folie-des-grandeurs

genre: comédie
année: 1971
durée: 1h55

L'histoire: Don Salluste profite de ses fonctions de Ministre des Finances du roi d'Espagne pour raqueter le peuple. Mais la reine le chasse de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre et utilise son valet, Blaze  pour mettre au point son plan machiavélique.

La critique d'Alice In Oliver:

A la base, c'est Bourvil qui devait interpréter le personnage de Blaze dans la Folie des Grandeurs, réalisée par Gérard Oury en 1971.
Mais l'acteur décédera peu avant le début du tournage. Finalement, c'est Yves Montand qui est choisi pour incarner le valet de Don Salluste (Louis de Funès). Etant donné les différences de personnalité, le personnage sera réécrit par Gérard Oury.

folie grandeur

Difficile de savoir ce qu'aurait pu donner la Folie des Grandeurs avec le duo Bourvil/Louis de Funès.
Toujours est-il qu'Yves Montand est la véritable révélation de cette comédie, sorte de parodie de Ruy Blas, de Victor Hugo.
Mais le film peut également compter sur des seconds rôles délicieux, notamment la géniale Alice Sapritch, follement amoureuse de Blaze.
Ce qui donnera lieu à un strip-tease hilarant, au grand désespoir du valet de Don Salluste.

Ensuite, il y a évidemment Paul Préboist, dans un petit rôle, celui d'un homme muet, mais qui vient lui aussi apporter une certaine excentricité à cette comédie. Quant à Louis de Funès, il livre encore une grande prestation dans un personnage qu'il a maintes fois interprété au cinéma: un homme cruel, cupide, affable et prêt à tout pour accomplir sa vengeance.
Attention, SPOILERS !

folie-des-grandeurs

Après avoir été renvoyé de la cour d'Espagne par la reine, Don Salluste est bien décidé à la compromettre.
Pour y parvenir, il utilise son valet, Blaze, le but étant de réunir les deux tourtereaux pour que le roi surprenne sa bien-aimée en flagrant délit d'adultère.
Mais la mise au point de ce plan machiavélique ne sera pas chose aisée. Voilà pour les hostilités !

folie_des_grandeurs_190c

La Folie des Grandeurs est un véritable festival de gags et de fous-rires. C'est probablement l'une des meilleures comédies de Gérard Oury, en sachant que le duo Yves Montand/De Funès fonctionne à merveille.
Ensuite, cette comédie peut s'appuyer sur une excellente musique, signée Michel Polnareff et de nombreux rebondissements, la fin du film révélant encore son lot de surprises. Bref, encore une comédie culte signée Gérad Oury.
Après Le Corniaud et la Grande Vadrouille, c'était loin d'être gagné !

La critique de Borat

La folie des grandeurs devait à l'origine être la troisième collaboration entre Gérard Oury, Louis de Funès et Bourvil. Malheureusement (ou pas dirons certains), ce dernier meurt peu après la fin du tournage du Cercle Rouge. Lors d'une soirée, la regrettée Simone Signoret en bonne épouse soufflera le nom de son époux, Yves Montand, pour le possible remplacement du chanteur de Salade de fruit. Chose qui marchera par contre le scénario devait être retravaillé suite au changement d'acteur. Ainsi le personnage de Blaze passera d'un joli ahuri à un bellâtre en puissance. Autant dire que le changement est radical. Outre De Funès et Montand; Alice Sapritch, Karin Schubert (devenu actrice pornographique par la suite!), Alberto de Mendoza, Gabriele Tinti et Paul Pleboist sont également de la partie. Le film sera un beau succès (plus de 5 millions de spectateurs même si ce n'est qu'une poussière face à La grande vadrouille) et le reste encore lors des différentes rediffusions.

Oury et sa fille Danielle Thompson partent du drame romantique de Victor Hugo Ruy Blas, en l'adaptant très librement. On suit Don Salluste, un ministre du roi d'Espagne bien content de s'enrichir sur le dos des pauvres. La reine finit par le renvoyer suite à la révélation d'une dame d'honneur qu'il aurait enfanté. Il essaye alors de préparer sa vengeance, mais ce sera son valet Blaze qui le mettra en touche. Fraichement devenu proche du roi, il compte bien le défendre malgré son amour pour la reine. C'est sans compter sur la méchanceté de Salluste voulant à tout prix montrer Blaze entre les bras de la reine. Le coquin croit y arriver et pourtant Blaze va lui jouer des tours. Le réalisateur signe une véritable satire sur la richesse et où chacun est pris à son propre jeu. Salluste pour son envie crucial d'argent et ne comptant que sur ça. Blaze qui finit par devenir lui aussi avide d'argents même s'ils préfèrent s'attaquer aux riches plutôt qu'aux pauvres (ce qu'il était autrefois).

Oury donne également lieu à un véritable festival de fous-rires pour le spectateur. De Funès donne lieu à un véritable raz de marée de gags en tous genres. Par exemple, on citera l'ouverture où il compte le pognon dans son carosse en choisissant particulièrement ses biens, avant de voir que son valet a fait un trou pour que les villageois prennent l'argent! Outre cela, sa réaction face aux fanfaronades de Montand (lui aussi gigantesque et notamment par sa petite tirade servant de titre) et finit particulièrement bas. On finira sur sa stupéfaction telle qu'il n'arrive même plus à parler! Oury a également une bonne idée de rendre Sapritch (divine au possible et devant un sacré paquet de pignolades à elle toute seule) amoureuse de Montand. Ce qui vaudra son striptease à hurler de rire devant un Montand attaché et prêt à se barrer à tout moments! En sachant que quand il s'agit de l'action, Oury signe d'excellentes scènes de duel et notamment durant la scène du gâteau. Enfin, on finira sur l'excellente musique de Michel Polnareff, à une époque où les femmes lui disaient "Love me, please love me" (Borat philosophe).

Probablement le chef d'oeuvre de Gérard Oury à mon humble avis.


Bande-annonce de "La folie des grandeurs"