Un magicien découvre le monde d'Oz et devra affronter deux sorcières peu convaincues de ses talents ou vengeuses...

Le monde merveilleux d'Oz (affiche)

ll est des films où l'on s'attend parfois à des déceptions si bien que l'on évite de justesse de le voir au cinéma. Ce fut mon cas pour Le monde fantastique d'Oz de Sam Raimi. Tout d'abord j'avais privilégié Cloud Atlas et This is 40 prétextant avec raison qu'ils ne seraient plus là par rapport à Oz la semaine suivante. Puis après j'avais été voir The place beyond the pines et quand j'ai eu le temps de le voir, j'avais lu un grand nombre de critiques mitigées me disant que finalement ce n'était pas bien grave de passer mon chemin. Puis dans un bac à BR de la Fnac j'ai fini par le prendre avec Stoker et Spaceballs (que je n'ai toujours pas vu). Et finalement j'avais bien raison: le film est décevant. Mais pour cela il faut recontextualiser. En ce moment, Hollywood reprend la plupart des contes à sa sauce, certains même par les mêmes studios les ayant abordé. Ainsi Disney a repris Alice au pays des merveillles en en faisant une suite-remake désagréable, tout en faisant la paix avec Tim Burton que la firme de Mickey avait tant dézingué; La belle au bois dormant avec Maléfique et s'apprête à faire de même avec Cendrillon et Le livre de la jungle (alors que Warner essaye de leur faire la nique avec un projet moins avancé réalisé par Andy Serkis). Mais aussi la guerre des Blanche Neige en 2012, le flop de Jack le chasseur de géants et bientôt celle de Peter Pan (avec notamment un film de Joe Wright), La petite sirène par Sofia Coppola (que le site Funny or die a déjà brillament parodié)... En gros une vraie foire aux contes et pas de quoi se vanter malheureusement.

Le Monde fantastique d'Oz : Photo James Franco

Mais c'est comme tout, quand Hollywood trouve un filon elle l'exploite jusqu'à plus soif. On l'a vu au bout d'un moment avec les super-héros c'est bien parti avec les contes d'antan. Bientôt ils vont probablement nous sortir une version live de Raiponce... Oz apparaît au milieu de tout cela, balayant le projet de longue date de John Boorman (je me souviens d'un Studio Ciné Live évoquant ce projet avec concept-art à l'appui) d'adapter Le magicien d'Oz en animation. Sam Raimi n'est pas un bon commercial. Si sur les deux premiers Spider-man, le troisième lui avait échappé des mains. Quand il a voulu faire un quatrième volet, Sony l'a envoyé chier avec un reboot inutile; quand il a voulu James Franco en Jack Ryan on l'a envoyé chier. Quant à Warcraft il est parti de lui-même. Si Oz ne lui a pas échappé des mains, il n'en reste pas moins que ce ne sera pas un grand cru de l'ami Raimi. Et surtout échoue en plusieurs choses: non seulement il n'égale pas le film de Victor Fleming (bon c'était impossible mais bon qui ne tente rien n'a rien) mais surtout n'apporte rien à l'original. C'est censé être une préquelle sur le magicien d'Oz et finalement on n'apprend rien. La sorcière verte qui finit par fondre chez Fleming est ici une jeune femme meurtrie par l'amour devenant une carnassière à cause de sa soeur maléfique.

Le Monde fantastique d'Oz : Photo James Franco, Mila Kunis

Quant à la sorcière blanche elle s'interpose toujours pour sauver les meubles. On sait que le magicien est un tocard, un simple inventeur ou faiseur de tour de passe-passe et le film ne nous apprend rien sur lui si ce n'est qu'il était encore plus égocentrique avant. Soit l'image que certains peuvent se faire de James Franco habituellement (ce qui lui vaut de beaux moments d'autodérision sur ce thème dans This is the end ou sa courte séquence dans le film Veronica Mars). Outre cela le film n'est pas féérique, mais artificiel. En cause, trop d'effets-spéciaux, Raimi ayant fait pareil que Burton avec Alice: tournage sur fond vert, peu de risque. Alors certes c'est franchement joli à regarder mais clairement on ne sera pas aussi émerveiller qu'une seule seconde passée avec Judy Garland. Sinon le film se suit également sans déplaisir, en tous cas moins que la désagréable expérence d'Alice. Mais où est Sam Raimi là-dedans? Alors certes on pourra prendre l'expérimentation avec le bon passage du 4:3 noir et blanc (une rareté chez Disney!) au 2:35 flamboyant de couleurs. Certes il ne signe pas un affront dans sa carrière. Mais clairement on se demande où est le Sam Raimi fougueux qui faisait le fou sur les Spider-man en faisant du fluide d'araignée une métaphore de l'adolescence et où le Dr Octopus était le bourreau de toute une unité hospitalière. Ici, aucune fougue et c'est pas peu dire. Reste les costumes des mesdames absolument sublimissimes et portés sur les décolletés (notamment chez Rachel Weisz). Pour ce qui est des acteurs on ne retiendra pas grand chose malgré la sympathie pour certains (notamment Franco et Michelle Williams).

Le Monde fantastique d'Oz : Photo Michelle Williams

Une préquelle qui n'apporte rien au film original et quelque peu artificiel, qui sans être mauvaise donne surtout envie d'une chose: retrouver Dorothy pour repasser au delà de l'arc-en-ciel.