Un jeune taulard devient progressivement une star du football au PSG. Sauf que le business du football c'est pas du joli...

3 Zéros : affiche "Tous les coups sont permis" surtout les plus bas...

On a souvent parlé de Luc Besson dans ces colonnes pour parler du navet à la française. Mais ce serait vite oublié l'ami Fabien Onteniente dont le dernier opus, Turf, vient de se prendre une branlée au box-office, synonyme probable d'un ras le bol total du public. Il était temps car cela fait quand même plus d'une décennie que cela dure, plus précisément depuis Jet Set. Le but est simple: tu prends un mot et t'en fais un film. Ainsi, la filmographie d'Onteniente sera suivi de films aux titres éloquents tenant sur un mot, comme People, Camping ou Disco. Le film qui nous intéresse aujourd'hui n'est autre que 3 Zéros sorti en 2002. Le Français est en pleine période électorale (voire de confusion si l'on se fit aux résultats) et il a bien besoin d'un petit divertissement franchouillard. Résultat: plus d'1 million d'entrées facile. Il faut dire que Onteniente n'a pas lésiné sur le casting: Samuel Le Bihan (qu'il avait mis en selle avec son précédant film à notre grand regret), Gérard Lanvin (qui filait un mauvais coton cette année-là, vu qu'on le retrouvait aussi dans le bien nommé Le boulet), Lorant Deutsch (ou comment vous dire "c'est foutu" quand vous voyez son nom sur l'affiche), Gérard Darmon, Wladimir Yordanoff, Isabelle Nanty, le regretté Ticky Holgado, Stomy Bugsy (qui décidemment a vraiment raté sa carrière) et Maréva Galanter. L'autre grande marque de fabrique du réalisateur est de faire dans la caricature bien franchouillarde.

3 Zéros : photo Gérard Darmon, Stomy Bugsy "Stomy, si tu continue à faire des conneries comme cela, je peux te dire que ta carrière va vraiment s'effondrer! -Tu crois? -Oh ouuuuuuuui!"

Tu prends un cliché et tu le reprends en long, en large et en travers jusqu'à ce ce que cela ne devienne plus crédible une seule seconde. Mais comme on est dans la caricature, on te ressort toujours la même formule durant 1h30. Il n'y a qu'à voir le portrait de Deutsch: un jeune taulard prodige du ballon rond. Il a les cheveux longs, joue comme Ronaldhino et se fait repérer par un entraîneur de pacotille. Quand il sort de taule, Le Bihan le fait rencontrer Darmon, qui le fait engager au PSG. Oui directement le club made in Qatar, sans l'avoir fait jouer dans un quelconque club à côté. Alors soit le PSG voulait trouver le premier Zlatan venu, soit c'est le transfert le plus ridicule de tous les temps. Voilà donc Deutsch jouant comme un Dieu au PSG et devenir la nouvelle coqueluche des médias. Sauf que comme tout le monde, il devient bourré de fric et prétentieux, abandonnant son pauvre agent à deux francs (en même temps, il est incarné par Le Bihan hein?). Il croit que Galanter le veut pour ses beaux yeux, mais évidemment elle ne veut que son pognon. Quant aux autres clichés, on aura droit à l'inévitable "le footballeur est un vilain garçon" en la personne de l'incontournable Stomy Bugsy. Malencontreusement et croyant bien faire, Le Bihan va montrer une vidéo montrant Bugsy en pleine séance de rentre-dedans avec une femme dans un parking. Frank Ribery a eu au moins le mérite de le faire dans une chambre d'hôtel.

3 Zéros : photo Lorànt Deutsch Lorant Deutsch et Stomy Bugsy à côté de Ronaldinho, cherchez les erreurs.

Mais surtout, si vous ne le saviez pas, tous les grands dirigeants du foot sont corrompus. Ils ne cherchent que le fric au détriment des joueurs. Ce taux de clichés accentue ce côté affreusement naïf, qui rend 3 Zéros encore plus misérable. Surtout qu'en arrière-plan, on a droit à une équipe féminine mênée par Isabelle Nanty, qui nous ressort le discours d'Aimé Jacquet à la Coupe du monde 98 devant des footeuses nues en train de prendre leur douche. Voilà c'est bien beau, mais ça nous avance à quoi? Y-a-t-il une revendication comme quoi le foot amateur est mieux que les gros friqués de la Ligue 1? Que les femmes jouent mieux que les hommes? Et bien non. Juste une toile de fond qui fait parler plus qu'autre chose. Ah si, Nanty arrête un but avec sa tronche. Très poétique comme séquence. Pour les acteurs, on a droit à tout. Deutsch court comme un cabris alors qu'il est mou comme une chique. Il ne dégage rien même avec un ballon au pied. Comme d'habitude on va dire. Le Bihan non plus avec son bonnet moisi; Lanvin nous ressort toujours la même recette du gros dur au grand coeur (gare à ne pas faire dans le cliché Gégé, parce qu'à force de jouer le même rôle depuis plus de quinze ans, ça finit par être lourd), Darmon le salaud friqué qui ramasse les pépettes (en tenue léopard); Nanty la grande gueule qui ne se laisse jamais faire... Enfin bref, une série d'interprétation aussi médiocre que le film en lui-même.

Une comédie sur le football navrante qui, à force de faire dans la banalité, devient particulièrement plombant.