Gerry Lane et sa famille assistent comme beaucoup au début de la guerre mondiale entre les humains voulant survivre et les zombies prêts à les manger. La lutte pour la sauvegarde de l'espèce-humaine commence maintenant...

World War Z : Affiche 

La meilleure affiche et Brad n'est même pas dessus!

Dire que le succès de World War Z est une délivrance pour ses instigateurs relève de l'euphémisme, tant le film a failli décrocher la palme du fiasco de l'année (désormais annoncé pour 47 Ronin qui devra rembourser un grand nombre de reshoots avec un casting essentiellement asiatique). Initialement un livre épistolaire de Max Brooks, World War Z est acheté par la boîte de Brad Pitt, l'acteur s'octroyant le rôle principal d'office d'un film qui sera bien éloigné du récit de témoignages. J Michael Straczynski commence à écrire le scénario, mais reste sur les témoignages, ce qui n'a rien de concluant pour la Paramount et Pitt. Quand Mark Forster, réalisateur avec plusieurs casseroles à son actif (certains diront Quantum of solace, d'autres le nauséabond A l'ombre de la haine), est engagé, un autre scénariste arrive du nom de Matthew Carnahan (Le royaume). Pendant ce temps, le scénariste de Babylon 5 (1993- 98) dégomme la vision de Forster dans Vanity Fair, disant que Forster "voulait faire un gros film d'action, pas forcément bien malin, mais avec de gros décors" avant de finir que "si tout ce que vous voulez faire, c'est un Rambo VS Zombies un peu débile, à quoi bon acheter les droits d'un roman élégant et intelligent?" Le genre de citations qui tape là où ça fait mal: au porte-feuille!

World War Z : Photo Brad Pitt

En voulant en faire un divertissement pur et dur, World War Z semble s'enfermer dans diverses directions, sans réellement se trouver, causant de gros dommages durant la production du film. Le scénario n'est même pas bouclé que le tournage début (très mauvais signe à Hollywood, on dit que Forster ne serait pas à sa place sur le tournage, que Brad Pitt lui fait la gueule constamment, le chef-opérateur Robert Richardson est remplacé en plein tournage et comble du comble, Damon Lindelof est engagé pour réorienter toute la fin jugée trop glauque et ne convenant pas au ton du film qui doit rester accessible. Ce qui entraîne ainsi sept semaines de tournage supplémentaires et donc une augmentation du budget. Il faudra bien une campagne marketing colossale pour faire oublier ce bordel ambiant qui s'est risqué à une belle banqueroute. En France, il bénéficie même de l'aide de la Fête du cinéma, engendrant un premier jour fracassant. Au final, ce film qui faisait si peur est devenu un divertissement appréciable. En dehors d'une introduction hasardeuse nous sortant le bon vieux cliché familial (le doudou, les pankakes, le lit, la fille asthmatique...), le film a le mérite de mettre tout de suite en haleine et ne lâche jamais ses personnages dans l'action. Enfin son personnage principal, le film tournant quand même constamment sur l'ami Brad. 

World War Z : Photo Brad Pitt 

Où il est le zombie? Ah le voilà!

On comprend par la suite que le virus se diffuse par un contact de morsure (et non par cracha de sang comme c'est parfois le cas, passage habilement montré avec Pitt laissant sa famille s'éloigner pour savoir si ce contact le rend mort-vivant) et qu'il suffit de peu pour que la propagation augmente. Sauf que le film est malheureusement PG-13, donc synonyme de peu de violence et donc pas de gore à l'horizon. Tout est coupé au milimètre près pour ne rien montrer de choquant. Mieux, la version unrated réalisée pour le BR le montre bel et bien, tout comme le rajout évident de giclées de sang ou de sang sur des visages de zombies. Par exemple, un plan du montage original s'arrête sur la poitrine du soldat, quand la version unrated dévoile un moignon en sang dans un plan plus large! Sortir deux versions n'est qu'une manière pour le studio de capitaliser sur un produit plus ou moins non fini, qui aurait dû être projeté en Restricted dès le départ. Mais il fallait faire le plus d'argent possible, quitte à opter pour une version totalement incomplète. Ce qui s'avère problèmatique pour un film de zombies. Le film y aurait surement gagner déjà sur le plan visuel, avec Brad Pitt découvrant l'horreur au fur et à mesure de l'intrigue. Ce qui s'avère vrai d'une certaine manière mais avec un classement supérieur, le film aurait gagné en profondeur et aurait donné lieu à une horreur bien plus violente. World War Z devient donc un divertissement plus ou moins batard, empêtré par des contraintes commerciales et internes.

World War Z : Photo 

"Pourtant que la montagne est belle" Air connu.

Néanmoins, le film garde une certaine tension, notamment dans la séquence à l'OMS où le moindre bruit peut alerter les zombies de la présence de Brad et deux acolytes. Cette même scène est toutefois tourné en ridicule par le suicide involontaire d'un soldat (il tombe, appuie sans faire exprès sur la gachette, meurt... sans giclée de sang), donnant lieu à un fou-rire inévitable. Mais là où le film réussit le mieux c'est dans ses scènes d'action où la plus simple chose peut devenir problématique. Le bruit dans la séquence en Israël (avec ce mur de zombies notamment), une simple erreur dans l'avion.... Il n'en reste pas moins que le film utilise beaucoup trop de cgi, le rendant souvent terriblement artificiel et cela vous pouvez le faire sur un film PG-13 ou Restricted, le constat sera identique. Le film joue habilement sur la survie du personnage de Pitt, se retrouvant éloigné de sa famille pour une mission où il manque plus d'une fois de passer à la casserole. L'acteur se révèle particulièrement efficace et le fait que Forster joue sur l'humanité constante du personnage, pensant toujours à téléphoner à sa famille. Un aspect qui peut être guimauve, mais aide à comprendre ce qui fait le personnage et est une motivation pour qu'il reste en vie. Le film repose quasiment sur lui, l'acteur s'étant certes donner le beau rôle dès le départ.

World War Z : Photo Brad Pitt

Ensuite, le conflit est mondial et on quitte très rapidement les USA au bout d'un quart d'heure. Le conflit concerne tout le monde et notamment les pays en famine, où ce genre de pandémie peut augmenter de manière spectaculaire. Par contre, la fin laisse à désirer, d'autant plus que toujours dans le problème PG-13, nous sommes passer à côté de quelque chose. (attention spoilers) Selon Mad Movies*, Brad Pitt ne devait pas aller en Ecosse, mais en Russie avec massacre sur la place rouge, une tentative de viol sur la militaire israëlienne (pas de Brad évidemment, mais des militaires sur place) et surtout il apprend que sa femme est devenue l'esclave sexuelle de Matthew Fox, pilote qui au final apparaît à l'écran l'équivalent de... deux plans! Ce qui aurait donné une éventuelle suite, mais aussi une dimension trash particulièrement intéressante. Mais comme le film a eu tellement de problèmes de production et est surtout PG-13 (exit "esclave sexuelle"), la production a décidé de limiter la casse avec un petit happy end des familles et de conclure tout en laissant la fin ouverte. Vu que le film a marché, on sait d'ores et déjà que la chasse va continuer, mais quand? A l'heure où votre cher Borat vous parle, la suite patinne également rappelant en soi les origines du film initial. (fin des spoilers) Terminons cette critique sur la scène culte du film, certainement une des plus belles rigolades de tous les temps. La fameuse séquence Pepsi, survenant entre deux actions n'ayant rien à voir (Brad Pitt arrivant, les zombies attendant près de la porte) et totalement gratuit. Il ne manque plus qu'un petit "ah" après une petite gorgée et vous êtes devant un magnifique spot de pub. A plus de 200 millions de dollars. On relativise après.

Un film de zombies divertissant, mais bouffé par une volonté de rester trop commercial.


Article mis à jour le 5/06/2016.

*http://www.mad-movies.com/Articles_World_War_Z_le_troisieme_acte_original_et_une_suite