Joyeux noël!

Petit déménagement cette semaine de la Cave de Borat (tout comme la semaine prochaine, vous voilà prévenus!) puisque nous sommes mercredi et non mardi! Et pour cause, aujourd'hui c'est l'heure d'ouvrir les cadeaux et de s'amuser avec, de chanter Merry Christmas, de fêter en famille, de sabrer le champagne ou de cuver (tiens, tiens) après une soirée fort arrosée en compagnie de Papa Noël! Ce qui ne devrait pas être mon cas, malgré qu'à l'heure où cet article sera publié, je serais probablement en train de pioncer sévère! L'occasion pour votre ami Borat de revenir à un cinéma qu'il aime particulièrement à savoir le film d'animation, tant prisé de nos chaînes durant les fêtes de noël. Pas un genre en soit tant il aborde différents genres allant de la comédie à la science-fiction, en passant par l'action et le fantastique. Je tiens à signaler que cette cuvée n'est ni un top (ne vous fiez donc pas à l'ordre des films), ni une généralité, mais de choix typiquement personnels et donc passionnés de films d'animation m'ayant marqué ou tout simplement grandioses, en sachant que certains ne sont clairement pas pour les enfants. Autant dire que certains ne le seront pas pour vous, chers lecteurs mais c'est aussi ça noël! Et au vue du nombre de films concernés, vous aurez droit à deux articles pour le prix d'un!

  • Les aristochats de Wolfgang Reitherman (1970)

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Ce film fait partie de mes préférés des studios Disney, voire est même mon film d'animation préféré du studio puisque L'apprentie sorcière (mon favori absolu des classiques) est un film mélangeant live et animation. Ce qui marque avec ce film n'est pas forcément le nombre de clins d'oeil à la France qui fourmille et notamment dans les noms (les chiens Napoléon et Lafayette obtiennent la palme), mais la rigolade qu'il impose. Au final, le méchant Edgar est d'une telle maladresse que l'on finit par l'aimer. Il faut le voir en train de galérer pour maquiller ses preuves avec les deux chiens ou de s'extasier en beuglant "je vais vous envoyer à Tonbouktou!". Un tel cupidité que le personnage a priori détestable finit par en devenir jubilatoire malgré lui. Sans compter la séquence avec les chats jazzman psychédélique au possible (on voit l'héritage d'Alice au pays des merveilles) et dévastatrice. Les aristochats apparaît également comme un film important compte tenu que c'est le premier film d'animation réalisé par les studios de Burbank sans l'aval de Walt Disney, décédé au cours de la production du Livre de la jungle. Wolfgang Reitherman, réalisateur historique du studio, montre avec ce film que les studios pouvaient être capable de continuer en toute légitimité.

  • la trilogie Toy Story de John Lasseter et Lee Unkrich (1995, 1999, 2010)

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S'il y a bien un souvenir que j'ai en particulier de mes premiers films, ce fut Toy Story. Ou comment une histoire de jouets a crée l'aura de tout un studio au même titre que Blanche Neige pour les studios Disney. Un grand impact renforcé par une technique qui n'a pas tellement vieilli (juste au niveau des humains encore un peu inexpressifs, mais pour 1995 c'est plus qu'acceptable) et surtout au récit toujours aussi fascinant. Chaque épisode de la trilogie a son intérêt: le premier dévoile une rivalité entre modernité (symbolisée par Buzz) et modèle (le cowboy symbole de l'Amérique incarné par Woody); le second interroge le jouet sur sa place dans le coeur d'un enfant et si cela n'est pas réversible; et enfin le troisième nous montre l'abandon définitif avec une mélancolie rare. Le plus ironique étant que chacun augmente le niveau même s'ils se révèlent tous indispensables. D'autant que chacun a droit à sa définition propre et chaque épisode se révèle à la hauteur. Toy Story 2 a failli être un vulgaire DTV et il faudra l'aplomb des pontes de Pixar pour raisonner Disney. Pendant un temps, Disney, en conflit au niveau des droits de distribution, a failli produire un Toy Story 3. Il faudra une nouvelle fois que les pontes renégocient ardemment pour que le film se fasse et qui plus est avec Pixar. La trilogie Toy Story symbolise à elle seule toute la grandeur des studios Pixar et de leur volonté de construire une histoire sur le long terme; mais aussi de rendre ce qui n'est pas vivant tout à fait normal. Grandiose.

  • Wall-e d'Andrew Stanton (2008)

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Avec Wall-e, les studios Pixar se révèlent plus ambitieux que jamais, signant l'un des plus grands sommets de science-fiction des années 2000. Preuve que même un divertissement mainstream peut se révèler plus adulte que bien d'autres films live, le film n'avait pas été un gros succès surtout après Ratatouille. Mais auréollé par la presse, il a fini par devenir un incontournable en tous cas bien plus que Cars. Peut être par son ton trop adulte pour les enfants, allez savoir pourquoi. Reste que Wall-e est un immense chef d'oeuvre qui fait terriblement froid dans le dos. Dès les premières minutes, Stanton frappe par la vision de ces buildings constitués uniquement de détritus. La vision du vaisseau bourré à craquer d'obèses n'aide pas non plus à rassurer le spectateur face à sa probable destination. Plus impressionnant, certaines séquences s'avèrent quasiment photoréaliste, au point de ne plus savoir différencier live et animation (à l'image de ces plans de ce politicien filmés en live et tournant en boucle). Sans compter la plus belle histoire d'amour entre robots, bien plus humains que tous les personnages du film.

  • Là haut de Pete Docter (2009)

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Encore une fois, il est impressionnant de voir un film d'animation aussi grand public être aussi adulte de nos jours. Il n'y a qu'à voir l'introduction pour s'en rendre compte, parlant simplement de la vie et rien d'autre. Puis le film bifurque sur l'aventure et là c'est parti pour un grand moment d'exotisme avec son lot d'embrouilles et un humour qui ne s'arrête quasiment jamais. On remarquera une nouvelle fois le quasi-photo réalisme des décors, dignes des chutes du Niagara ou de la forêt amazonienne. Mais le film touche vraiment juste en montrant le portrait d'un vieil homme découvrant les joies d'une vie aventureuse après avoir perdu sa moitié. Une beauté incroyable comme on le voit rarement dans le cinéma d'animation actuel (et ce ne sont pas des films comme Moi, moche et méchant qui vont changer grand chose). On en redemanderait pour le coup.

  • Akira de Katsuhiro Otomo (1988)

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Avec ce film, cette cuvée va commencer à aller un peu plus loin et notamment dans la violence. Avec Akira, Katsuhiro Otomo a signé sa première oeuvre majeure avec un brulôt percutant et viscéral sur les années nucléaires ayant frappé le Japon. Sorti ironiquement la même année que Le tombeau des lucioles, Akira tape fort sur le nucléaire en montrant ses dérives et les ravages qu'il a causé. Pas de doute que ce film comme le manga dont il s'inspire (également signé Otomo) restent encore d'actualité. L'animation n'a pas tellement vieilli et son climax dans le stade reste encore une des images les plus frappantes du cinéma d'animation, capable d'aller aussi loin dans le gore que ses confrères réalisateurs live (on pense notamment à David Cronenberg dont son remake de La mouche noire est sorti également la même année). N'oublions pas également la poursuite violente et nocturne dans Neo-Tokyo qui n'est pas sans rappeler les plus belles heures de Mad Max. Otomo ne réussira jamais à faire aussi bien et ce malgré une technique toujours irréprochable (on pense à l'ambitieux mais stérile Steamboy)

  • Perfect blue de Satoshi Kon (1997)

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Ironie du sort, deux anciens collaborateurs se rejoignent dans cette cuvée d'un film à l'autre. Le regretté Satoshi Kon était un ancien collaborateur privilégié d'Otomo que ce soit pour des mangas ou au cinéma comme avec l'anthologie Memories. Mais quand Kon décide de faire des films pour lui, cela donne Perfect blue. Preuve d'un cinéma alambiqué et au-delà de l'imagination, Perfect blue a beau être un premier film, il symbolise à lui seul toute la carrière de Kon. Jouant sur la réalité (une jeune actrice et ex-chanteuse ne parvient plus à différencier réalité et fiction, à cause d'un fan un peu trop encombrant), Kon se permet de mettre en branle la perception du spectateur et notamment par une fausse scène de viol (l'actrice joue une stripteaseuse se faisant agressée sexuellement) dont on hésite entre vrai et faux. Un tour de force en quelque sortes et qui confirme tout le génie de Satoshi Kon, auteur qui a attendu sa malheureuse mort pour que son travail puisse enfin ressortir. D'une tristesse incroyable.

  • Tokyo godfathers de Satoshi Kon (2003)

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Toujours de Satoshi Kon, Tokyo Godfathers se révèle le plus accessible de sa carrière et surtout sacrément drôle. Et pourtant, Kon continue dans la thématique rêve-réalité de manière toujours aussi efficace. Preuve en est avec les propos de Gin, le barbu que vous pouvez voir ci-dessus, parlant sans cesse qu'il n'est pas un héros de film d'action. Or, tout le climax joue sur l'improbable et l'action avec notre trio à la poursuite d'une femme desespérée ayant kidnappé un bébé. Une poursuite digne de la folie furieuse où les personnages pouraient mourir des tonnes de fois sans que cela n'arrive que ce soit en vélo, en voiture ou même à pied! On le voit également par l'importance du bébé, sorte de rêve de rédemption pour chacun d'entre eux, tous SDF mais aux horizons différentes (Gin est un ancien vendeur ayant fait faillite suite à des paris truqués; Hana travesti voyant avec le bébé le moyen de s'accepter en tant que mère; et Miyuki adolescente ayant poignardé son père suite à une dispute). Plus facile d'accès donc mais pas forcément une erreur de parcours pour le cinéaste qui continue son thème de prédilection avec subtilité. 

  • Paprika de Satoshi Kon (2006) 

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Dernier coup de folie cinématographique de Satoshi Kon (son projet avorté n'ayant pour le moment pas été terminé), Paprika a été diffusé avec une distribution misérable et ce malgré une présentation à Venise. Au point que quand Inception de Christopher Nolan, personne ne semble se souvenir de ce film pourtant assez similaire, au point que Nolan viendra par dire hors-promo (fort logique) qu'il s'en est inspiré. Pourtant les inspirations sont bien visibles à l'écran que ce soit l'appareil permettant de s'insérer dans le rêve, la folie d'un rêve qui finit par sortir de la réalité, la réalité et le rêve finissant par ne faire qu'un au point de ne plus rien distinguer (je renvois au plan final d'Inception), le labyrinthe formaté par le policier... Tout y est. Sans oublier ces séquences de foules mêlant une imagerie foutraque absolument merveilleuse et dignes d'une fanfare. Cela tombe bien c'est le lieu du climax! Il serait peut être temps que les fans d'Inception regarde l'original. 

  • Fantasia, collectif (1940) 

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Fruit d'un incroyable travail sur l'image et la musique, Fantasia apparaît encore aujourd'hui comme l'un si ce n'est le plus ambitieux film des studios Disney. Echec à sa sortie, longtemps indisponible, ce n'est seulement que depuis quelques années que le film est largement visible et à juste titre. Le film a le mérite d'aborder tout selon les compositions proposées allant de la violence du jurassique (séquence parmi les meilleures du film, jouant beaucoup sur les ombres et montrant rarement des visages à ses dinosaures évitant tout anthropomorphisme qui fera parfois défaut à Dinosaures), la magie (L'apprenti sorcier qui a fini par eclipser le film tant ce passage est populaire) ou la danse (le passage des hypopotames, sorte de ballet majestueux). Même si ce n'est pas mon Disney préféré, cela reste l'un des plus intéressants de par son principe et sa virtuosité. 

  • Pinocchio d'Hamilton Luske, Ben Sharpsteen et Norman Fergusson (1940)

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Après le succès de Blanche Neige, Walt Disney se lance dans une adaptation de Pinocchio. En apparence un conte moral, Pinocchio va même bien plus loin qu'il n'en a l'air. Il joue très souvent avec les peurs des enfants que ce soit la peur de perdre ses parents (avec une baleine trop gourmande par exemple), le kidnapping et surtout le changement. Ce changement est montré de manière assez viscéral par cette séquence où l'un des jeunes garçons se transforme face à Pinocchio en âne. Une séquence multipliant les hors-champs par les ombres ou les cris renforcés par une musique devenant assourdissante à en faire peur. La suite nous montrant des enfants changés également en ânes se faire kidnapper par ce grand tyran fait d'autant plus peur qu'il intervient alors que l'Europe est en pleine ascenssion nazie. Tout un symbole. 

  • La belle et la bête de Gary Trousdale et Kirk Wise (1991)

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Ce cru de 1991 ne vaut évidemment pas la version de Jean Cocteau, sommet du cinéma français dans le fantastique (comme quoi ce n'est pas difficile de faire du cinéma de genre en France, mais encore faut-il que nos chers investisseurs français le comprennent), ce serait trop lui demander. Néanmoins, il apparaît comme une bonne alternative au film de Cocteau. Déjà d'un point de vue visuel, Trousdale et Wise donnant une personnalité singulière à l'ensemble que ce soit dans les personnages ou les décors absolument somptueux (le premier plan dévoilant le château de la Bête en plein jour est d'une beauté incroyable). Le fait d'avoir rendu les objets vivants permet également un peu plus de féérie à l'ensemble, ce qui n'est pas rien de la part de Disney. La dualité entre la beauté intérieure et extérieure est également présente comme chez Cocteau. C'est également le testament d'Howard Ashman, parolier phare du studio à qui l'on devait déjà les chansons de La petite sirène et qui quitte ce monde avec de superbes chansons. Même si je reste un minimum optimiste (j'aime bien le coco), je ne suis pas sûr que la version de Christophe Gans réussisse à faire aussi bien.

  • Le petit dinosaure et la vallée des merveilles de Don Bluth (1988)

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J'ai beau aimé le cinéma de Don Bluth en temps général, je dois avouer que durant longtemps je l'ai laissé de côté. Mais lorsque j'ai exhumé certaines VHS, j'ai d'abord ressorti Fievel et le nouveau monde et Anastasia (voir plus bas). J'ai même découvert Charlie mon héros en le sortant des cartons. Mais indéniablement, ma grande redécouverte avec Don Bluth fut Le petit dinosaure et la vallée des merveilles ou The land before time. Moi qui pensais me retaper un petit film pour enfants (comme ses suites à foison pour le marché vidéo), cette oeuvre m'a tout simplement pris au coeur. Bien plus profond qu'en apparence, le film aborde des thèmes pour le moins impensables jusqu'au succès du Roi lion, à savoir la mort de la figure maternelle en moins d'une demi-heure en la montrant de manière violente. Mais là où le film marche encore mieux, c'est par la dimension que Don Bluth donne au deuil à savoir par les yeux d'un enfant. Aussi dinosaure qu'il est, Petit Pied est un enfant et il devra faire face seul à la mort de sa mère, en tous cas bien plus que Bambi. Une singularité rare auquel semble devoir beaucoup Le roi lion, qui possède également ce thème (très bien abordé également). En sachant que le récit bifurque également vers la chronique enfantine, les enfants devant se débrouiller seuls séparés de leurs parents. Un côté survival d'une rare intensité et qui prend tout son sens dans la majestuosité du score de James Horner (une de ses plus brillantes compositions à mon humble avis, à la fois trépidante et émouvante). Ce que ne réussira pas les studios Disney avec Dinosaures bien des années plus tard.

  • Anastasia de Don Bluth (1997)

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Autre pièce de choix venant de Don Bluth, Anastasia n'est surtout pas à voir comme un film biographique au combien que non. Basé sur la légende selon laquelle la fille de Nicolas II a survécu au massacre de sa famille, le film se veut surtout un conte de fée comme aurait souhaité le faire Disney (trop occupé à réaliser une merde comme Hercule). Plus gros succès animé de la Fox avant L'âge de glace, Anastasia s'impose comme un excellent film d'animation musicalement bon, pas trop gnan gnan, pas trop daté dans son animation et qui est parfait pour les fêtes. Personnellement, je préfère ce film à Cendrillon par exemple. Accessoirement, cela a permis à Meg Ryan de payer les fins de mois entre deux passages au Pôle emploi. Oui je sais je suis méchant même le jour de noël.

  • La route d'Eldorado d'Eric Bergeron et Will Finn (2000)

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J'ai hésité à mettre d'autres films de Dreamworks (je pense aux deux premiers Shrek, à Dragons comme au Prince d'Egypte), mais celui-là c'est vraiment mon incontournable. Déjà à cause de son doublage car retrouver José Garcia et Antoine de Caunes ensemble c'est juste un bonheur, surtout quand les rôles sont inversés (Garcia double le Don Juan, De Caunes le blondinet avec la barbe). Ensuite, parce que Eric Bergeron (cocorico!) et Will Finn délivrent un bon film d'aventure alignant les délires avec deux espagnols découvrant l'El Dorado alors que leurs potes conquistador galèrent pour trouver ne serait-ce qu'une parcelle. Dernier film du studio en animation traditionnelle (il n'y en aura eu que trois), La route d'El dorado est un pur bonheur d'aventure à la fois jouissif et trépidant. Alors certes le scénario n'est pas grandiose, mais le film a le mérite de délivrer un lot de péripéties géniales (la scène du ballon est un festival pour les brushings!) et surtout de divertir largement. Sans compter les sublimes décors allant de la jungle à la cité même d'El Dorado. Les réalisateurs ont également le mérite de mettre en scène de véritables marginaux, très loin d'être fiables et aux moeurs douteuses (une séquence nous montre quand même Tulio ressortant d'une coucherie!). Ce qui renforce le côté "adulte" de l'entreprise.

  • Le géant de fer de Brad Bird (1999)

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Brad Bird n'a pas attendu son passage à Pixar pour signer son premier chef d'oeuvre. Malgré des retards dus aux mauvais investissements de la Warner (le film a cruellement pati des retards et surtout de l'échec d'Excalibur l'épée magique), Le géant de fer reste un bijou rare, véritable film d'auteur. Parabole sur le McCarthisme, le film nous présente des années 50 paranoïaques dans une Amérique ayant terriblement peur du Soviétique. Au point qu'un robot en devient l'ennemi public numéro 1 du coin. Un robot auquel prête sobrement sa voix Vin Diesel, qui doit avoir moins de cinq répliques dans le film. L'amitié du petit avec ce robot n'est pas sans rappeler celle d'ET avec Eliott, les deux venant de l'Espace. Une belle oeuvre avec une animation ayant bien vieillie et au style digne de Brad Bird.

  • Les Indestructibles de Brad Bird (2004)

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Après son engagement chez Pixar, Brad Bird signe directement pour Les Indestructibles faisant parti des rares réalisateurs des studios à ne pas être présent depuis la production de Toy Story (Pete Docter de Monstres et cie et Andrew Stanton du Monde de Némo étaient déjà présents à la grande époque). Savant déjà ce que c'est de filmer de l'action (qui plus est grandeur nature), Bird était tout désigné pour montrer les aventures d'une famille de super-héros marinant dans un univers entre Watchmen et James Bond. Les Indestructibles est un film classieux au possible (la musique de Michael Giacchino n'est qu'un avant-goût de la chose), alignant les scènes de démonstration de ce que peut faire Pixar avec des héros très actifs et à échelle humaine. Sans compter que chacun a sa propre identité. Reste que tous n'ont pas un physique logique (Violette est d'une anorexie improbable). Après à l'image de Némo, je l'ai peut être trop vu d'un coup à l'époque, mais cela reste du lourd.

  • L'étrange noël de Mr Jack de Henry Selick (1994)

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Au contraire du précédent cité, Mr Jack (je simplifie vous ne m'en voudrez pas?) est un film que j'ai eu du mal à voir pendant très longtemps de par son climat macabre et pas forcément très familial. Il me faudra plusieurs visions et un cycle Tim Burton (cela reste son scénario) pour enfin l'apprécier à sa juste valeur. Mieux, lorsqu'il est ressorti en DVD collector, j'ai tout de suite été le prendre, laissant tomber ma VHS qui fonctionnait encore bien. C'est un film que je regarde dorénavant assez souvent pour les fêtes d'Halloween, période propice pour un visionnage adéquate. Avec Henry Selick comme Aardman, on a trouvé les héritiers légitimes de l'ami Ray Harryhausen. Travail qui transpire chaque seconde du film, le film joue entre deux atmosphères opposés mais ayant l'air de rien une résonnance significative. Et puis que serait ce film sans l'éblouissante musique de Danny Elfman, parmi l'un de ses meilleurs scores alignant les perles comme Que vois-je? ou This is Halloween. De plus, Selick joue réellement sur le monde d'Halloween, la palme étant le personnage d'Oogie Boogie, croquemitaine comme on les adore qui plus est doublé par Richard Darbois. On en redemande.

  • Coraline de Henry Selick (2008)

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Autre oeuvre phare de la filmo de Selick, Coraline a un rôle particulier puisqu'il permit aux studios Laika de s'imposer sur le marché de la stop-motion. A l'image de Mr Jack, Coraline est une oeuvre singulière, sorte de film d'horreur pour enfants particulièrement brillant. Il remet en cause notre vision d'un monde idéal et particulièrement celui que les enfants se font. Un monde parfait où papa et maman sont parfaits, les chérissent en long, en large et en travers. Sauf que comme tout monde parfait, il y a toujours une faille et ici il s'agira de la mère trop possessives et devenant une menace. On remarquera également la complexité de l'animation, jouant sans cesse sur le mouvement. On pense aux bras mécaniques de Papa Bouton, des soeurs acrobates ou du patron du cirque faisant sans cesse des mouvements spectaculaires qui étaient renforcés par une belle 3D. Sans compter que l'ouverture est absolument sublime, jouant sur une atmosphère étrange et macabre qui confirme que Selick était bien le réalisateur de Mr Jack.

  • Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki (1997)

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Je terminerais cette première partie par mon film favori d'Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké. J'avais eu la chance de le voir au cinéma en 2001 mais je n'avais rien compris et vraisemblablement je n'étais pas en âge de le voir. Il a fallu mon adolescence pour y revenir grandement. Construit comme son dernier film à l'époque de sa sortie, Princesse Mononoké transpire d'une fureur rare que l'on avait entrevue sobrement dans Nausicaä. Tueries, bras démembrés, têtes découpées, dieu profané, violence exacerbée... Princesse Mononoké possède toute la fureur des temps moyen-âgeux. Mais on oublierait presque le romantisme du film dévoilé par l'amour impossible entre Ashitaka, jeune villageois touché par une malédiction et Mononoké, jeune fille élevée par des loups. Tout semble les lier et pourtant leurs étreintes s'avèrent limitées par la mort. Une beauté sans cesse augmenté par la musique absolument monumentale de Joe Hisaïshi.

Allez à demain!