En 2001 sortait Jurassic Park 3, premier film de la saga orchestrée par Steven Spielberg et Michael Crichton justement sans eux à la barre (le premier n'était qu'un vulgaire producteur exécutif, l'autre était juste cité pour le personnage d'Alan Grant, le film ne se basant pas sur un de ses romans). Un succès certes mais qui laissait de belles traces de pneus, dont on se serait allégrement bien passé. Que ce soit ce final grand-guignol (on laisserait presque une larmichette pour ces bons vieux raptors), le gosse qui survit durant plusieurs semaines tout seul mais ne fait que des conneries une fois accompagné ou encore ce scénario sans queue, ni tête. Une déception en fin de compte, voire honnêtement un petit navet digne de ce nom. Quatorze ans plus tard (si je compte 2015) nous voilà à Jurassic World, un film qui a mis bien des années à se réaliser. On a d'abord eu des rumeurs comme quoi la miss Keira Knightley était pressentie dans un nouveau survival (tout du moins c'est ce que j'avais lu dans les années 2000), puis vint les fameux concept-arts dont je vous évoquais l'existence dans le dossier Spielberg (je vous renvoie aux sommaires ou à la catégorie du réalisateur). Des dessins dévoilant des dinosaures mixés à des hommes et servant d'armes. Un projet totalement WTF à la limite du crash industriel en vue. Heureusement rien ne s'est fait.

Jurassic World (affiche)

Joe Johnston devait à un moment reprendre du service, mais il fut évincé au profit du jeune Colin Trevorrow, réalisateur de l'inédit Safety not guaranteed où il abordait le voyage dans le temps à travers une petite annonce (mon camarade Laurent en avait parlé ici: http://deuxiemeseance.blogspot.fr/2013/06/safety-not-guaranteed-2012.html). Ni une, ni deux le voilà à la tête d'un des plus gros blockbusters du prochain été. En sachant qu'initialement, le film devait sortir pour l'été dernier, mais vraisemblablement, Universal a vite compris que rien ne serait prêt à temps ou alors complètement bâclé (ce qui arrive souvent avec le studio depuis plusieurs années) et a donc laissé plus de temps au réalisateur pour fignoler son film, surtout que les CGI seront plus abondants encore que sur les premiers films. Au final, le projet est devenu rassurant même si au vue de son pitch il n'est ironiquement pas sans rappeler un certain... Jaws 3D. Pensez donc: parc d'attraction sur une île, animaux qui déconnent, Homme dépassé face à ses qualités d'apprenti-sorcier... Rien de rassurant en réalité. Mais néanmoins, le synopsis a des choses pour lui. Déjà, malgré qu'il soit un reboot plus ou moins visible (les acteurs clés des précédents films, que ce soit Sam Neill, Jeff Goldblum, Laura Dern ou même Julianne Moore dans une moindre mesure, ne sont pas présents, sauf BD Wong scientifique vu dans le premier et reprenant du service), Jurassic World reste dans la continuité des précédents.

Et pour cause: vingt ans se sont passés depuis le massacre de Isla Nublar et l'héritage de John Hammond (incarné autrefois par le regretté Richard Attenborough) s'est concrétisé. Jurassic Park est sorti des oubliettes pour devenir Jurassic World, un immense parc où les dinosaures sont devenues les attractions, suffisamment domestiqués pour faire le show devant des milliers de personnes. En soi, la réplique phare d'Hammond "J'ai dépensé sans compter" prend réellement tout son sens quand on regarde la première bande-annonce. Un énorme parc high-tech où l'argent se montre à chaque recoin et où les scientifiques apprenti-sorciers ont réussi leur coup. D'ailleurs, la bande-annonce joue énormément le temps de plusieurs plans sur l'aspect nostalgique. Outre le thème repris à coup de piano aussi évident qu'une vache aime l'herbe, la bande-annonce montre des images clées. Le requin (private joke pour Spielby?) se faisant bouffé par un dinosaure aquatique rappelle ce passage glaçant où une chèvre était sauvagement dézingué par un t-rex. On retrouve ce fameux plan du portail s'ouvrant aux visiteurs, idem pour les dinosaures type autruches circulant autour des visiteurs (même si cette fois, ils sont protégés), les diplodocus émerveilant les visiteurs... et évidemment le retournement de situation.

Comme d'habitude, les scientifiques sous la tutelle d'Hammond ont encore fait des siennes, créant un dinosaure hybride encore plus vicieux et tueur que le tyranosaure et évidemment le Spinosaure introduit très mollement dans le film de Joe Johnston. Dès lors, le personnage du braconnier incarné par Chris Pratt prend tout son sens: il apparaît comme une sorte de mélange entre l'aventurier fatigué Alan Grant et le pessimiste Malcolm, annonçant en soi le désastre à venir. Les dernières secondes jouent beaucoup sur cela et ce malgré le PG-13 (ce qui n'a jamais un mal pour Spielby, ayant cité plus d'une scène dégueulasse dans les deux premiers avec la même classification) avec une capsule dézingué, des enfants pourchassés, des visiteurs courant dans le vide face à une menace grondante et l'on peut voir le nouveau dinosaure uniquement des pattes, annonçant un prédateur vorace et rapide. Seul réelle ombre au tableau de ce trailer: le final avec des raptors tout gentils qui viennent aider Chris Pratt. Bah merde alors... Dans l'ensemble, la bande-annonce de Jurassic World s'avère assez positive, mais attention à ne pas refaire la même chose en plus friqué. Jurassic World sortira le 10 juin prochain.