Après une semaine d'absence, la Cave de Borat revient pour votre plus grand plaisir (ou pas, au vue de la profusion de trolls polluant la partie "commentaires" ces derniers temps). Amatrice de tout et de rien, la Cave de Borat a déjà abordé des séries et notamment animées, que ce soit les reliques de l'enfance de son géniteur ou des séries plus récentes et tout aussi croustillantes. Puis il arrive de tomber sur la perle rare, le haut de gamme de la curiosité, le panard du surréaliste... en zappant. Les joies de la nuit font parfois que l'on titille la télécommande, pas forcément parce qu'on s'ennuie mais parce qu'on recherche quelque chose pour nous tenir éveiller. De la plus grosse connerie à l'intéressant (souvent quand vous tombez sur la divine Arte), la télévision est un vivier à n'importe quoi. Tout cela pour en venir au week-end dernier où votre cher Borat s'est retrouvé dans la maison de Mickey, ses merveilles, ses attractions, ses explosions nocturnes, ses parades et sa vie dans un palace. Avec un de ses amis, l'impitoyable Borat s'est mis à zapper, constatant progressivement que toutes les chaînes n'avaient pas de son (là où l'on se dit que la TNT en Lorraine n'est pas si mal) et qu'en plus la seule chaîne qui diffusait les jeux olympiques ce soir-là ne fonctionnait pas du tout (Borat grand supporter de salon). Disneyland étant ce qu'il est, la télévision diffuse plusieurs chaînes Disney et parmi elle une drôle d'initiative. 

Timon et Pumba

Vous connaissez tous Timon la mangouste et son fidèle phacochère Pumbaa, les deux sidekicks délirants du Roi Lion (Minkoff, Allers, 1994). Après avoir eu leur série animée entre 1995 et 1999 et un film entièrement consacré à leur rencontre (Le Roi Lion 3 de Bradley Raymond, 2004), les studios Disney ont décidé de réunir à nouveau nos deux larrons pour... une série éducative! Vous vous demandez donc comment votre cher Borat et son ami ont fini par tomber dessus. Il se trouve que le canal 2 chez Disneyland est entièrement dédié à cette série de seulement neuf épisodes nommé Wild about safety produit entre 2008 et 2012. Pas sûr que tous ont été doublé, mais ces courts-métrages ont le mérite de rester longtemps en mémoire. Les voix de l'internet n'étant pas impénétrables, votre cher Borat vous a trouvé quelques extraits pas piqué des hannetons de cette série délirante. Ils ne sont malheureusement pas en français, le rare extrait trouvé étant filmé à travers une télévision. Voulant la qualité pour la qualité, autant passer à la VO. Il faut bien dire que les conseils de Timon et Pumbaa sont un vrai moment de rigolade et notamment dans son doublage français exécuté par Michel Elias et Jean-Philippe Puymartin, doubleurs du duo depuis leurs débuts. Indéniablement, ce qui fait tenir devant ces épisodes souvent délirants de cette série éducative (rappelons-le, car il n'y a pas de but narratif comme dans la série d'autrefois) c'est son duo.

Timon et Pumba se cachent

"Je crois qu'on s'est fait repéré par Borat, Timon. -Mais non il croit toujours que c'est la savane. -Je ne crois pas..."

Tout repose sur eux et encore heureux, car sans l'attachement que l'on peut avoir pour ces personnages, cela en deviendrait aussi ridicule (quoique) qu'agaçant. Pour cela il est de bon ton de faire une description du contenu des épisodes. Le scénariste Douglas Segal prend un sujet donné: les dangers de la maison, dans l'eau, du feu, d'internet, les transports ou encore l'écologie. Des bonnes valeurs pour nos bambins qui ne demandent que Timon et Pumbaa pour leur faire prendre conscience qu'il faut tout prévoir pour "être en toute sécurité" (slogan qui revient continuellement durant les épisodes). Timon sert toujours de cobaye et Pumbaa prêche la bonne parole, arguant des conseils aussi mémorables que désopilants. Par exemple dans Safety Smart: In the Water! (2009), Pumbaa évoque subtilement le fait que si vous ne mettez pas de crème solaire en plein cagnard, vous allez passer un bon moment de solitude: "si tu veux jouer au soleil, fais attention à ne pas finir rouge vermeil !" Devant une telle candeur, on se bidonne sous sourcilier. On sera bien peu convaincu aussi des conseils de Pumbaa concernant internet, constituant à dire qu'il faut se méfier des pseudos ou visuels de certaines personnes ou à supprimer des mots de passe, ce qui en vient à en refaire d'autres encore et encore. Puis au vue du public visé, on aurait bien du mal à ne pas voir toute forme de contrôle parental se pointer au cours de l'épisode.

Timon et Pumba dansent

 

"Essayons de meubler comme on peut Pumbaa entre deux paragraphes!"

Puis désolé ami Pumbaa, quand tu veux participer à un concours sur le net (ou même ailleurs), tu es obligé de passer par tes coordonnées et pour le faire en toute sécurité l'effectuer avec tes parents si tu es un petit loulou. On s'amusera également beaucoup de l'épisode Safety Smart: At home! (2008) montrant des câbles électriques sous des tapis, où Pumbaa nous dévoile des fils écrasés voire complètement foutus! Sans compter que nos héros nous démontrent souvent des éléments tenant du bon sens comme si c'était nouveau, à l'image de cette montagne de multi-prises. Sauf que parfois on a bien besoin de multi-prises pour gagner de la place et par la même occasion éviter de mettre de prises de courant partout. Idem dans In the Water où il faudrait être quand même un peu stupide pour plonger là où on a pied, quitte à se payer le sol (même si cela arrive plus qu'on ne le croit). Histoire d'en rajouter une bonne couche, nous avons droit à un résumé merveilleux en musique pour terminer l'épisode. Ce qui vaut parfois des chansons tenant du nawak le plus total, et pour cause, certaines traductions sont tellement foireuses qu'il n'y a pas de rime. Nos doubleurs doivent meubler pour essayer de trouver quelque chose de ressemblant, tout en essayant d'être un minimum cohérent (ce qui devient vite une épreuve). Pour ce qui est de l'animation, elle peut s'avérer particulièrement variante, mais dans l'ensemble c'est plutôt pas terrible.

hakuna matata

Le duo est animé globalement de manière assez grossière (surtout Pumbaa), certains plans sont issus des différents films ce qui revient à du pur recyclage, d'autres ont des décors quasiment vides n'attendant que les personnages pour avoir un peu de vie... On voit que cette série éducative a été faites en comité restreint, seulement vouée à être diffusé sur le net ou dans les parcs Disney. Pour dire, même la série animée a mieux vieilli malgré ses vingt ans d'âge. Votre cher Borat n'est clairement pas le public visé de cette série (difficile de le nier), mais il vaut mieux rire de Wild About Safety que la prendre au sérieux. Les plus drôles des découvertes se font parfois en appuyant sur un bouton. Allez à la prochaine!