Seth Rogen invite Jay Baruchel à une soirée chez James Franco. Mais des éléments apocalyptiques vont arriver et eux trois tout comme Jonah Hill, Danny McBride et Craig Robinson vont devoir y survivre...

C'est la fin : Affiche

Alors que The Interview est au centre d'un ramdam trop grand pour lui, revenons sur la précédante réalisation de Seth Rogen et Evan Goldberg This is the end (on va éviter C'est la fin hein?). Un film que l'on pourrait prendre pour le projet concurrent de The world's end le dernier film d'Edgar Wright, à cause de leur sujet apocalyptique similaire. Sauf que This is the end pousse l'aspect catastrophe à un niveau au dessus du film de Wright et pour cause: l'apocalypse est totalement différent dans les deux films. Si Wright montre des anciens potes se retrouvant pour défoncer la gueule de créatures étranges et bleues (je ne vous spoile pas, regardez les bandes-annonces), Rogen et Goldberg vont bien plus loin en misant sur une chose: le fait que les héros sont des acteurs ou personnalités connues qui jouent leurs propres rôles (en sachant que le film se base sur un court-métrage du duo de réalisateurs). Et autant dire qu'il y a du beau monde: Rogen donc, Jay Baruchel, James Franco, Danny McBride, Jonah Hill, Craig Robinson, Michael Cera, Emma Watson, Mindy Kaling, Christopher Mintz-Plasse, Rihanna, Paul Rudd, Jason Segel, Aziz Ansari et même Channing Tatum. Autant dire un bon paquet d'acteurs de la scène de la comédie américaine. Le film marche aux USA, mais pas en France où il subit comme beaucoup de comédies américaines une distribution médiocre (une semaine à l'affiche, puis que des séances le soir). Le BR et le DVD sont donc bien nécessaires pour pardonner cet affront.


 Interdit aux mineurs:

Michael Cera.

Le pantalon baissé.

Avec deux demoiselles.

Dans une douche. 

Glauque.


Mise en abîme délirante, il permet à ses scénaristes et acteurs d'envoyer valser leur image respective pour un beau délire hollywoodien. Rogen passe pour un canadien qui s'est tellement radicalisé ricain qu'il est devenu un enfant de l'Oncle Sam; quand son pote Baruchel accède difficilement cela et se voit toujours comme un pur canadien à Hollywood (ce qui ironiquement est vrai, puisqu'il le confirmait aux journalistes de Cinemateaser il y a quelques mois!). Franco est montré comme un acteur arrogant à la limite de la caricature, ce qui renvoit à ses délires auteurisants depuis quelques temps. Quant à Jonah Hill, il a probablement le ponpon du groupe principal, merveilleux faux-cul tout mignon en apparence et dont l'influence de sa nomination aux Oscars a un peu monté à la tête dixit McBride! Ce dernier est d'ailleurs caricaturé en merveilleuse grande gueule bien comme il faut, foutant un merveilleux bordel y compris sur les pages de Playboy! C'est aussi dans les guests du moment que le film s'avère jouissif et particulièrement avec Michael Cera. L'acteur apparaît comme un cocaïnomane notoire, doublé d'un obsédé sexuel monumental (la scène où Baruchel tombe sur lui dans la douche en train de... avec deux filles... Oh mais quelle horreur!).

Le total contre-emploi de l'acteur de Superbad où il apparaissait tout frèle et ne voulait pas coucher avec sa copine bourrée. Là c'est tout le contraire! Et sa fin fracassante s'avère un moment délirant comme celle d'un grand nombre de guests et ce de manière totalement gratuite. Clairement, Rogen et Goldberg ne font aucun cadeau avec leurs camarades de jeu et honnêtement ce que c'est fun. Voir des acteurs se foutant ouvertement d'eux-mêmes qui plus est sur des éléments terriblement vrais (je renvoie encore une fois à Baruchel, mais n'oublions pas le peu de temps de Segel où il déplore son image de comique à la limite du dépressif, ce qui n'a rien de faux) est un bien incroyable et encore plus si vous les détestez justement. Cela passera encore mieux! Outre l'aspect caricature du casting, il y a aussi cet immense foutoir servant de fonds à cette caricature: nos acteurs face à la fin du monde! Les réalisateurs n'y vont pas de mains mortes et cela avec tout et n'importe quoi, variant les plaisirs. Tremblements de terre, post-apocalypse, humains pris dans des lumières bleues, apocalypse tout court. On a tout et n'importe quoi pour un festival gras (on est chez Rogen ne l'oubliez pas, on aime ou pas) et gore où tous les coups sont permis et à vrai dire tant mieux. 

On pourrait croire que c'est du gentil what the fuck virant dans les moindres recoins du portnawak et pourtant... Il y a quelque chose de terriblement fun dans ce joyeux bordel où les cocos s'enfoncent dans la bêtise grand-guignol. Du genre où on s'engueule pour un milky way! Ou pour consommer de l'eau en une fois alors qu'on en rationne un maximum. Y compris parler de viol devant la jeune Emma Watson alors que les plus jeunes du groupe sont à ça de passer la trentaine! Même faire d'un acteur un esclave sexuel dans un cannibalisme à la Mad Max! On navigue sans cesse dans l'excessif jouissif y compris dans un final totalement frappadingue, partant dans des délires visuels à la limite du kitsch. Evidemment les CGI risquent d'en prendre un coup au fil des années (quoique c'est un petit peu le cas), mais on sent curieusement que c'est aussi volontaire ou tout du moins que ce n'est pas la volonté. La volonté est surtout de se moquer à grand coup d'effets bourrins, quitte à ce qu'il soit mal fait ou pas au top. Néanmoins on aurait eu du mal à imaginer un film de ce type dans les 80's tout du moins avec l'évolution des CGI cela passe mieux et le duo de réalisateurs peut faire des folies visuelles indéniables. Et puis ils n'auraient pas pu mettre du Whitney Houston pour ce moment si somptueux de bromance. Rien que pour cela merci Seth et Evan!

Une comédie sur la fin du monde complètement absurde voire foutraque, mais terriblement jouissive et notamment dans sa mise en abîme et ses mélanges de genres.