Les fourmis sont asservies par les sauterelles, leur demandant toujours plus de nourriture. Le maladroit Tilt va faire tomber la récolte et essaye tant bien que mal de résoudre le problème en employant des artistes de cirque...

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Il était vraiment temps d'aborder le second long métrage des studios Pixar. Après le succès magnifique de Toy Story, les studios Disney refont appel à l'équipe de John Lasseter pour un nouveau film. Cette fois-ci, le réalisateur va s'attaquer au monde des insectes. Quasiment en même temps, le traître Jeffrey Katzemberg, ancien allié de Pixar chez Disney, alimente la concurrence avec son piètre Fourmiz, qui en dehors de caricaturer les voix de ses personnages (Stallone est la fourmi musclée et sympa quand Woody Allen est toujours aussi déprimé) et de sa parodie pas forcément légitime de Starship troopers; est surtout d'une nullité incroyable. Le film sortira peu avant 1001 pattes, mais indéniablement celui que l'on retiendra c'est le Pixar. On note la présence de Kevin Spacey et Hayden Pannetiere (l'une des victimes de Scream 4 et cheerleader de la série Heroes) dans les voix originales et celles de Patrick Poivey et Dominique Collignon Maurin (voix de Nicolas Cage) en VF. 

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Pour John Lasseter, le grand fan d'Hayao Miyazaki (grâce à lui, on a pû voir tous ses films au cinéma ou en DVD via Disney, mais dans des éditions souvent pauvres), c'est aussi l'occasion de rendre hommage à l'un des plus grands réalisateurs japonais, soit Akira Kurosawa. Ainsi, 1001 pattes est une sorte de parodie des Sept samouraÏs, autrefois "remaké" à la sauce western par John Sturges. Le film est certes moins ambitieux scénaristiquement que le précédant effort (c'est d'ailleurs malheureusement leur film le moins bien considéré avant la débâcle improbable autour de Cars 2, faites par une presse désireuse de tacler enfin le studio), le studio a encore emboîté le pas niveau animation, histoire d'avancer encore plus dans la technologie de pointe. Le réalisme et le sens du détail sont accentués. Le monde vu d'une fourmi s'avère fascinant voire poétique. Pas toujours non plus comme le prouve le bar dans une boîte de conserve! 

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Le film se révèle intéressant et malgré son postulat de départ très référenciel, finit par trouver sa place. Le but n'étant pas de foutre sur la gueule mais de montrer ses valeurs face à l'envahisseur. On peut voir ici un hymne contre le racisme. Un propos qui passera peut être à côté pour certains, mais indéniablement on le ressent avec le recul. On suit en particulier le personnage de Tilt, une fourmi mâle à l'imagination débordante, mais accumulant les bourdes. Il a alors l'idée de prendre des insectes plus forts que lui et plus gros, histoire de faire le poids face aux sauterelles. Malheureusement pour lui, il tombe sur de véritables bras cassés! On a Marcel (clin d'oeil au vêtement de John McClane doublé par Poivey?) une coccinelle mâle au franc parler indécrotable; une mente religieuse magicienne et son assistante papillon; un scarabé aimant être chatouillé; une araignée qui loupe ses lancés; une brindille parlante; Heimlich la chenille bouffie à l'accent allemand à couper au couteau; et des poux parlant un charabia incompréhensibles. 

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Dans le genre agence de mercenaires bidons, elle se pose là celle là! Inévitablement, on se tapera une petite romance entre l'ouvrier connaux et la princesse un peu nunuche. Mais bon, on s'amuse bien avec ces 1001 pattes. Preuve en est ce show des enfants affreusement déprimant (les clowns apprenent légèrement qu'ils vont clampser sur le champ de bataille!), la scène du bar (la réplique servant de titre à cet article en est un merveilleux exemple) ou la bataille finale (la brindille faisant le mort tandis que le Borgne passe à la casserole). Pixar sait également que pour un bon film, il faut souvent un bon méchant. C'est le cas du Borgne, véritable salopard en puissance, n'hésitant pas à tuer pour assouvir ses pulsions (le passage avec les graines). Une dimension assez adulte pour un film soi-disant pour enfants. Du grand dessin animé quoi, pouvant s'adresser à tous les publics.

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Un superbe Pixar souvent comique et à l'aspect Kurosawaien (je sais, j'invente) savoureux.

La critique d'Alice In Oliver:

Avec 1001 Pattes, réalisé par Andrew Stanton et John Lasseter , et produit par Walt Disney Pictures en 1998, Pixar se démarque déjà par son son style et son savoir-faire. A l'époque, Pixar en est encore à ses balbutiements puisque 1001 Pattes constitue son second long-métrage d'animation.
Néanmoins, au niveaux des voix françaises et américaines, on trouve déjà la présence de noms très connus, entre autres, Kevin Spacey (pour le doublage américain) et Henri Guybet (pour le doublage français). A l'époque de sa sortie, 1001 Pattes est déjà en concurrence avec Fourmiz, produit et réalisé par les studios Dreamworks.

Comme son nom l'indique, Fourmiz se concentre lui aussi sur une communauté d'insectes. Reste à savoir si 1001 Pattes lui est ou non supérieur. C'est mal connaître Andrew Stanton et John Lasseter, véritables bourreaux de travail. Pour eux, chaque séquence, chaque idée doit être pensée, analysée et retravaillée. Le scénario est donc modifié plusieurs fois et nous plonge dans un univers à part entière.
Que les choses soient claires: 1001 Pattes est un véritable enchantement et se révèle largement supérieur à Fourmiz.

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Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire. Attention, SPOILERS ! Tilt, fourmi quelque peu tête en l'air, détruit par inadvertance la récolte de la saison. La fourmilière est dans tous ses états. En effet cette bévue va rendre fou de rage le Borgne, méchant insecte qui chaque été fait main basse sur une partie de la récolte avec sa bande de sauterelles racketteuses. 
Fou de rage, ce dernier annonce qu'il reviendra à l'automne prélever le double de sa ration habituelle. Tilt décide alors, pour se faire pardonner, de quitter l'île pour recruter des mercenaires capables de chasser le Borgne.

A la base, le projet de réaliser 1001 Pattes remonte à 1994. Il aura donc fallu quatre années pour écrire et concevoir ce film d'animation. Comme je l'ai déjà souligné, 1001 Pattes est largement supérieur à Fourmiz. Mieux encore, le film produit par Pixar explose le derche au long-métrage réalisé par Dreamworks et ce, dans ses moindres détails. Déjà, graphiquement, rien à redire.
Chaque image, chaque insecte et chaque détail semblent avoir été visionnés plusieurs fois. Surtout, chaque élément se retrouve associé à une histoire concrète et à des personnages attachants.

Chez Pixar, chaque protagoniste (même les protagonistes secondaires) joue un rôle important et possède une personnalité qui lui est propre. Ainsi, 1001 Pattes nous plonge dans une société hiérarchique et parfaitement organisée dans laquelle chaque insecte vient apporter sa pierre à l'édifice.
Impossible de ne pas y voir ici la critique du modèle capitaliste avec ses castes et ses luttes pour le pouvoir. En résumé, le monde des fourmis ressemble à s'y méprendre à celui des humains. De ce fait, on s'identifie facilement aux personnages. 
Ensuite, le film propose plusieurs séquences à couper le souffle. C'est par exemple le cas des séquences aériennes. Enfin, Pixar n'oublie jamais à qui il s'adresse prioritairement, donc au jeune public, qui devrait logiquement se régaler devant cette aventure riche en rebondissements. Du tout bon, donc !

 
A Bug's Life - Teaser Trailer