On tombe toujours pour mieux se relever
Huit années ont passé depuis la mort d'Harvey Dent. La criminalité inexistante grâce à la loi Dent a rendu Bruce Wayne ermite. Mais l'arrivée de Bane va déclancher une fureur que même Batman aura bien du mal à combattre seul...

Quatre ans que le Borat attend le retour du Chevalier Noir après un The Dark Knight encore gravé dans les mémoires. On aura bien eu la pause de lux Inception, deux métrages animés de qualité (Batman under the Red Hood et Batman Year One) et deux jeux-vidéo mémorables (Arkham Asylum et Arkham City); l'impatience de retrouver le Batman du déjà grand Christopher Nolan (tout simplement le réalisateur du moment tant il arrive à déclancher un enthousiasme violent à chaque annonce de projets) était pour le moins extrême. Il n'y a qu'à lire certains dézingages d'internautes envers des journalistes aux avis moins enthousiastes voire pas du tout. D'ailleurs celui qui m'a le plus marqué car vu en direct, c'est sur Première.fr avec moult insultes (imaginez South Park sans l'intelligence et vous aurez un certain point de vue de la chose). Il faut dire aussi que le journaliste a été assez stupide pour dévoiler un des derniers plans sans prévenir. La rédaction essayera bien de justifier son propos sur ce fait, évoquant ne pas avoir dévoiler de spoilers, parlant même que certains se font des allusions douteuses. Pourtant, pour avoir vu la scène en question dorénavant, le spoiler est bel et bien là et Première aura beau raconter beaucoup de conneries, ils auront bien du mal à se justifier face à moi.

Mais de là à employer des noms d'oiseaux comme "en****" ou "co*****", il y a des limites à ne pas franchir. Preuve que certains internautes ont parfois un poids chiche à la place du cerveau et la connerie à la place de l'intelligence. A l'heure qu'il est, The Dark Knight Rises a déjà largement rembourser son budget, faisant même mieux que The Dark Knight aux States comme en France (déjà 2 millions en une semaine soit à peu près ce qu'avait fait TDK en fin de carrière!). Malheureusement et malgré tout les efforts nécessaires, TDKR ne risquera jamais de passer après le trop gros succès d'Avengers. On parle quand même du troisième plus gros succès de l'histoire du cinéma. Autant dire que les détracteurs du cinéma de James Cameron doivent avoir sévèrement mal au cul! De toutes manières, au niveau du contenu le film de Joss Whedon peut aller voir chez les grecs. Il n'y a clairement pas photo. Pour éviter de faire dans la suite directe (ce qui aurait pu être aussi intéressant que casse-gueule), les Nolan et David S Goyer ont préféré adopter pour une ellipse temporelle de huit ans, histoire d'explorer encore plus le Batman. Par ailleurs, le Joker est totalement éradiqué de l'intrigue, Nolan s'étant juré de ne pas toucher au mythe Heath Ledger. La novelisation du film évoque seulement qu'il serait le dernier habitant de l'asile d'Arkham. Rien de plus, rien de moins, rien de passionnant.

Les scénaristes citent alors aussi bien Knightfall que The Dark Knight Returns, en passant par Batman Year One. (Attention spoilers) Bruce Wayne est devenu l'ombre de lui-même au point que même Alfred ne sait plus quoi en faire. La criminalité étant éradiquée par la loi Dent, Batman n'a plus lieu d'être. Mais Wayne vit en ermite, ne profitant même pas de sa personnalité publique. Au point que certains le voient plus comme un fantôme. Arrive alors une intruse: Selina Kyle. Cette dernière jouera beaucoup dans le retour de Batman mais aussi dans le challenge. Cela faisait longtemps que Bruce ne s'était pas autant amusé avec un adversaire. Il ne veut pas l'arrêter et joue à son jeu, peut être trop d'ailleurs. (fin des spoilers) Comme Michelle Pfeiffer (simple potiche dans Scarface, eclipsée par Uma Thurman et Glenn Close dans Les liaisons dangereuses) et dans un certain sens Halle Berry (on avait déjà vu de réelles limites dans son jeu dans Gothika; mais avec Catwoman c'était le ponpon!), la carrière d'Anne Hathaway risque de prendre un certain envol grâce au rôle de Catwoman. A la fois charmante et malhonnête, espiègle et physique, l'actrice a un véritable charme et porte véritablement son rôle. Elle n'est pas potiche, elle en impose même et n'hésite pas à casser de l'homme.

Nolan ne lui donne peut être pas un aspect fantastique (laissons à Tim ce qui est à Burton), mais l'incorpore parfaitement dans sa directive réaliste. Une vision qui n'est pas sans rappeler celle de Year one, le côté prostituée SM en moins. C'est d'ailleurs bien la seule à faire dans l'humour dans un épisode particulièrement apocalyptique. Quant à Bane, il réussi à déclancher la peur à chaque apparition, au point de se dire "comment battre une telle armoire à glace?" Tom Hardy se révèle encore une fois impressionnant dans un rôle physique et trouve un rôle à sa mesure. A la fois bagareur mais également très intelligent, Bane est loin d'être un tueur sans foi ni loi. Il a un vrai code. Néanmoins sa voix que ce soit en VO (incompréhensible pour beaucoup) ou en VF (beaucoup trop claire ironiquement) risque de gêner, sans compter une fin quelque peu expéditive. Dommage. Au niveau des affrontement, certes le film est PG-13 (c'était le cas aussi des deux autres) et le sang ne coule pas (et pourtant...), la violence est de mise et les morts pleuvent. Qu'ils soient flics, civils ou militaires. C'est le cas notamment dans le monstrueux match de football américain que ce soit pendant ou après l'explosion du terrain.

Et ne parlons même pas du premier combat entre Batman et Bane absolument barbare et où les os craquent. (Attention spoilers) TDKR n'épargne personne, pas même son héros, malmené par un ennemi plus préparé que lui. Il faudra qu'il perde de sa splendeur pour revenir sur le ring. Et dans sa dernière croisade, Batman prendra avec lui un Jim Gordon plus sali que jamais (le scandale Dent ne fait que commencer), une Catwoman devant se racheter et un certain John Blake. Beaucoup voyaient en Harvey Dent dans ce poste mais c'est bel et bien lui le Chevalier Blanc de Gotham. C'est lui qui comprend le mieux Bruce Wayne dans son balayage du crime car lui aussi est orphelin et tout deux ont foi en une certaine justice, parfois expéditive mais nécessaire. Mais là où Nolan fait dans la totale ironie c'est dans son final. Lui qui disait ne rien vouloir savoir du personnage finit par nous faire un beau pied de nez en en faisant le nouveau justicier de Gotham. Un gros fuck aussi inattendu que bien trouvé, preuve que depuis 2005, Nolan ne cesse de nous étonner en abordant l'univers du Dark Knight. Après un épisode en suspens, la Ligue des ombres fait son grand retour avec son lot de révélations bienvenues. La boucle sur Ra's Al Guhl et son héritage est définitivement bouclée et en bien.

Et puis c'est l'occasion de revoir Liam Neeson dans un bon film, ce qui est doublement génial en cette année 2012! C'est même son fantôme qui fera renaître Bruce Wayne. (Fin des spoilers) Les cinq dernières minutes sont tout simplement magnifiques sublimées par la musique d'un Hans Zimmer seul. Le compositeur s'en donne à coeur joie pour le final en donnant un aspect terriblement dramatique (Rise) comme épique (A fire will rise). Néanmoins, Zimmer se recycle parfois, notamment en évoquant Inception. Pour ce qui est du fameux Batwing, on en a pour notre argent et notamment dans la bataille finale. Outre celle-ci et d'autres exemples déjà cités, on retiendra bien entendu l'assaut de la bourse de Gotham ainsi que l'ouverture absolument vertigineuse. Christian Bale montre encore une fois un investissement et un charisme incroyable dans la peau du Batman. Un rôle iconique qui risque de rester dans les mémoires encore très longtemps. En tous cas, bien plus que Michael Keaton. Que dire également des second-rôles: Michael Caine touchant au possible bien que moins présent; Morgan Freeman toujours en forme; Marion Cotillard correcte et vous savez mon avis très tranchée sur cette actrice (en dehors peut être de la fin assez... improbable); Joseph Gordon Levitt mémorable; Gary Oldman toujours aussi crédible et un Matthew Modine que l'on avait pas vu aussi bon depuis... Full Metal Jacket!

Par contre, le personnage de Juno Temple est complètement inutile. On peut parler de réel remplissage. Comme dans The Dark Knight, Nolan continue à explorer les peurs de l'Amérique post-11/09 avec les riches dézingués, les avions détournés, le terrorisme en puissance, Gotham oubliée (les USA sont même prêts à dézinguer le premier civil qui sort de la zone), l'explosion nucléaire et la crise qui n'épargne même pas Bruce Wayne. D'ailleurs, sur ce point on doit bien avouer que c'est plus de Wayne que de Batman dont parle ce volet. Wayne est touché aussi bien psychologiquement que physiquement. Et même avec une arrogance qu'il ne pensait pas aussi destructrice. TDKR est donc une parfaite apothéose à la fois mélancholique (un dénouement aussi émouvant chez des super-héros c'est rare) et épique (on nous avait prévenu dans les bande-annonces), ne prenant jamais le spectateur pour un vulgaire bouffeur de pop corn. Et puis, il sera franchement difficile de passer à côté niveau adaptation de comics. En sachant que la Warner cherche à faire un reboot pour 2016 (étant donné que DC Comics appartient au studio, il n'y a donc pas d'embrouille comme avec la Marvel). Bonne chance pour trouver une cohérence!

TDKR réussi non seulement à être le meilleur de la trilogie, mais aussi à donner l'une des plus belles fins d'une saga au cinéma.
Commentaires sur On tombe toujours pour mieux se relever
- Ton avis n'est pas surprenant
J'ai beaucoup aimé aussi, une façon magistrale et belle de clôture cette saga, tel l'épilogue d'un roman, c'est bardé d'émotion, de sensations fortes, bref la classe cependant je pense toujours que le plus réussis reste le 2 et aussi que le scénario est beaucoup moins précis que d'habitude - J'adore TDK mais je trouve que TDKR a une vraie puissance émotionnelle. Une des rares fois que ça me fait un tel effet au cinéma. Le principal point fort de ce volet est surtout d'être le plus humain de la trilogie. BB montré un homme prenant sa vie en main derrière un masque. TDK un homme qui se croit accompli et qui va découvrir plus fort que lui psychologiquement. Dans ce volet, Batman redevient Bruce Wayne et dans sa démesure croit qu'il va réussir à revenir du jour au lendemain. Sauf qu'il lui faudra la déchéance pour redevenir un vrai héros.














