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Genre: horreur, pornographie (interdit aux - 16/18 ans selon les versions)
année: 2010
durée: 1h05

L'histoire: Un étrange zombie de couleur bleuté émerge de l'océan pacifique avant d'être recueilli par un surfeur. Tous deux sont victimes d'un grave accident qui laisse le surfeur pour mort au milieu de la route. Mais le zombie va trouver un moyen de ramener le jeune homme à la vie. Immergée dans la Cité des Anges, la créature va dès lors se confondre avec un sans domicile fixe schizophrène et, tel un sauveur de l'ombre, se mettre en quête de nouveaux morts à ressusciter.  

la critique d'Alice In Oliver:

Bruce LaBruce est un écrivain, photographe et réalisateur canadien. Il commence sa carrière dans les fanzines punk homosexuels. A la même époque, il réalise également plusieurs courts-métrages à la fois pornographiques, sulfureuX, polémiques et homosexuels.
Peu à peu, Bruce LaBruce se taille une certaine réputation dans le cinéma underground et indépendant. C'est surtout en 2008 avec Otto; or up with dead People que sa carrière décolle réellement au cinéma. En effet, Bruce La Bruce impose le genre zombie dans l'univers de la pornographie. Le film fait scandale et provoque un petit buzz sur la Toile.

Bruce LaBruce reprend la même thématique dan L.A. Zombie, réalisé en 2010. Hélas, le long-métrage provoquera surtout l'indifférence générale. Mais peu importe, Bruce LaBruce ne recherche pas forcément la gloire et la célébrité. Preuve en est avec son dernier film en date, Gerontophilia, sorti en 2013. Mais revenons à L.A. Zombie. Le long-métrage est présenté dans différents festivals.
Il ne remportera qu'un seul prix, celui du meilleur réalisateur étranger au festival du film underground de Melbourne. En raison de ses séquences à la fois gores et pornographiques, L.A. Zombie écope d'une interdiction aux moins de 18 ans dans la plupart des pays où il est présenté.

 

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En France, le film est seulement interdit aux moins de 16 ans mais il semblerait que certaines séquences (jugées trop "hard") aient été censurées. Pour le reste, Bruce LaBruce se veut être le digne représentant d'un cinéma gay totalement indépendant et libre de toute exploitation commerciale.
Le réalisateur refuse le système hollywoodien et apparaît comme le successeur de John Waters (Pink Flamingos, Multiple Maniacs et Desperate Living entre autres) en son temps. En l'occurrence, L.A. Zombie bénéficie d'un scénario plutôt étrange. Attention, SPOILERS ! Un étrange zombie de couleur bleuté émerge de l’océan pacifique avant d’être recueilli par un surfeur.

Tous deux sont victimes d’un grave accident qui laisse le surfeur pour mort au milieu de la route. Mais le zombie va trouver un moyen de ramener le jeune homme à la vie. Immergée dans la Cité des Anges, la créature va dès lors se confondre avec un sans domicile fixe schizophrène et, tel un sauveur de l’ombre, se mettre en quête de nouveaux morts à ressusciter.
En vérité, le scénario est le grand absent de L.A. Zombie et pourrait se résumer ainsi: un mort vivant adepte de sexe et de sang viole des morts et les ramène à la vie (voir le synopsis). Il se prend alors pour le nouveau Messie d'un monde totalement désincarné.

 

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Visiblement, tout cela semble justifier une série de séquences hard et hautement pornographiques. En l'occurrence, rien ne nous est épargné: fellation, pénétration anale, triolisme et éjaculation faciale font partie du menu fretin. Je dois le reconnaître: avant L.A. Zombie, je ne connaissais pas du tout (ou alors seulement de réputation) les films de Bruce LaBruce.
Ce film passionnera peut-être (et ce n'est même pas sûr) le public homosexuel (public auquel le film semble avant tout destiné). En dehors de cela, pas grand chose à signaler. L.A. Zombie tourne désespérément dans le vide et ne raconte absolument rien.

Personnellement, je m'attendais soit à voir un film gore, fun et à forte connotation sexuelle, soit à découvrir une oeuvre extrême qui tente de nous raconter quelque chose. Hélas, L.A. Zombie est terriblement ennuyeux à regarder. Le long-métrage n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar. Et c'est aussi cela qui rebute à la vision du film: L.A. Zombie se prend beaucoup trop au sérieux.
Même les maquillages et les effets spéciaux laissent à désirer. Dans l'exercice du zombie revanchard et maniaque sexuel, François Sagat semble beaucoup s'amuser. Il est bien le seul ! Vous l'avez donc compris: L.A. Zombie n'est rien d'autre qu'un très gros navet, ou alors le sens de ce film (s'il en a un...) m'a totalement échappé. Mais là sincèrement, je ne vois pas !

 


L.A. Zombie, la chronique de Pierre-Etienne Joye par RTS