Années 70. Ace Rothstein est un ancien bookmaker devenu magnat des casinos de Las Vegas, occupant des postes dans la Mafia notamment. Quant à son ami Nicky Santoro, ce dernier va s'enfermer dans une spirale criminelle qui va le mener jusqu'à sa tombe...

Affiche de 'Casino'

A l'heure où je vous parle, tout le monde est rivé à son poste, tel des Stephane Bern en herbe, pour voir l'ami William dire oui à la jolie Kate. Oui je sais, ça n'a rien à voir avec cette chronique, juste fait pour marquer le coup et mon désintérêt total envers cet évènement. D'autres vont peut être penser que je vais faire journée spécial british, histoire d'en rajouter une couche. Mais non. Je préfère parler de Casino, ce chef d'oeuvre de Martin Scorsese. Ce film est, pour l'instant, la dernière collaboration de Marty avec deux de ses acteurs fétiches, Robert De Niro et Joe Pesci. Un trio de choc, qui devrait enfin se réunir pour un nouveau biopic, The Irishman. Ici, Marty dirige également Sharon Stone (alors en plein succès et remportera le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique), James Woods (qui avait déjà joué avec De Niro et Pesci dans Il était une fois en Amérique) et Kevin Pollack.

Sharon Stone dans Casino

Scorsese, tout comme avec Les affranchis, s'attaque à la mafia d'après des faits réels. On suit alors l'ascenssion et la pseudo-décadence de Ace Rothstein. De petit mafieux, il est devenu un véritable magnat des casinos de Las Vegas. Il a donc tout: les relations (il est ancien bookmaker et a donc des filiations avec la mafia locale), le fric (il est sous-directeur et empoche donc pas mal), la réputation (c'est un perfectionniste virant ceux qu'il juge incompétent), une femme magnifique, un enfant... Pourtant, la situation va changer notamment à cause du FBI, lui cherchant des poux de plus en plus. Sans compter les nombreux ennemis qu'il se fait, au sein même de sa propre famille. Ainsi, sa femme est encore collé à son mac et à la drogue. Et ne parlons même pas de son ancien ami, devenant un véritable ennemi public des casinos.

Robert De Niro dans Casino

Marty montre donc une bonne paire de bonhommes à la dérive, devant faire face à leurs pêchés dans la fameuse Sin City. Du long de ses 2h50, Casino passionne, montrant l'envers du décor des machines à sous. A l'image de son générique de début classieux à mort. De Niro est radieux, tenant probablement son dernier grand rôle que ce soit chez Scorsese comme dans le reste de sa récente filmographie, comptant une flopée de navets et autres films dispensables. Pesci aussi, que l'on a pas vu depuis un bail. Ou comment passer dans l'anonymat après une si brillante carrière. Quant à Stone, elle n'a jamais aussi bien joué.  C'est dire le niveau de son interprétation. D'ailleurs, les séquences où elle s'engueule avec De Niro sont vraiment anthologiques. Que dire également de la musique qui est remarquable et notamment celui présenté ci-dessous?

James Woods et Sharon Stone dans Casino

Un dernier cru réunissant le trio Scorsese-De Niro-Pesci particulièrement brillant.

la critique d'Alice In Oliver:

Ce n'est pas la première fois que Martin Scorsese réunit Robert de Niro et Joe Pesci dans le même film. Par le passé, les deux interprètes s'étaient déjà retrouvés dans Les Affranchis et Raging Bull.
Quant à Robert de Niro, il fait partie des acteurs fétiches du cinéaste: Taxi Driver, La Valse des Pantins, Mean Streets, New York New York, pour ne citer que ceux-là... C'est grâce à Martin Scorsese que De Niro a connu la gloire et ses meilleurs rôles au cinéma. Encore une fois, avec Casino, réalisé en 1994, l'acteur trouve un personnage à sa mesure, Sam Rothstein, le directeur d'un hôtel-casino de Las Vegas.

En dehors de Robert de Niro et de Joe Pesci, le film réunit également Sharon Stone, James Woods, Don Rickles et Kevin Pollack.
Casino reste la huitième et dernière collaboration entre De Niro et Martin Scorsese. Le film est basé sur l'ouvrage de Nicholas Pileggi et s'inspire de l'histoire vraie de Rick Rosenthal, le propriétaire de plusieurs casinos à Las Vegas.

Pour l'anecdote, plusieurs actrices seront envisagées pour incarner Ginger: Kim Basinger, Madonna ou encore Nicole Kidman.
Toutefois, c'est Sharon Stone qui est retenue. L'actrice ressort du succès de Basic Instinct. Elle trouve ici son meilleur rôle au cinéma et incarne l'épouse (peu fidèle) de Sam Rothstein (Robert de Niro).

Pour le reste, difficile de ranger Casino dans un genre particulier. Certes, il s'agit d'un film de mafia, obéissant à des codes précis.
Toutefois, la première partie du film est quasi documentaire. Martin Scorsese nous présente l'univers du casino, un monde régi par le fric, la gagne, les dettes, les coups fourrés, la surveillance et une organisation hiérarchique déterminée.

Dans cet univers festif, tout est contrôlé jusqu'au moindre détail: du petit serveur sans envergure jusqu'aux gros bras en passant par les petites frappes, qui cherchent évidemment à trouver la faille des établissements.
Sam Rothstein est le prototype même du directeur suspicieux, ambitieux et paranoïaque. Rien ne lui échappe. Ce qui lui vaut de s'attirer les soucis du shérif de la ville.

Ce dernier va très vite fourrer le nez dans les affaires illicites de Rothstein. Ce dernier a deux points faibles. Le premier: sa femme, Ginger, totalement incontrôlable et droguée notoire. Le deuxième, et pas des moindres: Nicky Santoro (Joe Pesci), l'ami d'enfance de Sam, et fidèle second, qui ne va pas tarder à choisir la voie du crime et de la vengeance expéditive. En ce sens, Casino s'apparente également à un film noir et à un western, avec son lot de réglements de compte.

Pour se faire entendre, Nicky n'hésite pas à tabasser les concurrents et à les enterrer vivants. Il paiera très cher le prix de son arrogance.
En résumé, Nicky Santoro est un psychopathe totalement ingérable, au grand regret de Sam. D'ailleurs, Martin Scorsese marque clairement l'opposition entre ces deux personnages. Là où Sam se veut plus posé et réfléchi, Nicky se montre excessif, violent et jamais satisfait par le pognon qu'il accumule dans ses propres tiroirs.

En même temps, cette dualité entre Sam et Nicky est révélatrice de ce qu'est Las Vegas, qui apparaît à la fois comme la ville du rêve et une cité régie par la violence. Ce paradoxe est sans cesse souligné par la caméra de Scorsese, qui signe probablement l'un de ses meilleurs films. En tout cas, Casino reste l'un de ses films les plus ambitieux. Martin Scorsese réalise une fresque épique de près de trois heures de bobine. Un classique du cinéma, tout simplement !