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genre: thriller, policier
Année: 1979
durée: 2h05

l'histoire: Un riche homme d'affaires qui détient en sa possession les noms de plusieurs sociétés secrètes engage à son service un agent d'Interpol.

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus Henri Verneuil à qui l'on doit plusieurs grands classiques du cinéma français. Au hasard, nous citerons La Vache et le prisonnier, Peur sur la Ville ou encore Le Clan des Siciliens. En 1979, Henri Verneuil signe à nouveau un thriller passionnant, donc I... Comme Icare.
Au niveau de la distribution, ce film réunit Yves Montand, Michel Albertini, Roland Amstutz, Jean-Pierre Bagot, Georges Beller, Maurice Bénichoux, Edmond Bernard et Roland Blanche. Certes, le scénario de I... Comme Icare s'appuie sur une situation fictive ainsi que dans un pays fictif également.

Pourtant, le long-métrage s'inspire largement de l'assassinat de John F. Kennedy. Pour l'anecdote, le nom du tueur, Daslow, est l'anagramme du nom du tueur présumé de JFK, Lee Harvey Oswald. De nombreux autres éléments reprennent la thèse de Jim Garisson, selon laquelle l'assassinat du Président américain serait un complot organisé par la mafia en collaboration avec une section particulière des services secrets. Aussi est-il nécessaire de présenter les grandes lignes du scénario. 
Attention, SPOILERS ! 

 

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À la suite de l'assassinat du président Marc Jarry récemment réélu, une commission d'enquête dirigée par le président de la Haute Cour de Justice, Frédéric Heiniger, est instituée afin d'élucider les circonstances de l'attentat. Le rapport final de cette commission précise qu'il n'y a eu qu'un seul tireur, Karl-Erich Daslow, ayant agi seul, par folie et avec préméditation. 
Ces conclusions ne satisfont pas le procureur Henri Volney, à qui sont remis les pleins pouvoirs afin de continuer l'enquête.

Avec l'aide de ses quatre collaborateurs, il récupère plusieurs films de l'assassinat lui permettant ainsi de retrouver un plan avec neuf témoins potentiels. À l'issue de recherches, il s'avère que huit des neuf témoins sont décédés, de causes très suspectes (plusieurs accidents de la route, un assassinat sous couvert de légitime défense, etc.). 
Le dernier témoin est finalement retrouvé à la suite d'un appel à la télévision, photographie à l'appui, par le procureur Volney ; il s'appelle Franck Bellony.

 

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Ce dernier témoin est sollicité pour identifier un deuxième tireur qu'il a aperçu. Passant en revue des photos de divers suspects, aucun d'eux ne correspond à l'homme qu'il a vu, mais il identifie néanmoins un personnage présent sur la scène du crime, dont il a remarqué qu'il tenait un parapluie : il s'agit de Carlos de Palma, un membre de la pègre.
Au delà de la théorie du complot, le film est surtout une critique et même un pamphlet des plus hautes sphères du pouvoir.

Le long-métrage peut également s'appuyer sur une atmosphère froide, austère et terriblement oppressante, même si la fin du film reste assez prévisible. Enfin, Yves Montand campe un personnage plus déterminé que jamais à faire triompher la vérité.
Il apprendra à ses dépens ce que signifie l'expression "I... Comme Icare". En résumé, attention à ne pas clamer trop fort la vérité sous peine de se brûler les ailes. Je n'en dis pas plus... Toujours est-il que le long-métrage compte plusieurs séquences assez impressionnantes.
Par exemple, comment ne pas évoquer la séquence la reconstitution de l'expérience de Milgram ? Clairement, Henri Verneuil est fasciné par cette expérience qui est aussi la démonstration scientifique de la capacité humaine à se soumettre à l'autorité. Bref, un film aussi passionnant qu'effrayant !

 


I comme Icare Milgram par PPPlazaref