Ripley est retrouvée par une agence. Le problème étant qu'elle a dérivé dans l'Espace pendant cinquante ans et on l'accuse de dire des mensonges au sujet de la destruction du Nostromos. Elle doit alors retourner sur la planète de l'Alien, en compagnie d'un commando bien armé...

20th Century Fox

En 1986, James Cameron ressort de son premier succès Terminator qui lui ouvre de nombreuses portes. La première sera de donner suite à Alien, le film culte de Ridley Scott.  Un challenge risqué qu'essaye de donner lieu la Fox depuis plus de cinq ans.Dès le tournage aux studios Pinewood, le futur réalisateur d'Avatar se prend des batons dans les roues de la part des anglais, n'acceptant pas que l'on puisse faire une suite sans Ridley Scott. Cameron a donc une pression énorme derrière lui. Sigourney Weaver rempile dans le rôle de Ripley et donnera son soutien à Cameron malgré ses conditions de tournage drastiques et infernales. En d'autres termes, si tu veux pas bosser, tu dégages! Une leçon qu'il a retenu depuis qu'il s'est fait viré de Piranha 2. L'actrice fera position contre la Fox, disant que si Cameron ne pouvait avoir un Director's cut, elle ne ferait pas d'Alien 3. Face à cela, la Fox n'a pu dire non.

Sigourney Weaver et Carrie Henn. 20th Century Fox

Comme le dit le titre et comparé au premier, ce second volet ne comportera pas un mais une flopée d'Aliens! De plus, Cameron et son épouse Gale Anne Hurd ont le mérite de donner une vision inédite de la saga, transcendant totalement le premier volet. Ripley se voit déchue à son retour à la réalité. Elle se fait insulté de menteuse face à un tribunal sans scrupule et faisant croire qu'ils ne savent pas de quoi elle parle. En fait, ils savent très bien ce qui s'est passé, ayant installé une colonie sur la planète de l'Alien. Le problème étant que la colonie s'est fait décimée, donc on renvoie la Ripley à la mort histoire d'être tranquille. Notre héroïne apparaît comme une sorte d'emmerdeuse et sait beaucoup trop de choses. Le personnage de Paul Reiser est la preuve de ce je-m'en-foutisme. Il préfère faire tuer des innocents que de perdre de l'argent. 

20th Century Fox

Le problème n'étant plus un robot mais un homme. L'équipe de mercenaires est composé de quelques acteurs fétiches du cinéastes: Michael Biehn (Kyle Reese dans Terminator), Bill Paxton, Lance Henriksen (Piranha 2, Terminator) et Jenette Goldstein (future mère adoptive de John Connor dans T2). Une vraie équipe de choc, forte en gueule et combattante contre toute-attente. Cameron a également la bonne idée de donner un instinct maternel à Ripley. Elle ne s'est jamais occupée de sa fille et apprend subitement qu'elle est morte tandis qu'elle a encore toute sa jeunesse grâce aux lits à refroidissement. Elle aurait dû mourir avant elle. En rencontrant la petite Newt, elle va retrouver cet aspect maternel qu'elle n'a jamais eu avec son propre enfant. Tel une mère digne de ce nom, elle va protéger l'enfant contre des aliens plus robustes que jamais.

En tuer un était déjà dur, alors en tuer plusieurs se révèle être une véritable épreuve. Nos héros sont certes armés mais les aliens peuvent être partout et se dissimuler notamment dans les cages d'aération. Cameron laisse également place au spectacle avec des fusillades de folie, un crash de vaisseau spectaculaire et des climax en veux tu en voilà. Clairement, Cameron instaure une tension tout en donnant lieu à un film d'action bourrin au possible. On n'en perd par une miette et le réalisateur signe une parfaite antithèse du film de Scott. La marque du King of the world est bel et bien là. Alors qu'elle était un peu froide mais charismatique, Weaver se révèle plus humaine que jamais, faisant rentrer définitivement Ripley dans les icônes de la science fiction et tant mieux! Les autres acteurs sont impeccables également. Cameron a également la bonne idée de donner lieu à deux climax (chose qu'il fait quasiment à chacun de ses films) dont un affrontement titanesque entre Ripley et la Reine alien. 

 Sigourney Weaver, James Cameron dans Aliens le retour (Photo Christophe L)

Une suite supérieure au premier volet, en partie grâce à son côté bourrin et l'aspect humain renforcé.

La critique d'Alice In Oliver:

Sept ans après Alien Le Huitième passager, le chef d'oeuvre de Ridley Scott, une suite est lancée au cinéma, sous la direction de James Cameron.
Le piège est évidemment de sombrer dans la séquelle, le premier volet étant un modèle de terreur et d'angoisse.
Toutefois, James Cameron connaît bien son sujet et avait déjà sévi derrière la production de La Galaxie de la Terreur, un film d'horreur très inspiré par le long métrage de Ridley Scott. En vérité, c'est une sorte de brouillon de ce que va devenir Aliens, le retour.

Au niveau de son ambiance et de sa tonalité, ce second chapitre n'a pas grand chose à voir avec son prédécesseur.
Le tournage sera assez compliqué. Par exemple, James Remar décline au dernier moment le rôle du Caporal Hicks, et est remplacé à la dernière minute par Michael Biehn.
Ensuite, Sigourney Weaver conservera un mauvais souvenir de ce second opus. Durant le tournage, l'actrice se plaint des armes, qu'elle juge trop lourdes.
Même chose pour ses relations avec les autres interprètes, notamment la jeune Carrie Henn, qui incarne Newt, une fillette rescapée du carnage des aliens.

Oui, James Cameron poursuit l'oeuvre de Ridley Scott, à la seule différence que Ripley (Sigourney Weaver) doit affronter toute une armée de créatures voraces.
Certes, elle est aidée par des marines surentraînés et suréquipés. Hélas, notre escouade n'a pas l'air de mesurer la force de l'ennemi en présence.
A partir de ces différents éléments, James Cameron varie les plaisirs et oscille entre horreur, science fiction et film de guerre.

Oui, Aliens le retour se démarque nettement de son prédécesseur par son côté guerrier et définitivement bourrin.
A ce sujet, le film contient de nombreuses séquences d'anthologie: de la grosse déculottée des marines face aux aliens, en passant par l'affrontement entre Ripley, à bord d'un mecha de plusieurs mètres, et la reine-mère, cette suite délivre largement la marchandise. Pourtant, à aucun moment, James Cameron ne dénature le matériel d'origine.

Toutefois, cette suite est peu comparable à son modèle. C'est aussi un épisode qui divise les fans. Par exemple, certains lui reprocheront d'être trop différent du premier et de sombrer dans le film d'horreur musclé et décomplexé.
D'autres évoquent carrément le meilleur volet de la série. En tout cas, pour ma part, c'est l'épisode le plus abouti.

Le design et le soin apportés aux décors sont stupéfiants. Ensuite, James Cameron continue d'approfondir son héroïne principale.
En un sens, Ripley est plus que jamais rattachée à l'alien. Après avoir survécu à l'explosion du Nostromo, la jeune femme est recueillie à bord d'une agence spatiale. Premier choc, et pas des moindres, Ripley a dormi pendant plusieurs décennies.

A peine remise sur pied, elle doit repartir pour une nouvelle mission d'extermination. Une fois sur place, elle se prend d'affection pour une petite fille, Newt.
Parallèlement, elle doit reprendre son costume de guerrière et affronter toute une armada d'extraterrestres belliqueux.
C'est aussi la première fois que la reine-mère apparaît. C'est un ennemi puissant, coriace et sans aucun remords.

On retrouve alors certains éléments présents dans le premier opus. Visiblement, les aliens semblent intéresser de très près l'armée pour une nouvelle guerre.
Encore une fois, Ripley et les marines sont envoyés et sacrifiés au combat. En dehors de Sigourney Weaver, on retrouve également Michael Biehn (que j'ai déjà cité), Paul Reiser, Bill Paxton et Lance Henriksen.
Ensuite, James Cameron n'oublie jamais ses personnages secondaires.

Si les marines sont assez caricaturaux (mention spéciale à Vasquez, une femme soldat, parfait cliché de la guerrière sans peur et sans reproche), la relation qui se noue entre Ripley et Bishop, un androïde, est intéressante.
Bref, Aliens le retour peut se targuer d'appartenir aux meilleures suites jamais réalisées. Personnellement, je le préfère au premier.
Mais encore une fois, les deux films sont peu comparables.