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genre: comédie
année: 2012
durée: 1h25

l'histoire: La République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père. Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Pour autant, le dictateur n’est pas du tout disposé à autoriser l’accès de ses installations d’armes secrètes à un inspecteur du Conseil de Sécurité – sinon à quoi bon fabriquer des armes secrètes ? Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU.

la critique d'Alice In Oliver:

Avec Borat, Ali G et Brüno, Sacha Baron Cohen peut désormais se targuer d'appartenir aux grands comiques américains du moment.
L'acteur s'est notamment fait connaître pour son humour à la fois grossier et terriblement insolent. Sacha Baron Cohen est donc de retour avec The Dictator, réalisé par Larry Charles, et actuellement dans les salles. Au niveau du casting, on retrouve également Anna Faris et Ben Kingsley, en sachant que Megan Fox, Gad Elmaleh et Edward Norton effectuent de courtes apparitions.

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Maintenant, reste à savoir ce que vaut The Dictator. Plus que jamais, Sacha Baron Cohen se veut fidèle à son univers. L'introduction du film nous brosse un portrait rapide du Général Aladeen.
Ce dernier se comporte comme un tortionnaire et n'hésite pas à exécuter ceux qui ont le malheur de le contester et/ou de se dresser contre lui.
Etant donné que ce dernier détient de nombreuses richesses, son cas intéresse vivement les Etats-Unis qui complote contre lui et cherche à l'écarter du pouvoir par un habile stratagème.

C'est d'ailleurs ce qui se produit. Alors qu'il se rend à New York, Aladeen est remplacé par un sosie encore plus stupide que lui.
Sa barbe étant rasée, Aladeen devient alors un citoyen ordinaire ou presque... Il fait alors la connaissance d'une écologiste féministe et s'amourache de la belle jeune femme aux aisselles très poilues. Pourtant, Aladeen va chercher à reprendre le pouvoir.

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Pour cela, il peut compter sur l'aide d'un ancien scientifique et adepte de l'arme nucléaire. A partir de là, le film se concentre sur le point de vue de ce dictateur devenu un citoyen américain malgré lui. Certes, cette comédie peut s'appuyer sur quelques séquences hilarantes et parfois bien senties.
C'est par exemple le cas quand notre héros se retrouve dans un hécoliptère avec un couple de beaufs américains. Aladeen va alors apprendre à ses dépens que certains mots sont interdits, même prononcés en arabe ! Après avoir largement fait référence à Al Qaïda, Ben Laden et le 11 septembre, notre troublion se retrouve en prison.

Autre séquence amusante: la scène de l'accouchement. Mais bon, en dehors de ces deux exemples, pas grand chose à retenir.
Sacha Baron Cohen semble beaucoup moins inspiré que d'habitude. Ensuite, force est de constater que le film tourne un peu en rond et s'avère assez répétitif.
Si certaines répliques font mouche, la plupart n'inspire qu'un sourire forcé. A cela, rajoutez une romance indigente entre Sacha Baron Cohen et Anna Faris, et vous obtenez un nanar sympathique mais finalement assez inoffensif.

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Inutile alors de comparer The Dictator à Borat. The Dictator se veut beaucoup moins engagé. Encore une fois, cette comédie doit beaucoup à Sacha Baron Cohen, qui sauve le film d'un ennui poli.
Par exemple, on préférera ne rien dire sur la prestation d'Anna Faris. Toutefois, les autres acteurs secondaires ne font pas beaucoup mieux.
C'est d'ailleurs le cas de Ben Kingsley qui a l'air de se demander ce qu'il fout ici. Car il faut bien l'avouer, au moment du générique de fin, on se dit tout de même: "qu'est-ce que c'était nul !"

La critique de Borat

Sacha Baron Cohen aime la provocation et sait comment l'utiliser à bon escient. Après avoir foutu le bordel en Amérique en journaliste kazakh et star de la mode autrichienne, le comique britannique prend les habits d'un dictateur très inspiré de Kadhafi et Saddam Husein. Pour cela, il fait une nouvelle fois appel à Larry Charles mais sur ce coup, ce ne sera pas un documenteur, mais une fiction. Ce qui s'avère finalement plus crédible au niveau du sujet. En effet, il aurait bien eu du mal à faire le con en dictateur sans autorisation aux States. Il ne s'agit plus d'un monsieur-tout-le-monde. De plus, il s'entoure d'un beau casting avec Ben Kingsley (qu'il avait croisé sur le génial Hugo Cabret), Anna Faris, Megan Fox, John C Reilly, Jason Mantzoukas et des apparitions de Gad Elmaleh et Edward Norton. Malgré cela et les bonnes intentions, The Dictator ne réussit pas toujours et à vrai dire est comme Brüno en deça de l'ami Borat. A vrai dire, Cohen a tellement mis la barre haut avec son premier documenteur qu'il n'arrive pas à faire mieux depuis. Néanmoins, si tout n'est pas parfait, The Dictator fait déjà mieux que Brüno qui partait beaucoup trop dans le vulgaire par moments.

Ici, c'est déjà moins graveleux mais à trop vouloir jouer sur la fiction pure et dure, Cohen n'évite pas les clichés. Comme le dictateur envers et contre tous, insultant n'importe quel trou du cul devant lui et surtout la bonne vieille histoire d'amour. Là où cela avait donné des scènes cocaces dans ses précédants films (Borat se tapant une prostituée ou Brüno baisant en plein match de catch devant des fachos restent de grands moments de poilade), là ça tourne non seulement en rond, mais on a surtout l'impression de se retrouver dans une romcom. Le final est à l'image de cela, assez ridicule même si le coup final ("Maseltof!") est fantastique. Encore une fois, là où Cohen marque toujours autant de point c'est dans sa dénonciation du monde ricain. L'ONU se croit surpuissante mais est incapable de faire face à un vulgaire dictateur aussi facilement kidnappé alors qu'ils sont 193 Etats! Ainsi, le dictateur est accueilli à bras ouvert par l'ONU qui se lave déjà les mains en se disant "on va le faire abdiquer pour qu'il fasse une démocratie!" Ils se mettent les doigts dans l'oeil. Et je ne parle même pas de cette bonne vieille peur de l'étranger avec la poilante scène de l'hélicoptère.

De plus, le sosie s'avère assez drôlatique dans sa bêtise finie et nous vaudra la fameuse séquence avec les amazones. Une vraie pignolade digne de ce nom. Par la doublure, le comique fait référence à l'ami Saddam Hussein et à son cinglé de fiston (voir le film The devil's double de Lee Tamahori sorti récemment en DTV). On n'oubliera pas non plus les passages du parachutage entre deux immeubles, de la pauvre tête (hommage au Parrain d'ailleurs) et les séquences du flash infos de départ avec un Cohen en forme pour les jeux de Wadiya. Après, certains gags reviennent trop souvent. Le coup de la tête dit tout à l'heure est à pas mal mais pas à chaque fois. Au bout d'un moment, c'est assez poussif. Si Cohen est égal à lui-même dans un double rôle tonitruant et perturbateur, les autres acteurs le sont beaucoup moins. Kingsley peine à convaincre, Faris ne vaut pas grand chose (dommage car cette fille a un réel potentiel) et les quelques apparitions de Norton et Elmaleh ne servent vraiment à rien. D'ailleurs le premier n'apparaît même pas trente secondes, culbuté dans les WC par le représentant chinois!

Une comédie qui marche, mais pas à chaque coup et surtout dans sa love story poussive au possible.