Elektra est devenue tueuse à gages et se retrouve à faire face à la Main pour sauver une adolescente recherchée...

Elektra : Affiche

Il y a des traces indélébiles dans l'histoire d'un spectateur, de celles que l'on préférait oublier et que malheureusement on a parfaitement en tête. Elektra de Rob Bowman en fait bien malheureusement partie. Daredevil a beau avoir été un succès au box-office il n'en reste pas moins un film raillé par les fans du super-héros, au point que la Fox finira par perdre les droits malgré moults annonces de reboot au profit de la Marvel qui s'est empressée d'en faire une série qui sera diffusée en avril sur Netflix. Bien que fidèle aux comics dans son ensemble (je parle surtout des origines), le film était bourré de CGI foireux quand le pauvre Ben Affleck se retrouvait boudinné dans un costume trop serré et où les beaux yeux de sa future femme ne faisaient pas grand chose pour sauver sa mauvaise interprétation (à elle comme à lui). Pourtant il était évident que si le personnage d'Elektra devait revenir, ce serait via un spin-off lui étant consacré où Jennifer Garner reprendrait son rôle. Mal lui en aura pris, déjà que la série Alias s'est mal finie, ce film lui a plus ou moins ruiné le reste de sa carrière. D'ailleurs, l'actrice ne se cachera pas pour dire que ce film était une merde, mais qu'elle était obligée de le faire à cause de son contrat sur Daredevil. Au mieux, elle a rencontré son mari, c'est génial!

Elektra : Photo Jennifer Garner, Rob Bowman

Flop à sa sortie (alors que le public s'était déplacé pour Daredevil), carnage critique, huées du public, Elektra est un ratage
cinématographique notable comparable à Catwoman chez l'ami DC quelques mois plus tôt (septembre 2004, février 2005). Le plus ironique avec ce film, c'est qu'il a le mérite de foutre en l'air toute la mythologie créée dans Daredevil. Oubliez Erick Avari dans le rôle du père d'Elektra au profit d'un mec avec beaucoup plus de cheveux le temps de quelques flashbacks. On ne peut pas dire que c'était dur de reprendre le même acteur pour de banals flashbacks. Ils l'ont fait. Pareil pour sa mère évoquée le temps d'un dialogue par le Caïd dans Daredevil, montrant plus ou moins qu'il s'agissait de son tueur ou tout du moins qu'elle a été tué par ses hommes de mains. Que nenni! Ici c'est la Main, agence de ninjas phare du comic-book Daredevil sous l'influence de Frank Miller, qui a tué sa mère! Pas que le film de Mark Steven Johnson avait des origines grandioses voire intéressantes, mais on peut clairement dire que les scénaristes d'Elektra n'en avait strictement rien à faire du film quand ils se sont mis à changer les origines de l'héroïne. Le principe d'un spin-off c'est en général d'être raccord avec l'original, pas de faire n'importe quoi dès qu'on a le dos tourné (bon en dehors du cas Deadpool qui devrait largement s'affranchir de son illustration misérable dans X Men Origins: Wolverine et ce malgré la présence de Ryan Reynolds).

Elektra : Photo Jennifer Garner, Terence Stamp

Donc que reste-il du personnage instauré dans le film de 2003? Hé bien pas grand chose en dehors qu'elle a été réanimé après s'être fait trucider par le Tireur (encore un beau défaut de Daredevil mais ce n'est pas le sujet). Voilà. Sinon le film nous montre Elektra faisant la ninja entraîné par un Terence Stamp qui avait une bonne envie de bouffer (est-ce étonnant?) et qui se retrouve par le miracle du saint esprit expulsé de son dojo. Stamp en avait marre d'elle peut être. Donc la voilà en tueuse à gages de piètre qualité à devoir malencontreusement tuer sa jeune voisine (comme par hasard!) qui est en fait une pupille ninja convoitée par la Main (quelle coïncidence!), donc relation évidente avec Elektra ("Bon sang mais c'est bien sûr!"). Donc Elektra se met à protéger la gamine, voire à l'entraîner avant de foutre sur la gueule aux méchants. Sauf qu'en dehors du combat final lors d'une légère intervention, la gamine n'est qu'un faire-valoir ennuyeux et boulet de l'héroïne principale. Sans compter qu'Elektra est censée être dorénavant une guerrière accomplie. Or, elle ne défonce la gueule des méchants qu'à la fin et avec une facilité déconcertante. Mieux, durant tout le film, elle est sans cesse en train de fuir ses ennemis.

Elektra : Photo Jennifer Garner, Natassia Malthe, Rob Bowman

Où est donc la guerrière intrépide alors? On ne sait pas mais ses ennemis si imposants et menaçant finissent par devenir sinistrement des tocards. La palme à l'homme aux tatouages vivants qui se retrouve en transe quand Elektra lui craque le cou! On n'aura rarement vu aussi pathétique comme mort au cinéma! Sans compter la méchante de service exécutée de la plus poilante des manières. Quant au méchant il a évidemment une pirouette scénaristique évidente, car il ne connaît pas Elektra par hasard! En sachant que ce genre de facilités scénaristiques se répètent tout le long du film comme la pseudo romance entre Elektra et le voisin incarné par Goran Visnjic ou le passage au billard. Sans compter la molesse incroyable des combats. Par une seconde, on ne croit qu'Elektra est une vaillante guerrière tellement elle est faible dans ses mouvements et les combats sont d'une nullité incroyable. Même pas le charme d'une série B. Sans compter que les outils de la belle ne servent pas à grand chose, la combattante se servant plus de ses poings ou de ses jambes. La pauvre Jennifer fait ce qu'elle peut dans son jolie costume rouge, on ne retiendra rien de positif de sa prestation. Quant aux autres, on préfère ne rien dire au risque d'être méchant.

Elektra : Photo Jennifer Garner, Rob Bowman

En 2004, Pitof a détruit Catwoman, en 2005 Rob Bowman a fait de même avec Elektra.