Troisième volet des dessous de la Marvel Cinematic Universe avec la phase 2 présentée avec les films déjà sortis. (attention légers spoilers pour certaines parties)

Iron Man 3: Shane Black is back!

Iron Man 3 : Affiche

Bien avant la sortie d'Avengers (2012), les différents films de la Phase 1 furent annoncés et finalement pas grand chose de nouveau, puisqu'en dehors des Gardiens de la galaxie de James Gunn, tous sont des suites. Preuve en est avec cet Iron Man 3 (2013), quatrième film à mettre en scène le personnage de Tony Stark. Mais curieusement, avec la Phase 2, la Marvel semble vouloir réparer ses erreurs. Déjà moins de tâcherons aux commandes et plus de réalisateurs qui ont fait de la qualité. Sur Iron Man 3, les producteurs tout comme Robert Downey Jr ont amené Shane Black à la réalisation avec des arguments bétons. Pour le réalisateur, c'est l'occasion de retrouver une grosse production, seize ans après le flop retentissant d'Au revoir, à jamais de Renny Harlin (1997). Après des années de ruine au point de louer sa maison pour le tournage d'X Files (*), il était revenu sur le devant de la scène avec Kiss kiss bang bang (2005) où il sortait lui aussi Robert Downey Jr de sa déchéance. Il n'était donc pas étonnant que l'acteur fasse appel à l'un de ceux qui lui a fait relevé la pente. Mais ce qui frappe principalement avec Iron Man 3 c'est qu'il s'agit d'un vrai film de son réalisateur. 

Iron Man 3 : Photo

L'arme fatale 5?

Même s'il a eu quelques restrictions (cf La Marvelverse au commencement ou encore les rajouts pour les co-producteurs chinois qui seraient de la propagande merveilleuse), le réalisateur garde ses thèmes phares et ses automatismes d'écriture qui font que l'on retrouve le style du scénariste de L'arme fatale (1987). Personnage tourmenté par des faits précédents (Tony Stark traumatisé depuis son passage dans l'autre monde, comme Riggs dans le film de Richard Donner); fusillade à l'hélicoptère devant chez lui (explosion de sa villa quand la caravane de Riggs, décidemment, se faisait exploser sa caravane dans L'arme fatale 2); un enfant qui aide le héros en facheuse position (Ty Simpkins remplaçant Danielle Harris du Dernier samaritain ou Austin O'Brien de Last action hero); un méchant qui en cache un autre (le Mandarin sert de façade à Aldrich Killian comme l'Eventreur pour Benedict dans Last action hero); le buddy movie avec l'homme blanc et l'afro-américain (autrefois Riggs et Murtaugh ou le duo Bruce Willis-Damon Wayans, voici le duo d'action Iron Man-War Machine); le héros isolé de son habituel élément (Jack Slater sortait de son film quand Tony Stark se retrouve en pleine Amérique profonde); et bien évidemment de grosses scènes d'action.

Iron Man 3 : Affiche

On pense aussi bien au climax totalement bourrin ou à la scène de l'avion particulièrement déjanté dans son genre (même Iron Man tue des gens en étant cool), sans compter les gunfights sacrément foufou. Il est donc loin le temps où il fallait attendre les dernières minutes pour avoir un semblant d'action et encore ce n'était pas convaincant du tout. Comme le prouvait la séquence avec Iron Monger et l'autre encore plus expédiée avec Whisplash. Cela permet en plus au réalisateur de retrouver l'action bourrine d'antan qui a fait son succès et c'est le genre que les spectateurs des années 80-90 se souviennent encore aujourd'hui avec nostalgie. C'est dorénavant le cas de celui des années 2010. On restera néanmoins très sceptique sur le personnage du Mandarin, surtout quand on voit le court-métrage pour les bonus de Thor: The Dark World, confirmant la bêtise du twist en question. Pour le reste et ce malgré des rumeurs d'Iron man 4, ce troisième volet semble terminer l'arc narratif du personnage qui ne semble pas avoir tout dit, mais tout du moins il semblerait que le principal a été dit sur le personnage. Tout du moins avant Avengers 2 qui devrait faire la part belle au personnage de Tony Stark. 

Thor The Dark World: Un petit bon en avant

Thor : Le Monde des ténèbres : Affiche

Le film de Kenneth Branagh n'avait convaincu grand monde, en revanche le personnage de Loki semble plaire et le personnage de Thor a gagné en intérêt dans Avengers (2012). Comme il fait partie des personnages ayant eu leur film dans la Phase 1, il était donc logique de le voir revenir durant la Phase 2. Pourtant rien ne s'est passé comme prévu lors de la production, premiers couacs depuis Iron Man 2(2010). Dès le départ, rien ne va puisque Kenneth Branagh ne reprend pas son rôle de réalisateur, préférant Jack Ryan. Patty Jenkins (Monsters) est appelée selon le voeu de Natalie Portman qui joue Jane Forster, mais rapidement la réalisatrice doit faire face à des divergences scénaristiques avec la Marvel et les scénaristes. Elle quitte alors le navire et si elle n'avait pas un contrat sur plusieurs fims, Portman aurait fait de même en soutien avec Jenkins. Puis ce fut autour du méchant initial, Mads Mikkelsen, de claquer la porte préfèrant (à juste titre) la série Hannibal, laissant la place à Chistopher Eccleston. Les ennuis continueront lorsque des rumeurs évoquent des désaccords drastiques entre le réalisateur Alan Taylor (Game of thrones pour citer son plus bel ouvrage) et la Marvel. 

Thor : Le Monde des ténèbres : Photo Chris Hemsworth, Tom Hiddleston

Si les rumeurs seront immédiatement démenties (encore heureux), il n'en reste pas moins que les coulisses semblent contenir une sale ambiance y compris dans des points a priori mineur comme la musique. Carter Burwell, compositeur majeur pour les films des frères Coen, se voit donc remercier, Kevin Feige préférant Bryan Tyler, déjà compositeur sur Iron Man 3. Autant prendre les habitués après tout, quitte à lui faire faire une musique hyper formatée et déjà entendue des tonnes de fois. A cela rajoutez les fameux reshoots en plus (qui plus est trois mois avant sa sortie!) qui deviennent une merveilleuse habitude (dont une scène post-générique qui sert juste de bisou entre Chris Hemsworth et Elsa Pataky sa femme qui remplace Natalie Portman, trop occupée sur un tournage!) et vous obtiendrez une production particulièrement chaotique qui se reflète jusque dans son montage. Ainsi les reshoots se ressentent notamment dans les passages terriens puisque beaucoup de scènes semblent rajoutées et s'avèrent particulièrement inutiles. On pense notamment aux scènes avec Chris O'Dowd qui ne servent absolument à rien, pas même une quelconque amourette avec Natalie Portman qui semble être l'effet voulu. 

Thor : Le Monde des ténèbres : Affiche

Sans compter la plupart des scènes de Kat Dennings des propres aveux de l'actrice: "Bon, je ne sais pas quel sera le montage final, mais oui, j'ai tourné plus de scène. (...) Et on va faire quelques reshoots, donc je devrais en effet être plus visible" **. Vu la pauvreté du personnage, sorte de mauvais gimmick comique, on se demande où était l'intérêt des reshoots d'autant que le personnage ne sert réellement à rien. Mieux, le montage montre deux fois la même scène à savoir Stellan Skarsgard à poil en Islande ou je ne sais où, la première fois directement à la télé, la deuxième montrant Kat Dennings et son collègue le regardant à la télé avec un laps de temps d'au moins quinze-vingt minutes! Cherchez l'erreur. Il reste toutefois que ce Thor: The dark world est bien plus amusant que le premier, jouant habillement sur l'aspect heroic fantasy totalement absent du premier volet. Les batailles sont également plus soignées, Taylor ne venant pas de la série Game of thrones pour rien et décime même Asgard le temps d'une séquence  De plus, c'est l'occasion de voir un road-movie amusant entre Thor et Loki. On notera tout de même un méchant de pacotille auquel Mads Mikkelsen n'aurait pas servi à grand chose. Reste un film tout de même très moyen, non aidée par une production calamiteuse. Le grand monument fantasy de Marvel peut encore attendre. 

Captain America The Winter Soldier: Le Captain en pleine crise politique

Captain America, le soldat de l'hiver : Photo Chris Evans

Durant longtemps le parent pauvre de la Phase 2, Captain America The Winter Soldier (2014) est devenu finalement le meilleur film de la Phase 2 jusqu'à maintenant. Pourtant le choix des frères Russo n'apparaissait dans un premier lieu pas crédible, faiseur de comédies et pas forcément le genre que l'on verrait dans une aussi grosse production. De plus, un film Captain America une fois dans les années 2000 n'était pas forcément un cru très excitant (l'auteur de ces lignes l'était bien plus pour les films ci-dessus ou Les gardiens de la galaxie). Il est donc toujours amusant de se tromper. The Winter Soldier s'impose comme une bonne alternative à la série Agent of Shield qui joue aussi sur les affaires de l'agence très spéciale du gouvernement ricain. Ainsi, toute l'intrigue ne comprend que le Shield et se focalise donc sur les relations entre le Captain et l'agence pour laquelle il travaille. Pour accompagner le Captain, Black Widow (toujours en absence de film à son nom, malgré qu'il soit fréquemment évoqué) est de retour tout comme Nick Fury tout deux absents depuis Avengers (2012). L'occasion de voir un peu plus ces personnages en action et beaucoup moins en faire-valoir. 

Captain America, le soldat de l'hiver : Photo Chris Evans

C'est tout l'aspect intéressant de ce second volet puisque Nick Fury est au centre de toutes les conversations et ce même quand il n'est pas présent à l'écran, permettant une poursuite particulièrement explosive et bourrine. Surtout le personnage montre qu'il a davantage en commun avec le Captain que n'importe qui. Ce sont tous les deux d'anciens soldats qui ont survécu à une mort certaine (Steve Rogers à l'hibernation, Nick Fury à la perte de son oeil) et ayant plus ou moins un même sens de la justice. Quant à Black Widow, le personnage étonne par son efficacité, elle qui ne servait que de vulgaire porte-flingue depuis Iron Man 2 (2010). Là, elle sert réellement d'associée à Captain America, le suivant dans son enquête au point de faire un vrai duo. Dans Avengers, c'était Hulk dorénavant on sait que son association avec Steve Rogers est toute aussi explosive. A cela, rajoutez le Faucon qui fait sa première apparition au cinéma. Membre récurrent des Avengers dans les comics, un des premiers super-héros afro-américain avec Luke Cage et connu pour ses ailes, le personnage est ainsi modernisé à la sauce Marvelverse. Militaire ayant servi en Irak et depuis à la retraite, il reprend du service aux côtés du Captain avec des ailes mécaniques attachées à un harnet.

Captain America, le soldat de l'hiver : Affiche

Assez amusantes, ses scènes de vol fonctionnent prouvant tout le potentiel possible du personnage. D'autant qu'Anthony Mackie est vraiment à l'aise avec le personnage et on a hâte de voir ce que cela va donner sur le long terme. Pour ce qui est du long terme, le récit renvoie aux films des années 70 avec espionnage, coup d'Etat, organisation corrompue, complots... Il n'est donc pas étonnant que Robert Redford ait été convaincu par le script, lui-même ayant été au coeur de cette époque avec les films Les trois jours du condor et Les hommes du président. Le film se permet même de faire diverses transitions avec certains films à venir, Avengers 2: Age of Ultron en tête avec l'apparition de divers personnages qui auront droit à un temps de présence divers par la suite. Notamment un baron nazi incarné par Thomas Kretschmann, un Soldat de l'hiver qui risque de retrouver rapidement la mémoire et des jumeaux qui risquent de livrer de beaux moments dans la conclusion de la Phase 2. Ce Captain America: The Winter Soldier s'impose donc comme essentiel pour tout fan de la Marvel Cinematic Universe et annonce le meilleur pour la suite.

Les gardiens de la galaxie: Quand Marvel s'attaque au space-opera

Gardiens de la galaxie (concept-art 1)

Concept-art pour Les gardiens de la galaxie.

Les Gardiens de la galaxie de James Gunn termine la Phase 2 avant l'apothéose Avengers 2: Age of Ultron et même si des éléments rattache les différents projets (on pense aussi bien aux sphères évoquées à la fin de Thor The Dark World qu'à Thanos qui se dévoile plus largement avec la voix de Josh Brolin), le film de James Gunn réussi à avoir une identité bien propre dans un univers Marvel très cloisonné et parvenant souvent maladroitement à garder des volets non-reliés (tout le problème d'un film comme Iron Man 2, premier film à réellement avoir été construit dans l'optique Avengers). James Gunn a réussi à faire le meilleur film de la Marvel Cinematic Universe en faisant un film totalement dénué de super-héros. Les personnages ne sont pas des héros mais des sortes de mercenaires. Peter Quill est un petit voleur kidnappé par des aliens plus ou moins cannibales (et bleus par la même occasion) dans les années 80 et n'ayant que pour seul repère terrien un walk-man avec une cassette remplie de tubes. Gamora est une tueuse dont la famille a été décimé par le fameux Thanos et élevé par lui. Drax le destructeur a vu sa famille se faire décimer également. Quant à Rocket Racoon et Groot ils forment un duo de contrebandiers improbables avec un raton-laveur génétiquement modifié toujours avec une arme dans la main et le dernier d'une espèce d'arbre qui ne peut dire que "Je s'appelle Groot!"

Gardiens de la galaxie (affiche 2)

Une équipe de bras cassés qui aurait pu ne pas fonctionner au box-office et pour cause, ces personnages sont inconnus pour bons nombres de fans de Marvel voire du grand public. De plus, l'enjeu était d'autant plus complexe que le film se situe dans le space-opera, genre au combien risqué et nécessitant une tenue visuelle irréprochable. Si elle n'est pas impliqué directement dans la production, Disney n'en était pas à sa première tentative dans le space-opera et chacune avait raté le coche (que ce soit Le trou noir ou John Carter, deux oeuvres réhabilitées depuis). Avec Les gardiens de la galaxie, le carton a été plein dépassant même Captain America: The Winter Soldier(2014) aux USA. Quant à la bande-originale, elle s'est vendue comme des petits pains à cause de la compilation, cette dernière servant bien le film puisqu'elle évoque aussi bien des souvenirs à Peter Quill mais s'insère très bien dans l'action du film. L'utilisation des chansons n'est donc en rien arbitraire. D'un point de vue visuel, Les gardiens de la galaxie est certainement le film le mieux réalisé de la Marvel Cinematic Universe et réussi à faire accepter des personnages entièrement réalisés en CGI et n'ayant plus grand chose d'artificiel donc. Ce que n'avait pas réussi George Lucas avec sa prélogie Star Wars.

Gardiens de la galaxie (concept-art 3)

Concept-art des Gardiens de la galaxie.

Lucas est également présent dans les influences de Gunn avec Les aventuriers de l'arche perdue (1980), cité moult fois par interview et dans le film échange la sphère dans un point particulier avant de devoir fuir de manière explosive: "(Ce film) a une place très importante dans ma vie, et nous avons beaucoup analysé sa séquence d'ouverture au moment de tourner la nôtre. Mais ironiquement, la première ébauche du script signée Nicole Perlman rendait déjà hommage à Indiana JonesLes Gardiens de la galaxie a été pensé dès le départ comme un divertissement dans la droite lignée des films que Spielberg et Lucas nous ont donné à la fin des 70's et au début des 80's" ***. Une influence notable et que se ressent dans le ton terriblement fun du métrage. Et surtout pour d'illustres inconnus voire outsiders, Les gardiens de la galaxie peuvent désormais se damner d'être connu sur la planète Terre.

Avengers Age of Ultron: Avant les heures sombres...

The Avengers: Age of Ultron : Photo

The Avengers: Age of Ultron : Photo

Concept-arts représentant Quicksilver (Aaron Johnson) et Scarlet Witch (Elisabeth Olsen) pour Avengers 2.

Après avoir abordé des contrées bien plus originales avec Les gardiens de la galaxie de James Gunn, le MCU revient aux fondamentaux avec un film somme avec tous ses petits Avengers. Joss Whedon a eu de grosses difficultés sur ce film, lui-même s'avouant épuiser. En cause aussi, un trop plein de personnages à gérer: "Le film était vraiment un challenge pour moi, être certain que tous les personnages aient une véritable intrigue et ne pas réaliser, à un moment, oh, il faut aussi s’occuper de lui. Je voulais vraiment qu’ils fassent tous partie de l’histoire, qu’ils soient tous égaux. Être sûr qu’aucun n’est délaissé et qu’ils aient tous de quoi travailler."  Initialement prévu comme la conclusion de la Phase 2, ce sera finalement Ant Man en juillet prochain qui aura cette tâche même si Age of Ultron s'impose comme une conclusion plus légitime et surtout annonce les événements qui vont suivre dans la Phase 3. Dans un premier temps on peut voir que les opinions changent de plus en plus au sein du groupe. Tony Stark veut à tout prix trouver un moyen d'éviter aux Avengers d'intervenir en créant des armées de robots et dans son génie inconscient de lancer la bombe Ultron (changement radical puisque dans les comics c'est une invention d'Hank Pym aka le premier Ant Man). 

The Avengers: Age of Ultron : Photo

Concept-art d'Avengers 2.

De l'autre, Captain America et Thor ont bien du mal à être d'accord avec ses idéaux et tout cela annonce l'inévitable Captain America: Civil War qui sortira en mai prochain. L'idée d'une nouvelle équipe d'Avengers avec Captain America et Black Widow n'est pas non plus anodin à cela. D'ailleurs, Whedon a la bonne idée d'insérer des personnages héroïques ne faisant pour l'instant pas parti des Avengers, afin d'installer une cohésion légitime. War Machine et Faucon sont donc de l'aventure, le premier plus longtemps que le second néanmoins. Thor entrevoit également que le pire risque d'arriver à Asgard, anticipant les événements de Thor Ragnarok. Ce qui n'empêche pas une séquence inutile dans une grotte qui aurait très bien pu servir de séquence principale pour le rêve, si cela n'avait pas été montré plus tôt dans le film Sans compter la scène post-générique montrant Thanos avec le gant de l'infini (celui avec toutes les pierres) annonçant ni plus, ni moins que l'inévitable Avengers: Infinity War. Comme Thanos était présent dans le final d'Avengers, il était presque logique de le retrouver dans Age of Ultron. Le film met davantage en scène certains de ses personnages plus mineurs, à l'image de Black Widow et Hawkeye. Vilains petits canards du précédent opus, ils prennent plus d'importance, Whedon dévoilant aussi bien les origines de l'espionne russe (ce qui vaudra une polémique ridicule surtout quand on voit la place de la femme chez Joss Whedon depuis le début de sa carrière) que le statut dans la société de l'archer.

Avengers 2 (concept-art Vision)

Vision se dévoile.

Par ailleurs, le ressort comique de Jeremy Renner permet au personnage de sortir du monolithisme. Les aventures de Hulk sont ironiquement laissées en suspens et ce malgré un beau développement. Un éventuel Planet Hulk pourrait se faire mais ce n'est clairement pas à l'ordre du jour. Etant donné que c'est un super-héros très apprécié, il est toujours étonnant que Marvel n'arrive pas à en montrer plus avec. Le risque d'un film cher? Certainement. Compliqué? Aussi. Intéressant? Indéniablement, mais encore faut-il que ce soit bien amené. Quant aux nouveaux personnages ils tirent leur épingle du jeu à l'image de Vision et Scarlet Witch. On ne risque pas forcément d'en dire autant de Quicksilver qui fait un tour et puis s'en va, en faisant une belle publicité à Adidas. On regrettera également les origines ridicules des jumeaux, essayant de sauver les meubles pour ne pas avoir de problèmes avec la Fox. Il est néanmoins dommage que Whedon doit systématiquement revenir au fan-service en alignant les références à des films à venir (le passage d'Andy Serkis au combien inutile juste là pour annoncer Black Panther), mais aussi de faire parfois trop dans le bourrin histoire d'assumer son cahier des charges au risque de faire dans l'America Fuck yeah avec le Captain en point d'orgue de l'interventionisme américain à l'étranger. Néanmoins, le film réussi à être un peu mieux écrit qu'Avengers et ce n'est pas un mal.

Ant Man : Un héros qui fourmille

Ant-Man : Photo

Concept-art pour Ant Man.

Prévu depuis au moins 2011, Edgar Wright avait demandé à Marvel de le laisser faire The World's end (2013) avant tout pour faire honneur à son producteur, atteint d'un cancer et l'ayant toujours soutenu depuis Shaun of the dead (2004). C'est ainsi qu'Ant Man est vite devenu un des projets en amont de la Phase 3 et projet inédit comparé à ceux aux multitudes de suites qui parsèment déjà les deux premières phases du MCU. La première bonne nouvelle était que le script soit signé de Wright lui-même et Joe Cornish tout comme James Gunn a écrit Les gardiens de la galaxie (2014). Ensuite, le script devrait s'amuser avec les différentes identités du super-héros (au nombre de trois dans la mythologie Marvel) avec les personnages de Scott Lang et Hank Pym. Dans les comics, Lang est un électricien volant le costume de Pympour subvenir aux besoins de sa fille. Lang est incarné par Paul Rudd, l'amoureux de Phoebe dans Friends et maître-étalon de l'écurie Judd Apatow et Pym par Michael Douglas. Au vue du sujet, de ses acteurs et de son réalisateur, le film devait jouer sur la comédie super-héroïque et le spectacle pop, ce qui n'aurait pas été un mal à condition de bien aborder un personnage aussi particulier. En sachant que Patrick Wilson (Watchmen), Michael Pena (Collision), Corey Stoll (qui sera le méchant Yellow Jacket), Matt Gerald (déjà présent dans le court Longue vie au roi où l'on retrouvait le Mandarin, mais aussi dans la série Daredevil) et Evangeline Lilly (qui joue la fille de Douglas) sont engagés également.

Concept-art pour Ant Man.

Malheureusement tout change fin mai 2014 et le coupable est encore une fois la Marvel. Selon le Latino Review, le studio a demandé trois mois auparavant des réécritures à Wright sous le prétexte de la moralité de l'histoire (rien n'est dit mais on pense immédiatement au côté voleur du héros mais aussi à l'humour de Wright qui, tout comme celui de James Gunn, n'a rien de vraiment très gentillet) et aussi de pouvoir insérer des héros de la Marvel. Bien. Wright et Cornish se mettent au travail tout simplement, mais de nouveau les hauts pontes du studio trouvent les retouches insuffisantes et des script-doctors ont été envoyé pour retoucher le script. Soit le grand fléau des productions Marvel en plus des reshoots. C'est une pratique qui a eu lieu sur la plupart des films de la firme, qui agace plus d'un fan de comics et surtout qui nuie aux films. On a vu ça notamment sur les deux premiers Iron Man ou les Thor. En recevant le script, Edgar Wright aurait définitivement claqué la porte pour un film qu'il tenait en main depuis 2006. Soit une éternité dont la Marvel aurait pu tenir rigueur, en évitant des réécritures de dernière minute avant un tournage éminent (il fut finalement décalé d'au moins un mois). La situation est d'autant plus incompréhensible que Kevin Feige, producteur très influent des films de la Marvel Cinematic Universe, soutenait Wright depuis le début de l'entreprise.

Ant Man (affiche concept-art)

 

Le pire étant également qu'il y avait une grosse attente autour d'un film Marvel réalisé par le réalisateur de Shaun of the dead, Hot fuzz et Scott Pilgrim, bien plus que pour un film des frères Russo ou Jon Favreau. D'autant plus depuis la bande démo dont les concept-art ci-dessus en sont tirés. Le nom du réalisateur le remplaçant n'aide pas à faire passer la pillule. Il s'agit de Peyton Reed, réalisateur du très bof Yes man et des pitoyables La rupture et American Girls. Un autre niveau et beaucoup plus maléable que Wright, même si Feige à l'art du faux-cul de première à vanter les louanges de Reed comme quoi il aurait tant voulu faire les Fantastic Four avec lui en 2005, mais que ça ne s'est pas fait. Reste que le script est remanié par Adam McKay qui n'est pas le premier tocard venu (c'est lui qui a rendu Will Ferrell célèbre avec des films comme Ron Burgundy et sa suite ou Ricky Bobby) et avec l'aide de Paul Rudd. De plus, pile poil avant sa présentation au Comic-Con, Patrick Wilson part du projet faute de temps tout comme sont mis hors circuit par les récentes réécritures Matt Gerald et Kevin Weisman, dont les personnages ont totalement disparu du script. Après une production aussi catastrophique se retrouvait avec un bon film est déjà un miracle. Le film fonctionne en grande partie par son duo principal.

Ant Man (photo)

Yellow Jacket prêt à en découdre.

Hank Pym est présenté comme un vieux bougon dont la mort de sa femme a rendu seul et a fait arrêté ses aventures (dévoilées le temps de quelques magnétos tournés en ridicule par ses associés pensant à une blague). De l'autre côté, Scott Lang le repris de justice cherchant à retrouver la garde de sa fille et n'y parvenant pas, revenant inlassablement au vol. Ce sont deux personnages naviguant vers la rédemption que nous présente Peyton Reed. D'un côté le vieil homme cherchant retrouver un vrai contact avec sa fille après des années de chagrin. De l'autre, un homme faisant tout pour se refaire une conduite et donner à sa fille quelque chose de digne pour elle. Les scènes minuscules fonctionnent vraiment bien, Reed s'attardant suffisamment sur les fourmis, permettant même une certaine affection pour certaines. Des scènes évoquant souvent Chérie, j'ai rétréci les gosses de Joe Johnston (1989) de par l'apprivoisement qui se passe entre Lang et les fourmis et son affection pour la fourmi Antoinette. Quant au passage dans la quatrième dimension, il n'est pas sans évoquer la place de l'Homme dans l'univers comme l'évoquait Richard Matheson dans L'homme qui rétrécit (1956).

Ant-Man : Photo Michael Douglas, Paul Rudd

On regrettera néanmoins qu'Evangeline Lilly ne puisse pas porter plus son rôle, annonçant inévitablement la Guêpe (et pour cela il n'y avait pas forcément besoin d'une séquence post-générique pour y penser); tout comme Corey Stoll joue finalement un méchant peu intéressant et pas suffisament développé pour avoir de vraies interventions marquantes. On regrettera surtout qu'un film de casse typique (le braqueur avec Scott, le cerveau avec Hank, le guêt avec la fille Pym et les amuseurs de galerie avec les bons copains de Scott) pour le moins efficace (le but étant ni plus, ni moins de voler un objet pouvant nuire au monde entier)  soit gangréné par la Marvel. Tout d'abord par une volonté débile de juxtaposer des allusions aux Avengers par la parole (et hop une tirade sur Spider-man!) ou les actes (oh le bâtiment Stark devenu le QG des Avengers! Oh le Faucon qui fait coucou dans une séquence rigolote mais inutile et sortant du film! Oh l'Hydra sous son ancienne forme alors qu'on en est plus là depuis le final d'Agents of Shield! Oh l'Agent Carter dans la scène d'introduction). Tout cela empêche Ant Man d'être un film original comme l'aurait voulu Edgar Wright et c'est aussi pour cela qu'il serait parti. Bien sinistre d'en arriver là pour se faire entendre. La Phase 2 se termine donc plus correctement qu'on aurait pu le penser, laissant place à de nouveaux héros et à un futur éclatement.


 * http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/L-histoire-secrete-de-Shane-Black-De-Au-revoir-a-jamais-a-Kiss-Kiss-Bang-Bang-les-annees-noires-3719256) 

** Propos recueillis dans: http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Trois-mois-avant-sa-sortie-Thor-2-a-besoin-de-reshoots-3810799

*** Propos recueillis dans Mad Movies numéro 273 (Avril 2014).

4 Propos recueillis dans: http://www.melty.fr/the-avengers-l-ere-d-ultron-joss-whedon-avec-un-super-heros-de-plus-ma-tete-aurait-explose-exclu-a403640.html

5 Propos recueillis dans: http://www.ecranlarge.com/films/news/937071-the-avengers-l-ere-d-ultron-a-ete-un-cauchemar-pour-le-realisateur-joss-whedon

Autre source: http://www.allocine.fr/film/fichefilm-193108/secrets-tournage/