Avant de partir combattre Apocalypse le 18 mai prochain, les X Men viennent faire un petit tour dans la Cave de Borat. Présents dans le paysage cinématographique depuis seize ans, les mutants ont réussi à se faire une place et même curieusement, à se renouveler. Un cas rare pour une saga regroupant tout de même neuf films (spin-off compris). L'occasion pour votre cher Borat de revenir durant deux cuvées sur ces héros issus de la Maison des idées, quitte à évoquer de très mauvais souvenirs. Ready? Go! (Attention spoilers)

  • X Men (2000): Le commencement

X-Men : Affiche

Les X Men intéressent le cinéma dès les années 80, décennie où ils connaissent une aura folle sous la plume de Chris Claremont. James Cameron est en pourparlers pour une adaptation avant de préférer le tisseur masqué. Alors que la Marvel est en discussion avec Columbia (déjà en quête des droits de Spidey), c'est finalement la Fox et Lauren Shuler Donner qui s'accaparent les droits au cours de l'année 1994. Andrew Kevin Walker (scénariste de Seven et impliqué dans le projet "Batman VS Superman") s'occupe d'un premier traitement. Wolverine entre dans l'équipe aux côtés de Cyclope (une rivalité était déjà prévue entre le glouton et lui), Jean Grey, Iceberg, Beast et Angel et ils doivent combattre Magneto, Sabrebooth, Toad et Blob. Il était aussi question de Bolivar Trask et ses Sentinelles. Un peu comme ce qui arrivera dans Days of future past (Bryan Singer, 2014) au sujet de JFK, Magneto aurait été responsable de la catastrophe de Tchernobyl. Les versions s'accumulent au fil des années, notamment une signée Joss Whedon transformant Jean Grey en Phénix en fin de film. Un aspect qui ne plaît pas à la Fox et devra attendre le second opus sorti en 2003. A la réalisation, Robert Rodriguez décline l'offre du studio. Suite au succès d'Usual Suspects (1996), Bryan Singer est approché par la Fox dans un premier temps pour réaliser Alien Resurrection. Après divers refus, le réalisateur finit par donner sa chance aux mutants suite à plusieurs lectures de comics et le visionnage de la série animée (1992-97).

X-Men : Photo Bryan Singer

Bryan Singer a le sens du cadre.

Prévu initialement pour Noël 1998, le film prend du temps à cause du nouveau film de Singer (Un élève doué, 1998) et quelques remaniements. C'est ainsi que Beast, Diablo, Pyro (qui fera un caméo) et la salle des dangers sont éliminés du scénario pour ne pas faire exploser le budget. L'intérêt pour Marvel reprend du galop par un succès inattendu: celui du film Blade (Stephen Norrington, 1998) mettant en scène un héros marginal de la Maison des Idées campé par Wesley Snipes. X Men devient alors une priorité pour la Fox. Pour ce qui est du casting, la production enchaîne le numéro des chaises musicales: Russell Crowe (trop cher) et Dougray Scott (occupé sur Mission Impossible 2 de John Woo) pour Wolverine; Angela Bassett et Jada Pinkett Smith pour Tornade; Sarah Michelle Gellar pour Malicia; Jim Caviezel (déjà engagé sur Fréquence interdite de Gregory Hoblit) pour Cyclope; Terence Stamp pour Magneto; Jeri Ryan pour Mystique; ou Kevin Nash pour Sabrebooth. Au final, Hugh Jackman, Halle Berry, Anna Paquin, James Marsden, Ian McKellen, Rebecca Romijn et Tyler Mane joueront ces rôles. X Men est un des plus gros succès de l'année 2000 (plus de 296 millions de $ de recettes mondiales pour 75 de budget) et permet le feu vert au Spider-man de Sam Raimi (2002). Derrière ses atours de grand divertissement, X Men a le mérite de commencer de manière coup de poing. Erik Lehnsherr, enfant juif, voit sa famille partir dans les camps d'Auschwitz. La scène est simple, Singer entraînant le spectateur dans l'enfer nazi dès l'ouverture.

Magneto

A la seule différence que le personnage découvre à ce moment précis qu'il peut contrôler le métal. Cette ouverture offre un parallèle avec le reste du film, comme pour nous dire que cela n'a finalement pas changer depuis le IIIème Reich. L'Homme est encore capable du pire avec lui-même, y compris lorsqu'il a peur de certaines personnes. Autrefois les Juifs, dorénavant les Mutants. Montrer le futur Magneto (Ian McKellen) dès les premières minutes par son trauma est certainement l'une des meilleures idées de Singer. Comme le disait le Maître du suspense: meilleur est le méchant, meilleur est le film. Avec ce prologue, Magneto n'est plus un banal ennemi: on comprend pourquoi il a une haine envers l'Homme et sa démarche n'en devient que plus légitime. C'est aussi pour cela que durant toute la saga (même si l'incarnation de Michael Fassbender est plus perturbante) Magneto est attachant et ce malgré son ralliement au mal. Comme le désigne Singer, avec Charles Xavier (Patrick Stewart) ils apparaissent comme des équivalents de Martin Luther King et Malcolm X, l'un essayant de pacifier le conflit, l'autre beaucoup plus excessif et l'engendrant. Le scénario d'X Men est assez simple (deux équipes de mutants s'affrontent afin de stopper ou non une opération consistant à transformer les hommes en mutants), mais ses thématiques et sa caractérisation de personnages donnent souvent le change. Le sénateur Kelly (Bruce Davison) est un personnage en or qui renvoie à un candidat actuel à la présidentielle américaine. Peu ou prou le même discours, changez étrangers par mutants, vous aurez le même schéma.

X-Men : Photo

Comme quoi, ce premier film a beau avoir bientôt seize ans au compteur, il n'en reste pas moins toujours d'actualité. Il faudra une
transformation pour que le sénateur change de point de vue sur les mutants. S'il n'y avait pas eu de mutation, Kelly n'aurait jamais changé de discours, ce qui rend le combat de Xavier d'autant plus utopique. Pour ce qui est du traitement des personnages, tout n'est pas parfait. Cyclope gagne du terrain grâce à sa rivalité avec Logan. Cela permet au personnage de sortir du carcan fonctionnel, de même pour Jean Grey (Famke Jannsen) qui engendre ainsi une tension sexuelle entre les deux mâles. On ne peut pas en dire autant de Tornade qui surnage, tout comme Toad (Ray Park) très / trop cabotin ou Sabrebooth qui perd en intérêt par le manque de charisme de Tyler Mane. Mystique est excellente de malice et Singer semble bien s'amuser à filmer le personnage, bien aidé par Rebecca Romijn au maquillage superbe. Pour ce qui est des autres personnages, Singer s'en sort beaucoup mieux. La mise en avant de Wolverine n'est pas étonnante, car en plus d'être le plus connu des mutants, il est aussi l'un des nouveaux arrivants. La visite de l'établis&ccxsement se fait avec lui, comme une représentation improbable du spectateur. Vu son omniprésence, il n'est pas étonnant que le spectateur comme Logan pense qu'il s'agit du "macguffin" de Magneto. Par la même occasion, la quête du passé de Logan se fait par petites touches avec une photo jaunie. Une photo reprise à l'identique dans X2 et totalement absente du spin-off (pas forcément important mais toujours mieux que la photo du film lui-même).

X-Men : Photo Anna Paquin, Hugh Jackman

Le seul aspect dont le personnage se souvient est son squelette en adamantium. Néanmoins, le réel fil conducteur du film est la relation qu'il noue avec Malicia. Dès lors, Logan arrête d'être un marginal pour devenir un être plus sensible, à la limite du père de substitution. Ce dont a le plus besoin Malicia pour garder ses repères et lui d'en trouver. Il a beau la connaître depuis peu, dès lors qu'elle est en danger, il part la secourir. Le coeur d'X Men se trouve principalement dans ce duo et celui plus idéologique formé par Xavier et Lehnsherr. En plus de montrer qu'un film de super-héros aussi ambitieux visuellement est possible en ce début d'années 2000. Malgré ses défauts inhérents à la plupart des premiers opus des comic book movies (présenter l'univers et ses personnages, réalisateur cherchant ses marques), X Men pose les bases pour une séquelle bien plus ambitieuse. Un bon coup d'essai.

  • X2 (2003): Le soulèvement des mutants

X2

Une suite est rapidement envisagée par la Fox et plusieurs versions se succèdent entre 2000 et 2002. Beast et Angel (qui devait servir d'expérience à William Stryker et devenir Archangel) sont proposés dans le scénario de Michael Dougherty et Dan Harris, mais le grand nombre de personnages fit qu'ils soient remis à plus tard. Beast fera néanmoins un petit caméo télévisé où on le voit débattre pour la cause mutante (il n'a pas encore l'aspect bleu que nous connaissons). Quant à la salle des dangers et les Sentinelles, elles s'avèrent encore une fois trop chères et ce malgré un budget bien plus conséquent (110 millions de dollars). Le personnage de Tornade a gagné en développement suite à l'Oscar d'Halle Berry, ce qui s'avère une bonne chose compte tenu de son aspect trop fonctionnel dans le premier film. En revanche, Cyclope aurait perdu en présence car le studio trouvait le film trop long. Sabrebooth est quant à lui éliminé et en dehors du spin-off sur Wolverine (Gavin Hood, 2009), ne réapparaîtra jamais dans la franchise. X2 réussit le pari de faire mieux que le premier opus d'un point de vue commercial (plus de 407 millions de dollars de recettes) et artistique. Bryan Singer revient à une ouverture fracassante, faisant la part belle à l'un des nouveaux personnages: Nightcrawler (Alan Cumming).

Nightcrawler

Ce dernier commet un attentat à la Maison Blanche et manque de peu de tuer le président des Etats Unis (Cotter Smith). Une séquence spectaculaire où le personnage se téléporte moult fois pour notre plus grand plaisir. Singer joue sur les effets d'attente (ces agents visant la porte, tout en entendant les coups de feu d'à côté) et se paye même un long plan faisant la démonstration des pouvoirs du téléporteur. Le conflit est de nouveau présent (Kelly représenté par Mystique devient subitement pacifiste), les Mutants sont une menace post-11/09 et ce sur un mensonge. Il s'agit d'une vengeance de William Stryker (Brian Cox), ancien militaire devenu conseiller du président et ayant un fils mutant qui est allé à l'école de Charles Xavier (Michael Reid MacKay). A cela rajoutez qu'il a fait de Wolverine son Arme X quinze années auparavant (on est bien loin des années 70 de X Men Origins Wolverine) et qu'il a des mutants à sa disposition pour faire le sale boulot. Par quel moyen? Une marque derrière le cou où il injecte un sédatif. Stryker n'est pas comme le sénateur Kelly dont le discours xénophobe ne tenait que par la parole. Stryker attaque là où ça fait mal, quitte à ce que ce soit sur des adolescents et bien aidé par quelques magouilles auprès d'un président crédule. Là encore, Singer a trouvé un méchant en or, cette fois-ci un humain ayant les pleins pouvoirs pour assouvir ses pulsions.

Origins

Il fallait bien un acteur aussi charismatique que Brian Cox pour imposer un personnage aussi abject et criminel. Un méchant d'anthologie en soi. L'occasion aussi de constater que Wolverine a probablement de meilleures origines dans les flashbacks des deux premiers opus que dans son spin-off. Stryker le lui dit: il était déjà une bête bien avant son passage sur le billard pour lui poser l'adamantium. Les flashbacks sont crades, dignes du personnage et la photo jaunie est de nouveau là. En peu de temps, X2 fait mieux que les 107 minutes de Wolverine. Logan sait désormais ce qui lui est arrivé, il peut aller de l'avant. Le spectateur espèra peut être en savoir plus, il a malheureusement eu la sévère douche froide lors d'un après-midi d'avril 2009. Ce qui impressionne aussi dans X2 est à quel point Singer a réussi à donner autant de place à chacun des personnages, qu'ils soient déjà vus ou nouveaux. Là où le Marvel Cinematic Universe se plantera plus d'une fois des années plus tard, Singer réussit un véritable tour de force, faisant oublier le côté fonctionnel de plusieurs personnages, tout en introduisant d'autres avec la même subtilité. Comme Nightcrawler et Pyro (Aaron Stanford), deux personnages personnifiés au possible, l'un fervent catholique avec un corps rempli de marques pour chaque péché, le second attendant l'étincelle pour utiliser pleinement son pouvoir destructeur. Malicia tombe amoureuse de Bobby Drake (Shawn Ashmore), ce qui entraîne des difficultés évidentes au vue du pouvoir de la jeune mutante.

X-Men 2 : Photo Brian Cox

La fin de l'adolescence, le début de l'âge adulte et le fait de devoir faire des choix. Les scènes chez la famille Drake montrent aussi le rapport compliqué entre des parents incapables de comprendre leur enfant et un fils essayant de montrer (en vain) qu'il n'est pas un danger pour eux. Ce n'est pas un personnage comme Pyro, éprouvant un certain plaisir à faire exploser des voitures de police qui va aider (scène au combien spectaculaire et à la réalisation compliquée). Singer est plus à l'aise, sa réalisation se veut plus ambitieuse à l'image de l'assaut du manoir ou le passage de Mystique chez Lady Deathstrike (Kelly Hu) engendrant de beaux moments de suspense. On peut également admirer comment Singer termine son film par un merveilleux cliffhanger. Pendant tout le film, on peut observer une Jean Grey perdant progressivement le contrôle, éprouvant des maux de tête récurrents. Son sacrifice tragique n'en devient qu'une superbe porte ouverte pour l'arrivée du Phénix. Malheureusement tout va capoter... 

  • X Men - L'affrontement final (2006) : Déchéance de la mutation

X3

Au cours de l'année 2004, Bryan Singer se désintéresse progressivement d'un possible X Men 3 suite à son attachement à Superman Returns (2006). Son traitement écrit avec Dan Harris et Michael Dougherty évoquait le Phénix et une Emma Frost vieillissante et manipulatrice. Le Phénix aurait fini par être arrêté par l'esprit de Jean Grey reprenant en main son corps. Il n'en reste pas moins que les relations entre Singer et la Fox commençaient à sentir le roussi. En effet, la légende veut que le réalisateur se serait fait virer des studios de la Fox sur le pilote de Dr House (2004), avant de le faire revenir à toute hâte pour le terminer. Par la même occasion, le studio ne veut pas l'attendre et les chaises musicales de s'attaquer cette fois-ci aux réalisateurs potentiels. Hugh Jackman suggère Darren Aronofsky, Joss Whedon décline la proposition à cause de "Wonder Woman", Alex Proyas ne veut pas revivre l'expérience I, robot (2004), Rob Bowman (Elektra), John Moore (Max Payne) et Zack Snyder sont approchés... C'est finalement Matthew Vaughn qui signe, castant au passage Kelsey Grammer (Beast), Dania Ramirez (Callisto) et Vinnie Jones (Juggernaut). Le couperet tombe quelques temps avant le début du tournage: Vaughn ne réalisera pas le film pour raisons familiales. La raison officielle élude une autre bien plus officieuse: les délais serrés imposés par la Fox auraient considérablement gêné le réalisateur de Layer Cake.

X-Men l'affrontement final : Photo Ben Foster

Angel, un personnage apparaissant si peu qu'il faut compter les secondes de présence.

Les mêmes qui ont failli coûter sa place sur X Men : First Class (2011). Le choix final revient sur Brett Ratner, tâcheron capable d'un Rush Hour (1998) comme d'une pure commande comme Dragon rouge (2002). Vu son arrivée tardive, on peut clairement parler de commande, voire de solution de secours. Le retour de Jean Grey en tant que Phénix a entraîné beaucoup de problèmes entre les scénaristes et le studio, peu désireux d'un personnage aussi sombre dans un blockbuster estival. Preuve aussi du manque de confiance de Tom Rothman pour des personnages qu'il n'aimait pas. Sans Bryan Singer, le studio peut désormais faire ce qu'il veut. Le pauvre Cyclope se trouve réduit à mourir dans les premières minutes à cause de la Fox et de l'emploi du temps de James Marsden, ce dernier ayant embarqué dans Superman Returns. Gambit devait initialement faire partie du casting des nouveaux mutants, mais les scénaristes Zak Penn et Simon Kinberg n'ont pas su trouver l'utilité du personnage dans le récit. Le studio décide de couper Nightcrawler, personnage trop peu présent pour engendrer un maquillage aussi intensif sur Alan Cumming. On pourrait en dire autant pour Rebecca Romijn, relativement peu présente sous les traits de Mystique. Pour ce qui est du personnage de Kitty Pride enfin présentée après deux caméos (avec deux actrices différentes), Maggie Grace est d'abord considérée avant de laisser la place à Ellen Page, car trop âgée.

X-Men l'affrontement final : Photo Famke Janssen, James Marsden

En résultes, un succès certain (plus de 450 millions de dollars de recettes pour 210 de budget) mais un véritable carnage à l'intérieur. On pourrait presque parler de film malade, puisque le film a de bonnes idées mais les scénaristes ne savent jamais comment les terminer. Le point de départ sur le vaccin pouvant guérir les mutants est une excellente idée, car remet en perspective l'idée de malédiction chez certains mutants. C'est par exemple le cas de Malicia, probablement désireuse d'avoir une vraie relation avec Bobby Drake. Pourtant, l'idée tombe vite à plat entremêlée avec l'intrigue du Phénix. Cette dernière est beaucoup trop survolée, prenant un pic d'importance flagrant avant de retomber pour ensuite revenir en toute fin de film. Les scénaristes n'ont pas su quoi faire du personnage, peu aidés par les directives du studio. Un personnage au potentiel gâché et ce n'est pas le seul. Si Kitty Pride apparaît encore correctement (bien aidé par le jeu d'Ellen Page), Angel (Ben Foster) est inexistant. Il pourrait ne pas être dans le film, ce serait identique. Le seul moment important est quand il sauve son père. Un personnage attendu et qui lui non plus n'a pas eu droit à la visibilité qui lui était légitime. X Men Apocalypse ne changera pas vraiment la donne, même si le personnage a au moins une fonction. La relation pince sans rire avec Logan, tout comme l'aspect politique de Beast lui permettent d'être un mutant intéressant et de sortir du lot. On pourrait énumérer un grand nombre de personnages fonctionnels, à l'image de Juggernaut qui n'est même plus le frère de Charles Xavier.

Beast

Le personnage n'est même pas caractérisé, n'étant qu'un mutant délivré par Magneto et fonçant tête baissée tel un bourrin. Aucun effort d'écriture à l'horizon. Quant aux personnages déjà pré-installés, soit ils gagnent un peu par l'action (c'est le cas de Colossus), soit ils perdent en aura (Wolverine en mode pépère durant tout le film), soit leur temps de présence tient du grandiose. Malicia pourrait elle aussi ne pas être présente dans le récit, elle serait aussi utile. L'intrigue va dans trop de directions, ne sait pas quoi faire de divers personnages, pas aidée par des divergences scénaristiques multiples. Le film est encore regardable en raison de quelques scènes d'action bien sentis. Parmi lesquelles, la scène dans la salle du danger (enfin!), valant quelques rares moments où Wolvy sort les griffes ou le final terriblement bourrin, mais malheureusement sans réel enjeu. Le seul étant de montrer les X Men se battrent avec la Confrérie. En soi comme le soulignait le défunt magazine Climax en 2009, ce passage préfigure Avengers  (Joss Whedon, 2012) avec un temps de présence bien précis pour chaque personnage et des héros qui se battent. On pourrait retenir aussi la mort du Phénix, un des rares moments d'émotions d'un film qui en manque cruellement. Quant au Professeur Xavier, il aura droit à sa petite séquence post-générique, alors même qu'on l'a vu mourir au cours du film. La justification viendra du commentaire audio: il se serait réincarné dans le corps de son frère jumeau. Justification à l'écran: zéro. Par contre, dans les "on-dit", on bat des records.

  • X Men Origins Wolverine (2009) : Le film qui a failli détruire la franchise

X-Men Origins: Wolverine : Affiche Gavin Hood

La Fox prévoyait initialement trois spin-off pour relancer la marque X Men après The Last stand: un sur Magneto chapeauté par David S Goyer (qui ne verra jamais le jour, laissant place à First Class), un sur Deadpool (qui mettra plus de six ans à se produire à cause de la Fox) et un sur Wolverine. Ce dernier apparaît comme la priorité, la Fox encore sous Tom Rothman comptant bien capitaliser encore un peu sur le mutant aux griffes en adamantium. David Benioff a longtemps travaillé sur le projet, s'inspirant notamment de Wolverine Origins (2001-2002) et Weapon X (Barry Windsor-Smith, 1991) avec dans l'optique un classement Restricted. Par la suite, Skip Woods (scénariste de Hitman et Die Hard 5) se met aux réécritures. On parle de Brett Ratner, d'Alexandre Aja ou encore de Zack Snyder, mais c'est finalement le réalisateur sud-africain Gavin Hood (Mon nom est Tsotsi) qui mettra en scène X Men Origins Wolverine. Peu de temps avant sa sortie, le film subit de plein fouet le piratage d'une version non-finalisée. Les experts diront bien malheureusement que la copie piratée n'était pas si différente de celle sortie en salle. Quand on voit le résultat, on n'est pas vraiment étonné, les effets-spéciaux du film étant souvent catastrophiques. Que ce soit Sabrebooth (Liev Schreiber) en slow motion bien ridicule, la transformation finale de Wolverine signant un pur moment de ridicule avec mâchoire serrée et évidemment le final avec Deadpool (Ryan Reynolds).

deadpool

Mon pauvre Deadpool, qu'est-ce qu'ils t'ont fait?

En plus d'un décor relevant du grand nawak (une centrale nucléaire abandonnée !), le personnage de Deadpool est totalement dénaturé. Son introduction en début de film avait déjà de quoi faire peur, le montrant causant mais pas drôle et jouant de ses sabres de manière ridicule. Le final le dévoile en Arme X ultime, bouche cousue, avec des lames sortant de ses bras, le noir sur les yeux qui apparaît lorsqu'il lance des rayons et se téléportant. Ce qui vaut à lui seul le dégoût profond qu'inspire ce film. Ce n'est pas le rajout d'une scène post-générique le montrant ramassant sa tête et disant "chut!" qui va sauver les meubles. On comprend d'autant plus l'insistance de Ryan Reynolds de ne pas jouer dans ce film. La Fox lui avait alors dit qu'il pouvait faire une croix sur le personnage s'il ne jouait pas dans Wolverine. On voit le résultat: un désastre complet à l'image d'un film qui n'a ni queue, ni tête. L'intrigue commence comme Origins: James est le fils malade d'un noble, sa femme a une liaison avec le garde, ils ont un autre enfant nommé Victor. Tout va bien jusqu'à ce que le garde tue le noble et que le petit venge subitement son père (adoptif) en sortant des griffes de ses poings. C'est à partir de là que le film part a contrario de son modèle. Victor n'est plus un demi-frère violent cherchant à atteindre les privilèges de James. Ils s'enfuient même ensemble comme si de rien n'était. Outre ce ressort scénaristique éludant la noirceur du comic-book adapté, le film part ensuite dans une toute autre direction au bout de seulement quelques minutes.

gosse

James et Victor deviennent membres d'Arme X en pleine guerre du Vietnam. Le personnage de William Stryker est présent sous les traits de Danny Huston. Une première incohérence puisque si Wolverine a rencontré Stryker à cette époque, Stryker aurait donc à peu près l'âge de Huston (une quarantaine d'années). Ce qui paraît bien peu crédible avec le rôle de Brian Cox dans X2. De plus, rappelons que Logan et Stryker sont censés s'être rencontrés dans les années 80 pour l'opération. Or, ici on serait plus proche des années 70. Deux aspects qui seront également présents dans Days of future past (2014): Stryker est incarné par un acteur bien plus jeune (Josh Helman) et Logan subit un paradoxe temporel quand il le voit (il ne l'a pas rencontré dans la timeline de son modèle 70's). Comme il paraît peu probable que Sabrebooth s'attaque à Wolverine dans le premier X Men dans ces conditions. A cela, on pourrait rajouter que des éléments de ce film seront complètement révisés par la suite. Cyclope n'aura pas rencontrer Wolverine avant les années 80 (ce que l'on verra dans Apocalypse). Emma Frost aura droit à une nouvelle version dans First Class, Charles Xavier ne sera pas chauve avant les années 80 comme il ne pourra plus marcher dès 1963. Quant à Gambit ici incarné par Taylor Kitsch (qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a), il aura droit à une nouvelle version sous les traits de Channing Tatum dans les années à venir (si le film se fait un jour). Wolverine apparaît dès First Class comme un film à éradiquer de la timeline générale de la saga.

Arme X

Entre les incohérences et les révisions qui ont suivi, Wolverine n'a plus lieu d'être, en plus d'être une bouse infâme que le spectateur cherche à oublier. Ce n'est pas non plus le fan-service ambiant, consistant à citer le plus de personnages possibles, qui va aider aussi. Qui se souvient de Dominic Monahan et Will.I.Am dans ce film? Probablement pas grand monde et ce n'est peut être pas plus mal. Allez à la semaine prochaine!