Nous revoilà pour une quatrième tournée dans la Cave de Borat. Avouez-le: les passages musicaux de la semaine dernière vous ont laissé d'obscurs souvenirs. Il faut dire que frapper rien qu'avec Wannabe relevait du grand défouloir! Mais ce bon vieux Borat en a encore sous le capot, un peu trop d'ailleurs (et là vous vous dites "oh non!"). Et bien aujourd'hui nous allons faire un numéro spécial consacré à la musique de l'année 1997. Borat est un petit marmot de trois ans, il va avoir sa première console de jeu au noël de la même année (la merveilleuse Playstation), le Titanic est prêt à faire le carton monumental que l'on connaît quand Batman et Robin se viande en beauté... ce qui ne m'empêche pas de me souvenir de quelques pourritures qui étaient diffusées sur les ondes. Commençons par le plus évident, Ricky Martin. Sorti en 1995, son album A medio vivir ne deviendra célèbre qu'à partir de 97. A notre grand malheur d'ailleurs. A partir de là, le latino est partout sur les plateaux télés, le clip de Maria (celui où il se retrouve à chanter dans une ville déserte) tourne sur les chaînes, il est sur toutes les compils, au point qu'elle ressort notamment durant la Coupe du monde! Une boulimie qui ne s'arrêtera qu'au début des années 2000, où Martin aura un sérieux coup de mou.

On dit heureusement car au contraire d'Enrique Iglesias, qui reste encore bien ringard malgré des contacts dans la techno (un bon répertoire pour revenir sur le haut de l'affiche, ça ne fait pas de mal), la folie Martin a duré pendant un bon moment. De plus, le coco plaît aux femmes (son homosexualité a crée beaucoup de frustrations chez mesdames), ce qui augmente le capital sympathie ambiant et vous connaissez les mesdemoiselles pour s'emballer rapidement pour des belles gueules. Pour cela, je renvoie au numéro de la semaine dernière avec les 2B3. En attendant, voici donc Maria et son fameux refrain "Un, dos, tres" (au moins, ça te permet de compter jusqu'à 3 en espagnol!), qui casse encore les oreilles dans des soirées ou même des émissions consacrées à la musique (enfin, musique...).

Pour poursuivre, on va aller dans le parfait opposé. En France, à cette époque, soit tu étais dans une comédie-musicale à succès (n'est-ce pas Hélène Segara?), soit tu te nommais Lara Fabian. Et autant dire que cette dernière, dans le genre dézingage de tympan, elle se pose là. En zappant samedi dernier sur la 2, rien que de l'avoir vu m'a donné une envie furieuse de zapper. Par ailleurs, je me rappelle encore de cette merveilleuse parodie des Guignols (voir en dessous) avec notamment cette voix-off survenant après un "Je t'aime" dévastateur dans une salle d'enregistrement. Cela donnait un merveilleux "Quand des chanteuses comme Céline Dion, Whitney Houston ou Barbra Streisand se contentent de nous friller les tympans, Lara Fabian va plus loin. Elle en plus, elle nous casse les couilles! -Oui mais de façon internationale!" Franchement, je n'ai jamais aimé cette chanteuse. Elle n'a jamais cessé de gueuler dans toutes ses chansons (autre pièce de choix Tout), ce qui la rend affreusement pénible. De plus, c'est devenu une mode à force. La première chanteuse qui crie de cette manière a un certain succès dans ces années-là. Un peu trop d'ailleurs. Voici donc le mal-nommé Je t'aime, véritablement déprime ambulante qui vous donne surtout envie de prendre un pistolet et de tirer sur le premier venu.

Un peu con pour une chanson d'amour! Le clip en lui-même est assez savoureux avec le brushing de Fabian, sa robe en fourrure (ou ce qui y ressemble), ses multiplications dans un même plan (un coup elle passe, à un autre elle reste dans la même position à trois endroits différents), ses zooms pénibles et un studio pourri avec une voiture en arrière-plan (on cherche encore l'utilité de la bagnole!)! Pas de doute, on est bien dans les 90's!

L'originale

La Parodie

Pour finir ce petit jukebox, rien de mieux qu'un peu d'Aqua. Je vous sens déjà prêt à me dézinguer en place publique. Hé oui, nous allons parler de Barbie Girl. Vous devez bien vous souvenir du clip, sorte d'antithèse de Black Hole Sun de Soundgarden. Ici plus d'ahuris avec des sourires exagérés jusqu'aux oreilles et aux yeux exorbités, se faisant dézingués par une tornade. Juste Ken chauve et Barbie brune qui nous sortent leurs voix trafiquées. Si la musique est assez insupportable ou tout du moins à très petite dose (ce qui n'était pas le cas à l'époque), le clip est une véritable rigolade en puissance. Jouant sur le kitsch à rabord (tout est rose comme dans le monde de Barbie, Ken est bien habillé), mais aussi sur le contraste (Ken qui veut faire plus que jouer à la poupée), Barbie girl a un charme nanar et cul cul absolument succulent. Il n'y a qu'à voir cette volonté de dégommer de la Barbie, jusqu'à faire de Ken un amateur de fiesta voulant à tout prix avoir son quart d'heure de gloire avec sa Barbie pour s'en rendre compte. Cela passe par les clins d'oeil, le passage de la piscine absolument savoureux et le final où il lui fait comprendre en gros qu'il faut virer les mecs présents pour passer aux choses sérieuses. Les paroles sont d'ailleurs fantastiques d'allusions sexuelles de ce type "You can't touch, you can't play but I always yours!" Allez à la semaine prochaine pour une spéciale générique de séries TV!