Deuxième volet sur le Marvel Cinematic Universe, s'attardant sur la Phase 1 post-Incroyable Hulk. (attention spoilers)

  • Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010) : Un ratage total

Iron Man 2 : affiche Jon Favreau

Marvel Studio se lance définitivement dans le projet Avengers et pour qu'il se fasse, le studio veut faire des liens directs dans des films sortant avant le film crossover. Dans cette optique, le personnage de Black Widow (Scarlett Johansson) est introduit dans Iron Man 2 et Samuel L Jackson revient dans la peau de Nick Fury, tout comme Clark Gregg dans le rôle de l'agent Phil Coulson. Une manière de faire que le studio a largement utilisé depuis, parfois jusqu'à plus soif. En fait, on peut voir Iron Man 2 comme un énorme film de transition en vue d'Avengers (Joss Whedon, 2012). Le Shield entre définitivement en contact avec Tony Stark (Robert Downey Jr), d'autant que ce dernier possède le bouclier de Captain America. Ainsi, Tony Stark n'est pas jugé assez mûr pour le projet "Avengers", mais le sera finalement par le miracle du super-héroïsme. Black Widow sert de potiche, n'entrant réellement en action que dans les dernières minutes le temps d'une scène. Elle ne fait que passer en quelques sortes et ce n'est pas un compliment. Pendant ce temps, Coulson retrouve le marteau Mjöllnir au Nouveau Mexique et ce bon vieux James Rhodes (Don Cheadle) devient enfin War Machine avec l'armure grise et la mitrailleuse qui va avec. Là non plus, le personnage n'est pas bien utilisé, n'apparaissant véritablement dans son armure que dans les dernières minutes pour un climax sentant tellement l'omniprésence des cgi qu'il en devient artificiel et sans âme. 

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Black Widow, une héroïne qui ne sert pas à grand chose.

Ce ne sont que des exemples de la catastrophe totale qu'est Iron Man 2 et que l'on pouvait déjà deviner par ses déboires de tournage. Si l'absence de Jon Favreau à la réalisation du troisième film sur Tony Stark annonce la couleur, les acteurs Mickey Rourke et Terrence Howard lanceront de belles bombes dans la presse. Le premier joue Whisplash, le méchant aux fouets électriques. Le second est l'interprète de Rhodes dans le premier film. Rourke commence : "J'essaie de trouver les moments où (le méchant) n'est pas le cliché habituel du salopard et c'est très dur. Dans Iron Mance n'était pas le cas. Mais dans Iron Man 2, Marvel a cherché à casser les couilles de Jon Favreau, ils ont gagné, et ils voulaient un méchant basique. Mon jeu, et toutes les choses subtiles que j'essayais de faire passer, tout ça s'est retrouvé par terre, putain." (*). Howard achève : " (Robert Downey Jr et moi) avions signé un contrat pour trois films. On a signé ces contrats bien en amont. Un certain montant pour le premier, un certain pour le second. Et pour le troisième… Ils sont venus me voir pour le second et m’ont dit : 'Nous te paierons 1/8 de ce que nous avions convenu contractuellement avec toi car nous pensons que ce second film aura du succès avec ou sans toi'. Donc j’ai appelé mon ami que j’avais aidé à obtenir le boulot (en l'occurence Robert Downey Jr) et il ne m’a pas rappelé pendant trois mois" (**).

Iron Man 2 : Photo Mickey Rourke

Whisplash, un méchant qui aime les coups de fouet.

La politique de Marvel pour contrôler son bébé au contraire de laisser faire ses réalisateurs n'en est qu'à ses balbutiements. D'un côté, Mickey Rourke montre l'impuissance du réalisateur face à un studio imposant et qui contrôle tout. De l'autre, un renvoi excessif qui rappelle directement le cas Edward Norton. Même si des réalisateurs ont quand même eu une certaine tranquilité (c'est le cas de James Gunn sur des héros plus mineurs toutefois), dès que l'on touche aux grandes figures cela commence à se gâter. Iron Man 2 ne sera en tous cas pas un cas isolé. Pour le reste, le film ne raconte finalement rien, à force de faire systématiquement des transitions vers Avengers. C'est un film fait à la va-vite avec plein d'effets-spéciaux (le climax en est la preuve avec sa grosse débauche de cgi). Le premier méchant (Rourke) est évidemment un cliché sur patte du russe avec l'accent et son perroquet. Il est même introduit dans un décor très Guerre Froide, histoire de bien montrer que le personnage a toujours vécu dans la misère. L'autre méchant est un marchand d'armes totalement anecdotique, permettant à Sam Rockwell de cabotiner jusqu'à plus soif. Stark participe à une course de voitures à Monaco que même un fan de sport automobile ne croirait pas tant elle est improbable.

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Même la bande-originale est un foutage de gueule en étant un vulgaire best-of d'AC/DC. Le plus affolant est qu'il s'agit du seul film qui aborde réellement les troubles alcooliques et la probable dépression post-traumatique de Tony Stark. Sauf que Jon Favreau n'a pas la possibilité de le faire corectement et on se retrouve avec une scène qui provoque la gêne et le rire involontaire. Ainsi Tony Stark se retrouve ivre dans son armure, pisse dedans et se bat ensuite avec Rhodes en War Machine en mode tonton bourré sur Robot Rock (Daft Punk, 2005). A cela on peut aussi rajouter Stark débarquant à la Stark Expo sur Shoot to thrill (AC/DC, 1980) avec la bannière étoilée et des danseuses. Là non plus le ridicule ne tue pas, ni le patriotisme vomitif qui en découle. Reste qu'Iron Man 2 sera un succès indéniable (plus de 623 millions de dollars de recettes) et ne fera qu'intensifier la montée en puissance de Marvel au cinéma. 

  • Thor (Kenneth Branagh, 2011) : Un dieu qui peine à convaincre

Thor : Affiche

Un an après Iron Man 2 qui dévoilait son marteau en plein Nouveau-Mexique, voici venir Thor le dieu nordique du tonnerre qui est peut être la meilleure création de Jack Kirby. Le dessinateur phare de la Marvel (qui a subi l'un des plus beaux bashings de l'histoire des comics avec le duo Siegel / Shuster) avait créé une véritable mythologie autour de ce personnage. Thor défiait son père Odin à cause de son arrogance et il était banni sur Terre. Rendu amnésique, il devenait Don Blake un docteur qui tombera vite amoureux de l'infirmière Jane Foster. Mais en retrouvant son marteau Mjöllnir, il retrouve la mémoire et devient un véritable héros. En sachant que le personnage avait déjà été adapté à la télévision sous les traits de Eric Alan Kramer dans Le retour de l'incroyable Hulk, téléfilm faisant suite à la série culte (1988). Très difficile à adapter en raison de son aspect mythologique, Thor est une entrée vers la fantasy pour Marvel. Quitte à tutoyer le public amateur du Seigneur des anneaux par exemple et pas forcément les fans de super-héros. Si c'est le cas de The Dark World (Alan Taylor, 2013), Thor de Kenneth Branagh ne s'attarde pas longtemps sur la fantasy. En fait, elle ne comprend que le début. 

 Thor : Photo Kenneth Branagh

Des décors qui sentent le toc. 

Par ailleurs, le choix d'Idris Elba pour le dieu Heimdall fit polémique à la sortie du film en raison de la couleur de peau de l'acteur. En effet, The council of conservative citizens (pour être plus clair des suprémacistes blancs) a très mal vécu de voir un homme afro-américain jouer un dieu nordique. En revanche, un autre personnage joué par l'asiatique Tadanobu Asano ne semblait pas les avoir embêter. Comme disait un grand philosophe : les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît. Branagh n'était pas le premier choix sur l'affaire et il fut longtemps question de confier l'adaptation à Sam Raimi. Juste après Darkman (1990), le réalisateur contacte Stan Lee et la Fox, mais le studio n'est absolument pas convaincu et le projet meurt réellement en 1997. Sony se rajoute dans le development hell avec David S Goyer qui se désiste en 2005. Le réalisateur de The Ryan Initiative est finalement contacté aux débuts du MCU afin d"insuffler un peu de charme shakespearien" au dieu nordique. Sauf qu'Asgard comme les autres mondes sont boursouflés par la grandiloquence des effets-spéciaux, au point que les décors ressemblent à pas grand chose et ont des formes cubiques à faire peur. Tout semble artificiel, encore une fois sans âme. Même The Dark World essayera un look un peu plus fantasy pour ne pas ressembler à son aîné.

Thor : Photo Kenneth Branagh, Tom Hiddleston

Toujours du point de vue de la technique, Branagh nous offre une réalisation ahurissante puisque même pour des plans larges, il nous assène des dutch angles. Ce qui revient en quelques sortes à pencher la caméra du côté droit ou gauche. Une technique pas nouvelle (Michael Bay l'a beaucoup utilisé), mais qui n'est pas très digeste pour le spectateur qui aura bien mal au cou à force de se pencher pour voir l'action nette. D'autant que Branagh utilise le dutch angle pour absolument tout (pour une scène d'action comme un personnage qui marche). La caractérisation de Thor (Chris Hemsworth) est particulièrement horrible par la même occasion. Au lieu de jouer sur l'origin story connue, le personnage reste conscient qu'il est Thor, fait des vannes, picolle avec Stellan Skarsgard et se prend une petite raclée avant que Mjöllnir ne revienne dans sa main en pleine bataille. Le personnage est particulièrement agaçant et Chris Hemsworth a beau faire ce qu'il peut (le problème vient de l'écriture en grande partie, pas de son interprétation), on a bien du mal à trouver Thor plus humble et héroïque en fin de film. Son soi-disant changement d'attitude n'en devient que plus risible quand il s'agit de faire de Jane Forster son love interest. Natalie Portman ne peut pas faire de miracle avec un personnage aussi vide. Ses acolytes sont tout aussi poussifs, allant de l'inutile Kat Dennings à Skarsgaard en totale roue libre.

Thor : Photo Chris Hemsworth, Kenneth Branagh

Quand au personnage de Loki (Tom Hiddleston), il est tout aussi agaçant que son demi-frère et on voit que le réalisateur ne sait pas comment s'en servir (Whedon en fera un vrai personnage). Le plus drôle est de se dire que l'opus Season One consacré à Thor (Sturges, Larraz, 2013) a une structure à peu près similaire au film, mais se révèle bien plus fidèle aux comics ! N'oublions pas non plus le Destructeur qui ressemble comme deux gouttes d'eau au robot Gort du Jour où la Terre s'arrêta (Robert Wise, 1951) et avec le même rayon lumineux. Marvel continue à placer des personnages pour Avengers en mettant en scène pour la première fois en scène Hawkeye (Jeremy Renner). Sauf que le personnage est encore plus inutile que Black Widow dans Iron Man 2. Il ne fait que passer au point que son apparition n'en est plus qu'hilarante. Comment voulez vous que le spectateur soit déjà familiarisé avec un personnage dans un univers partagé, si vous ne l'avez vu moins de cinq minutes dans un film ? Les scénaristes (Joss Whedon en tête) essayeront bien d'en tirer quelque chose, mais mal mis en place dès le départ, un personnage peut difficilement bien avancer par la suite... Comme le Tesseract fait sa première apparition dans le Marvel Cinematic Universe. Un élément qui prendra tout son sens par la suite.

  • Captain America The First Avenger (Joe Johnston, 2011) : De la propagande à un héros de guerre

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Rien de plus casse-gueule que d'adapter Captain America. Un héros de guerre issu de la propagande (il cognait Adolf Hitler sur sa première couverture), doublé d'un patriote aux convictions profondes (il n'a pas tenu tête à Tony Stark pour rien dans le run Civil War). Un personnage également hors du temps, longtemps prisonnier des glaces avant de se réveiller dans un monde qu'il ne connaît pas. La télévision et le cinéma l'ont déjà adapté à travers des téléfilms (1979) et même un film (Albert Pyun, 1990). Avant de réaliser Avengers, l'idée d'introduire ce personnage emblématique de Marvel Comics dans un film individuel tenait de l'évidence. Pour l'incarner, le studio choisit Chris Evans qui fut auparavant Johnny Storm dans les Fantastic Four de Tim Story (2005-2007). A l'époque, Evans pouvait encore incarner le personnage, mais l'idée d'un troisième volet n'était déjà plus à l'ordre du jour. Bien que très lucratifs, les films n'avaient pas convaincu grand monde. Libéré de son contrat, l'acteur a trouvé la bonne pioche. A la réalisation, Joe Johnston est peut être un choix moins classe que Kenneth Branagh au préalable, mais le réalisateur est tout à fait à sa place sur The First Avenger.

Captain America : First Avenger : photo Joe Johnston

Johnston a travaillé en tant que directeur artistique pour des productions Lucasfilm (dont les deux premiers Indiana Jones) et a ensuite réalisé The Rocketeer (1990), adaptation d'un comic-book avec un super-héros officiant dans les 30's. Réaliser l'origin story d'un autre super-héros vintage paraît d'autant plus logique. The First Avenger se présente comme un film rendant hommage aux serials par quelqu'un qui s'y connait. Le film rend également hommage à un film qui en est déjà l'héritier : Les aventuriers de l'arche perdue (Steven Spielberg, 1981). Tout y est d'ailleurs. On retrouve un MacGuffin cherché aussi bien par les héros que par les méchants (le fameux cube cosmique permettant aux nazis de fabriquer des armes plus puissantes). Les nazis sont les antagonistes (on y revient toujours, c'est de bonne guerre) et le méchant en chef veut conquérir le monde, quitte à liquider ses supérieurs (Hugo Weaving particulièrement en forme). Steve Rogers est montré comme un homme patriote qui veut avant tout faire son devoir. De simple outil de propagande, il devient un véritable héros grâce au sérum qu'on lui a donné. Chris Evans est par ailleurs particulièrement charismatique et juste. On voit que les années ont passé et qu'il est plus concerné par ses rôles.

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Le héros a deux sidekicks : un féminin dont il est amoureux (Hayley Atwell), l'autre masculin (Sebastian Stan joue un Bucky Barnes un peu plus âgé que son modèle papier). On retrouve également un mentor (le docteur incarné par Stanley Tucci qui n'est pas sans rappeler un certain Albert Einstein, lui aussi concerné par l'effort de guerre à l'époque) et un supérieur qui a de la bouteille (Tommy Lee Jones parfait de cynisme). The First Avenger se présente comme un véritable film d'aventure où Joe Johnston se fait plaisir, ne laissant aucune excentricité sur le carreau. Peut être un peu trop car certains plans ont un peu trop de cgi, au point de faire un peu kitsch. Johnston n'hésite pas à tailler dans la propagande lors de shows ridicules, où le Captain ressemble plus à un sponsor de boîte de corn flakes qu'à un vrai soldat. C'est par ses actions de soldats que Rogers devient un héros et pas l'inverse. Le principal problème du film est certainement sa construction sous forme de flashback géant. Il n'y a donc plus de suspense autour de la survie du Captain, puisque l'on sait déjà qu'il a été retrouvé dans les glaces. En revanche, là où Johnston fait fort c'est par la dernière scène du film. Fury le retrouve en plein Times Square en train de se demander où il est.

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Les temps ont changé, la technologie aussi et Rogers se retrouve dans un univers qu'il a connu mais à une autre époque. Il est un intrus. Nick Fury ne le regarde pas comme il le ferait avec Stark. Il voit un homme perdu et il semble avoir de la compassion. Quant au Captain, il n'a jamais pu aller à son rendez-vous. C'est avec mélancolie que se termine The First Avenger, probablement un des rares moments d'émotions qu'a offert le MCU en presque dix ans d'existence. 

  • Avengers (Joss Whedon, 2012) : La confirmation du modèle Marvel

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Affiche réalisée par Ryan Meinerding.

L'idée de bâtir le film crossover Avengers vient initialement d'une histoire de concurrence. En effet, en 2008 George Miller devait réaliser "Justice League" avec un casting déjà établi et un tournage prévu en Australie. La grève des scénaristes a enterré définitivement le projet, laissant le champ libre à Marvel pour lancer les hostilités. Avengers sera l'apogée de la Phase 1 et en quelques sortes la concrétisation d'un rêve de gosse. Celui de rassembler un grand nombre de héros issus de l'écurie Marvel dans un même film, soit Captain America, Iron Man, Hulk, Thor, Black Widow et Hawkeye. Sans compter des personnages vus dans les différents films comme le docteur Erik Selvig (Skarsgard), Pepper Potts (Gwyneth Paltrow), Nick Fury, l'agent Coulson et Loki qui sert de méchant. A cela rajoutez Cobie Smulders dans le rôle de Maria Hill. Pour Hulk, le cas est plus particulier puisqu'il s'agit de relancer à nouveau le personnage. Même s'il est toujours en fuite, Bruce Banner ne semble pas être affecté par les événements survenus dans L'incroyable Hulk (Louis Letterier, 2008). Son retour paraît même assez banal, puisque l'on vient le chercher. La brouille entre Edward Norton et Marvel étant évidente, c'est Mark Ruffalo qui reprend le personnage.

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Une bonne nouvelle puisque l'acteur semble s'être totalement impliqué et son avatar vert s'avère particulièrement ressemblant au moins au niveau du visage. Nous n'avons pas l'impression de voir Ruffalo et une doublure numérique incarner Hulk, Ruffalo est Hulk. Le personnage y gagne également en brutalité, manquant sous la forme de Banner de péter les plombs à tout moment. Face à Hulk, les adversaires n'ont aucun échappatoire, pas même Loki. Toutefois, on nous montre que Hulk et Banner commencent à devenir une même entité et quand Banner se transforme en Hulk à New York, il le fait en connaissance de cause. Une allusion qui sera d'autant plus confirmé dans Age of Ultron (Whedon, 2015). A la réalisation on retrouve Joss Whedon, figure phare de la télévision pour les séries Buffy contre les vampires (1997-2003) et Angel (1999-2004) et réalisateur de seulement un film à l'époque (Serenity, 2005). Dès son annonce, le réalisateur s'est investi sur les différents films de la Phase 1 et particulièrement sur Thor et The First Avenger afin de mieux les relier à Avengers. Il aura le même type de rôle par la suite jusqu'à Age of Ultron où il rendra les clés épuisé.

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Whedon n'est toutefois pas inconnu à Marvel puisqu'il a écrit des runs pour les séries Astronishing X Men (2004-2008) et Runaways (2007-2008). Le défi est grand pour le réalisateur qui doit prendre en compte un budget de 220 millions de dollars et surtout savoir rassembler les différents héros. D'autant plus que les différents personnages ne se sont jamais croisés pour la plupart, que certains ont plus d'importance que d'autres et que tous n'ont pas eu un film indivisuel. Si Hulk en a eu un, l'aspect reboot fait qu'avec Avengers on repart de zéro. Hawkeye est apparu moins de cinq minutes dans Thor et Black Widow était un personnage juste un peu plus visible dans Iron Man 2. Les deux humains sont évidemment les deux gros problèmes du film, même si la présence de Scarlett Johansson est beaucoup plus grande dans Avengers. N'étant jamais apparu ensemble, on a bien du mal à avaler la relation d'amitié qui lie Clint Barton à Natasha Romanoff depuis plusieurs années. Un élément qui est quand même très présent dans la première partie du film, puisque il est contrôlé par Loki et ils doivent s'affronter au bout d'un moment. Si Barton a un rôle d'antagoniste pendant un temps, le reste du film confirme qu'il n'est qu'un personnage fonctionnel.

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Il tire des flèches pour tuer ses ennemis et c'est à peu près tout. Un personnage creux dont Whedon et les frères Russo essayeront de lui donner un peu de matière. Le premier en lui donnant un aspect familial et une relation amicale proche du paternalisme avec Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), les seconds en en faisant un allié anarchique de Captain America dans Captain America Civil War (2016). Mais ce n'est pas assez pour réparer une erreur effectuée dès la Phase 1. Black Widow est un peu plus impliquée, mais elle reste quand même un des points faibles du groupe et se contente souvent à tirer à droite et à gauche. En revanche, les autres membres sont plus ou moins à égalité. Thor apparaît dorénavant comme un héros et non un ahuri arrogant amateur de bastons. Son affrontement avant tout idéologique avec Loki n'en devient que plus logique et ce dernier est nettement plus convaincant. En revanche, ses acolytes antagonistes sont assez anecdotiques et se contentent d'être de la chair à canon. Les divergences entre Stark et Rogers alimentent largement le film. D'un côté, le milliardaire super-héros et très souvent inconscient. De l'autre, le héros perdu dans une bataille peut être trop grande pour lui. Là où Stark ne mesure pas tout de suite le conflit, Rogers comprend rapidement que le combat est à prendre au sérieux. Stark évolue enfin, passant là aussi vers un statut de héros notamment durant les affrontements.

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Whedon exploite complètement le personnage, ce que Favreau n'avait qu'à peine effleuré. Les scènes d'action d'Iron Man sont d'ailleurs assez spectaculaires et ne font pas trop tests de cgi comme c'était souvent trop le cas dans les films Iron Man. L'autre point faible d'Avengers est probablement son scénario. La première partie est assez longue à se mettre en place, faites souvent de bavardages et de scènes d'introduction de personnages. Toutefois, quand le film est définitivement lancé, il offre une invasion extraterrestre spectaculaire, bourrine et divertissante. On en demandait pas tant et le film réussit à être au moins fun et à avoir quelques élans dramatiques en temps voulu. D'autant que la bande-originale d'Alan Silvestri a au moins un thème fort pour dynamiter le tout. Si les films du Marvel Cinematic Universe avaient déjà réuni plus de 2 milliards de dollars de recettes, Avengers a littéralement fait la moitié à lui tout seul. Pendant que DC Comics s'apprêtait à conclure la trilogie The Dark Knight (Christopher Nolan, 2005-2012), Marvel confirmait sa suprématie à venir.


Mise à jour le 26 octobre 2017.

* Propos recueillis sur : http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/11/01/2627223_mickey-rourke-sur-iron-man-2-marvel-cherchait-a-casser-les-c-es-de-jon-favreau.html

** Propos recueillis sur: http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Terrence-Howard-accuse-Robert-Downey-Jr-pour-son-remplacement-dans-Iron-Man-2