Deuxième volet sur le Marvel Cinematic Universe, s'attardant sur la Phase 1 dans ses grandes largeurs.

Iron Man 2: Un ratage total

Iron Man 2 : affiche Jon Favreau

Marvel Studio comprend enfin l'intérêt du projet Avengers et pour se faire cherche à faire des liens directs. Pour se faire, le personnage de Black Widow est rajouté dans le film Iron Man 2 (2010). A cela rajoutez la présence de Nick Fury toujours incarné par Samuel L Jackson, histoire de garder un oeil sur l'ensemble et insérer le Shield au centre des discussions. En fait, on peut voir Iron Man 2 comme un énorme objet de transition en vue d'Avengers. A partir de ce film, la Marvel lancera différents personnages et ce même dans des films qui ne sont pas à leur effigie. On pense aussi bien à Black Widow (Scarlett Johansson) qu'à Hawkeye (Jeremy Renner). Comme dit plus haut, le Shield entre définitivement en contact avec Tony Stark, d'autant que ce dernier possède le bouclier de Captain America. Ainsi, Tony Stark n'est pas jugé assez mûr pour le projet "Avengers", mais le sera finalement par le miracle du super-héroïsme. Black Widow ne servira pas à grand chose dans l'intrigue si ce n'est faire quelques pirouettes en tenue moulante. A cela rajoutez une séquence post-générique où l'Agent Coulson (Clark Gregg) retrouve un marteau nommé Mjolnir au Nouveau Mexique et ce bon vieux Rhodes devenant enfin War Machine avec mitrailleuse dans le dos qui va avec. Mais c'est surtout de l'intérieur qu'Iron Man 2 dégénère, le tournage annonçant plus ou moins la catastrophe à venir.

Iron Man 2 : affiche Jon Favreau

Whisplash un méchant qui aime les coups de fouet.

Si le fait que Jon Favreau ne rempilera pas pour un troisième volet annonce la couleur, les acteurs Mickey Rourke et Terrence Howard en rajouteront une bonne grosse couche sur le bordel que fut le production de ce film. Le premier joue Whisplash, le méchant aux laceaux électriques; le second est l'ancien interprète de James Rhodes l'ami militaire de Tony Stark. Le premier n'y allé pas de mains mortes pour décrire le calvaire du réalisateur: "J'essaie de trouver les moments où (le méchant) n'est pas le cliché habituel du salopard et c'est très dur. Dans Iron Man, ce n'était pas le cas. Mais dans Iron Man 2, Marvel a cherché à casser les couilles de Jon Favreau, ils ont gagné, et ils voulaient un méchant basique. Mon jeu, et toutes les choses subtiles que j'essayais de faire passer, tout ça s'est retrouvé par terre, putain." * Le second est beaucoup plus cinglant, compte tenu qu'il fut viré de manière peu scrupuleuse et remplacé à la va-vite par Don Cheadle: "(Robert Downey Jr et moi) avions signé un contrat pour 3 films. On a signé ces contrats bien en amont. Un certain montant pour le premier, un certain pour le second. Et pour le troisième… Ils sont venus me voir pour le second et m’ont dit : 'Nous te paierons 1/8 de ce que nous avions convenu contractuellement avec toi car nous pensons que ce second film aura du succès avec ou sans toi'. Donc j’ai appelé mon ami que j’avais aidé à obtenir le boulot (en l'occurence Robert Downey Jr -NDB) et il ne m’a pas rappelé pendant 3 mois" **.

 Iron Man 2 : affiche Jon Favreau

Black Widow, une héroïne qui ne sert pas à grand chose.

Ceci n'est pas un scoop, le renvoi de Terence Howard ayant fait beaucoup de vague, mais la politique de la Marvel se montre bel et bien à travers ces deux réactions. D'un côté, Mickey Rourke montre l'impuissance du réalisateur face à une Marvel imposante et qui contrôle tout; de l'autre, un renvoi excessif qui montre bien le visage terriblement impitoyable que peut avoir Hollywood quand elle est face à un élément perturbateur. Pour le reste, Iron Man 2 est probablement le plus gros ratage de la Marvel Cinematic Universe qui ne raconte finalement rien et accumule les mauvais moments. C'est uniquement un film avec plein d'effets-spéciaux, fait à la va-vite, avec un premier méchant russe avec tout le cliché qui va avec (introduction dans un appartement délabré et dégueulasse que l'on croirait sorti de la Guerre Froide), un autre marchand d'armes totalement anecdotique, une scène à Monaco tape à l'oeil où une voiture banale slalome entre les bolides de Formule 1 de manière normale; où un méchant se fait exploser en laissant trente secondes aux héros pour s'en sortir (humour!), une bande-originale vendue à prix d'or estampillée AC/DC mais n'est en fait qu'un vulgaire best-of du groupe et où les scènes d'action attendues pour le climax s'avèrent finalement dignes d'une cinématique de jeu-vidéo.

Iron Man 2 : photo Jon Favreau, Sam Rockwell 

Sam Rockwell réduit à faire le cake à Hollywood.

Le plus dramatique étant que ce film est le seul à évoquer réellement dans la trilogie les troubles alcooliques et la probable dépression post-traumatique de Tony Stark. Sauf que Jon Favreau n'a pas la possibilité de le faire corectement ou alors n'en a pas la carure. Ainsi pendant un moment, Tony se lamente sur son sort, chouine beaucoup sur le fait que son appareil cardiaque se dégrade, se met à picoller et là ce n'est que du bonheur puisque notre ami pisse dans son armure, se bat avec War Machine dans la villa le tout sur Robot Rock des Daft Punk. On en a vu des scènes foireuses dans l'imagerie Marvel (et notamment Howard the Duck), mais là on est dans le palmarès. Reste qu'Iron Man 2 sera un succès indéniable (plus de 623 millions de dollars de recettes) et ce malgré un accueil critique absolument catastrophique. 

Thor: un dieu qui peine à convaincre

Thor : Photo Chris Hemsworth, Kenneth Branagh

Un an après Iron Man 2 qui dévoilait son marteau en plein Nouveau-Mexique, voici venir Thor le dieu nordique du tonnerre qui est peut être la meilleure "création" de Jack Kirby. Le dessinateur phare de la Marvel (qui a subi l'un des plus beaux bashings de l'histoire des comics avec le duo Siegel-Shuster) avait crée une vraie mythologie à propos de ce personnage. Thor défiait son père Odin par une grande arrogance et se voyait banir sur Terre. Il était alors rendu amnésique et devenait Don Blake,un docteur amnésique qui tombera vite amoureux de l'infirmière Jane Forster. Mais en retrouvant Mjolnir son célèbre marteau, il retrouve la mémoire et devient un véritable héros. Très difficile à adapter en raison de son aspect mythologique, Thor reste pas moins un bel exemple de fantasy pour le cinéma ce qui permettrait à la Marvel de toucher un public similaire au Seigneur des anneaux et donc éloigné de celui des super-héros habituel. Néanmoins, si c'est le cas de sa suite, Thor de Kenneth Branagh ne s'attarde pas longtemps sur la fantasy. En fait, elle ne comprend que le début véritablement. En sachant que le personnage avait déjà été adapté à la télévision sous les traits de Eric Alan Kramer dans le téléfilm Le retour de l'incroyable Hulk, téléfilm faisant suite à la série culte.

 Thor : Photo Kenneth Branagh

Des décors qui sentent le toc. 

Par ailleurs, le choix d'Idris Elba pour le dieu Heimdall fit très polémique à la sortie du film en raison de sa couleur de peau. En effet, The council of conservative citizens a très mal vécu de voir un homme afro-américain jouer un dieu nordique sous prétexte qu'il n'est pas blanc. En revanche, un autre personnage joué par un asiatique ne semblait pas les avoir embêter. Branagh n'était pourtant pas le premier sur l'affaire et celui qui était le plus intéressé n'est autre que Sam Raimi. Juste après Darkman (1990), le réalisateur contacte Stan Lee et la Fox mais le studio n'est absolument pas convaincu et le projet meurt réellement en 1997, avant que Sony reprenne l'affaire avec David S Goyer aux commandes avant qu'il ne se désiste en 2005. Le réalisateur du récent The Ryan Initiative est finalement contacté afin d'insuffler un peu de charme shakespearien au dieu nordique. Sauf qu'Asgard comme les autres mondes sont boursouflés par la grandiloquence de ses effets-spéciaux au point que les décors ne ressemblent pas à grand chose et ont des formes cubiques à faire peur. 

Thor : Photo Kenneth Branagh, Tom Hiddleston

Mais là où le bat blesse c'est principalement dans la caractérisation du personnage de Thor (Chris Hemsworth) qui fait horriblement peur. Au début du film, il nous est montré comme particulièrement vantard et arrogant mais jamais réellement charismatique. Puis une fois sur Terre il est toujours identique à lui-même (pas d'amnésie donc) et comme il est impuissant, il se décide d'être gentil pour gagner l'amour de Jane Forster qui devient ici une scientifique s'interessant aux étoiles. Ce n'est seulement qu'à la fin qu'il devient noble sans que l'on ne sache trop pourquoi. Quand au personnage de Loki (Tom Hiddleston), il est tout bonnement agaçant et on voit que le réalisateur ne sait pas comment s'en servir. L'un des autres points faibles est bien évidemment la partie se situant sur Terre, censé être drôle et décalé mais au contraire plus qu'agaçante et inutile. Ce même constat apparaîtra dans le second opus avec un peu plus de nuance. Par ailleurs, les personnages humains n'aident pas non plus, les personnages de Natalie Portman, Kat Dennings et Stellan Skarsgaard ne servant absolument à rien dans l'histoire. N'oublions pas non plus le Destructeur qui ressemble comme deux gouttes d'eau au robot Gort du Jour où la Terre s'arrêta (1951) et avec le même rayon lumineux. 

La Marvel continue à placer des points pour Avengers en mettant en scène pour la première fois en scène Hawkeye incarné par Jeremy Renner, le célèbre archer complice de Black Widow; l'agent Coulson (Clark Gregg) est de la partie aussi tout comme le Shield et la scène post-générique montre le personnage de Skarsgaard manipulé par Loki alors que Nick Fury (Samuel L Jackson) lui parle du cube cosmique, cette arme qui aura un certain sens pour l'opus suivant de ce que l'on appelait désormais la Phase 1 de la Marvel Cinematic Universe.

Captain America: de la propagande à un héros de guerre

Captain America : First Avenger : photo Joe Johnston

Rien de plus casse-gueule que de vouloir adapter Captain America. Preuve en avec le téléfilm avec Reb Brown qui balançait comme un imbécile son bouclier comme un boomerang ou le film d'Albert Pyun de 1990 dont on préfère ne pas se souvenir également. Alors pour les Avengers,  il fallait bien le sortir de son glaçon pour lui donner des origines fracassantes. Pour le personnage principal, Chris Evans pose plutôt problème pour les fans. Beaucoup se souviennent encore de sa pitoyable prestation en Johnny Storm dans les deux Fantastic Four de Tim Story (2005, 2007). D'ailleurs, les films n'emballant personne (pas même les cadres du studio), la Fox décide de ne pas donner de troisième volet et de privilégier le reboot. Chris Evans est libéré de tout possible contrat pour un autre bien plus long et lucratif. Mais l'acteur n'a pas réellement confirmé son talent depuis Sunshine de Danny Boyle (2007). Cela tombe bien puisque l'acteur veut en découdre et le prouvera plus d'une fois depuis la sortie du film (on pense notamment à Snowpiercer de Bong Joon-ho). A la réalisation, Joe Johnston fait peut être moins classe que Kenneth Branagh mais niveau grosse production à effets-spéciaux, il s'avère bien plus crédible.

Captain America : First Avenger : affiche

Réalisateur de machines à box-office comme Jumanji (1996) et Jurassic Park 3 (2001), l'ancien protégé de Steven Spielberg avait déjà taté du super-héros vintage avec Rocketeer (1990), production Disney qui n'avait pas des masses marcher où Jennifer Connelly était partagé entre le pétaradant Billy Campbell et le très méchant Timothy Dalton. Il se retrouve dans le même genre d'ambiance avec Captain America: The first avenger où il ajoute quelques éléments de serials qui ne sont pas sans rappeler Les aventuriers de l'arche perdue (1980). Tout y est d'ailleurs: un macguffin (le fameux cube cosmique susnommé servant à fabriquer des armes aux nazis), des nazis (on y revient toujours, c'est de bonne guerre), un héros charismatique (Steve Rogers un jeune homme rachitique devenant un super-héros grâce à un serum tout en restant humble), un sidekick féminin (Peggy Carter aka Hailey Atwell), un sidekick masculin (Bucky Barnes aka Sebastian Stan, bien moins jeune que le personnage concerné), un méchant machiavélique voulant conquérir le monde (Hugo Weaving comme souvent excellent en méchant de service), un mentor (le docteur incarné par Stanley Tucci) et un supérieur qui a de la bouteille (Tommy Lee Jones parfait).

Captain America : First Avenger : photo Hayley Atwell, Joe Johnston 

Un véritable film d'aventure où Joe Johnston se fait plaisir, ne laissant aucune excentricité (plus d'un effet-spécial se ressent, peut être un peu trop au point de donner lieu à un look parfois kitsch) de côté et surtout ne fait jamais dans la propagande dégueulasse auxquelle on pouvait craindre. Justement, le réalisateur préfère la mettre en scène dans sa démesure, montrant un héros ne supportant pas de ne pas agir alors que ses camarades se battent au front et ne servant que de vulgaire instrument pour que l'armée engage de nouvelles recrues. Si Captain America: The first avenger est un excellent film d'aventure, le montage voulant à tout prix rattacher ce film à Avengers (alors en tournage), le début du film montre la découverte du glaçon contenant le Captain. Totalement inutile et ne permettant plus l'effet de surprise pour les non-initiés. Désormais, le spectateur sait que Captain America a hiberné et donc que le reste sera prévisible. Bien dommage d'autant que le final est plutôt excellent, montrant un Steve Rogers découvrant les buildings avec une amertume certaine évoquant qu'il a raté son rendez-vous avec la miss Carter. Un dernier plan terriblement mélancolique pour le meilleur personnage de la Marvel Cinematic Universe, tout du moins le plus régulier au fil des films.

Avengers: la consécration de Marvel

Avengers : Photo

Initialement, l'idée de batir le filon Avengers vient d'une histoire de concurence. En effet, en 2007 George Miller est parti pour faire Justice League avec Armie Hammer en Batman (Christian Bale ne voulant pas y être associer), Jay Baruchel en méchant, Adam Brody en Flash, Hugh Keays Byrne en Martian Manhunter, Common en Green Lantern (pas encore question du film de Martin Campbell), DJ Cotrona en Superman (il n'était pas encore question du reboot de Zack Snyder et hors de question de reprendre Brandon Routh), Megan Gale en Wonder Woman, Santiago Cabrera en Aquaman ou Teresa Palmer en Talia Al Guhl (à la place de... comment le dire pour ceux qui n'ont toujours pas vu TDKR? Celle qui joue mal la morte). Le projet était tout chaud avant que la grève des scénaristes ne brise complètement le film, ne pouvant attendre d'être tourné. **** L'occasion rêvée pour Marvel de lancer leur Avengers, libéré de la concurence de Justice League tout en instaurant leur line-up au fil des années avec la Phase 1. Tous les personnages du groupe en devenir ont eu leurs films respectifs ou étaient dans un d'entre eux: Captain America, Iron Man, Hulk, Thor, Black Widow et Hawkeye. Sans compter Nick Fury, l'agent Coulson et Loki. 

Avengers : Photo

A cela rajoutez Cobie Smulders qui joue l'agent Maria Hill. Pour le personnage de Hulk, le cas est plus particulier, la brouille entre Edward Norton et la Marvel durant la production de L'incroyable Hulk (2008) ayant coûter la place de l'acteur, remplacé à vitesse grand V par Mark Ruffalo. A la réalisation, la Marvel engage Joss Whedon, figure phare de la télévision avec Buffy contre les vampires et Angel à son actif et seulement le film Serenity à son actif. Dès son annonce, le réalisateur s'est investi sur les différents films de la Phase 1 et particulièrement sur Thor et Captain America afin de les relier à Avengers. Le défi est donc d'autant plus grand pour le réalisateur qui doit prendre en compte un budget de plus de 200 millions de $ et surtout savoir assembler différents héros qui ne se sont quasiment jamais rencontrés et se baser sur leurs précédentes aventures. Captain America est sous l'influence du Shield, Iron Man est dans la confidence, Bruce Banner est toujours dans l'exil, Thor cherche toujours Loki tout en repensant à Jane Foster... L'autre défi est aussi que tout le monde ait sa place propre et malheureusement certains ont bien du mal à la montrer. On pense dans un premier à Black Widow qui ne sert pas à grand chose sinon comme porte-flingue, idem pour Nick Fury.

Avengers : Photo

Quant à Hawkeye, sa ridicule apparition dans Thor (2011) n'a pas permis au personnage de se faire une place et n'est donc qu'un second couteau malgré un potentiel certain dans l'action. En revanche certains personnages étonnent et particulièrement Iron Man et Thor. Le premier ne servait qu'à cabotiner et n'était quasiment jamais montrer en action ou alors de manière très limitée. Ce n'est pas le cas ici où le personnage est au centre de l'action et fait même l'un des actes héroïques notables du film (le passage dans l'autre monde). On voit même enfin le potentiel du personnage en pleine action et il était vraiment temps. Pour le second, Chris Hemsworth gagne en charisme et devient un vrai combattant. L'autre bonne surprise reste Hulk qui ressemble beaucoup à son interprète sobre et donne lieu à un beau lot de séquences spectaculaires et maîtrisées. Reste un scénario qui peine quand même sérieusement à convaincre, que n'importe quel tâcheron aurait pu réaliser et jouant beaucoup sur la carte de l'action. Il en faut parfois plus au spectateur pour être convaincu. Il en reste tout de même un divertissement honnête qui ouvre une nouvelle phase où Thanos (présent dans la scène post-générique) pourrait jouer un rôle à venir et où Joss Whedon s'est imposé comme le roi du pétrôle en faisant d'Avengers le troisième plus gros succès de tous les temps (tout du moins sans l'inflation et avec la 3D).


 

* Propos recueillis sur: http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Mickey-Rourke-sur-Iron-Man-2-Marvel-cherchait-a-casser-les-c-es-de-Jon-Favreau-2982700

** Propos recueillis sur: http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Terrence-Howard-accuse-Robert-Downey-Jr-pour-son-remplacement-dans-Iron-Man-2-3889130

*** http://fr.wikipedia.org/wiki/Thor_(film)

**** http://reviewer.lavoixdunord.fr/fr/cinema/actualites/89644/justice-league-les-super-heros-du-film-annule-de-george-miller-reunis-photos/