L'agent J se retrouve dans une faille temporelle où son ami l'agent K est mort depuis quarante ans. Soucieux qu'il y a un gros problème, J part en juillet 1969 pour éviter la mort de son ami...

Affiche de 'Men in Black 3'

Autant dire que Men In Black 3 revient de très loin. Prévu depuis longtemps mais bloqué par les emplois du temps des acteurs (Tommy Lee Jones passe encore, bien que ses années 2000 furent bien remplis; mais Will Smith a été overbooké malgré une bonne paire de bouses au compteur), il a dû attendre 2009 pour se concrétiser. Le tournage commence en novembre 2010 mais les premières rumeurs s'avèrent alarmantes au possible. Déjà l'explosement du budget avec la caravane de Smith qui aurait coûté un bras (sans compter le cachet de l'acteur...) et surtout un scénario inachevé, au point que le tournage doit être absolument suspendu durant le reste de la période hivernale. Une nouvelle qui fait peur aux fans comme aux financiers qui se demandent s'ils n'ont pas fait une grosse connerie. Les quelques bande-annonces n'avaient pas tellement arrangées les choses pour beaucoup et voici venir le produit fini. Et bien mes amis, après tant de pessimisme dans ces présentes lignes, sachez qu'MIB3 n'est pas une merde comme son prédescesseur mais bel et bien un bon film. Déjà et c'est rare que votre interlocuteur le dise, la 3D vaut le coup. Pour une fois, les deux euros ont servi à quelque chose.

Jemaine Clement dans Men in Black 3

Et pourtant il s'agit d'une conversion tout comme la récente révision de Titanic. On voit de beaux effets de profondeur, un certain jaillissement des couleurs et quelques projections assez sympathiques. Voilà un des rares films que l'on peut classer dans la catégorie "bonne 3D". Soit pas beaucoup. Scénaristiquement, le film n'est pas une immense réussite, victime des réécritures susnommées. Néanmoins le réalisateur Barry Sonnenfeld (qui n'a pas fait un film potable depuis... le premier Men In Black!) donne lieu à un divertissement crédible et auquel on ne s'ennuie pas. Clairement on en a pour son argent (3D ou pas). Etonamment, Smith se veut plus sobre que d'habitude, évitant de faire de la vanne pour la vanne. Ce qui avait pêché dans le second volet n'est donc pas là et tant mieux. Jones, le temps de quelques séquences (le film étant évidemment tourné sur Brolin les trois quarts du temps), réussi encore et toujours dans son rôle de vieil agent grincheux et peu enclin à l'humour de son partenaire. La voix de Claude Giraud (qui a pris sa retraite bien méritée par ailleurs) manque quand même, preuve que parfois les doubleurs permettent une vraie filiation avec un acteur.

Tommy Lee Jones, Will Smith dans Men in Black 3

Brolin s'en sort avec les honneurs bien que les mimiques peuvent gêner au bout d'un moment. Le méchant n'est pas exceptionnel mais ce n'était déjà pas le point fort de la saga auparavant. Rappelons nous du cafard débile du premier et de la pouf tentaculaire du second. Par contre, certains personnages secondaires ne servent à rien. C'est le cas de l'agent O pourtant incarnée par l'excellente Emma Thompson. L'absence de Z (Rip Torn laissé pour mort) et de l'impayable Frank (symbolisé dans la chambre de J par un énorme portrait) laisse planer un sentiment de nostalgie un peu déroutant. Néanmoins, le film réussi à garder l'alchimie entre le duo J-K plus qu'avant. Si J part à la recherche de K, c'est surtout parce qu'il s'agit de son ami et non d'un simple collègue. La fin aussi étonnante que bien trouvée renforcera cette amitié intergénérationelle (K se fait vieux et J est dans la quarantaine bien trempée). Sonnenfeld accouche de scènes bien senties à l'image de la scène du restaurant jouissive (effet décuplé en 3D), l'ouverture légèrement kitsch avec la chanteuse des Pussycat Dolls en guest, le passage où J se fait arrêté par des flics bien dans leur temps ou la poursuite en motos très spéciales. Même s'il n'égale pas le premier, ce MIB3 est loin de démériter et s'impose comme une des bonnes surprises de la saison.

Will Smith et Josh Brolin dans Men in Black 3

Un épisode étonnant qui parvient à divertir malgré quelques petits défauts.