Depuis la rebellion, les USA sont disséminés en douze districts et chaque année sont organisés les Hunger Games, où deux candidats masculin et féminin de chacun des districts sont choisis pour affronter les autres districts dans une lutte à mort. Katniss fait partie des candidats...

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Dire que j'avais la flemme de voir Hunger Games relève de l'euphémisme. Il a fallu que mon cinéma organise une double-séance avec le second en avant-première pour m'y mettre réellement. Il faut dire que le film n'est pas aidé par une comparaison indéniable avec Battle Royale et encore moins quand on sait que cette saga n'a pour but que de devenir une de ces sagas pour ados au long terme, permettant de capitaliser un maximum dessus. Harry Potter fut la première dans son genre, adaptant tous les livres sans exception. Twilight a pris le relais avec son lot de nullité et voici donc Hunger Games bien parti pour aller jusqu'au bout, d'autant qu'il n'y a que trois livres. Voilà ce premier volet avec à son casting Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Donald Sutherland, Lenny Kravitz, Stanley Tucci, Toby Jones, Wes Bentley, Willow Shields, Paula Malcomson et Isabelle Fuhrman. Inutile de dire que la comparaison avec Battle royale est plus que légitime. Le roman de Suzanne Collins est sorti bien après le film qui lui-même est une adaptation d'un roman encore plus ancien. De plus, le principe initial est quasiment le même: l'Etat décide de prendre différents jeunes de leurs familles afin de les faire s'entretuer dans un endroit conçu et exclu de la société.

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Néanmoins, le contexte se révèle assez différent. Dans Battle royale, il s'agissait d'éradiquer la jeunesse jugé trop violente par les adultes. Ici, les enfants sont envoyés au casse-pipe pour les erreurs des adultes mais avec un point de vue assez différent. On peut notamment y voir une certaine critique de la téléréalité à la fois vicieuse et divertissante. Jugez plutôt: Sutherland peut être vu comme le dirigeant d'une chaîne de télé, Bentley le producteur de l'émission, Tucci le présentateur, Harrelson, Banks et Kravitz les coachs des candidats; et Lawrence et Hutcherson des candidats de l'émission, sorte de survival à la Koh Lanta en encore plus poussé. Tout ce qui est satire médiatique s'avère plutôt bien vu, même si les costumes sont trop grotesques (je veux bien que ce soit grotesques pour rajouter dans l'extravagance du "show", mais franchement quand on voit la tronche de Banks, c'est d'une rare laideur) et les coiffures pas tellement mieux (Harrelson a les cheveux gras; Tucci, Banks et Jones des brushings dégueulasses). Cela s'avère même assez inattendu compte tenu du caractère "film pour adolescents" que veulent les producteurs. Mais Hunger Games déçoit sur au moins une chose: sa réalisation.

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Si dans les moments calmes, la caméra à l'épaule ne pose pas de problème mais dans les moments d'action, c'est une véritable catastrophe. Confirmant le statut PG-13 de l'entreprise, Ross signe une réalisation d'excité avec sa shaky-cam provoquant un dégoût dramatique pour tout amateur d'action. En gros, l'action est montrée de manière saccadée, la caméra ne cesse de bouger de droite à gauche avec une lisibilité invisible et au final, on ne comprend rien et ne voit rien des scènes de meurtres. Franchement, ce n'était pas dur de faire dans le hors-champ quitte à être PG-13. Un petit cri ou une petite chorégraphie aurait suffit. Et c'est valable aussi bien dans la scène de débarquement (carrément illisible) ou le combat final où l'action s'accélère et la lisibilité s'affaiblie constamment dans la séquence. Au final, les séquences de meurtres (parce qu'il y en aurait vraiment de belles si le montage épileptique le montrait réellement) perdent en intensité. Par ailleurs, les effets-spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et notamment les créatures du final ou certaines explosions. Reste que Jennifer Lawrence s'en sort vraiment bien, pareil pour une grande partie du casting (même Lenny Kravitz auquel je ne croyais pas du tout), même on pourra mettre au coin certains acteurs cabotinnant sévèrement.

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Un film d'anticipation pour jeunes plutôt sympathique en fin de compte, sorte de petite satire de la téléréalité mais boursouflée par une réalisation souvent affreuse.