ça y est! Dans quelques heures, nous allons entrer dans la fatidique année 2012 avec son élection présidentielle, le final de la saga Batman par Nolan, l'Euro 2012 et la vulgaire fin du monde annoncée pour décembre prochain. L'occasion de revenir sur 2011 et son cinéma. D'abord n'oublions pas le grand nombre de gens du 7ème art nous ayant quitté: Pete Postlethwaite, Peter Yates (réalisateur de l'incontournable Bullit), John Barry, Maria Schneider, Annie Girardot, Michael Gough (mythique Alfred des Batman de Tim Burton et Joel Schumacher), Elizabeth Taylor, Sidney Lumet, Marie-France Pisier, Peter Falk, Bubba Smith (le génial Hightower des Police Academy), Cliff Robertson (l'indétrônable Oncle Ben des Spider-man de Sam Raimi), Steve Jobs (et oui, il est bon de rappeler que c'est à lui que George Lucas a vendu Pixar et qui financera leur premiers court-métrages avant l'arrivée de Disney), Robert Lamoureux (créateur de la cultissime Septième compagnie), Ken Russel (réalisateur de l'opéra rock des Who Tommy) et John Neville (le baron de Munchausen de Terry Gilliam).

Avant de passer aux bons films, parlons des grandes déceptions et des navets de cette année. Commençons par l'impayablement chiant True Grit, soi-disant revival du western mais qui l'enracine encore plus dans les méandres du dispensable. Reste Jeff Bridges, Hailee Stainfeld et les décors superbes bien que plombés par une neige de pacotille. Ensuite il y a évidemment le dernier cru du grand Clint, Hereafter, véritable somnifère en puissance en dehors du tsunami et qui n'exploite jamais l'aspect après-la mort pourtant fondamental dans ce film. Paul avait Simon Pegg et Nick Frost comme principal argument mais finalement c'est l'alien de service (doublé par l'iconoclaste Philippe Manoeuvre) qui sauve les meubles de ce film qui tombe très vite en panne sêche, faute d'inspiration. Battle LA fait encore pire. Les bande-annonces étaient exceptionnelles, évoquant un véritable désespoir ambiant face à un apocalypse alien.

Conclusion après la fin du film: du patriotisme, des acteurs nullos pas aidés par la VF qui est à se pisser dessus et chiant à mourir. S'il y a bien une grosse bouse en cette année, c'est bien celle-là! Very Bad Trip 2 est finalement une sorte de remake du premier en un peu mieux, ce qui n'est pas vraiment une qualité. Quant à Kung fu panda 2, c'est une grosse coquille vide. En sachant que notre pauvre Olivier a eu aussi son lot de bouseries pour l'année avec le titanesque Thor, le schtroumpfement merdique Les Schtroumpfs, la violente performance de Jason Momoa en Conan, le nanardeux Shark Night ou encore Transformers 3 qui confirme la connerie ambiante d'une saga pourrie dès le départ. Reste que cette année a marqué une certaine renaissance dans un Cinéma français qui perdait de sa superbe. Avec l'engouement cannois, Polisse et The Artist (qui est bien parti pour les Golden Globes) ont dépassé le million d'entrées.  Intouchables est bien parti pour dépasser les 14 millions de spectateurs, dégommant au passage le dernier Dany Boon (Rien à cirer... heu à déclaré) et Harry Potter 8.

Soulignons également l'excellent film d'animation The Prodigies, l'amusant Case départ, le sympathique Largo Winch 2 et surtout le monumental L'ordre et la morale (on en reparle d'ici quelques lignes). Le grand scandale de l'année étant également qu'un nombre incalculable de bons films sont tombés dans l'anonymat dégradant du DTV. Je citerais volontiers Dream home, Bedevilled, Redline, Triangle, Super, The man from nowhere ou Heartless. Faute de distributeurs compétents, les pauvres ne sortiront jamais en salles et c'est bien triste tant ils sont plus intéressants qu'un Transformers. On regrettera aussi que des projets aussi alléchant que Les montagnes hallucinées de Guillermo Del Toro et La tour sombre de Ron Howard ne se fassent peut être jamais. Pourquoi? Trop ambitieux, trop chère, pas assez ambitieux pour Universal. C'est vrai qu'un préquel de The Thing ou une Bataille Navale c'est plus intéressant... Allez, il est temps que je vous dévoile mon top 10 de 2011.

10 ex-aequo- Crazy, stupid, love de Glenn Ficarra et John Rega et Mes meilleures amies de Paul Feig. Deux comédies romantiques banales en appparence mais véritablement hilarante. La première donne lieu aux numéros splendides d'un nouveau Steve Carrell et d'un Ryan Gosling voué à devenir incontournable. Sans compter le passage du mini-golf, véritable bordel de première, tellement improbable que le rire est automatique. La seconde doit beaucoup au naturel de ses actrices et à certains moments de fendardises (la scène de l'essayage à vous tordre de rire). Personnellement, je n'arrive pas à les départager tant elles prouvent que le genre n'est pas uniquement réservé à des bouses type Pretty Woman

 
Crazy, Stupid, Love - Bande Annonce

 
Mes Meilleures Amies - Bande annonce (VOST)

9- Polisse de Maiwenn. Un film qui prouve que la police n'est pas rempli d'incapables comme prôné par le cinéma Besson ou ripoux. Des gens comme vous et moi face à leur hierarchie, la dépression, la fatigue et des cas graves. Néanmoins, il réussi par moments à faire rire le spectateur, ce qui n'est pas un mal. La séquence avec la gamine faisant une fellation (DSK n'est pas impliqué, je vous rassure) pour un portable restera parmi les grands moments de cette année avec ce dialogue énorme "Tu sais que c’est pas bien de sucer pour un portable? - Oui, mais c’était un beau portable. - Et tu fais quoi pour un ordinateur?". Reste que le personnage de Maiwenn ne sert vraiment à rien et que Joeystarr est franchement mémorable.


EXCLU - Regardez la bande-annonce de Polisse

8- The Murderer de Na Hong Jin. Un peu eclipsé par le numéro 2 de ce classement, ce nouveau cru du réalisateur de The Chaser s'avère lui-aussi indispensable dans cette année 2011. Anti-héros brisé émotionellement comme financièrement et véritablement perdu, méchant barbare au possible, course-poursuites à pieds impressionnantes (je n'avais pas vu ça depuis le mémorable Ne le dis à personne de Guillaume Canet), suspense percutant, mise en scène efficace... Pas de doute, ce nouveau cru confirme le talent du sud-coréen et du cinéma coréen tout simplement. Vivement le prochain film de Na Hong Jin.


The Murderer (The Yellow Sea) - Trailer coréen

7- Hugo Cabret de Martin Scorsese. Personne ne l'a vu venir celui-là et pourtant il l'a fait. Marty montre qu'il est toujours indomptable. Film pour enfants? Certainement pas. Film enfantin? Indéniablement. Le réalisateur nous apprend plus sur le Cinéma que dans une énième encyclopédie sur le sujet. Il donne également envie de s'intéresser au grand George Méliès, cinéaste incarné par le magnifique Ben Kingsley. N'oublions pas non plus l'ami Sacha Baron Cohen hilarant à chaque apparition tant son personnage est aussi con que timide. Un véritable Simplet à képi et dobermann.


HUGO CABRET - bande-annonce - VOST

6- Intouchables d'Eric Toledano et Olivier Nakache. Le plus grand succès français depuis Bienvenue chez les ch'tis avait bien plus de mérites que ce dernier de faire partie d'un top 10. Tout simplement parce qu'Omar Sy et François Cluzet ne sont pas Dany Boon et Kad Merad. Tout est dit dans cette phrase sur l'interprétation des deux acteurs. Le but étant de mettre deux personnages sur un plan d'égalité quitte à zapper totalement le handicap et le milieu de vie. C'est la principale réussite du film, en plus de faire hurler de rire de bon coeur. Pas de doute on ne risque pas d'oublier la réplique "Pas de bras, pas de chocolat" de sitôt.


Intouchables - Teaser N°2 HD

5- L'ordre et la morale de Matthieu Kassovitz. A peine a t-il commencé qu'on se dit qu'il était temps que Kasso revienne en France. Avec L'ordre et la morale, il pointe non seulement l'incompétence des politiques dans une position de crise, mais également l'échec d'une opération qui devait être pacifique et finira en véritable boucherie. Une réalisation au plus près des personnages, musique opressante atteignant son paroxisme dans le final apocalyptique, démonstration d'une certaine vision de la France, plan séquence très malikien... On tient certainement le meilleur film français de l'année. Et oui, je n'ai pas choisi celui qui a fait le plus d'entrées hé, hé.


L'ORDRE ET LA MORALE - Bande-Annonce / Trailer #1 [VF|HD]

4- Les aventures de Tintin- Le secret de la Licorne de Steven Spielberg. Cela faisait plus de vingt ans que l'ami Spielby essayait de faire cette adaptation de l'oeuvre d'Hergé et autant dire qu'on ne s'est pas fait prier. Malgré quelques libertés, le tout est tellement fidèle qu'on s'en fout largement. Le réalisme impressionne et les personnages s'avèrent assez expressifs. Autant dire que Robert Zemeckis peut aller se remballer. Andy Serkis est parfait en Haddock et les grands personnages sont tous là en dehors du sourdingue Tournesol. Mais bon, quand on sait que Peter Jackson devrait faire la suite, on ne peut que s'enthousiasmer.


LES AVENTURE DE TINTIN : BANDE-ANNONCE 2 VF Full HD 'Le Secret de la Licorne'

3- Rango de Gore Verbinski. La claque visuelle de l'année est certainement là. Le véritable revival du western aussi. Depp trimballe sa silhouette en caméléon, ce qui ne l'empêche pas de garder tout son charme. Une quête existentielle souvent à se pisser dessus avec un personnage éponyme bien plus héroÏque qu'il n'en a l'air et une galerie de tronches excellentes. L'animation est à la pointe, pouvant largement rivaliser avec Pixar. De plus, Verbinski rend hommage à un genre de manière soignée avec un hommage vibrant à une de ses icônes, ainsi qu'une dimension écologique intéressante et crédible. Comme quoi, on peut aligner stars, rire et scénario. N'est-ce pas Dreamworks?


Rango - Bande annonce (VF)

2- J'ai rencontré le diable de Kim Jee Woon. Encore un film qui prouve que les sud-coréens sont mémorables quant il s'agit d'explorer la violence. Le touche à tout Kim Jee Woon (film policier, western et film d'horreur n'ont plus aucun secret pour lui) s'attaque cette fois à la violence enfoui en nous et prête à se réveiller. Comparé aux tonne de vigilant movies habituels, J'ai rencontré le diable est bien plus profond, avec cet agent se déshumanisant au fur et à mesure dans un déluge de violence dû au meurtre de sa femme. Violent, percutant, impressionnant. Un vrai film coup de poing. Sans compter les interprétations sauvages de Choi Min Sik et Lee Byung Hun.


I Saw The Devil Trailer

1- Drive de Nicolas Winding Refn. Aussi inattendu soit-il, le voici le meilleur film de l'année. Ryan Gosling le porte à bout de bras dans un rôle aussi timide que barbare. Clairement il ne faut pas venir lui chercher des noises au Ryan sinon vous finissez le crâne en bouillie dans un ascensseur ou noyé sur la plage. N'oublions pas non plus le scénario facile transgressé par une mise en scène recherchée. Les rares course-poursuites sont les meilleures que j'ai vu récemment car sans des tonnes d'SFX que l'on voit à chaque coup maintenant. Que dire également de la musique électrisante au possible et à réécouter des tonnes de fois. Aussi indispensable que le film lui-même. On appelle cela un master piece ou chef d'oeuvre.


Drive - Bande-Annonce VF

D'autres films intéressants étaient à voir cette année et en voici un échantillon:

The Green Hornet de Michel Gondry
Les chemins de la liberté de Peter Weir
Black Swan de Darren Aronofsky
127 heures de Danny Boyle
Fighter de David O Russell
Sucker Punch de Zack Snyder
Scream 4 de Wes Craven
Dream home de Pang Ho Cheung
Detective Dee de Tsui Hark
Bedevilled de Yang Chul Soo
The Tree of life de Terrence Malick
X Men: First Class de Matthew Vaughn
Triangle de Christopher Smith
Rise of the Planet of the Apes de Rupert Wyatt
Captain America de Joe Johnston
The Man from nowhere de Lee Jeong Beom
The Artist de Michel Hazanavicius
Redline de Takeshi Koike
Super de James Gunn
Mission Impossible: Protocole Fantôme de Brad Bird
Animal Kingdom de David Michôd
Shame de Steve McQueen
Real Steel de Shawn Levy
Carnage de Roman Polanski

Sur ce, je vous laisse en espérant vous voir encore plus en 2012!

PS: Hommages à deux grands musiciens qui ont quitté également cette année.


GERRY RAFFERTY BAKER STREET

 
Gary Moore - Parisenne Walkway (From "One Night In Dublin: A Tribute To Phil Lynott")