Kimmy Schmidt a été enfermé durant des années dans un bunker et découvre que la fin du monde n'a pas eu lieu...

Unbreakable Kimmy Schmidt : Affiche

En très peu de temps, Netflix a réussi à imposer une marque lui permettant de rayonner dans le monde des séries. Son système du "tout tout de suite" (une date et vous avez tous les épisodes de leurs séries) joue par ailleurs énormément à l'heure où le téléchargement illégal par chez nous se fait de plus en plus en raison de diffusions improbables voire inexistantes sur nos chaînes, mais aussi la qualité de ses séries. Les cas d'House of cards et Daredevil en sont la preuve la plus flagrante, la première par une vision de la politique US fascinante avec un duo Kevin Spacey/Robin Wright absolument savoureux; le second par une vision violente mais juste du justicier phare de la Marvel. Mais qu'en est-il de séries plus discrètes comme Unbreakable Kimmy Schmidt? Pour sa première incursion télévisuelle depuis l'arrêt de 30 Rock, Tina Fey comique phare du Saturday Night Live (on lui doit notamment l'impayable parodie de Sarah Palin qu'elle a pastiché tellement bien qu'on aurait cru la vraie) se lance dans le défi Netflix. Oubliez les vingt-deux épisodes habituels que peut avoir une sitcom sur une network comme NBC, ici vous aurez droit à treize épisodes et évidemment au même format de vingt-cinq minutes. Cela peut paraître court surtout pour une sitcom mais le peu que l'on peut voir est suffisament bon pour qu'on n'y fasse pas attention.

Photo Ellie Kemper, Tituss Burgess

Unbreakable Kimmy Schmidt permet aussi au grand public de connaître un peu plus Ellie Kemper, comique de stand-up ayant été vu dans la série The office, Bridesmaids ou 21 Jump Street. De quoi voir un peu plus son potentiel que dans des seconds-rôles, son énergie sur la sitcom se révélant communicative. En sachant que l'on retrouve une habituée de Tina Frey, Jane Krakowski ainsi que Titus Burgess, Carol Kane, Dylan Gellula et même Jon Hamn (qui fut le professeur de Kemper ironie!). La sitcom jouant sur le principe du concept ("papa raconte nous comment t'as rencontré maman?!", une bande de potes ou des geeks en colocation, les coulisses d'une entreprise ou d'une chaîne de télé...), celui de UKS se doit d'être béton pour captiver le téléspectateur mais aussi le faire suivre la série. Car il est souvent bien beau de balancer unpersonnage, si c'est pour le délaisser au profit d'un concept retors, cela ne marchera pas. Tina Fey a trouvé la perle rare, se payant à l'image du Saturday Night Live il y a quelques semaines (on y reviendra bientôt), avec une secte. En effet, Kimmy Schmidt est restée enfermée dans un bunker avec trois camarades sous l'impulsion d'un gourou leur ayant dit que le monde avait subi l'apocalypse. Autant dire que les jeunes femmes sont étonnées quand elles voient que non seulement il n'y a pas eu d'apocalypse, mais qu'elles ont perdu quinze ans de leur vie dans un bunker.

Photo Brandon Jones (II), Carol Kane, Ellie Kemper, Sara Chase

Par exemple, Kimmy a perdu son adolescence dans ce bunker et n'a pu finir ses études. C'est donc sans diplôme, ni repère qu'elle se lance dans la grosse pomme. Sans compter ce merveilleux passage où elle s'arrête: "C'est dans Breakfast club. -Les toilettes c'est par là!". Dès lors, Fey et ses scénaristes imaginent toutes sortes de personnages farfelus: Titus un afro-américain gay voulant devenir acteur, la voisine très portée sur la chose, une bourgeoise mal dans sa peau et trouvant dans les chirurgies et autres substances un moyen de montrer à son mari qu'elle est toujours là et sa belle-fille effrontée. En peu de temps, les scénaristes ont réussi à bien croquer tous ses personnages et notamment pour ce qui est de Titus. L'air de rien il est toujours dur de mettre en scène une "grande folle" au cinéma comme à la télévision, ce qui peut souvent amener à du cabotinnage. L'acteur Titus Burgess s'en sort pourtant assez bien, devenant même en soi plus intéressant que miss Kemper. Le cas typique de second-rôle qui crève l'écran pour le plaisir du téléspectateur. Pareil pour le milieu bourgeois montré comme froid voire sous Lexo 1000 et se complaisant dans une richesse illusoire. Pareil pour le traitement de la secte montré sous le dogme du mensonge (le moment où Kimmy avoue qu'elle aurait pu faire sortir ses camarades est assez troublant) et du charisme par son gourou (Jon Hamn en mode "je m'en foutiste" merveilleux). On pourra néanmoins regretter un final qui va un peu vite en besogne, accumulant les révélations un peu rapides. Ce qui n'empêche pas d'avoir envie de retrouver les aventures de Kimmy et Titus dans la folie new-yorkaise!

Une sitcom marchant efficacement grâce à ses bons personnages et une écriture efficace.