Fin des années 80, Nouveau Mexique. Abby vient d'arriver dans le lotissement d'Owen. Il ne va cas tarder à savoir sa réelle nature et va devenir ami avec elle...

Affiche française - Laisse-moi entrer

La Hammer fut longtemps le berceau de l'horreur gothique et studio parfois casse-couille avec son acteur fétiche Christopher Lee (comme en le faisant tourner dans quinze tonnes de suites avec des personnages qu'il a déjà incarné). Au hasard, on citera un grand nombre de films de Terrence Fisher comme Le chien de Baskerville, Le fantôme de l'opéra, Frankenstein s'est échappé ou Le cauchemar de Dracula. Mais la mode a changé et la Hammer de fermer ses portes. Il faudra qu'un producteur hollandais remette en selle le studio pour le voir revenir. Dans un premier temps avec Wake wood, sympathique peloche qui n'est sorti que cet été en DTV. Puis avec La locataire qui sentait le coup fourré rien que dans sa bande-annonce. Mais c'est surtout avec Laisse moi entrer qui montrera le retour de la Hammer. Let me in n'est autre que le remake de Morse de Tomas Alfredson (qui depuis s'est vraiment bien fait voir avec La taupe), pépite à l'exploitation hasardeuse (en France, il sortira quelques semaines après Twilight, bonjour tristesse) et vu uniquement par des fans du genre (coucou!). Pourtant le film s'impose en festivals et l'idée de reprendre un film pareil à la sauce anglicane arrive très rapidement. Et oui c'est connu: dès qu'un film étranger fait le buzz, le Ricain est là (la Hammer est basée au Royaume Uni mais les ricains produisent en partie). On a vu ça avec En quarantaine, merveilleux remake de Rec ou encore le magnifique Mirrors uniquement là pour nous montrer quelques séquences dégueulasses.

Affiche française - Laisse-moi entrer

Bof, bof, surtout que ça a 99% de chance de se casser la gueule. La Hammer retourne donc au vampirisme et engage Matt Reeves, réalisateur auréollé du succès de Cloverfield malgré l'ombre de JJ Abrams. Pour le casting, on retrouve Chloe Moretz (entre Kick Ass et Martin Scorsese), Kodi Smit McPhee (le fils de Viggo Mortensen dans La route), Elias Koteas et Richard Jenkins. Le film aura beau faire un flop au box office, il sera bien accueilli par la critique, pourtant peu clémente envers les remakes en général. Finalement, Let me in n'est pas une copie conforme comme le prédestinaient les bande-annonces, même s'il reprend plusieurs plans complets (l'épilogue totalement identique au plan près) et toutes les grandes lignes du film d'Alfredson. En clair, l'histoire ne change pas. Reeves montrant le quotidien d'un gamin martyrisé par des probables psychopathes en devenir, tiraillé par le divorce de ses parents et découvrant que sa voisine n'est autre qu'un vampire (comparé à Alfredson, Reeves ne joue pas trop sur l'ambiguité sexuelle, peut être par peur de se retrouver avec les associations des parents aux fesses) et ils vont s'aider mutuellement. Celui qui a vu l'original s'y retrouvera, celui qui découvre l'histoire préfèra regarder celui-là, probablement par le côté plus disponible d'accès (Morse est pourtant chez le même éditeur, Metropolitan, mais avec une moins grande visibilité).

Affiche française - Laisse-moi entrer

Même le climat ne change pas, Reeves délocalisant l'action au Nouveau Mexique en pleine fin des années 80 et dans un coin particulièrement paumé. A noter que l'intrigue se différencie légèrement au niveau des sous-intrigues. (attention spoilers) C'est ainsi qu'Abby tue une locataire et que le policier incarné par Koteas finit par se retrouver trop près, se retrouvant sucer par le vampire en association avec Owen. Pour la seconde, cela s'avère plus ou moins bénéfique et crédible. La première parait quelconque au détriment de celle de Morse avec notamment l'épisode des chats qui ne faisait pas de cadeau. (fin des spoilers) C'est surtout sur la forme que Reeves s'amuse. Lui qui s'était cassé les pieds avec le found footage, enlevant tout effet de mise en scène, il peut désormais y aller dans les mouvements de caméra et notamment dans les ambiances plutôt que le gore outrancier. La photo sombre aide particulièrement surtout pour les scènes où ça gicle. On notera également ce magnifique plan-séquence se déroulant dans la voiture où se trouve Jenkins, sous Burnin for you. Un beau moment de tension et admirablement bien filmé. Néanmoins, certains effets laissent à désirer à l'image des yeux d'Abby en suceuse peu crédible, ainsi que l'effet accéléré de ses attaques. Moretz compose encore une fois un personnage qui lui convient, à croire que les femmes d'action qui lui vont à ravir. McPhee campe un héros plus fragile et c'est tout à son honneur. Il réussit à émouvoir quand l'acteur de Morse était plus froid et violent (ça se sentait que ça allait exploser). Le reste du casting est très bon également.

Richard Jenkins, Chloe Moretz - Laisse-moi entrer

Un remake bien fait, fidèle à Morse mais rarement original. A voir tout de même.