1954, Nouvelle-Zélande. Deux jeunes filles vivent une grande amitié au point d'inquiéter leurs parents respectifs. Et cela jusqu'à l'irréparable...

Affiche USA - Créatures célestes

Bien avant Lovely Bones, Peter Jackson s'intéressait déjà au drame familial et initimiste. Lui que l'on disait réalisateur trasho-comico-horrifique se trouve avoir autre chose en magasin. Certains seront déçus, les autres contempleront cet objet différent dans sa filmographie et annonciateur d'une nouvelle ère pour le réalisateur. Plus question de faire dans le dégueulasse à partir de maintenant. D'ailleurs, Créatures célestes récoltera le Lion d'argent de l'année 1994, permettant à Jackson d'avoir une plus belle exposition sur le monde et particulièrement les Etats-Unis. Bien avant Ang Lee ou James Cameron, c'est bel et bien Jackson qui révèle la jeune Kate Winslet promise à un bel avenir. Pour sa partenaire et héroïne principale du métrage, il choisi la néo-zélandaise Melanie Lynskey que l'on retrouvera par la suite chez Sam Mendes (le réjouissant Away we go) ou dans la série Mon oncle Charlie. Créatures célestes est adapté d'un fait divers survenu en Nouvelle-Zélande dans les années 50. En fait, les personnages de Winslet et Lynskey sont responsables de la mort de la seconde. Jackson cherche alors à montrer les raisons qui ont conduit cet assassinat mais également et surtout l'amitié entre les deux jeunes filles.

Affiche USA - Créatures célestes

En sachant que le réalisateur ne veut pas en faire de vulgaires sérial-killeuses, ce n'est pas l'intérêt. C'est surtout l'idée de montrer pourquoi on en est arrivé là? Au fur et à mesure, on comprendra mieux les causes et elles ne sont finalement pas si difficile à comprendre. Après tout, souvent il faut tuer le modèle pour devenir quelqu'un. Idéologiquement parlant les trois quarts du temps, il arrive parfois que le un quart restant finisse dans de graves circonstances. Pauline est une jeune fille de quatorze ans tout ce qu'il y a de plus banal et est dans une école tout ce qu'il y a de plus anglaise au possible. Le genre de The Wall où l'élève est brimé pour ses idées plutôt que d'être encouragé. Juliette est une jeune anglaise débarquant en Nouvelle-Zélande, sa famille est riche et elle regorge d'histoire. Toute deux vont devenir amis alors que tout oppose leur rang: Pauline vit dans ses besoins mais la famille a un locataire, donc ne croule pas sur l'or. Juliette a tout pour être heureuse mais il lui manque quelqu'un, une amie. Elle l'a trouvera avec Pauline. Elles se mettent à créer un véritable univers, se confondant parfois avec la réalité. Notamment au niveau de la cruauté. Par le côté animation, Jackson revient à ses premiers amours, l'artisanal et les marionettes. Néanmoins rien de trash, bien au contraire. Jackson a bien compris que tout a une fin, malgré son film suivant Fantômes contre fantômes sera sacrément timbré.

Affiche USA - Créatures célestes

Malheureusement, les parents ne vont cesser de vouloir les séparer au risque de commettre un acte irréparable. On ne peut que comprendre la détresse adolescente présente ou ayant été présente chez chacun de nous. C'est pour cela que le film se veut si fort. Il ne s'agit pas de juger l'acte mais de faire une pure chronique sur le monde de l'adolescence, avec les amours (celui de Pauline et Juliette symbolisée par l'acte ou celui de Pauline et du colocataire franchement tue l'amour au possible), les dérives (divorce, incompréhension), la contestation aussi bien envers les parents que les institutions tout court (le cassage de Juliette au sujet d'une faute de grammaire de la professeur en est une belle preuve). De plus, comme Jackson se base sur le journal intime de Pauline, il peut exploiter ses pensées via son monde imaginaire. D'où l'idée de montrer les "créatures célestes" peuplant le monde des deux jeunes filles. De plus, il ne s'agit jamais de moraliser les deux héroïnes même si l'acte final se révèle particulièrement froid. Ce qui contraste avec l'ouverture où les filles se retrouvent complètement débousolées après une telle violence. Un regret donc. Le film se termine par des écritos évoquant qu'elles ne se sont plus jamais vu, contraintes par la justice. Définitivement, les institutions auront tout fait pour les séparer. Winslet et Lynksey tiennent le film de bras de maître et en imposent rien que par leur premier film.

Affiche USA - Créatures célestes

Un film émouvant de la part d'un Peter Jackson poétique et très inspiré.


Créatures celestes partie 1 par chapoproductions