc logique que la nature prenne un jour ou l'autre sa revanche, en produisant une mystérieuse substance, réduisant l'homme à du simple bétail facile à exterminer. Certes, le propos de Phénomènes s'inscrit dans la tendance écologique actuelle, qui consiste à nous alerter sur nos comportements.
Malheureusement, cette bonne idée de départ n'est jamais exploitée pour laisser place à un film franchement ridicule.

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La gros problème repose avant tout sur le scénario. Pourquoi la nature a-t-elle soudainement décidé de massacrer l'humanité ?
En effet, la pollution n'est pas un phénomène nouveau. Ensuite, la fin est totalement incompréhensible, le réalisateur étant incapable d'apporter la moindre explication à l'arrêt brutal de l'épidémie.
Au final, M. Night Shyamalan ne parvient jamais à tenir les promesses annoncées.

De ce fait, Phénomènes ressemble à un épisode pilote d'une nouvelle série, présentant son sujet mais sans lui apporter la moindre explication.
Ne parlons même pas des acteurs, unaniment mauvais. Mention spéciale à ce pauvre Mark Wahlberg, complètement à côté de la plaque, en scientifique déboussolé. Bref, après un début convaincant, le film sombre progressivement dans une certaine routine. Après La Jeune Fille de l'eau, Shyamalan signe un nouveau navet.

La critique de Borat

Ah M Night Shyamalan! Ce soi-disant cinéaste de génie qui nous soule depuis des années avec des twists de plus en plus acadabrantesques et des scénarios d'une même niveau. Voir Le village, dont la fin rend le tout totalement rigide et invraissemblable. En d'autres termes, l'art de foutre en l'air son film en une séquence. En 2008, il essaye vainement de se racheter une conduite avec Phémonènes, un film fantastique qui s'annonçait très intéressant et inquiétant dans sa bande annonce. En effet, on voyait tout un tas de personnes en train de se suicider sans aucune raison. Le réalisateur voulait comme à son habitude garder le suspense autour de son nouveau cru intrigant et qui s'annonçait sous les meilleures ospices. Manque de bol, on s'est encore fait arnaquer! Déjà rien que le casting annonce la couleur: Mark Wahlberg, qui en dehors de quelques rôles marquants (Les Infiltrès, Fighter, The Other Guys), a surtout brillé ces dernières années dans des bouses; Zooey Deschannel; ou encore ce cabotinneur hispanique de John Leguizamo.

ça donne déjà pas trop envie et c'est visible à l'écran aussi. Finalement, Phénomènes est un peu comme beaucoup de films: tout dans la bande annonce et rien dans le film. La partie gore est assez spectaculaire dans l'ensemble mais dès qu'on regarde le reste, on peut se poser des questions sur ce que consomme le réalisateur. En tous cas, je n'en veux pas. Shyamalan en bon écolo nous montre sa vision de l'apocalypse. Soit la nature nous fait tous mourir parce qu'on a été méchant avec. Certes cela peut donner quelque chose d'intéressant mais encore faut-il mettre un peu réflexion. Ce qui n'est pas le cas ici. Shyamalan ne délivre aucune tension, aucun réalisme. Prenons un exemple: vous avez un grand gros comme moi (attention je ne parle pas de moi, hein?!) lâchant un pet et mourant parce que Dame Nature a envie. Dans le film, c'est pareil avec du vent faisant donner des envies de meurtres aux humains. Débile me dites vous? Indéniablement. Intelligent? Sûrement pas.

En d'autres termes, le réalisateur veut nous faire peur avec du vent! La critique de l'Amérique des armes est pas mal aussi dans le genre lourdingue. On le sait, Shyamalan aime bien mettre des aspects post 11/09 dans ses films depuis Le village. Là, un vilain monsieur, parce qu'un gamin est sur son palier, lui tire dessus comme ça. Vraissemblablement il avait envie mais ce n'est pas à cause de Dame Nature. Et oui, elle n'est pas toujours coupable quand même. Pourquoi mettre une séquence pareille? Pour émouvoir le spectateur? Mal barré une énième fois. Shyamalan nous refourgue des intrigues familiales aussi. Deschanel a trompé son prof de Wahlberg (oui je sais, le ridicule ne tue pas) à cause d'un gâteau proposé par un mec sympa. Que c'est intéressant tout cela! A quand le mec trompé pour un Coca Cola ou encore une fille larguée parce qu'elle cuisine mal? Que dire également du final qui contredit totalement le reste du film passant du happy end improbable à la Mort revenante (avouez le, vous n'y avez pas pensé). Pas de doute, Phénomènes avait toutes les cartes en mains pour finir sur le tag "nanar" de ce blog. On ne remerciera jamais assez Shyamalan pour sa contribution aussi importante soit-elle à ce blog. Vous pouvez néanmoins être sûr que je n'irai plus jamais voir un film de ce tâcheron au cinéma.

Une bouse entre la guimauve et la connerie. Du Shyamalan des grands jours quoi.


Phénomènes - Trailer VF