Les_accuses-20110106115144

genre: drame (interdit aux - 12 ans)
année: 1988
durée: 1h50

l'histoire: Un soir alors qu'elle s'est disputée avec son copain Larry, Sarah Tobias se rend dans un bar où elle a l'habitude d'aller. Sous l'emprise de la drogue, celle-ci agit de manière provocante auprès de la clientèle masculine. Un peu plus tard dans la soirée, elle est violée collectivement par une bande de trois hommes, devant une foule de spectateurs déchaînés. Kathryn Murphy est le procureur en charge de ce dossier. Elle souhaite vivement voir les responsables en prison, mais elle est progressivement freinée dans son désir de justice par le passé de Sarah, qui s'étale devant la cour et qui lui est particulièrement préjudiciable.           

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Les Accusés, réalisé par Jonathan Kaplan en 1988, s'inspire de l'histoire vraie de Cheryl Araujo, violée le 6 mars 1983 dans un bar de New Bedford dans le Massachusetts. Au niveau de la distribution, ce drame réunit Jodie Foster, Kelly McGillis, Leo Rossi, Ann Hearn, Carmen Argenziano et Steve Antin. Pour l'actrice Kelly McGillis, Les Accusés fait presque figure de psychanalyse.
En effet, cette dernière insistera largement pour jouer le rôle de Kathryn Murphy, l'avocate de Sarah Tobias (Jodie Foster).

Ensuite, Kelly McGillis a elle-même été victime d'un viol par le passé. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Un soir alors qu'elle s'est disputée avec son copain Larry, Sarah Tobias se rend dans un bar où elle a l'habitude d'aller.
Sous l'emprise de la drogue, celle-ci agit de manière provocante auprès de la clientèle masculine. Un peu plus tard dans la soirée, elle est violée collectivement par une bande de trois hommes, devant une foule de spectateurs déchaînés.

 

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Kathryn Murphy est le procureur en charge de ce dossier. Elle souhaite vivement voir les responsables en prison, mais elle est progressivement freinée dans son désir de justice par le passé de Sarah, qui s'étale devant la cour et qui lui est particulièrement préjudiciable.
Pas étonnant que Jodie Foster ait remporté plusieurs prix (entre autres, l'Oscar et le Golden Globe de la meilleure actrice) pour sa performance. Encore une fois, Jodie Foster est tout simplement remarquable. Néanmoins, attention à ne pas oublier Kelly McGillis, totalement investie dans son personnage.

Jonathan Kaplan signe un drame pudique, sobre et intelligent. Le scénario se concentre sur une jeune femme un peu marginale, blessée dans son corps et dans sa chair. Le meurtre qu'elle a subi (le viol est considéré comme un meurtre) n'est pas reconnu (dans un premier temps) en tant que tel.
Mais les choses vont changer lorsque l'avocate de Sarah Tobias prend enfin les choses en main. La seconde partie du film se transforme alors en procès, largement relayé par les médias. En résumé, il y a ceux qui ont violé Sarah et les spectateurs qui les ont larrgement encouragés. De ce fait, ils sont également complices de ce meurtre.

 

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A partir de là, le long-métrage se concentre sur le combat de Sarah et la reconnaissance du viol qu'elle a subi. La séquence la plus traumatisante interviendra vers la fin du film, en nous expliquant dans le viol dans ses moindres détails. C'est un scène violente et destinée à poursuivre le spectateur même après la fin du film. Impossible de ne pas être touché (à moins d'être particulièrement insensible) par le portrait de Sarah et son nouveau combat.
Sur ce dernier point, Jonathan Kaplan délivre plusieurs pistes de réflexion intéressantes: derrière le viol, il existe toujours ce cliché de la femme provoquante et coupable car séduisante et attirante. D'ailleurs, Jonathan Kaplan nous rappelle que le viol est hélas monnaie courante aux Etats-Unis et à travers le monde.