Chaque année, vous le savez Borat approche de sa date butoire, celle qui vous fait avoir un numéro de plus, qui vous vieilli avec un bon coup de latte dans la tronche, qui montre que le temps passe, qui vous fait passer un cap. Il y a deux ans, votre cher Borat avait passé le questionnaire de goût et l'an dernier il revenait sur vingt films ayant marqué son année de naissance. Il était question de revenir cette année sur vingt et un films année par année, mais finalement c'était peu convaincant. Alors pourquoi ne pas vous dévoiler vingt et un films m'ayant marqué ou que je considère comme cultes? Autant aller à l'essentiel mes petits loulous! En ce jour fatidique où je découvre ce qu'est d'avoir vingt et un balais, la Cave de Borat s'ouvre sur le cinéma de Borat (quelle transition regardez moi ça), pas de classement comme d'habitude (vous savez bien que je déteste cela), juste vingt et un films cités un après l'autre.

  • 1 Across the universe de Julie Taymor

Across the Universe : affiche

Je l'ai souvent cité au cours des années. Découvert par une bande-annonce sur le DVD de Spider-man 3 (oui j'ai osé, mais à l'époque j'appréciais un minimum ce film), le film de Julie Taymor (qui m'était alors inconnue à cette époque, réalisatrice de Frida et metteur en scène notamment sur la comédie-musicale Le roi lion) a fini par devenir une de mes galettes préférés de mon lecteur DVD. Et m'a définitivement fait aimer les Beatles par des interprétations absolument splendides. Dans le cinéma récent (et même la télévision, remember G... L... enfin vous voyez où je veux en venir), les reprises ont tendance à m'exaspérer en raison notamment de qualités vocales douteuses, sans compter des arrangements dégueulasses parasitant les chansons mêmes. Avec Across the universe, il n'y a pas de problème car non seulement cela chante bien, mais en plus Taymor s'approprie les chansons. I want to hold your hand était par exemple ultra-rapide, sa reprise est lente et acoustique. Ce n'est parfois pas un mal, mais c'est surtout le traitement visuel qui tape à l'oeil. Alors que l'on parle d'une comédie-musicale qui n'a rien du blockbuster, Taymor se donne les moyens de ses ambitions: décor circulaire pour une scène d'hôpital, effets-spéciaux par ci, par là, scène d'amour aquatique, séquence psychédélique...

Across the Universe : photo Julie Taymor

En plus, Miss Taymor s'est permis de faire découvrir Jim Sturgess et a montré le joli timbre de voix de la ravissante Evan Rachel Wood. Sans compter que le film aborde des thèmes arrivant à la fin de l'existence du groupe: les lois civiques, les manifestations violentes, le flower power, le LSD, le Vietnam... Tout cela est évoqué avec habileté ce qui est suffisament rare de nos jours quand on évoque des faits bien existants.

Across the Universe : photo Julie Taymor

Séquence culte (spoilers): Dernière chanson avant le générique, All you need is love est un vrai torent d'émotions puisque conclue le film sur l'amour. Car tout ce qu'on a besoin c'est d'amour dadaladada!

  • 2 Fight Club de David Fincher

Fight club

Découvert quasiment en même temps que Seven (deux des rares films que m'a prêté mon cousin avant que je ne les achète quelques années plus tard), je me souvenais davantage du second film de David Fincher que du quatrième. C'est donc dans l'optique de le revoir que j'avais acheté Fight club en DVD. A la seconde vision sortez les électrochocs! Fight Club a beau être le cas typique du film à twist, il n'empêche aucune autre vision et surtout ne devient que plus savoureux en le revoyant. Il m'a fallu plusieurs visionnages pour voir les flashs de Tyler Durden disséminé dans le film avant son apparition dans l'avion. Tout comme différents thèmes. Fight Club s'est rapidement imposé au fil des années comme le film générationnel qui marque la fin des 90's, au même titre qu'un American Beauty. Le bilan n'est pas positif ni dans l'un, ni dans l'autre, les deux montrant une génération qui passe difficilement le cap des années 2000, entre désillusions et dicktat de l'apparence. Mais Fight Club va encore plus loin pour devenir un vrai film culturel. Calvin Klein dévoilé le temps de plusieurs plans montrant des pubs? Dézingué par Brad Pitt le temps d'un discours sur les apparences. BMW vous donne des bagnoles? On balance de la fiente de pigeons sur les voitures! IKEA? Dégommé le temps d'une séquence où Edward Norton se promène entre les articles.

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A l'heure où la scientologie était plus présente qu'à l'acoutumé, balançons un bon gros discours sur une secte bien dangereuse prenant de l'importance au fil du film. Et puis c'est aussi l'histoire d'un mec découvrant autant son potentiel que sa dangerosité dans une existence aussi ridicule. La séquence IKEA en est bien la preuve, Jack se noyant dans des articles inutiles pouvant lui permettre d'avoir un meilleur appartement. Mais évidemment le casting y est pour beaucoup: Brad Pitt qui dégomme son image de beau-gosse pour montrer le tout pour le tout, Edward Norton tient le plus grand rôle de sa carrière, Helena Bohnam Carter jubilatoire, Jared Leto qui se fait dégommer la tronche (parce qu'il fallait quelque chose de beau) et même Meat Loaf (il m'a fallu quinze ans pour voir qu'il jouait Bob!) avec des airbags dues à une ablation des testicules! Définitivement culte!

La vie aussi fun qu'un catalogue IKEA!

Séquence culte: Il y en a beaucoup dans Fight Club mais celle du cinéma vaut tout l'or du monde. "Ils l'ont tous vu... -Une-belle-grosse- queue!" Tout est dit!

  • 3 Ace Ventura de Tom Shadyac

Beaucoup le savent, je suis un fan irréductible de Jim Carrey et pourtant j'ai découvert ce film sur le tard et par hasard. Probablement que j'avais dit qu'il était dedans, mon père m'avait enregistré Ace Ventura et c'est par pur hasard en mettant la vhs enregistrée dans le magnétoscope que j'ai découvert ce film. Et là paf, Jim dégomme un paquet on ne sait trop pourquoi avant de chouraver le chien d'un vilain monsieur (qui l'a eu dans l'os). S'en suit alors le plus grand film policier comique avec un enquêteur hors pair, une associée qu'il se tape sur Le lion est mort ce soir (qui plus est dans une arche de Noé) et le plus grand twist de tous les temps (non franchement même le dernier Dumb and Dumber ne peut atteindre ce niveau malgré sa tonne de twist). Puis la pub pour la NFL est merveilleuse avec Dan Marino en point d'orgue. Mais Ace Ventura c'est évidemment Jim Carrey au plus haut sommet de la connerie et de l'agilité frappadingue. The Mask et Dumb and dumber l'ont prouvé la même année, mais là c'est vraiment du haut de gamme dans le domaine. Tout le monde n'acceptera pas cela, mais personnellement je continue de me fendre la gueule à chaque fois et notamment pour ce qui est de balancer les répliques.

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Jim un commentaire sur le twist du film? Il semblerait qu'il ne soit toujours pas remis...

"Et dans ton caleçon il y a un gros néléphant? -Je ne sais pas je n'ai jamais regardé!", "Je vous le dis capitaine j'ai le doigt coincé dans la porte!", "Je suis venu voir Ray Finkles. Et là je vais avoir besoin de changer de caleçon!", "Je crois que c'est le paté", "Revenons au magnétoscope Thierry" (le genre de réplique qui ne peut exister qu'en VF!), "Hé ton permis tu l'as eu en épluchant une banane!", "Je vous déconseille d'entrer dans les chiottes whaow!", "Dan crève. Oh quelle poésie! -Il était poète à ces heures!"... Je pourrais continuer toute la journée comme cela.

Je crois que ce martien veut communiquer...

Séquence culte: J'aurais pu citer le final totalement frappadingue et riche en hémoroïdes ou même ce merveilleux moment où Jim fait parler son trou du cul ("t'aurais pas une pastille de menthe, j'ai l'haleine chargée depuis quelques temps), mais évidemment comment ne pas évoquer ce merveilleux passage où il donne la solution à la question "est-ce que Roger Podakter s'est suicidé?" A vous de juger!

  • 4 Toy Story de John Lasseter

Toy Story 4

Si je n'ai pas choisi ses suites (la première ma seconde incursion dans les salles obscures, le second une de mes plus grandes émotions de cinéma), c'est pour la simple et bonne raison que Toy Story est probablement le premier film qu'il me semble avoir vu. Je me souviens parfaitement l'avoir acheté en VHS en 1996 (j'avais donc dans les 2-3 ans) et d'avoir eu les deux figurines à l'intérieur. Si la tête de Woody n'a pas tenu très longtemps (pas faute d'avoir essayé de la recoller à chaque fois), Buzz va bien je vous rassure. Toy Story c'est une étape dans l'animation: celle du film entièrement en images de synthèse. Une pratique capable du pire (le fait que beaucoup de films ne se font désormais que par ce moyen au détriment d'une qualité réelle, comme ce fut le cas au début de Disney dans ce domaine) comme du meilleur (Pixar en est la preuve mais aussi quelques films Dreamworks ou même les derniers Disney) et qui a fait naître Pixar sur le marché après un nombre de court-métrages incroyables (au hasard Red's dream ou Tin toy). Toy Story c'est l'histoire d'une amitié avec tout ce qui passe avant: concurrence, désillusions, haine, jalousie et fraternité. Woody a beau être une sorte d'ordure durant tout le film, il n'en reste pas moins terriblement humain et représente à lui seul les jouets old school d'une lointaine époque.

J'aurais bien envie de dire une vanne salace, mais ce serait tout feu, tout flamme...

Le second film enfoncera le clou en évoquant littéralement que la conquête spatiale a foudroyé la carrière télévisuelle de la bande à Woody. Pareil pour Buzz qui évolue passant de parfait naïf à un personnage se découvrant avant de déprimer sur son sort. Les scénaristes ont insufflé une véritable psychologie à ces personnages qui permet au spectateur de se familiariser d'autant plus avec eux. Toy Story a beau être court, il n'en reste pas moins le premier chef d'oeuvre du studio.

Toy Story : Photo

"Mayday, mayday! Je suis tombé sur la planète Borat! -La cave de Borat! -Oui merci... QUOI?!"

Séquence culte: Ce moment fatidique où Woody et Buzz atteignent le point de non-retour à une station essence et en viennent aux mains. Il y a une certaine brutalité dans la scène, montrant deux jouets se bagarrant pour avoir une place dans le coeur d'un enfant. Ce moment l'air de rien assez violente prend son sens quand les deux finissent par causer entre eux et notamment la réponse d'un cowboy excedé: "Tu n'es qu'un jouet!"

  • 5 The Dark Knight de Christopher Nolan

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Affiche Christian Bale

TDK m'a fait le même effet qu'à l'époque où j'ai vu Spider-man de Sam Raimi au cinéma. Une excitation qui te donne envie d'aller au cinéma voir un super-héros. Et pourtant ce n'était pas gagné. A l'époque de sa sortie, je n'avais pas trop aimé Batman Begins, étant trop habitué aux films de Tim Burton, à la série et aussi aux deux daubes de 95 et 97. Il faut dire aussi que je n'avais pas lu le comic-book avec Batman à cette époque. Depuis j'avais au moins lu The Dark Knight returns et revu Batman Begins au point que ce dernier fut un des films qui est revenu très souvent dans le lecteur dvd entre juin et août 2008. Au point d'attendre avec encore plus d'impatience ce second opus événement. Si le premier était une pure origin story revenant avec fracas sur Year One de Frank Miller, ce second opus s'attaque à The long halloween de Jeff Loeb mais dans un contexte relativement différent. Collant au plus prêt d'une réalité bien moins éloigné que l'on puisse le penser, Nolan le pose dans un contexte post-11/09 de tous les instants où le chaos est roi et la violence omniprésente. Et comme figure de proue le fameux Joker merveilleusement joué avec nuance par le regretté Heath Ledger.

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Photo Christopher Nolan, Heath Ledger

Il alimente les tueries et aligne les explosions fulgurantes, la plus percutante restant celle de l'hôpital, véritable moment d'angoisse tout comme le suspense entre les deux bateaux. Au milieu de ce chaos, le Batman n'a jamais été autant en difficulté: face à un ennemi qui n'a aucun honneur et qui n'a pas besoin de supériorité physique pour s'imposer, sa force n'en est que plus superflue. Christian Bale est définitivement le Batman face à un casting impitoyable où même Eric Roberts est bon! 

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Photo Christian Bale, Heath Ledger

Séquence culte: Il y en a énormément (le film grouille de scènes potentiellement cultes, en tous cas c'est celui qui en regorge le plus de la trilogie) mais une des plus marquantes est la poursuite survenant dans le tunnel. Quasiment pas de musique, se contentant du bruit des tirs et des camions, la séquence est remplie de suspense, sorte de rollercoaster où l'on se demande quand cela s'arrête. D'autant que durant la plupart de la séquence, la police est seul à pouvoir agir, Batman n'arrivant que plus tard avec une arrivée fracassante. De la pure minutie.

  • 6 The land before time de Don Bluth

Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles : Affiche

Don Bluth appartient à mon enfance et mon adolescence. J'ai longtemps pensé que ses films finiraient par devenir moins passionnants au fil des années. Je me suis monumentalement trompé. Don Bluth est un réalisateur méconnu, en tous cas pas assez du grand public et pourtant certaines oeuvres sont connues comme The land before time. Presque une décennie avant Le roi lion, le réalisateur ose faire mourir un personnage fort et qui plus est maternel au bout d'une demi-heure dans une séquence au combien émotionnelle. Derrière ses atours de film d'animation avec des dinosaures comme personnages, The land before time reste un grand drame sur le deuil, l'acceptation et l'amitié. C'est le cas typique du film en apparence enfantin et finalement terriblement bouleversant. Je n'ai pas peur de dire que je suis ému à chaque vision de par ses images bouleversantes bien aidées par la musique monumentale de James Horner. C'est avec ce genre de bande-originale que j'ai commencé à adorer Horner. C'est finalement l'histoire d'adolescents voire enfants qui essayent de retrouver leurs parents en cherchant une vallée, sorte de paradis perdu et terriblement éloigné.

Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles : Photo

Mais la vie peut être cruelle comme le confirme le cas de Petit Pied. Garçon ayant perdu sa mère, il se retrouve seul avant de devenir un leader improbable. Avec lui, les enfants perdus vont grandir et limite devenir des adultes. Balayez d'un revers toute la série de films qu'Universal a sorti depuis les 90's, s'il faut voir un seul Petit Dinosaure c'est bien le chef d'oeuvre de Don Bluth.

Quand le film d'animation atteint les sommets du drame.

Séquence culte: Certainement un des passages les plus poignants du film. La mort de la mère de Petit-Pied arrive au bout d'une bonne demi-heure. Si cette scène est déjà fort émouvante, celle où le petit parle de sa mère l'est d'autant plus. Le petit voit que sa mère ne reviendra pas, l'occasion de faire éclater sa colère. C'est dans ces moments que Don Bluth touche au but: il parle du deuil vu par un enfant dans toute sa violence avec la haine, la peur d'être seul et la tristesse. La musique de James Horner, plus williamsienne que d'habitude, n'en devient que plus monumentale. Plus qu'un moment de tristesse, elle catalyse parfaitement l'état d'esprit de son personnage à l'écran. Magnifique à en pleurer.

  • 7 Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki

Princesse Mononoké ((

Le septième film de Miyazaki san a fait couler beaucoup d'encre à l'époque. Voulant se payer une retraite dorée, le réalisateur donne tout ce qu'il a dans son film le plus sanglant jusqu'à présent, battant par ailleurs Nausicaä son film de guerre et anticipation. Princesse Mononoké a différentes faces. La première étant un film de guerre féodal. Contre toute attente, le réalisateur s'encre dans une époque violente où le Japon était plus ou moins en crise si l'on se fit au point de vue de Dame Eboshi comme des femmes qui la servent. La guerre est à la fois celle d'Eboshi face aux loups mais aussi celle de la forêt avec l'Homme. Face à une intolérance de plus en plus croissante, la nature se révolte et le climax dans un blasphème ultime en est la preuve irréfutable. La seconde est un drame fantastique. Ashitaka est la victime collatérale d'une guerre auxquelle il va devoir participer. "Qui veut la paix prépare la guerre" disaient les Romains. Un héros malheureux essayant de survivre à une malédiction qui ne lui était pas destiné. Un héros tragique probablement le seul de la filmographie de Miyazaki san. Porco Rosso se plaisait avec ses avions malgré son tragique passage dans les nuages. Nausicaä survivait au sein de l'apocalypse quand Jiro retrouvait la paix intérieure. Il n'en est rien avec Ashitaka.

Princesse Mononoké : photo Hayao Miyazaki

Quant à la troisième il s'agit d'une histoire d'amour tragique. San et Ashitaka s'aiment mais leurs destins ne concordent pas. Unis dans l'amour mais incapables de vivre ensemble, ils en font un couple digne d'une tragédie grecque. L'amour ne triomphe pas toujours mais il ronge. Miyazaki signe son plus grand chef d'oeuvre en ce qui me concerne avec Princesse Mononoké. Et par dessus tout, donne lieu au meilleur score de Joe Hisaïshi. 

Princesse Mononoké : photo Hayao Miyazaki

Séquence culte (spoiler): Avec cette courte scène, Miyazaki san montre toute sa poésie. Alors que ses héros sont pris entre la vie et la mort, l'illumination arrive via une tête. C'est aussi là que le talent d'un compositeur comme Joe Hisaïshi se prononce. Sa musique emporte tout sur son passage montrant deux amoureux qui s'ignorent unis face à une possible mort certaine. Magnifique.

  • 8 Last Action Hero de John McTiernan

Last Action Hero : Affiche

John McTiernan c'est le patron on n'y touche pas! Enfin si sur un film comme Rollerball et encore ce n'est pas totalement sa faute (sauf pour l'infrarouge parce que c'était dégueulasse!). Mais un Last Action Hero on n'y touche pas et pour rien au monde. La même année, Sylvester et Arnold sont en mode méta: oubliez le film con avec bourrin con, avec Demolition man et Last Action Hero montrent qu'ils en ont à revendre et qu'ils peuvent se foutre de leur tronche avec subtilité. Arnold se fait alors un plaisir devant la caméra de McT à débiter les répliques cultissimes concoctées par un Shane Black pas surpayé pour rien. Jamais aussi iconique (à part Terminator et Conan le barbare), Schwarzy donne lieu à un festival dont on n'est pas prêt d'oublier: "T'as des doigts? Croise en un max t'as intérêt!", "Moi aussi j'ai une baguette magique qu'il faut que je secoue!", "Arnold Alberschwarzer! -Schwarzenegger! -A tes souhaits!", "T'aime les omelettes? Tiens j'te casse les oeufs!", "Pour qui sonne la glace, celui-là je l'ai refroidi!", "Navré de te décevoir mais tu n'échappera pas à tous les délices qui donnent à la vie toute sa saveur: l'acné, l'éjaculation précoce, le rasage et ton premier divorce!", "Y a de quoi se la prendre et se la mordre!", "Il fait beau on s'était dit qu'on allait coffrer quelques trafiquants de drogue!", "Il était d'une flatulence émouvante"... Je pourrais continuer toute la journée avec des répliques aussi savoureuses.

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Le meilleur est au milieu!

Le film interroge définitivement sur notre rapport spectateur-personnage, notamment chez le jeune public. Le héros d'action est un exemple typique car il est le héros pour lequel s'idéalise le jeune garçon et qu'il rêve d'être. Qui n'a jamais rêvé d'être un super-héros? Jack Slater en est un dans un certain sens car il est directement imprégné dans la pellicule, ce qu'il n'est pas lors de son passage dans le monde réel. L'occasion aussi pour Schwarzy de casser un peu plus son image, quitte à parler de Planet Hollywood et d'être un mauvais roi de la promo! Puis la bande-originale aligne quand même AC/DC (pour leur clip le plus culte, car Schwarzy qui danse dans la tenue d'Angus Young, ça vaut tout les pesants de cacahuètes du monde!), Alice in chains ou encore Aerosmith. Et puis il y a Charles Dance en grand méchant à l'oeil de verre!

Last Action Hero : Photo Arnold Schwarzenegger

Séquence culte: Parler de Last Action Hero sans évoquer la séquence d'Hamlet ne serait pas parler de Last Action Hero. Plus que fidèle à l'oeuvre de Shakespeare, McT dynamite (c'est le cas de le dire) cette histoire de prince souhaitant se venger de la mort de son père. Les balles fusent, les corps tombent et on retiendra au moins deux répliques: "Claudius c'est toi qui as tué mon père. Monumentale erreur!" et "Etre ou ne pas être? Ne pas être!"

  • 9 Donnie Darko de Richard Kelly

Donnie Darko : Affiche Drew Barrymore, Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Richard Kelly

Voilà l'exemple typique du premier film de qualité. Vu il y a longtemps de cela sur Ciné Frisson, j'avais fini par le voir il y a cinq ans sur Arte avant de me le procurer et le voir plus d'une fois après. Film à twist encore une fois mais qui se savoure à chaque vision. Il est incroyable de voir des premiers films aussi riches et surtout aussi bien filmé de nos jours. Il n'y a qu'à voir l'exigence donné aux effets-spéciaux pourtant nombreux pour une petite production (on peut vraiment parlé de film indépendant us dans le cas présent). Ovationné à sa sortie, Kelly aurait pu très bien devenir un grand. Malheureusement pour lui (et pour nous), il n'y a pas eu de réel lendemain, The box étant pas mal mais Southland Tales un film qui ne sait absolument pas où il va. Mais Kelly signe ici un film qui mélange les genres parfaitement avec de la science-fiction (voyage dans le temps), horreur (le crash de voiture, le cachot) et teen movie (n'oublions pas que Donnie est un adolescent, qu'il est amoureux et qu'il organise une boom chez lui). Donnie Darko c'est tout ça et bien plus. Le réalisateur n'a pas décidé de prendre les années 80 comme décor pour rien puisque c'est un enfant des 80's plus que des 70's où il est né. La preuve la plus flagrante est Evil Dead projeté pour la nuit des masques ou le choix des musiques toutes des années 80 (y compris Mad World qui est une reprise).

Donnie Darko : Photo Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Richard Kelly

Kelly a également la chance de tomber sur un casting en béton: Jake Gyllenhaal qu'il découvre réellement aux yeux des cinéphiles, Jena Malone ravissante adolescente ressortant de Contact, Patrick Swayze parfait dans un rôle affreux, Drew Barrymore qui n'a jamais aussi bien joué, Noah Wyle terriblement sympathique... Donnie Darko est un film complexe mais pas suffisamment pour perdre son spectateur en chemin. C'est toute sa grandeur à l'image de son final au combien poignant et terrible.

Cela doit arriver...

Séquence culte: J'aurais pu citer la scène de la boom qui m'a fait découvrir Joy Division, mais j'ai préféré prendre la confrontation entre Jake Gyllenhaal et Patrick Swayze. Face à une horde de gens manipulés par ce gourou visqueux (et ce au sein même du corps enseignant), Donnie Darko est le seul à s'offusquer. N'y allant pas par quatre chemins, le lycéen ose crier tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, contrecarrant la plupart des arguments de son interlocuteur. Le fauteur de trouble sera expulsé sous les applaudissements et les huées? Pas grave, la sentence arrivera tôt ou tard. 

  • 10 Les Blues Brothers de John Landis

The Blues Brothers : Affiche Dan Aykroyd, John Belushi, John Landis

Voilà un film qui a rythmé toute mon adolescence. Grande comédie issu du Saturday Night Live, Les Blues Brothers est un film au combien fou encore aujourd'hui, quasiment jamais dépassé dans la folie furieuse comique (bon peut être Jim ou avant avec Jerry Lewis). John Belushi ne trouvera plus un film aussi culte dans sa filmographie ou plutôt aurait pu (il était attaché à Ghostbusters avant son décès). Quant à Dan Aykroyd l'après 1990 ne lui a pas fait que du bien. Mais en ce temps ils étaient les Blues... les Blues... Brothers! Ce duo atypique de frères repris de justice, chanteurs de haut vol et attireur d'emmerdes comme jamais! Les impôts pour l'église à payer;, les cowboys énervés de s'être fait arnaqué; des chanteurs de country qui se sont fait volé la place; des flics et même Carrie Fisher! Un véritable régal, en sachant que le film est rythmé à la manière des montagnes russes: on ne sait jamais sur quoi on va tomber et tant mieux! Un centre-commercial rempli de monde? Terrain de jeu pour une course-poursuite délirante où on dégomme les vitrines et la marchandise comme aux auto-tamponeuses, sous une musique pétaradante! Des nazis font une réunion causant un embouteillage? On les dégomme faut pas déconner! Un petit boeuf avec Ray Charles autour d'un piano? Check!

The Blues Brothers : Photo Dan Aykroyd, John Belushi, John Landis

Aretha Franklin qui en a ras le bol? Chantons Freedom dans un fast-food! Une salle pleine à craquer juste pour payer une église? Double check into the night! Et évidemment il y a le tout-puissant, le sacro-saint, le père du Christ, le saint-esprit, l'impitoyable, le généreux, le seigneur quoi. Ultimate check! En sachant qu'il s'agit certainement du meilleur film de John Landis. Même le loup n'arrive pas à la cheville de ce sommet d'humour.

Tatatatata tata! Tatatatata tata!

Séquence culte (spoilers) : Comment citer Les Blues Brothers sans évoquer la poursuite finale? Climax de plus de vingt minutes, il est d'un ravissement à toute épreuve, un festival jubilatoire, une explosion comique où se retrouvent deux chanteurs à lunettes et costumes noirs, des nazis, des flics dirigés par John Candy et Spielberg! Et en point d'orgue un monumental carambolage (que ce salopiaud de Luc Besson pastichera bien dégueulassement dans Taxi 2) et des séquences de bagnoles au ras du sol parmi les mieux filmées de l'histoire du cinéma. 

The blues Brothers- course pousuite finale par Slashovic33

  • 11 Terminator 2: Le jugement dernier de James Cameron

Terminator Genisys (8)

S'il y a bien un film que je rêve de voir un jour dans une salle obscure (ce sera le cas de son aîné le 29 pour la Nuit du bis du Scala), c'est bien Terminator 2. Ma génération a eu Avatar (qui est un film que j'aime beaucoup et probablement une de mes meilleures expériences en salle), la précédente Terminator 2 et certainement un des voeux de cinéma de bons nombres de gosses des 80's. A l'heure où son cinquième opus s'annonce de pire en pire à longueur d'extraits, revoir le second opus reste un plaisir indéniable. La preuve même (et aussi que Big Jim est indispensable au monde du blockbuster) que l'on peut faire un blockbuster bourrin mais avec un vrai scénario derrière. En faisant changer de bord l'ami Schwarzy (décidément très présent dans cette cuvée mais attendez de voir la suite), Big John signe au départ un pari casse-gueule devenant progressivement une des plus grandes idées de sa carrière. Schwarzy est iconique au possible, réussissant enfin un peu à changer de son jeu quelque peu monolithique ou castagneur virulent pour jouer parfaitement le robot. Il est définitivement le T-800 et son dernier plan est probablement l'un des plus émouvants de la carrière de Big Jim. 

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton

T2 interroge aussi sur l'apocalypse à venir, celui que l'on cherche sans cesse à repousser mais finalement ne serait-ce pas vain? Le troisième opus le premier à ne pas être signé Big Jim le confirmera, mais à l'heure de 1991, les choses sont bien plus incertaines. Comme le rapport entre l'Homme et la Machine. John Connor trouve dans le T-800 une sorte de père qu'il n'aura jamais et face à lui une machine plus perfectionnée qui cherche à l'assassiner. Un paradoxe implacable d'autant que Robert Patrick (qui ne retrouvera jamais un rôle aussi iconique non plus) est terrifiant au possible. Sans compter que le film s'assume aussi pleinement comme un film d'action restricted superbement filmé. Une chose qui désormais est d'une rareté incroyable. Preuve en est Mad Max Fury Road est Restricted, Terminator Genisys sera PG-13. Un constat évident... 

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo

Séquence culte: J'aurais pu citer la poursuite à moto en plein Los Angeles comme le mythique "Hasta la vista baby!" ou encore l'ouverture totalement apocalyptique (une des plus grandes visions apocalyptiques du cinéma et ce ne sont que quelques minutes), mais indéniablement la scène de fusillade à Cyberdine avec Schwarzy over the top et son foutu mini-gun (qu'il avait découvert avec un sourire improbable pour un T-800) est un grand moment de poésie. Le bruit de l'arme qui dézingue rythme la scène mais pas de mort à l'arrivée, juste des blessés. Il ne faudrait pas trahir John. C'est dire l'efficacité de cette scène: alors que l'on pourrait croire que Schwarzy nous ferait un remake de la scène du commissariat, il ne tue personne. Poésie...

  • 12 Casino de Martin Scorsese

J'ai longtemps cité The Departed, mais désormais mon favori de Marty c'est Casino. Voilà le type de film qui dure près de 3h mais où l'on reste scotché de manière incroyable. Il faut dire que le film a tout pour lui. Marty a commencé à se refaire sévère des mornes années 80 (films pourtant bons qui n'ont pas marché ou scandalisé, un pur chef d'oeuvre et des commandes), à commencer par Les affranchis, puis l'efficace remake des Nerfs à vif. Mais avec Casino, Marty sort les crocs et montre littéralement qui est le patron. Dès son générique signé Saul Bass (soit l'un des meilleurs dans cette spécialité et le mot est vraiment faible) sous fond d'opéra, on sait à quoi on a à faire. Le film sera une vraie descente aux enfers pour ses personnages principaux et le mot est encore bien trop faible. L'histoire d'une ascenssion fulgurante qui finit par brûler les ailes de chacun des cocos. Robert De Niro par son ambition démesurée et les ennemis qu'il se fait petit à petit; Sharon Stone par l'alcool et la drogue qui la ronge et fait d'elle une mère terriblement dangereuse; et Joe Pesci l'emmerdeur fini qu'il ne vaut mieux pas titiller. Chacun fait une performance impitoyable dans ce pur chef d'oeuvre de polar (et encore peut-on le mettre dans ce lot? Même pas sûr).

Casino : Photo Martin Scorsese, Sharon Stone

En deux mois, De Niro voyait deux films le magnifiait à son juste niveau, d'abord Casino puis Heat. Joe Pesci signe une de ses dernières grandes apparitions avant un silence radio pour le moins improbable. Quant à Sharon Stone, elle trouve ici le meilleur rôle de sa carrière, sortant enfin de l'image grossière de la bombe sexuelle et de la potiche garce. Il était probablement temps pour elle de toucher la grâce. Une grâce qui ne reviendra plus jamais par la suite...

Casino : Photo Don Rickles, Martin Scorsese, Robert De Niro

Séquence culte (spoiler): Une des dernières scènes du film, la plus violente de tout le film, où la narration de Joe Pesci commence et finit à coup de batte de baseball. Le plus cocasse étant que dans Les affranchis c'est Joe Pesci qui tuait Frank Vincent violemment. La vengeance est un plat qui se mange froid.

  • 13 Jurassic Park de Steven Spielberg

Jurassic Park : Affiche

Je l'ai découvert à cinq ans sur une vhs enregistrée, mais c'est vraiment à mon adolescence que j'ai commencé sérieusement à apprécier ce film. Jurassic Park n'est pas mon film préféré de Spielby mais c'est indéniablement un d'entre eux. Encore une preuve qu'un divertissement peut être aussi attrayant qu'intelligent. Il part pourtant d'une idée toute simple: et si on pouvait recréer des dinosaures? La question est simple, la réalisation foireuse mais réelle et le résultat une belle catastrophe industrielle. Michael Crichton et Spielby sortent le grand jeu pour cette histoire d'ambition qui tourne mal ou quand l'idée de base devient un véritable cauchemar ambulant. Pour cela, Spielby peut compter sur des acteurs pour le moins impeccables. Sam Neill ancien Damien du dernier volet de Malédiction et se retrouvant la même année dans la palme d'or The piano; Laura Dern égérie lynchienne au summum de sa beauté (oui même quand elle est remplie de boue et de merde, elle est magnifique); Richard Attenborough qui signe d'ailleurs la meilleure réplique du film "j'ai dépensé sans compter"; et enfin l'impayable Jeff Goldblum au summum de son cynisme (le second opus en rajoutera une bonne couche dans ce domaine) avec aussi une belle réplique culte à son actif "j'en ai marre d'avoir toujours raison".

Jurassic Park : Photo

Mais surtout à l'image de T2 précité dans cette cuvée, le film de Spielby est un véritable bijou technologique. Adieu la stop-motion de Ray Harryhausen comme initialement prévu (même si plusieurs animatroniques seront utilisés au cours du tournage), vive les images de synthèse et ce que l'on appellera cgi pour les dinosaures en question. Un résultat qui n'a absolument pas vieilli et ce même sur ma bonne vieille VHS (ma cousine m'avait entretemps filé la sienne quand elle a bazardé ses VHS, monumentale erreur!). Ce qui prouve que le film n'est en rien obsolète et surtout en comparaison d'un grand nombre de productions hollywoodiennes actuelles ayant parfois un sérieux mal à impressionner avec des moyens conséquents.

Séquence culte: Il y a dans cette séquence une émotion palpable qui fait qu'on s'en souvient. Petit cette scène ne me faisait pas trop d'effet, mais si c'était à partir de là que le film prenait de l'ampleur. Il a fallu l'adolescence pour enfin frisonner devant. Véritable rollercoaster d'émotions où la musique de John Williams est totalement absente. Dans un film d'horreur et notamment les tout derniers, la musique est omniprésente ou fait constamment son apparition pour un vulgaire jump scare. Spielby décide ici de laisser court à toute musique, miser uniquement sur les bruitages. Quand le t-rex arrive, on l'entend arriver et on a sérieusement peur de ce qui va arriver d'autant que c'est sa première vraie apparition (le passage de la chèvre étant déjà arrivé). Et le spectacle macabre qui se joue devant nous n'en est que plus palpitant et d'une violence incroyable. On parle pourtant d'un PG-13...

  • 14 Mars attacks de Tim Burton

Mars Attacks! : Affiche

J'aurais pu citer comme souvent Edward aux mains d'argent mais je l'ai déjà cité dans la Cuvée Christmas et comme il faut varier les plaisirs, citer mon second film préféré de Timmy à une époque où il savait faire des films me paraissait évident. A une époque où j'adorais Independence day (une époque fort lointaine mais belle et bien là), Mars attacks m'était au moins connu par l'affiche qui trônait chez mon cousin (si j'avais su je lui aurais demandé de me la passer au loin qu'il la bazarde à la poubelle) et lors de ma première vision, je n'avais pas été époustouflé. Peut être le manque de culture burtonnienne ou tout simplement que l'humour ne m'avait explosé à la gueule. Il a fallu que je le revois en faisant une rétrospective de Burton pour totalement y prendre goût. Le cinéma us des 90's fut souvent virulent, preuve en est des films comme Starship troopers ou Strange days. Mais avec Mars attacks on est vraiment dans la satire parodique qui tâche où la femme du président jure, sa fille est incarnée par Natalie Portman (love), où les aliens sont battus de la manière la plus improbable possible, où le principal héros est un ancien boxeur devenu gardien égyptien à Las Vegas, où Martin Short est un sérieux obsédé sexuel qui amène des prostituées à la Maison Blanche, où Tom Jones est un véritable héros, où Jacko Nicholson joue deux rôles (j'ai eu besoin de lire le livre d'entretiens de Burton pour le découvrir!) et ça c'est cool.

Mars Attacks! : Photo Tim Burton

On pourrait continuer encore longtemps à citer les passages fun du film (bon pour en citer un autre la scène de baise avec Christina Applegate sur Stay alive avec les martiens qui matent!) ,mais le meilleur est certainement de voir qu'on peut clairement faire un grand film avec un matériel aussi improbable que des cartes à jouer! Burton se fait également plaisir en multipliant les allusions à Ray Harryhausen et aussi donner un ton loufoque à l'image de certaines séries B des années 50. Burton s'est fait plaisir, le public n'a pas suivi. Aujourd'hui pourtant Independence day et Mars attacks sont au même statut culte pour la plupart des spectateurs. Ironie quand tu nous tiens.

Si toi aussi t'as la classe de Tom Jones!

Séquence culte: La première attaque des martiens est un vrai plaisir coupable à lui tout seul. Les USA accueillent à bras ouverts le martien sans se rendre compte qu'ils se font manipuler comme jamais par des créatures armées jusqu'aux dents et avec des armes pouvant les dégommer chimiquement! Le meilleur étant certainement Jack Black en bon marines de pacotille sortant une arme non-chargée façon Rambo, sort le drapeau US pour se rendre et se fait dégommer devant toute sa famille! Jubilatoire!

  • 15 L'apprentie sorcière de Robert Stevenson

Vous vous étonnez que votre amour de Borat n'avait pas cité un Disney? Hé bien voilà on y est mais avec un film live parmi les classiques. J'aurais pu citer de très bons films d'animation que ce soit Les aristochats, Aladdin ou même Pinocchio, mais j'ai un vrai attachement pour L'apprentie sorcière. Film moins connu qu'un Mary Poppins, L'apprentie sorcière est certainement mon classique préféré du catalogue Disney (je ne parle donc pas de productions type Pirates des Caraïbes). Déjà pour le charme du duo Angela Lansbury (hé oui la fameuse et grande actrice de la série Arabesque)/ David Tomlinson (que j'avais donc découvert avant Mary Poppins) qui irradie littéralement le film. Elle en sorcière véritable qui apprend progressivement, lui le magicien de pacotille qui lui envoie ses cours! Un duo qui se drague sous la mer entre deux séquences animées en dansant ou en alignant les conneries ensemble. Sans compter les gosses qui sont de merveilleux petits canaillous accumulant les conneries avant de devenir de braves petits (on est chez Disney rappelons-le). Comparé à Mary Poppins qui malgré une certaine époque n'était pas précis, L'apprentie sorcière se pose dans une réalité bien visible avec la Seconde guerre mondiale en point de mire, les nazis arrivant sur l'Angleterre.

L'Apprentie sorcière : photo

Ce qui sera l'occasion d'une bataille en terre anglaise entre des nazis armés et des chevaliers en armure et personne dedans menés par la sorcière/héroïne Lansbury. Un climax absolument jubilatoire bien comme il faut à l'image d'un film trop peu connu et finalement un classique impayable.

L'Apprentie sorcière : photo

Séquence culte: Désolé pour la musique de merde mais c'est la seule vidéo montrant cette scène. David Tomlinson se porte garant pour arbitrer le match du roi lion. Ce qu'il ne pensait pas c'est qu'il allait subir un des matchs de football les plus sauvages de l'histoire, véritable jeu de massacre et de triche. Une scène jubilatoire et jouant merveilleusement sur le paradoxe du gauche-droite!

  • 16 Commando de Mark L Lester

Commando : Affiche Arnold Schwarzenegger, Mark L. Lester

J'aurais pu choisir du très lourd dans la bouserie caviar, vous savez ces film tellement mauvais qu'ils en deviennent indispensables à tout cinéphile qui se respecte. Je pense à Turkish Star Wars, Dinosaur from the deep ou Hitman le cobra (Philiiiiiiiiiiiiiiiiiippeeeee!). Mais j'ai choisi du beau nanar bien copieux. Plus qu'un nanar, Commando c'est le blockbuster con comme une mule (désolé pour l'animal, c'est l'expression qui veut ça) qui se respecte pour notre plus grand plaisir. Encore loin du cynisme hollywoodien des années 2000, de son marketing dégueulasse et de ses effets-spéciaux qui ne veulent parfois plus rien dire et perdent le spectateur en efficacité. Une époque où Schwarzy commençait à être une superstar (Conan + Terminator = bigger successful!) et où Commando était le parfait véhicule de sa célébrité bourrine à venir. A peine à l'écran il taille une bavette avec un tronc d'arbre sur l'épaule! Puis il se crashe volontairement pour arrêter sa voiture. Il dégomme un siège de décapotable, un mec qui lève les bras après s'être fait tordre le cou et surtout ce final épique (et bourré de faux-raccords!) où il massacre la moitié de l'armée mexicaine à lui tout seul! 

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C'est qui le patron?!

A elle seule cette scène montre toute la jouissivité d'une telle entreprise digne de ce cher Joel Silver. Un esprit over the top, un acteur bourrin, un pitch débile mais furieux, Vernon Wells en côte de maille, allez on y va! Et si en plus James Horner sort la chemise hawaïenne pour faire de la musique on y est! Commando c'est le genre de blockbuster qui me manque cruellement aujourd'hui et c'est peut être pour cela que je l'aime beaucoup. D'ailleurs le film devait avoir une suite où John Matrix (Silver ce visionnaire) devant sauver sa fille et sa copine en dégommant un immeuble. Mais Silver a préféré faire Piège de cristal. Un mal pour un bien!

Commando : Photo Arnold Schwarzenegger, Mark L. Lester 122

Les vrais ont la pipe au bec!

Séquence culte: S'il y a bien une scène ou plutôt une réplique à retenir c'est bien ce grand moment de subtilité. Tenu par le bras de Schwarzy, Sonny attend sa sentence. Car Arnie a menti et elle est irrévocable.

  • 17 La cité de la peur d'Alain Berbérian

La cité de la peur 20 ans après

S'il y avait bien un film français à citer dans cette cuvée c'était bien La cité de la peur. Quand les Inconnus font un film c'est sympa mais ne vieillit pas très bien. Mais La cité de la peur c'est l'esprit Nuls sur toute la longueur. Les vannes, les gags visuels, les références... On les connait tous et on ne s'en lasse pas. Alain Chabat se prend pour un personnage de Dostoïevski et chasse le vilain Rick Hunter quand il n'a pas des gaz. Ah par ailleurs il ferait mieux de penser avec sa tête et non avec sa (bruit d'avion). Chantal Lauby est une pitoyable attaché de presse tombant sur un serial killer! Un quoi? Un serial killer! Ah un tueur en série! Un serial killer quoi! Dominique Farrugia est la star d'un film d'horreur raté et anti-communiste qui vomi quand il est content ("hé ben le voilà le jus d'orange!") et fait ses boutiques sur Pretty Woman. Dominique Besnehard vous pisse à la ré. Gérard Darmon danse la carioca avec Chabat quand il n'a pas envie d'un whisky et d'un string léopard, tout en faisant des vannes foireuses ("Quelle est la différence entre un pull et une moule? Le pull ça moule et la moule ça pue l'ovaire!"). Emile a bien besoin d'un chewing-gum quand la souprefette arrive au ralenti. Tcheky Karyo gueule "Cooooooooooooooooooooooooooooooooombiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien????!", Eddie Mitchell n'émet aucun bruit, Jean-Pierre Bacri râle et Daniel Gélin aime les pieds et les oreilles de sa femme!

Alain tu t'es vu quand t'as bu?

C'est exactement la comédie française que je pourrais voir encore longtemps sans me lasser, preuve de sa qualité. Et en plus elle a mon âge, si ce n'est pas prophétique!

Sais-tu danser la carioca? Ce n'est pas un foxtrot ou une polka...

Séquence culte: Commençons le meilleur par le début. Hommage à peine voilé aux slashers (le tueur en série à masque) et à Evil dead (une bande de potes dans une maison dans la forêt), Red is dead est un film dans le film absolument jouissif car raté. Rien ne marche on y croit pas et c'est qui est drôle. Comme l'accumulation de "c'est affreux", le tueur ridicule et communiste (fossile et le marteau ça ne se refuse pas), Hélène de Fougerolle faisant la pouf merveilleusement bien, les plans sur les gueules avant la mort et puis le chat aussi. Malheureusement pas trouvé la scène entière mais voilà un bel échantillon.

  • 18 Le retour du jedi de Richard Marquand

Le retour du jedi

J'aurais pu citer ses deux aînés, mais il est plus évident de parler du sixième opus ou plutôt du troisième car c'est celui que j'ai le plus vu et préféré durant la plupart de mon enfance et adolescence. Si désormais je préfère les deux premiers et davantage L'empire contre-attaque, j'apprécie toujours autant ce troisième volet pour plusieurs raisons. La première parce que c'est la conclusion ultime: Luke retrouve son père, on dézingue l'Empire de l'intérieur comme de l'extérieur. La seconde parce qu'il y a le second duel entre Dark Vador et Luke et qu'il y a sans cesse une émotion dans les coups portés. La conclusion du second opus a fait des petits. La troisième parce que Harrison Ford est de retour en Han Solo après avoir semé le doute sur le tournage du second opus. Surtout que l'on parle de mon personnage préféré de la saga Star Wars. La quatrième parce qu'il y a toute l'ouverture à Tatooine, soit l'une des meilleures séquences de la saga. Fantasme adolescent 80's avec Carrie Fisher en bikini doré gourmand et croquant (Jabba y a succombé); baston devant un trou gourmand, explosion pétaradante, créature géante sortant de l'obscurité, Luke débarquant dans l'obscurité... Le retour du jedi quoi.

L'héritage du père (2)

La cinquième parce que la course dans la forêt des ewoks c'est quand même sérieusement la classe rapide et furieuse. Pour tout ces éléments j'adore Le retour du jedi. Et ce malgré ces petites boules de poil. Et ce malgré ce ton volontairement moins sombre (George!). Mais c'est quand même une putain de conclusion avant le film de JJ Abrams! 

Je vends du rêve aux mecs des 80's! :D

Séquence culte: Grand moment fun par excellence, la baston sur Tatooine est un plaisir pour les yeux, moment héroïque par excellence. C'est aussi objectivement la dernière fois que nous voyons la planète. Une grande scène de divertissement, ce que l'on appelle un moment de bravoure.

  • 19 La route d'El Dorado d'Eric Bergeron et Will Finn

Voilà un film des studios Dreamworks que je pourrais regarder tranquillement durant longtemps. Avant-dernier film de ce type (animation traditionnelle avec pointes de cgi en temps voulu) avant de passer à la sacro-sainte image de synthèse, La route d'El Dorado est un pur film d'aventure assez anachronique dans le parcours du studio. Un peu comme Le prince d'Egypte sorti un an avant, le film est assez particulier voire plus porté sur un public typé adolescents-adultes. C'est peut être aussi pourquoi le film n'avait pas marché à l'époque. On parle quand même du parcours de marginaux en passe de finir comme esclaves/prisonniers avant de tomber sur un peuple où un sorcier aime bien faire des sacrifices (un d'entre eux est même bien mis en évidence!) et un des personnages baise... enfin c'est suggéré mais vous m'avez compris! D'autant que le film s'inspire aussi d'un très grand film à savoir L'homme qui voulut être roi. Mais comme Chicken run avec La grande évasion la même année (autre film d'animation que j'aurais pu citer dans cette cuvée, mais plus de place!), cela n'a pas grand importance et s'en est même sacrément jouissif. Un vrai film d'aventure d'animation qui vise un public large et est aussi fun que bien animé.

Mais pour une fois la VF passe avant la VO pour une simple et bonne raison: c'est la première réunion entre Antoine de Caunes et José Garcia depuis la fin de leur présence à Nulle Part Ailleurs. Sauf que cocassement, c'est Garcia qui double le bellâtre Tulio et De Caunes qui s'occupe du barbu Miguel! Sans compter Victoria Abril pour le personnage de Chel, ajoutant un côté exotique de plus à l'entreprise et des ténors du doublage comme Jacques Frantz, Féodor Atkine et Richard Darbois. Le score d'Hans Zimmer est également de qualité, semblant anticiper celui des Pirates des Caraïbes.

C'est qui la patronne?

Séquence culte: S'il y a bien une scène au combien jouissive, c'est bien sûr celle du jeu de balle. Devant montrer qu'ils sont des dieux, notre duo doit jouer à un jeu crée par... des dieux! Devant à tout prix gagner, le duo n'est pas forcément prêt pour un jeu de ce type!

  • 20 Million dollar baby de Clint Eastwood

Million Dollar Baby : Affiche Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman

Mon premier film de Clint Eastwood vu, premier coup de coeur et quasiment indépassable. C'est l'évidence même quant à évoquer maître Eastwood dans cette cuvée. La première claque que je me suis pris de l'acteur-réalisateur fut au cinéma et je pense que c'est le premier film type adulte que j'ai vu en salles. Plus de films d'animation ou super-héros en ligne de mire, avec Million Dollar Baby le coup de poing est féroce et vous met littéralement à terre. La violence est palpable jusqu'à un dernier acte dramatique qui révolte autant qu'il ne met la larme à l'oeil. Partant d'un drame sur la boxe, le film devient plus rapidement que prévu un film sur la survie et ce qu'elle advient quand on n'a plus le choix. Un film émouvant et qui prend littéralement aux tripes. Mais c'est aussi un film qui a plus tard dans ma vie quelques redondances au point d'y voir des similarités. Pas de boxe mais un événement dramatique et familial qui m'a marqué au fer rouge et dont ce film partage différents points communs au combien justifiés. C'est aussi pour ces raisons que ce film est doublement marquant en ce qui me concerne. C'est aussi la dernière fois qu'Hilary Swank a eu un rôle majeur au cinéma, n'ayant jamais retrouvé une telle opportunité récemment, en dehors de The Homesman de Tommy Lee Jones.

Million Dollar Baby : Photo Clint Eastwood, Hilary Swank

C'est aussi ma découverte de Jay Baruchel et Anthony Mackie qui plus est dans le rôle du bouffon et de sa nemesis. Clint Eastwood réapparaîtra dans un de ses films quatre ans plus tard, comme pour une coïncidence. Deux plans quasi similaire laissent entrevoir un champ du cygne, un personnage qui part au loin. Quant à Morgan Freeman, il permet au film d'avoir un point de vue extérieur tout en restant très impliqué. Un second-rôle indispensable.

Million Dollar Baby : Photo Clint Eastwood, Hilary Swank

Séquence culte (spoilers): La musique se fait lente puis elle arrive tel un crève-coeur sur les paroles d'Hilary Swank. Une scène percutante où les choses deviennent claires et où le mélodrame prend tout son sens. Le gros dur incarné par Eastwood durant tout le film se décompose en écoutant ses paroles violentes et malheureusement logiques. C'est avec ce genre de scènes tragiques que l'on comprend à quel point Clint Eastwood sait faire monter l'émotion, à l'image de ce qu'il a fait dans Sur la route de Madison.

  • 21 South Park le film de Trey Parker et Matt Stone

Dans une époque où le politiquement correct est souvent sujet à confusion, le duo Parker/Stone a toujours su tirer son épingle du jeu. Et surtout on a un sens inné pour ce qui est d'être en avance sur leur temps. Team America l'a prouvé: The Interview arrive clairmement neuf ans après la guerre. Avec South Park le film, ils ont fait mieux: l'une des meilleures adaptations d'une série mais également un des épisodes les plus jouissifs de toute la série. Alors que le show n'avait clairement pas besoin de cela (elle en était à sa seconde saison quand le film est entré en production), les deux réalisateurs se sont mis en tête d'y aller franco devenant le film d'animation le plus vulgaire du cinéma (livre des records assorti) et nommé aux Oscars par la même occasion pour la chanson Blame Canada! Les réalisateurs ont toujours aimé mettre des numéros musicaux. Il n'y a qu'à voir certains passages de Team America, I am Lorde ya ya ya ou leur comédie-musicale Book of mormon pour s'en rendre compte et le film donne lieu à des moments musicaux magiques en puissance.

"Tu crois qu'on aurait mieux fait d'aller au combat Chef? -Non faut pas prendre Chef pour un con! Bon ils sont quand même morts mais pas nous!"

 

Avec ce film, ils y vont franco dézinguant le puritanisme américain ("va te faire enculer et nique ton oncle!"), les associations de parents se souciant plus de leur personne que de leurs gosses (la mère de Kyle en est la preuve), les Baldwin (décimés jusqu'au dernier), le racisme (les afro-américains en chair à canon très peu pour Chef!), Saddam, Satan (le premier qui sodomise le deuxième, voilà certainement une des idées les plus jouissives que j'ai eu à voir dans une parodie), Winona Ryder (grand moment poésie)... Sans compter la mort de Kenny encore plus violente que d'habitude (George Clooney approved!). South Park le film est donc le prédit son titre: Bigger, Louder and uncut.

"Une petite sodomie? -Non j'ai mal au cul. -Pas grave, ça m'en fera plus!"

Séquence culte: Bon c'est la version québécoise mais dans le contexte-ci, cela n'en devient que plus crédible. Voici donc Les cul de feu le film tant attendu de Terrance et Phillip! Attention à la subtilité, elle vous pète à la gueule!

Voilà mes chers lecteurs, il est l'heure de rendre l'antenne. Allez à la semaine prochaine!