20 ans de conneries!

Vu que la Cave de Borat est mon nouveau fief pour raconter toutes sortes de conneries (ça me changera de celles qui ne sont pas catalogués ainsi), je me suis dit que fêter mes vingt piges dans ma rubrique hebdomadaire ne me ferait pas de mal. Histoire de revenir aux origines du mal (pas le même qu'Hannibal Lecter je tiens à le préciser), voici un panorama de plusieurs films que j'aime bien sorti lors de mon année de naissance, ce qui évidemment ne vous rajeunira pas des masses non plus puisqu'il s'agira de l'année 1994. Culturellement, 94 marque la dernière coupe du monde de foot que la France n'a pas joué (au vue du fiasco de 2002 et 2010 ce n'était peut être pas un mal); l'élection du défunt Nelson Mandela; Kurt Cobain est mort tandis que le grunge s'imposait encore; Pink Floyd faisait des adieux fracassants; Corona faisait péter le Rythm of the night (je sais on passe de Pink Floyd à Corona, l'ironie d'une phrase parfois); Oasis signait son premier album quand IAM dansait le MIA dans un clip de Michel Gondry (vous pouvez vérifier); Friends et Urgences font le bonheur de NBC et de France 2; et la divine Playstation débarque dans les foyers japonais. Au cinéma, l'année fut très chargée en classiques parfois moins forts que d'autres, voire de simples bons films ou des films cultes en ce qui me concerne. En voici un panorama bien éloquent de vingt films qui ont formé cette année cinématographique.

  • Forrest Gump de Robert Zemeckis. Sortie française: 5 octobre 1994.

Forrest l'homme qui faisait flotter ses cheveux.

Ce n'est pas forcément celui que je préfère du lot, mais durant longtemps il est resté le dernier grand film d'un réalisateur qui n'a cessé de tomber au plus bas et ce malgré ses expérimentations légitimes. Alors certes Tom Hanks ne trouve pas son meilleur rôle dans ce film. Certes ce n'est pas le meilleur de son réalisateur. Certes ce n'est pas un de mes films de chevet. Mais Forrest Gump porte un regard sur l'Amérique comme rarement. Le héros du film n'a rien de charismatique, ce n'est pas le premier footballeur américain venu (et pourtant...), ce n'est pas non plus le plus grand des tombeurs, ni le plus grand des soldats, ni le plus futé mais il est là. Il est au Vietnam voyant son camarade Booba se faire tuer et sauve d'une mort certaine son lieutenant au prix des jambes de ce dernier. Il devient un champion de ping pong, il déjoue le complot du Watergate par une banalité délirante, il devient un modèle pour les hyppies avec un discours totalement improvisé, il devient surtout l'amant de Robin Wright soit une très belle femme. Pour vous dire c'est quand même Big qui rencontre Princess Bride. Forrest Gump c'est quand même le mec lambda auquel le cinéma aurait pensé au bout de la 1000ème proposition. Et accessoirement c'est l'occasion de voir un impérial Gary Sinise dans un rôle touchant sorte de parodie de Tom Cruise dans Né un 4 juillet

  • Le roi lion de Rob Minkoff. Sortie française: 23 novembre 1994.

Le Roi Lion : Photo Roger Allers

Il fallait une photo classe, on peut dire que j'ai trouvé le haut du panier...

Voici un Disney dont je ne suis pas un grand fan car Le roi lion reste trop ovationné et d'ailleurs je ne l'ai pas mis dans une de mes quelconques cuvées spéciales animation. Un film qui peut être agaçant de par son succès surdimensionné et son ovation trop grande. Non Le roi lion n'est pas le meilleur Disney, non ce n'est pas le plus grand film d'animation au monde, oui Disney a fait mieux mais oui c'est un vrai bon film. Une oeuvre où la mort d'un proche enchaîne sur le pardon, où le plus petit des rois est plus courageux que tous les frères jaloux et où un phacochère et une mangouste s'imposent comme les parents adoptifs les plus attendrissants qui soit. De plus, l'animation est irréprochable, faisant de ce film un des derniers grands films de Disney.

  • Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Sortie française: 26 octobre 1994 (en plus de la compétition à Cannes).

Pulp Fiction : Photo Christopher Walken, Quentin Tarantino

"De la part de Tonton Christopher, bonne cuite pour tes vingt ans mon bon Borat!"

Quentin Tarantino n'est pas en odeur de sainteté ici mais taper sur son film le plus original (avec True romance mais c'est Tony Scott qui l'a réalisé) serait franchement dégueulasse. Palme d'or à juste raison, probablement la dernière à être réellement connue du grand public, Pulp fiction reste un bonheur de répliques à réciter en soirée à l'image de l'Ezechiel ou la phrase de Ving Rhames après son petit quart d'heure sauvage. Ensuite, c'est comme je le disais son cru où il y a le moins d'influences possibles, où les films ne sont pas copiés jusqu'à plus soif, où les musiques prises ne viennent pas de films (je pense à ses rajouts multiples et abusifs d'Ennio Murricone) mais aussi à son casting irréprochable. John Travolta est cool sans passer pour un naze, Samuel L Jackson s'impose enfin, Uma Thurman aussi et Bruce Willis prouve qu'il ne peut pas toujours sauver le monde quand Harvey Keitel est d'une classe pas possible. Un objet pop par excellence.

  • Les évadés de Frank Darabont. Sortie américaine: 23 septembre 1994. Mais sortie française le 1er mars 1995.

Les évadés

Impossible pour certains de voir Stephen King derrière une nouvelle aussi émouvante. Le film de Frank Darabont le prouvera pourtant avec une rare beauté. Le genre de films où les prisonniers, aussi criminels ont-ils été, ne sont pas pires que les matons et chef de prison. Rare sont les films où le prisonnier suscite une telle ampathie qui plus est quand sa peine est injustifiée. La beauté de ce film se prouve dans ces portraits d'hommes brisés. Andy en est la preuve mais que dire de Red, cet afro-américain attendant sans cesse une remise de peine pour un banal braquage. Ou alors ce bibliothéquaires de prison retrouvant la liberté alors qu'il a passé le restant de sa vie derrière des barreaux. Comment vivre après ça? Autant s'évader! Un des meilleurs films sur la prison où rien n'est surnaturel et peut être signé Stephen King en bas de page.

  • La cité de la peur d'Alain Berbérian. Sortie française: 9 mars 1994.

La Cité de la peur : photo Alain Berbérian

"Je suis content de fêter ton anniversaire Borat! -Non Dominique! -Blurp! -Bon au moins on dira que tu as aimé le gâteau..."

Les Nuls le film. Voilà comment on pourrait rebaptiser La cité de la peur. Une parodie française comme on a rarement su en faire et un vrai bonheur jouissif. Pour le fan des Nuls c'est juste que du bonheur même si certains diront l'avoir trop vu. Ceux qui connaissent pas pourraient y trouver leur compte. Pour les autres, ce sera probablement sans appel. Pour moi, La cité de la peur est une comédie culte au possible, une de mes préférées et surtout une où je retiens la plupart des gags. On s'amusera de la parodie Red is dead, d'Odille Deray bouffant de la choucroute, de Kara parlant de serial killeur, de la séquence bruitée, de la séquence à chier avec ces cons de mimes, de Dominique Farrugia dégueulant à chaque fois qu'il est content, de Gérard Darmon vous sortant un subtil "Tu sais quelle est la différence entre un pull et une moule? Le pull ça moule et une moule ça pue l'ovaire!" AH et au fait: qui est le plus fort entre l'éléphant et l'hippopotame?

  • Entretien avec un vampire de Neil Jordan. Sortie française: 21 décembre 1994.

Entretien avec un vampire : Photo Brad Pitt, Neil Jordan, Tom Cruise

"Dis donc Brad, tu viens plus au soirée? Hier on a fêté l'anniversaire de Borat, on était tous en slip jaune. On l'a senti passé! -Qui? Borat ou le slip? -Laisse tomber..."

Un des derniers films de vampire réellement potable. Deux ans après le Dracula de Coppola, voici le fameux Lestat d'Anna Rice sur grand écran. Incarné par un Tom Cruise pour la première fois dans un rôle de salaud tueur (ce sera également le cas dans Collateral), il est l'incarnation du mentor diabolique qui ne va cesser de montrer sa part d'humanité. En cause une petite fille dont Brad Pitt et lui n'aurait jamais dû toucher et dont la mort reste l'une des scènes les plus tristes et violentes du genre vampirique. Cruise parvient même à voler plus d'une fois la vedette à Brad Pitt qui est censé être la grande vedette du film, voire même par Kirsten Dunst irréprochable en âme damnée trop jeune. Neil Jordan signe une oeuvre marquante et très bien réalisée, très peu souvent citée et que j'avais eu horreur de voir dans un classement de Première où Cruise faisait partie des plus mauvais vampires du cinéma... au détriment de Rob Pattinson dans Twilight. Ah Première...

  • Ed Wood de Tim Burton. Sortie américaine: 28 septembre 1994. Mais sortie française le 21 juin 1995. 

Ed Wood : Photo Johnny Depp, Tim Burton

"Borat je te veux pour incarner Bela Lugosi dans un biopic. -Merci Ed j'ai déjà le mouvement de main."

Probablement un des meilleurs biopics au monde et il vient du plus isolé (autrefois) des réalisateurs américains. Alors qu'on l'envoya chier pour un troisième Batman, Tim Burton était parti de la Warner en espérant rendre Ed Wood comme la plus iconique des figures du cinéma. Officiellement le plus mauvais réalisateur de tous les temps, officieusement pas si mauvais, Ed Wood est une figure passionnée comme seul Burton pouvait redonner vie. Comme lui, ses débuts furent laborieux, comme lui il fut isolé et même à cette époque on le prenait comme bizarre alors que maintenant sa forme de bizarre est devenue une mode, comme lui il est devenu culte assez rapidement et surtout comme lui il a fait tourner ses idoles. Si ici, ce n'est pas trop le cas, on pense bien évidemment à Christopher Lee par la suite. Mais surtout le film est bourré d'anecdotes succulantes pour tout cinéphile qui se respecte et donne encore plus envie de voir les films de ce bon vieux Ed. Personnellement j'ai vu Plan 9 from outer space j'ai bien rigolé devant! 

  • The Mask de Chuck Russell. Sortie française: 26 octobre 1994.

The Mask : Photo Cameron Diaz, Chuck Russell, Jim Carrey

"Je suis tombé pour elle, tadadi tudututu... -Bon Jim quand tu auras fini de chanter du Obispo, tu peux me repasser ma femme merci."

Première incursion de Jim Carrey dans cette cuvée et pas la dernière. The Mask en a pris dans la gueule, moi aussi. Certains plans sont ridicules à l'image de la vision plantureuse de Cameron Diaz dans la banque en ralenti qui aujourd'hui serait taxé de scène pseudo-érotique pour beaufs! Les acteurs et même Cameron Diaz sont en général assez mauvais, mais Jim sauve le film à lui tout seul. C'est lui l'attraction du film, celui qui se croit dans un cartoon de Tex Avery. C'est grâce à lui que les effets-spéciaux cassent la baraque, vu que lui-même en est un en soi en bon électron libre. Et puis indéniablement le nombre de répliques cultes de ce film abondent au point que je les connais pour la plupart par coeur. "Ciao ragazza! Me revoilà! Je suis venu te dire que tu me plais et je  vais te chanter un chanson oh solémio catarina catarina chichi haha!"; "Dans deux secondes, j'te fais couiner le nez et je te mets ton calbar sur la tête!", "Je n'ai qu'une chose à dire: piquantes ces petites merguez!"; "Je suis Sancho le cubain, la coqueluche de tous les voisins et tu chanteras le chic chiky boom chic chiky boom!", "Et bonjour la classe! Maintenant on va s'éclater! Pourquoi? Parce que j'ai une jeunesse de retard!", "Passez moi la rubrique des chiens écrasés haha!", "Bouge de là connard! -Je crois que ce marrtien veut communiquer. Aruuuuuuuuuuuuumbaaaaa!"; "Réserve ta soirée cocotte au chant du coq, tu passe à la casserole!"; "ça roupille je vais vous secouer tout ça!", "Alors on a failli se louper? L'orange c'est la santé!"... Voilà un florilège de ce qui me fait aimer The Mask.

  • Le péril jeune de Cédric Klapisch. Première diffusion: le 21 mai 1994. Mais sortie au cinéma le 11 janvier 1995.

"Avant on était jeune et révolutionnaire comme Borat, mais ça c'était avant. Bon anniversaire quand même."

C'est peut être le moins bon du lot, mais c'est aussi le plus générationel. Au delà de ses défauts multiples (notamment sa facture technique très téléfilm, ce qu'il est à la base, donc à la limite ce n'est pas un repproche; mais c'est surtout son côté flashback qui paraît de trop), le film de Cédric Klapisch a beau se situer en 1968, il n'en reste pas moins un film à voir chez les jeunes. Pour que les jeunes de nos jours voient que leurs parents ou grands-parents savaient déconner, mieux qu'ils fumaient des joins ou baisaient comme des bêtes! Ensuite, le film s'adresse à toutes les générations et c'est ce qui fait sa force. Au final sa facture technique n'en est que moindre que son propos sur nos années lycées et voir ce qu'il en est resté. Klapisch en montre ce témoignage qui plus est sur une année aussi forte au niveau des révolutions chez les jeunes. 

  • The Crow d'Alex Proyas. Sortie française: 3 août 1994.

The Crow : Photo Alex Proyas, Brandon Lee

Immortel Brandon.

Tournage chaotique, mort de l'acteur principal, effets-spéciaux exceptionnels pour l'époque pour faire passer le visage de Brandon Lee sur des cascadeurs... The Crow aurait pu être un désastre et aurait pu enterrer la carrière d'Alex Proyas (quoique New Line et Will Smith s'en donneront à coeur joie). Pourtant non seulement il s'impose comme l'une des plus fidèles et excellentes adaptations de comics, mais également comme l'oeuvre testament d'un grand acteur qui s'ignorait. The Crow devait être un film phare pour la jeune carrière du fils de Bruce Lee, celui qui l'aurait sorti des actioners à deux balles car il était "fils de". Au contraire de cela, le film permit de voir qu'il pouvait tenter des rôles plus dramatiques. Le comic-book étant probablement un de mes livres de chevet, tant par sa beauté graphique que sa tristesse ambiante, probablement une des plus belles oeuvres en noir et blanc de la BD avec Sin City graphiquement parlant. Un film qui n'a pas trop vieilli et dont une sortie BR serait bien agréable pour retrouver l'enfer de la ville d'Eric Draven. 

  • L'antre de la folie de John Carpenter. Un peu particulier puisqu'il a été présenté pour la première fois en décembre 1994, on peut donc dire qu'il date de cette année. Sortie française: 8 février 1995.

"Bon Sam, j'en ai marre que tu sois shooté à chacun de mes anniversaires! -Oh regarde tu as une auréole sur la tête en forme de dinosaure, c'est fascinant!"

Dernier film que j'ai vu de Big John, L'antre de la folie s'impose comme un trip vers le macabre particulièrement fascinant. Ou comment un homme ne croyant en rien finit par devenir un véritable allumé aux yeux des autres à force de théories surdimensionnées. Sam Neill se donne à fond dans une parfaite anti-thèse de son personnage de Jurassic Park. Big John fait entrevoir son envie de Village des damnés avec une ville isolée du monde, monde à part entière s'il en est. Un monde où les choses les plus morbides arrivent, entrevoyant les futurs Silent Hill. Le final renvoie à la simplicité, Neill étant le seul à avoir raison, le seul à s'en sortir. Une sorte de Robert Neville à l'envers en soi. Il ne sera pas une légende, mais le dernier et la mise en abîme n'en est qu'encore plus jouissif.

  • Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Sortie française: 27 avril 1994.

Quatre mariages et un enterrement : Photo Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Mike Newell

"Tu crois que Borat nous invitera à son mariage? -Pas sûr, pas assez friqué."

Revu encore récemment le 8 mai dernier, Quatre mariages et un enterrement reste un bonheur de comédie british. On rigole, on pleure, on rit beaucoup et on voit les destins s'entrechoquaient pour le meilleur et pour le pire. Il existe un charme qu'il n'y a pas dans beaucoup de comédie-romantique. En cause, le fait que Richard Curtis et Mike Newell rigolent du mariage, cette institution si romantique en apparence mais qui veut dire beaucoup sur la longue durée. Preuve en est le cas d'Andie MacDowell, ayant épousé un homme riche mais "sexuellement incompatible". Enfin, on s'amusera de ce pauvre Hugh Grant en amoureux transi de MacDowell et attendant son tour comme tout le monde en espérant ne pas tomber sur la pire. Je dois avouer que la séquence des bagues est un vrai péché mignon tant cela paraît tellement possible dans l'hésitation et ne parlons pas du mariage de Grant qui reste un grand moment de rigolade muet. On ne s'en lasse pas.

  • Créatures célestes de Peter Jackson. Sortie néo-zélandaise: 14 octobre 1994. Mais sortie française le 3 juillet 1996.

"Tu crois qu'on est assez habillé pour Borat? -Bien évidemment!"

Que d'années pour voir le premier film mature de Peter Jackson! Alors que ses premiers films hard boiled et jouissifs étaient sortis assez rapidement, Créatures célestes a dû attendre deux ans avant de sortir en salles chez nous, soit un an avant celle de son premier film américain Fantômes contre fantômes. Une hérésie au regard d'un film aussi sensible et touchant. Partant sur un fait divers sordide, il réussi à émouvoir avec le portrait de deux jeunes filles incomprises et qui comettront l'irréparable par amour l'un l'autre. Le film peut compter sur l'interprétation de ses deux actrices principales dont une certaine Kate Winslet encore bien jeune. Jackson s'est également fait plaisir avec les scènes de conte en pâte à modeler pour le moins sublimes et n'ayant pas trop vieillies. 

  • Priscilla folle du désert de Stephen Elliott. Sortie espagnole: 30 janvier 1994. Mais sortie française le 4 janvier 1995 après passage sur la croisette.

Priscilla, folle du désert : Photo Guy Pearce, Hugo Weaving, Stephan Elliott, Terence Stamp

"Vous êtes folles les filles, fallait pas!"

A l'heure où l'Eurovision fait chier la Russie et Christine Boutin en élisant vainqueur un transexuel, revenons vingt ans en arrière avec les drag-queen de Stephen Elliott. Rarement un hommage à Abba aura été aussi pertinant et surtout le visage de nos drag-queen sont incarnés par des figures tout de même très masculines. Hugo Weaving est l'Agent Smith, la nemesis increvable par excellence. Quant à Guy Pearce, il n'a cessé de jouer les durs à cuire depuis quelques années. Quant à Terrence Stamp, on ne l'attendait certainement pas ici. Et pourtant cela marche et nos acteurs sont tout simplement excellents. La palme à Stamp, le plus vieux du lot et surtout le plus sincère. Un rôle qui lui permis de revenir sur le devant de la scène et tant mieux. Les shows sont également jouissifs et Elliott ne cherche jamais à rendre ridicule ses personnages. Il cherche même à les humaniser au possible et si possible nous éveiller sur certains sujets qui semblent aujourd'hui tabous par chez nous, à savoir l'homoparentalité. Hugo Weaving est appelé "papa" et non "maman". Une chose que certains imbéciles feraient mieux de se mettre dans le crâne. A croire qu'en 1994 on était un peu plus ouvert d'esprit. 

  • True lies de James Cameron. Sortie française: 12 octobre 1994. 

True Lies : Photo Arnold Schwarzenegger, James Cameron

"En route vers l'anniversaire de Borat!"

Voilà la preuve qu'un remake est parfois meilleur que son original. Se basant sur La totale de Claude Zidi (avec un beau procès au cul par la même occasion), True Lies est un actionner comme on les aime. C'est terriblement con mais qu'est-ce que c'est bon. Cameron dynamite le scénar de Zidi pour en faire un film d'action réellement bourrin et pas avare en excentricité. Preuve en est ce climax totalment improbable en plein Los Angeles où Schwarzy se ramène en avion de chasse et dézingue un étage entier de vilains arabes (évidemment on évitera de parler d'un cliché aussi douteux). Evidemment on retiendra également ce striptease de Jamie Lee Curtis qui a dû laisser certaines sueurs froides à certains messieurs lors de sa sortie en salle. Et puis c'est l'occasion de voir que Schwarzy n'est pas plus mauvais acteur qu'un autre et s'en sort plutôt bien. 

  • Little Odessa de James Gray. Sortie italienne: 28 octobre 1994. Mais sortie française le 4 janvier 1995.

Little Odessa : Photo Tim Roth

"Fut un temps je tournais dans de bons films, maintenant je tourne dans Grace de Monaco..."

Vu récemment sur Arte, Little Odessa montre déjà le talent de James Gray. Il tient déjà le thème de tous ses films: la famille. Dans The yards, ce seront des mafieux avec un élément moral. Dans La nuit nous appartient un élément mafieux dans une famille de flic. Dans Two lovers, un élément trouble dans une famille unie. Ici l'élément trouble est Tim Roth. Lui est un tueur à gage, son frère incarné par Edward Furlong est un jeune en perdition. Le réalisateur installe également la mère Russie et le judaïsme dont il a des origines avec une famille très portée sur la chose. En résulte un premier film intéressant où le réalisateur montre déjà des âmes en perdition et au dénouement tragique. Ce qui est souvent le cas dans les histoires russes...

  • Tueurs nés d'Oliver Stone. Sortie française: 21 septembre 1994. 

Tueurs nés : Photo Juliette Lewis, Oliver Stone, Woody Harrelson

"Tu crois que Borat m'a vu, il n'arrête pas de flasher sur moi depuis qu'il a vu Strange days..."

Le plus polémique du lot. Oliver Stone signe peut être son film le plus fou, celui qui continuera de lui laisser une attitude de provocateur notoire. Néanmoins, Tueurs nés reste une odyssée violente parmi les plus intéressantes du cinéma de ces dernières années. Sorte de Bonnie et Clyde trash mais sans passer par la case mort, le duo Woody Harrelson-Juliette Lewis casse la baraque comme jamais dans un délire white trash qui ne plaira pas à tout le monde. En cause? Certains délires clippesques de l'ami Stone qui se retrouveront également dans son récent Savages, mais aussi son propos sur la télévision qui peut également lui sauter au visage. Notamment en idéalisant des tueurs et en faire les rois d'une sorte d'MTV où Robert Downey Jr passe pour un présentateur cherchant le scoop à tout prix. Il n'en reste pas moins que Tueurs nés a des scènes particulièrement marquantes. Celle d'ouverture, censée nous dévoiler le couple, est une vraie tuerie et que dire de ce passage en mode sitcom particulièrement jouissif? 

  • Dumb et Dumber des frères Farrelly. Sortie américaine: 16 décembre 1994. Mais sortie française le 14 juin 1995. 

"Coucou Borat, joyeux anniversaire! Tu ne t'y attendais pas hein?!"

Dumb et Dumber je l'ai cherché longtemps avant de le trouver. C'est même un des derniers films de Jim Carrey que j'ai vu. Et en sachant que je ne suis pas fan du tout des Ferelly, preuve en est je ne suis absolument pas fan de Mary à tout prix. Je préfère davantage leurs crus avec l'ami Jim donc celui-ci et Fous d'Irène. Pour les Farelly, plus c'est con plus c'est bon et avec Dumb et Dumber c'est le festival complet. Que ce soit le climax où ces deux imbéciles refusent l'opportunité sexuelle de leurs vies, la scène du hamburger épicé jusqu'au rabord ou la séquence de l'oiseau. Mais la meilleure scène est bien évidemment ce passage gastro avec un Jeff Daniels particulièrement inspiré au niveau de son anus. Après ce n'est pas mon film préféré de l'ami Jim mais preuve en est que tout fan de l'acteur et de Jeff Daniels par la même occasion se doit de voir ce film. Par ailleurs et c'est rare venant de ma part, j'ai hâte de voir la suite qui sortira cette année avec la même équipe. Rien que pour revoir Jim avec un dentier et une perruque pas possible!

  • Ace Ventura de Tom Shadyac. Sortie américaine: 4 février 1994. Mais sortie française le 29 mars 1995. 

Non Jim, arrête d'imiter le dinosaure, Steven Spielberg ne te prendra jamais pour un Jurassic Park.

Ah Ace Ventura c'est que de l'amour depuis que j'ai trouvé cette foutue VHS enregistrée aux alentours de 2001. J'adorais déjà Menteur, menteur, j'ai découvert The mask et Ace Ventura quasiment en même temps et depuis je vénère ma VHS, une des premières que j'ai ressorti des cartons. Alors évdemment si vous n'êtes pas fan du coco, le film sera un supplice, mais si vous êtes prêt à vivre 1h30 de conneries pures et dures qui s'avère toujours aussi jouissif vingt ans après au point de devenir ma comédie culte de Jim Carrey. Que de répliques que de bons moments! Ah ce passage en hôpital psychiatrique où "on repasse au magnétoscope Thierry" (il n'y a parfois qu'en VF que l'on peut entendre cela)! Ah cette scène où Jim va voir la famille de fous "où Finkles est le prince!" et où Dan Marino est crêvé sur toutes les photos ("Dan crêve, quelle poésie! -Oui il était poète à ses heures")! Ah cette ouverture où il démonte un paquet dans une folie furieuse merveilleuse! Ah ce passage où on voit "la plus grosse crise d'hémoroïdes que le monde n'ait jamais vu"! L'autre où on vous déconseille d'entrer dans les chiottes après avoir fait le paté. Ah ce moment où Ace découvre que le chef de police incarné par Sean Young est un mec! Ah ce merveilleux moment où il essaye de voir les chevalières d'anciens champions. AH cette séquence de baise sur Le lion est mort ce soir! Mais mon moment préféré reste celui de l'appartement de Roger Podacter: "Jugez! Héééé! (clac!) Hééé! (Clac!) Hééé! (Clac!) Hééééééééééééé! C'est un double vitrage isolation phonique il est donc impossible que la voisine ait pu entendre Roger Podacter depuis sa chambre. C'est tout bande de nazes!". Je terminerais cette allusion par "c'est assez dit la baleine!"

  • Dinosaur from the deep de Norbert Moutier. IMDB me dit 1993, Olivier me dit 1994, je suis mon camarade nanardeur et puis après tout je fais ce que je veux! 

"Il n'est pas beau mon dino?" Norbert Moutier, 1994

Pour finir sur mon année de naissance, il fallait bien parler nanar, voire navet. Au même titre que Turkish Star Wars, Dinosaur from the deep est un bonheur de cinéma bis. Le genre que l'on n'oublie pas et sur lequel on rit beaucoup. Norbert Moutier faisait aussi des films pour pas un sou comme ce bon vieux ED Wood cité plus haut. On peut même le voir comme notre "Ed Wood français". Dinosaur from the deep devait être la réponse française à Jurassic Park, il en restera un de nos nanars hexagonals les plus fun à regarder. Que ce soit ses têtes de dinosaures en carton pâte, son dinosaure se dandinant du cul quand on ne voit pas le technicien dans le plan ou sous forme de chaussette; ce prisonnier ninja avec son amazone sous le coude, Jean Rollin en scientifique aussi crédible que moi en chimiste, sa femme amatrice de cosmétique et ses parodies drôlatiques d'Alien, Dinosaur from the deep reste une bouserie caviar (copyright Borat) qui vous donnerez presque envie de payer pour le voir. Iconique!

Allez à la semaine prochaine!