Produire une série en France, c'est surtout se casser les dents. Soit vous faites dans la saga familiale (ah les Zodiaque tout pourris à l'heure d'été!), le truc pour faire rire à la TF1 (des trucs justement pas très drôle comme Camping Paradis), faire des ressucés de séries ricaines (RIS pas pompé sur Les experts bien évidemment) ou le policier (trois quarts des séries made in France). La rare exception étant Canal + qui continue à nous montrer de vraies séries françaises. Exemple? Carlos d'Olivier Assayas, mini-série de trois épisodes sur le terroriste vénézuélien. Néanmoins, Canal a beau avoir touché le policier (Engrenages), l'historique, la comédie (Kaboul Kitchen avec Gilbert Melki) et maintenant le fantastique (Les revenants qui sera diffusé fin novembre); ils n'ont toujours pas fait dans la science fiction. Une chose que compte bien changer Guillaume Lubrano en faisant une anthologie française de Métal Hurlant, magazine culte porté entre autre par le regretté Moebius et Alejandro Jodorowsky. Ne trouvant aucune chaîne, le coco autoproduit un pilote et juste après sa diffusion à des acheteurs, WE Production arrive. De plus, au fur et à mesure de la production, Lubrano a pu s'entourer d'acteurs internationnaux en tout genres.

Affiche promo

Metal Hurlant Chronicles

Ainsi, l'on retrouve les actionners Michael Jay White et Scott Adkins, les français sympas Dominique Pinon, Eriq Ebouaney et Jean-Michel Martial, des tocards avec Jean-Yves Berteloot, David Belle (Banlieue 13 tout est dit et désolé pour les fans de parkour) et Gregory Basso (Greg le milionnaire quoi), le rescapé de Stargate Atlantis Joe Flanigan (et oui, ce n'est pas toujours Jason Momoa), la plantureuse Kelly Brook, le vampire James Marsters (je n'ai pas osé Picollo par respect envers Akira Toriyama), le divin Rutger Hauer et Michelle Ryan. Composée de seulement six épisodes, cette première saison s'avère très ambitieuse mais aussi décevante. La durée des épisodes est par exemple trop courte. 26 minutes pour une même histoire c'est pour les sitcoms, pas pour des histoires de ce genre qui nécessite un peu plus de longueur et profondeur. Cela se voit au montage des épisodes nécessitant de l'action comme La couronne du roi ou Maîtres du destin. L'action est vite expédiée (les combats ou les gunfights sont relativement courts si bien qu'il ne se passe finalement pas grand chose à l'écran) et le récit défile très/trop rapidement. On a à peine le temps de se familiariser avec les personnages que cela se finit. Preuve en est avec le final expédié de Maîtres du destin, ce qui donne un rendu frustrant mais aussi bâclé.

Metal Hurlant Chronicles

Ensuite, le jeu d'acteur n'est pas toujours bon. Adkins a beau bien bastonné, il a toujours aussi peu de charisme en tant qu'acteur, ce qui n'est pas le cas de Jay White qui a une vraie tchatche d'orateur. Kelly Brook ne sert que de pur fantasme spatial  malheureusement, mais bon, on peut dire qu'on a eu ce qu'on voulait: à savoir la belle Kelly en tenue moulante, flingue à la main et parfois même topless! Inévitablement que dire du jeu inexistant de Greg le millionaire? Par chancee, on n'a pas eu droit à son accent puisqu'en VF, il est doublé. Rutger Hauer joue les faire-valoirs correctement, sans le cabotinnage qu'il peut avoir parfois (dans le Dracula d'Argento, paraît-il que c'est du grand art dans ce domaine). Néanmoins, on pourra aussi retenir un Marsters touchant, un Flanigan cabottin pour la bonne cause et un Dominique Pinon qui s'éclate tout comme Ebouaney qui jacte sans perdre son cigare. Dommage car en dehors du double épisode qui sert de pilote (Belle essaye de s'évader en bourrin et après on suit Berteloot sans grande conviction dans un passage fort inintéressant), la série s'avère intéressante et titille l'intérêt. C'est d'autant plus dommage que Lubrano manque de budget conséquent pour une pareille entreprise, que cette première fois apparaît vraiment comme un essai et la durée fait perdre beaucoup dans la créativité.

Metal Hurlant Chronicles

Tous les épisodes ont un rapport avec le Métal Hurlant, astéroïde qui traverse les époques et l'Espace. La couronne du roi nous entraîne dans un monde moyen-âgeux gouverné par un roi mourrant, lui-même contrôlé par des robots via une sorte de lobotomie. Et le guerrier vaillant voulant des libertés de devenir un pantin vaniteux et libidineux. Protège moi est un huis-clos plutôt bien vu entre Marsters et Ryan. Cette dernière a été recueilli après que le monde devienne apocalyptique. Mais est-ce vrai? Cet épisode tient en haleine jusqu'à la fin assez sauvage et par sa sobriété se révèle un des meilleurs passages de la saison 1. Le pilote est comme je le disais franchement mauvais et on se demande même comment Lubrano a fait pour être financer après un tel gâchis. Oxigène est l'épisode le plus fendard  avec d'entrée de jeu une partie de jambes en l'air (fous rires garantis en entendant la capitaine SM!) qui tourne à l'explosion. Suivi ensuite de trois bonhommes (dont Pinon) partant du vaisseau où l'oxygène commence à se faire rare. L'occasion d'une baston un peu débile à la Invasion LA pendant que Pinon se fait larguer en plein Espace! Maîtres de l'univers fait dans la pure SF avec dézingage dans des bars à putes ou dans des stades. Reste que la conclusion est pour le moins ratée.

Metal Hurlant Chronicles

On reste sur notre fin et cela paraît complètement improbable. Dommage car cela commençait vraiment bien. Le serment d'Anya pompe un peu trop sur 300 au niveau visuel et l'intrigue se base finalement uniquement sur sa chute. Un peu dommage quoi surtout que l'on doit se taper le Millionaire façon Gérard Butler, donc torse sayant. Pas grand chose à dire donc surtout que le décalage Grèce antique-Ière Guerre Mondiale n'est pas fantastique. Pour ce qui est du visuel, Lubrano s'est payé des effets-spéciaux plus que descents, surtout quand on sait les contraintes budgétaires du pauvre Lubrano. C'est vraiment beau à voir notamment dans Maîtres de l'univers. Allez Guillaume, change quelques trucs et ce sera bon! En conclusion, voici une série ambitieuse qui se perd un peu dans sa faible durée et des histoires souvent trop expédiées.