Tout d'abord, une minute de silence pour deux films dont l'absence scandaleuse se ressent jusque dans les résultats  de ces Oscars, alors qu'ils n'ont même pas été nominé. Je parle bien sûr des pauvres Drive de Nicolas Winding Refn et Shame de Steve McQueen, deux films qui ont plus ou moins fait l'unanimité et snobés par les différentes cérémonies récentes. Surtout qu'on aurait pu largement les mettre à la place d'Extrêmement fort et incroyable près (la plupart des médias parle d'une grosse guimauve de première) ou Midnight in Paris (l'exploit de Carla Bruni: chercher une baguette de pain après un nombre incalculable de prises!). Mais bon, quand on est con, on est con, on ne change pas des abrutis bourrés au fric et à l'alcool. Attaquons la cérémonie en elle-même. Evidemment, inutile de vous dire que depuis hier matin, les chaînes infos nous sortent le cocorico à tout bout de chant au point d'oublier que les Oscars, ce n'est pas cinq récompenses!

Shame : photo Michael Fassbender, Steve McQueen (II) Oui, Michael, parfois il y a de quoi bouder...

Mais bon, on ne va pas refaire la France, sinon il y aurait fort à faire. Par contre, celui qui est content c'est ce gros goinfré d'Harvey Weinstein. Cinq récompenses pour The Artist qu'il diffuse aux States, deux autres pour La dame de fer et un petit dernier pour le documentaire Undefeated (un doc sur du football américain... Soupirs...). Autant dire que dans son fauteuil, il a dû bien se marrer le gros con! Par ailleurs, c'est la deuxième fois qu'il dézingue Steven Spielberg après le coup dans le dos de 1998. Rappelez-vous. L'un concourré pour Shakespeare in love, l'autre pour Il faut sauver le soldat Ryan. Histoire de dérouiller l'adversaire, Weinstein et plusieurs journalistes attaqueront Spielby quant à certains doutes sur la réalité historique. Sauf que quand on voit la pseudo romance du célèbre écrivain britannique, bonjour la bouillie historique!

Jean Dujardin dans The Artist Songe avant le triomphe.

Néanmoins, le film de John Madden triomphe mais Spielby décrochera celui du meilleur réalisateur. Et paf dans ta gueule! Bref, Weinstein pourra encore se la péter en soirée comme il en l'agréable habitude depuis que Pulp Fiction a eu l'Oscar du meilleur scénario. En ce qui concerne les récompenses, bonjour les surprises. Franchement, celui qui n'avait pas vu le triomphe de The Artist (meilleurs film, réalisateur pour Michel Hazanavicius, acteur pour Jean Dujardin, musique pour Ludovic Bourse et costumes) ou même le troisième Oscar de Meryl Streep (comme elle l'a si bien dit "En entendant mon nom, j'avais l'impression de pouvoir entendre la moitié de l'Amérique dire "Oh non pas elle! Pas encore!"") n'est pas né! Pareil pour Christopher Plummer enfin récompensé aux Oscars pour Beginners et Octovia Spenser pour La couleur des sentiments dans la catégorie second-rôle.

Meryl Streep dans La Dame de fer Comme disait l'ami Jim Carrey, Meryl you're simply the best!

Idem pour Rango, le meilleur film d'animation de l'an dernier (et non ce ne fut pas Pixar) et vibrant hommage de Gore Verbinski au western, qui remporte le trophée face à deux Dreamworks pour le moins lamentables (vu que Kung fu panda 2 mais pour l'autre, ça sentait aussi le coup fourré!). Pas dur! Quant à la meilleure chanson, c'était soit les Muppets (dont le retour se fera en DTV chez nous alors que c'est un carton aux States, sous prétexte que nous, les français, ne connaissons pas les créatures de Jim Henson, ni les conneries de Kermit la grenouille! Bande d'abrutis!) ou Rio! Autant dire qu'il y avait du choix. Le jury a préféré Kermit. Cette édition se révèle finalement sans surprise, mais bon cela vaut toujours mieux que les foutages de gueule des trois dernières années (Benjamin Button dézingué par l'improbable Slumdog Millionaire, Avatar défoncé par Démineurs et The Social Network semi-dérouillé par Le discours d'un roi).

Rango Dans la catégorie animation, il n'y a pas de lézard! (bon ok, je triche mais vous voulez dire quoi avec caméléon?!)

Enfin, sauf une. Et pour cause, mon homologue Borat a débarqué hier matin affublé de sa tenue de dictateur de son nouveau film. Et comme à son habitude et malgré les réticences de l'Académie, le coco a foutu un bordel monumental. Interviewé par un bonhomme d'E!TV (autant dire de la grande télévision!), notre cher Sacha Baron Cohen a débarqué avec deux poulettes en uniforme également et avec une urne à l'effigie de Kim Jong-Il! Sans oublier un bon vieux pic pour John Galiano, un autre pour Saddam ("Saddam Hussein m'a dit une fois: des chaussettes c'est des chaussettes, ne gaspille pas d'argent!") jusqu'à dispercer des cendres sur le présentateur! Vraissemblablement, le principal interresé n'a pas aimer. Tant mieux! A noter que The Descendant a eu quand même l'Oscar du meilleur scénario original et Hugo Cabret cinq Oscars techniques.

Voilà, voilà pour les Oscars de 2012 et comme je me connais devin (j'avais prédis le troisième Oscar de Meryl Streep), sachez que vous retrouverez encore une fois l'an prochain l'an prochain Spielby avec Daniel Day Lewis pour Lincoln!