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genre: fantastique
année: 2004
durée: 2h20

L'histoire: Sirius Black, un dangereux criminel, s'est échappé du pénitencier d'Azkaban dans le but de retrouver Harry Potter. Le jeune sorcier fait l'objet d'une surveillance attentive. Black, qui aurait livré les parents d'Harry à Voldemort, voudrait en effet le tuer.

La critique d'Alice In Oliver:

Après deux premiers épisodes de bonne, voire très bonne qualité, ce troisième chapitre, intitulé Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, est évidemment attendu au tournant. Premièrement, Chris Colombus n'est plus derrière la caméra et est donc remplacé par Alfonso Cuaron, à qui l'on doit le superbe Les Fils de L'Homme.
Le cinéaste saura-t-il transposer son savoir-faire à ce nouveau volet ?

Affiche Française - Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

 

La mission est difficile, d'autant plus que le sorcier binoclard entre dans une période difficile: l'adolescence.
Dès les premières minutes, Alfonso Cuaron montre ce changement via un comportement plus rebelle, Harry Potter n'hésitant pas à menacer son oncle et sa tante avec sa baguette magique. Finies les punitions et les parties d'humiliation dans le placard !

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Ensuite, Alfonson Cuaron rompt également avec la réalisation un peu mollassonne de l'ami Colombus, certes, très compétent derrière la caméra, mais se contentant de respecter les grandes lignes du roman.
Plus que jamais, Alfonso Cuaron a l'intention d'apporter sa petite touche personnelle tout en respectant les principaux événements du matériel d'origine.

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C'est à partir de ce troisième chapitre que l'intrigue se détache clairement de l'école de Poudlard. De nouvelles aventures attendent Harry et ses deux principaux amis, Ron et Hermione. Sirius Black s'est échappé de la prison d'Azkaban.
Dans un premier temps, Harry Potter est persuadé que ce dernier est son plus grand ennemi, Sirius Black étant accusé d'avoir livré les parents du sorcier au terrible Voldemort.

Emma Watson, Rupert Grint, Alan Rickman, Daniel Radcliffe - Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

Toutefois, l'intrigue se veut plus complexe et multiplie plusieurs pistes intéressantes avec quelques loups-garous et paradoxes temporels.
C'est donc un Harry Potter de plus en plus mature et adulte qui se profile devant la caméra d'Alfonso Cuaron. Indéniablement, le cinéaste apporte une touche supplémentaire aux aventures du jeune sorcier.

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Le film y gagne en noirceur et en profondeur. Si le début est un peu long à se mettre en place, l'intrigue prend toute son ampleur après une petite demie heure de bobine. Ensuite, la photographie de Cuaron est réellement superbe.
Mieux encore, Alfonson Cuaron apparaît comme étant le réalisateur le plus compétent du moment, instaurant un climat austère et se focalisant sur des personnages qui prennent enfin toute leur dimension.
Bref, le meilleur épisode de la saga. Par la suite, la franchise perdra progressivement de son intérêt, surtout avec l'arrivée de David Yates à partir du cinquième opus.

La critique de Borat

Bien avant la sortie de La chambre des secrets, coup de tonnerre sur la saga Harry Potter. Richard Harris nous quitte, laissant la place de Dumbledore vide. De plus, Chris Colombus ne rempile pas. L'heure est au remplacement, alors que les tournages des deux premiers volets s'étaient enchaînés. Pour le réalisateur, la Warner choisi Alfonson Cuaron qui avait réalisé La petite princesse pour la major. Il est donc habitué des productions hollywoodiennes, bien qu'il soit peu connu du grand public et assez indépendant (à l'image de son ami Guillermo Del Toro). Pour reprendre le rôle du directeur de Poudlard, ce sera Michael Gambon, vu notamment dans Sleepy Hollow. Pour le reste, on notera également les apparitions de Gary Oldman, David Thewlis, Timothy Spall et Emma Thompson. Alors que l'été 2004 est galvanisé par Shrek 2, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban parvient à s'imposer. Mieux, la presse s'emballe au point de le consacrer au fil des années comme le meilleur de la saga, et ce malgré qu'il soit moins fidèle que les premiers. Et pour cause, Cuaron est peut être le seul à s'être réellement impliqué dans l'univers de JK Rowling en imposant son style. De plus, la longue préproduction a permis aux jeunes acteurs de grandir un peu et le mexicain leur proposera de regarder quelques films en particulier, dont Les 400 coups.

Cela se ressent d'autant plus dans les relations et surtout l'âge des acteurs. Ils sont désormais adolescents et en proie à des troubles. Il est temps pour Harry de s'émanciper et on peut le voir dès le début du film. A tout instant, Harry peut désormais avoir un statut supérieur devant son oncle et sa tante. Outre cette émancipation, le jeune homme va encore devoir faire face à ses origines. Il est temps pour Harry de connaître un peu plus les relations de ses parents et notamment un certain Sirius Black, homme ayant trahi les parents Potter. Outre Black, Harry rencontre Lupin autre ami de ses parents auquel il se lie assez facilement. Un personnage aux intentions parfois sombres. Black s'étant évadé, des détraqueurs surveillent Poudlard et semble bel et bien s'intéresser à Harry et notamment pour le destabiliser. Ce sera le cas dans la scène de quiddich (c'est d'ailleurs le dernier passage de ce jeu avant le sixième volet) plus ténébreux que jamais; après la scène du train, grand moment d'angoisse. Je l'avais déjà dit dans la critique du second volet: l'univers d'Harry Potter commence à devenir particulièrement sombre. Si La chambre des secrets était bien sombre, ce volet ne fait pas de la dentelle non plus.

On assiste à la mort d'un griffon, les détraqueurs attaquent Harry et il court la mort, un lycanthrope rode dans Poudlard et ses environs (pas très bien fait d'ailleurs), sans compter Black dans les parages. Pour Cuaron, c'est aussi l'occasion de se différencier des autres, étant donné que Le prisonnier d'Azkaban n'est pas une histoire avec Voldemort. Il prépare le terrain avant La coupe de feu. Néanmoins, c'est peut être pour cela qu'il est le meilleur volet. Oui, pendant longtemps, je l'ai dénigré mais en y repensant et le revoyant, j'ai appris à l'aimer pour ce qu'il est. Pour ce qui est du visuel, c'est le volet le plus fantasque preuve en est avec la tante-ballon ou le bus fantastique moment de pignolade. La patte Cuaron est facilement identifiable et à vrai dire, tant mieux. Il était temps qu'un réalisateur prenne les choses en main. Si Rupert Grint a encore un peu de mal (ça s'arrangera par la suite), Daniel Radcliffe, Emma Watson et Tom Felton se sont réellement améliorés dans leur jeu et semblent beaucoup plus s'amuser. On notera aussi les excellentes prestations du reste de la distribution. En sachant que Gambon prend une belle relève de Richard Harris, même si curieusement moins présent que son homologue. Le rôle d'Alan Rickman prend de plus en plus de sens et à vrai dire tant mieux. Quand on sait son importance par la suite, on ne peut que comprendre cela.

Tout est dans le titre de cet article: Harry Potter trouve en Cuaron un excellent faiseur, capable de transcender le matériel qu'il adapte.