La Quatrième Dimension fait partie de ces séries immensément cultes où des auteurs comme Richard Matheson se sont fait la main. En 1983, quatre réalisateurs prestigieux redonnent vie à l'univers de la série avec un film. Soit John Landis, couronné par le succès des Blues Brothers et du Loup Garou de Londres; Steven Spielberg; et Joe Dante et George Miller réalisant leur première production hollywoodienne car venant de milieux fauchés (Dante de chez Corman et Miller avec ses Mad Max). Le tournage a donné un malheureux coup de pub vu que l'acteur Vic Morrow a connu la mort comme deux enfants illégalement engagés (comprenez sans papier pour le droit d'image et sans toucher d'argent qu'ils n'auront jamais) à cause d'un accident d'hélicoptère. L'hélice les aurait décapité et Landis et l'équipe auront droit à un procès où ils seront acquité. Une anecdote peu connue maintenant mais donnant lieu à une véritable polémique à l'époque. 

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On peut déjà voir un petit bémol: le fan verra très vite qu'il s'agit de remakes d'épisodes de la série et non d'histoires inédites. Ce qui est dommage tant l'univers de la série est vaste et aurait mérité mieux que ça. D'autant que certains ont été largement parodié dans les Simpson Horror Show (les deux derniers segments avec Bart en enfant farceur et voyant une créature bousiller son bus) et tellement fidèle au modèle que l'on sait quasiment l'issue des passages. Néanmoins celui qui ne connait ni l'un, ni l'autre devrait plus ou moins aimé cette série de sketchs. Le prologue réalisé par Landis n'est pas vraiment intéressant, Dan Aykroyd et Albert Brooks retrouvant des musiques avant que le premier ne bouffe l'autre dans un retournement de situation improbable. En revanche, le premier sketch est entre le terrifiant et le cynique.

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En effet, Morrow incarne un homme raciste comme pas possible, tapant sur noirs, juifs, asiatiques et arabes. Un être désagréable et se croyant au dessus de tous. En sortant d'un bar, il va apprendre une bonne leçon en incarnant à la fois un juif sous la domination nazie, un noir chassé par le Klux Klux Klan et un vietnamien durant la guerre. Un sketch très bien fait où Landis réussi légèrement à rendre sympathique une personne détestable dans son contexte. Certainement le plus fascinant des quatre tant Landis pousse le cynisme à un tel point de gravité que la scène finale rappelle La liste de Schindler qui sortira des années plus tard. Le second, réalisé par Spielby, est franchement mauvais. Le réalisateur d'ET s'enferme dans une mièveté du plus mauvais effet avec ces petits vieux retrouvant une seconde jeunesse comme les mecs de Cocoon. Franchement sans intérêt et l'un des plus mauvais crus du bonhomme.

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Le troisième remonte le tout avec un Joe Dante toujours aussi farceur en mettant en scène une femme face à un gamin soumettant sa famille à sa volonté. Autant dire que vaut mieux subvenir à ses besoins sinon cela sera fatal. C'est aussi l'épisode contenant le plus d'effets spéciaux et a peut être un peu vieilli comme le monstre des sables de Beetlejuice. Mais le plaisir est là. Le dernier met un John Lithgow angoissé dans un avion. Déjà que le bonhomme n'était pas tranquille avant le décollage, alors imaginez vous qu'il voit une créature genre gremlins en train de bousiller l'avion. Un sketch rythmé et donnant lieu à un réel suspense. Surtout que Miller insiste sur le côté angoissant de la chose. Après comme je vous l'ai déjà dit, La Quatrième dimension le film souffre d'un manque d'originalité, ce qui nuit déjà au contenu. Ensuite on ne le retiendra pas vraiment en mémoire malgré qu'il soit bien divertissant. Néanmoins cela peut donner une ouverture pour les futurs fans de la série.

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Un film à sketchs divertissant mais pas original pour deux sous.