melodiecocktail

genre: dessin animé
Année: 1948
durée: 1h15

l'histoire: Mélodie Cocktail a pour maître de cérémonie un masque ayant la voix de Buddy Clarke. Chacune des séquences, dont le titre s'anime grâce à un pinceau sur une partition de musique, chantée par un artiste des années 1940-50.

la critique d'Alice In Oliver:

Etonnant que Melodie Cocktail, une production Walt Disney, réalisée par le quatuor Clyde Geronimi/Wilfred Jackson/Jack Kinney/Hamilton Luske en 1948, soit aussi méconnue. Inutile ici de narrer les grandes lignes de l'histoire puisqu'il s'agit d'un long métrage d'animation composé de sept petites histoires: C'est un souvenir de décembre, Bumble Boogie, Johnny Pépin-de-Pomme, Petit Toot, A la gloire d'un arbre, C'est la faute de la samba et Pecos Bill.

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Si l'ensemble ne manque pas de charme et devrait logiquement ravir le jeune public, ce film d'animation est parfois inégal.
Sur les sept histoires qui nous sont contées, certaines sont un peu longuettes et/ou sans grand intérêt. Pourtant, force est de constater que de ce dessin animé porte terriblement bien son nom.

Plus que jamais, la musique tient ici une place prépondérante. C'est par exemple le cas de Bumble Boogie qui raconte le calvaire d'une pauvre mouche, inlassablement poursuivie par des notes de musique assassines.
Certes, sur la forme, Mélodie Cocktail ne fera de mal à personne. Pourtant, sur le fond, la violence est omniprésente ou presque.

Elle prend parfois des formes étonnantes. Dans Bumble Boogie, les notes meurtrières se transforment parfois en papillons, permettant un retour au calme pour la mouche malchanceuse. Hélas, le repos sera de courte durée.
Toutefois, l'insecte volant finira par survivre à son cauchemar, non sans mal. Toujours dans cette thématique de la violence, Petit Toot constitue lui aussi un épisode particulier.

Encore une fois, le scénario est de facture classique. Un bateau vivant, donc, Petit Toot, accumule malgré lui les maladresses.
Rejeté par les siens, Petit Toot doit faire face à la solitude. Qu'à cela ne tienne, le petit remorqueur finira par se racheter une conduite.
Toutefois, même si cette courte histoire finit bien, il est question ici d'autorité, d'abandon, de punition et de solitude.

Pour le reste, Mélodie Cocktail a également des revendications écologiques. C'est par exemple le cas de A la gloire d'un Arbre.
Ce n'est pas forcément l'histoire la plus passionnante. Il s'agit plutôt d'un poème qui retranscrit les difficultés rencontrées par un arbre (comme l'indique l'intitulé). Ce dernier semble malmené par notre société moderne.
Sans compter les nombreuses intempéries. Mais dans notre monde ravagé par différentes tempêtes (souvent provoquées par l'homme lui-même), la lumière semble possible, Dame Nature nous rappelant que nous ne sommes pas grand chose sur notre vaste planète.

Cet intérêt pour la nature se vérifie également dans Johnny Pépin-de-Pomme, ou l'histoire d'un jeune homme qui entre en communion avec l'animal sauvage.
Bref, le cocktail proposé par ce dessin animé est plutôt convaincant, prenant parfois des allures de samba (C'est la faute de la samba) et mélangeant dessin animé et prises de vues réelles. Certes, l'ensemble est tout de même naïf mais devrait (encore une fois) ravir le jeune public. Quant aux adultes, ils auront sans doute plaisir à (re)découvrir ce cru plus que recommandable des studios Disney.

La critique de Borat

Comme Fantasia et La boîte à musique (trouvable en streaming mais alors en ventes...), Mélodie Cocktail est un cru typiquement musical des studios Disney. C'est aussi le dernier avant Fantasia 2000. Vers la fin des années 40, le public commence à se lasser des films à sketchs du studio et Walt Disney décidera de se mettre enfin à un vrai long-métrage, à savoir Cendrillon. Mais ce serait vraiment faire la fine bouche devant cet excellent film musical aujourd'hui très oublié au contraire de Fantasia justement. Mélodie Cocktail se divise en sept court-métrages introduits par un coup de pinceau faisant des notes de musique. Une manière assez originale qu'avaient déjà utilisés les animateurs pour une des séquences de Saludos Amigos. Le premier court annonce la couleur.

On suit deux couples qui se retrouvent sur un lac gelé, l'un d'humains, l'autre de lapins. Ils se font la cour, se disputent et finalement se sauvent mutuellement d'une catastrophe. Un court assez romantique et amusant tant les deux mâles sont de vrais ahuris! Le second est néanmoins plus percutant. On suit une mouche dans un paysage où les fleurs ont pour pétales des touches de piano. Lorsqu'elle en touche une, elle se voit pourchassée violemment par des notes. Un court rempli de suspence, la mouche pouvant se faire attaquer à tous moments et à un rythme trépidant. C'est surement le court le plus intéressant du film, les notes donnant lieu à des coups de poignards rappelant la scène de la douche de Psychose, film qui ne sortira que des années après.

Le suivant s'avère beaucoup moins intéressant. On suit les aventures peu passionnantes de Johnny Pépin de Pomme, un type qui s'éclate à planter des pommiers jusqu'au paradis! Pas de quoi s'éclater d'autant que le sketch dure un bon moment. Petit toot remonte le niveau avec ce petit bâteau subissant l'exil pour cause de grosse bêtise. Le nauffrage du bâteau s'avère mémorable, ce dernier finissant entre deux immeubles prêts du port. Néanmoins que le petit finira par retrouver l'honneur des siens et particulièrement de son père. Le suivant se révèle être le plus poétique, les studios Disney nous montrant l'évolution d'un arbre au fil des saisons et dont le final appelle au divin avec ce superbe plan d'arbre illuminé par le très haut.

Pas forcément le meilleur mais très beau, rappelant un des Silly Symphonies (série de cartoons des studios sans personnages récurrents, les plus connus étant Les trois petits cochons et Le lièvre et la tortue) Le vieux moulin. Le sketch avec Donald et José Carioca est vraiment mauvais car ne fait que de la figuration. Le dernier se révèle amusant avec ce cowboy véritable légende de l'Ouest, ayant même "fait" le Rio Grande et les montagnes colorées! Fantaisiste mais particulièrement efficace. Par contre avant et après, on devra se taper les deux gosses pénibles de Mélodie du Sud. Soupirs... Tous les sketchs ne sont pas bons mais dans l'ensemble, cette Mélodie Cocktail se révèle amusante et bonne musicalement.

Un film à sketchs pas toujours réussi mais très plaisant.

 
Mélodie Cocktail (1948)