Le shérif Ray Owens va faire face à une menace peu habituelle: un cartel de la drogue mexicain débarque dans sa ville. Autant dire qu'il va être méchamment accueilli...

Affiche teaser USA - Le dernier rempart

Avant Stoker de Park Chan Wook et l'adaptation du Transperceneige par Bong Joon-ho, voici venu le premier effort d'un sud-coréen à l'international cette année. Kim Jee Woon est un touche-à-tout, ayant travaillé dans l'épouvante (Deux soeurs remaké il y a quelques années), le film de gangsters (A bittersweet life), le western (Le bon, la brute et le cinglé) et le thriller psychologique (I saw the devil). Pour son premier passage aux Etats Unis, le coco ne dirige pas n'importe qui. Un certain Arnold Schwarzenegger, bien décidé à revenir sur le devant de la scène après neuf ans de politique. Malheureusement, The Last Stand est en train de faire un sacré bide (à peine 6 millions de $ pour son premier week end, en dessous des 1000 entrées pour démarrage en France) au point que certains examinateurs évoquent que ce sera son plus gros bide devant Dommage collatéral. Sauf qu'il est bien meilleur que le film d'Andrew Davis. Ce bide est donc d'autant plus malheureux que c'est un film qui délivre la marchandise. Outre Schwarzy, Jee Woon dirige le fanfaron Johnny Knoxville, Eduardo Noriega, Forest Whitaker, Jamie Alexander, Peter Stormare, Zach Gilford, Rodrigo Santoro, Luis Guzman, Genesis Rodriguez et même Henry Dean Stanton le temps de quelques secondes.

Le Dernier rempart : photo

The Last Stand est évidemment très facile après un I saw the devil aussi brutal que psychologique. Mais clairement, il ne fallait pas s'attendre à du grand art niveau scénario. En gros, un baron de la drogue s'évade et compte bien passer la frontière mexicaine. Problème: il a Arnie devant lui et autant dire qu'il ne va pas lâcher le morceau! Sur ce point de vue, on serait pas loin de Commando. De la drogue, du sang, du salopard dézingué... Sauf que The Last Stand a le sérieux plus facile (on est quand même loin de la bêtise nanardesque du film de Mark L Lester), il est également moins débile. Le film a beau ne pas se prendre au sérieux, Jee Woon n'en oublie pas le second degré bénéfique à ce genre de production et tant mieux! Il n'y a qu'à voir le personnage de Knoxville, véritable dingo des armes. Il n'y a pas à dire, son rôle est pas loin de la dinguerie de Jackass mais en plus sobre et armé. En sachant que le film est Rated et ne lésine pas sur la violence. L'assaut dans la ville est un exemple parmi tant d'autres. Un vrai festival d'action bourrine où même quand il y a des effets-spéciaux, cela paraît moins artificiel qu'un Expendables. Le sang est numérisé ou tout du moins retouché (la scène de l'autoroute par exemple est un vrai carnage) et ne fait pas dans la grandiloquence (remember la scène de la tête décapitée par une balle dans Expendables 2).

Le Dernier rempart : photo Jaimie Alexander "Jaimie tu crois que je leur ai assez mis dans la tronche? -Oh oui Arnie, t'as fait sauter tout le quartier!"

Et l'ami Schwarzy dans tout cela? Et bien, le coco semble avoir compris qu'il ne peut plus être un surhomme. Il prend des coups, parfois des couteaux, les portes lui font mal, il a pris du bide (ironie totale quand il dit ne plus vouloir d'omelette à cause de sa prise de poids!), des rides aussi (Jee Woon n'hésite pas à montrer la trogne d'amour de l'Arnold, bien au contraire) bref il n'est plus le Terminator. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir toujours autant de répondant face à l'adversaire et notamment avec l'ami magnum. Alors que nous sommes en plein débat idéologiquement douteux sur le pouvoir des armes dans le cinéma ricain, suite aux nombreuses fusillades aux Etats-Unis (ce qui est totalement abérrant vu que le défaut vient surtout de la bêtise de certaines personnes); Jee Woon ne se gène pas et tant mieux encore une fois. Surtout que le film se veut politiquement incorrect et mise sur une déconnade totale dans l'action. J'ai cité la scène en ville, mais on peut également parler du combat final bien mieux qu'un affrontement final dans un autre film précité (mais je crois que vous le savez déjà?) et pour cause, les deux s'en prennent plein la tronche. Avant cela, on aura droit à une poursuite sous tension dans un champ de maïs. Schwarzy s'en donne à coeur joie dans cet excellent divertissement. Il l'a eu son come back le coco et se révèle toujours en forme pour l'action. On attend donc de voir ce qu'il va faire avec Ten de David Ayer ou The tomb avec l'ami Stallone. Pour le reste, c'est parfois cabottin à l'image d'un Peter Stormare qui s'en donne à coeur joie, mais dans l'ensemble ça va.

Affiche teaser USA - Le Dernier rempart

Un divertissement bas du front mais terriblement fendard. Et puis, Arnold prouve encore une fois que c'est le Last Action Hero.