Après quelques semaines d'absence, l'Antichambre de Borat fait son grand retour avec le plein de super. Je rappelle le principe comme toujours en début de chronique: trois films seront critiqués durant cette séance de manière plus brève, plus rapide mais tout aussi pertinente. Au programme: un Captain pas très charognard, des mutants en perdition et des tortues estivales. Ready? Go! (attention spoilers)


 

Civil war

On commence avec le dernier opus du Marvel Cinematic Universe. Captain America Civil War était d'autant plus attendu qu'il se base sur le fameux run initié par Mark Millar (2006-2007). Soit la rencontre fracassante entre le camp de Captain America contre la loi de recensement des super-héros et les pros-loi menés par Tony Stark. Finalement on est contraint de dire que l'on ronge son frein en regardant cette piètre adaptation.

Pas que le film soit mauvais, mais quand on prend pour titre Civil War, on s'attend à un peu mieux que l'énième blockbuster Marvel où l'on se met sur la tronche. Surtout on cherche souvent le rapport avec le run. En dehors de la loi qui passe très rapidement au second plan et les clans, pas grand chose en rapport.

A la rigueur on préféra ce Civil War à Age of Ultron (Joss Whedon, 2015), fort déjà d'un méchant de qualité et des héros face à leurs jugements. Zemo (Daniel Brühl) a utilisé un plan merveilleux permettant aux deux membres majeurs des Avengers de s'affronter. Une simple étincelle et tout explose.

Au final, même si on retrouve des caractéristiques propres aux films précédents du Captain (Bucky, sa volonté de protéger les citoyens et ce même contre leur volonté, l'homme du passé dans un présent qui ne lui correspond pas), on pense souvent plus à un Avengers 2.2. La raison vient notamment du grand nombre de héros présents ici, dont certains sont là pour annoncer leur présence dans le MCU. Il n'en reste pas moins que sur ce point, le film s'en sort plutôt bien.

Black Panther (Chadwick Boseman) s'offre des origines plutôt convaincantes, quand Spider-man (Tom Holland) fait oublier Andrew Garfield et le foutage de gueule The Amazing Spider-man (Marc Webb, 2012, 2014) en quelques minutes. Pas que le personnage a une présence monumentale mais le peu vu laisse augurer de bonnes choses pour son Homecoming l'été prochain.

Si l'action est souvent présente dans tout ce qu'il y a de plus sympathique (la baston à l'aéroport avec Giant Man en est la preuve), on s'attendait à un peu mieux qu'un bourre-pif basique des frères Russo. Ce qui le différencie d'un Batman v Superman (Zack Snyder, 2016) bien plus mythologique et donc puissant.


 

X Men Apocalypse

Dire que votre cher Borat attendait avec impatience le nouveau X Men tient de l'euphémisme. Pas que la déception fut très présente, mais quand on constate que X Men Apocalypse passe à côté du grand film de super-héros qu'il aurait pu être, cela reste un peu en travers de la gorge.

Days of Future Past (Bryan Singer, 2014) avait mis la barre haute, relançant la franchise en la faisant entrer dans une nouvelle timeline. Singer pouvait faire évoluer sa franchise vers des horizons différentes, sans avoir de compte à rendre à personne (pas étonnant qu'il a effacé progressivement des éléments visibles dans L'affrontement final et Wolverine). Ici, il le fait encore mais semble davantage dans la simplicité.

Les nouveaux personnages sont majoritairement déjà vus et Singer cherche avant tout à montrer ce qu'il n'a pas pu faire. Comme le passé criminel de Tornade (Alexandra Ship) ou les balbutiements du Phénix (Sophie Turner). Pour le dernier cas, c'est certainement le point le plus intéressant, Singer donnant la vision du personnage qu'il voulait développer pour son X Men 3. Une image destructrice attendant patiemment de sortir jusqu'à un final explosif.

Pour d'autres personnages c'est en revanche bien laborieux. Erik Lehnsherr (Michael Fassbender) n'avance pas, comme pour dire que le malheur ne cessera de lui tomber dessus. Sauf qu'ici cela commence à devenir un peu lourd. Psylocke (Olivia Munn) n'est malheureusement qu'un argument sexy quand Singer passe lui aussi à côté d'Archangel (Ben Hardy) en en faisant un personnage insipide.

Si Oscar Isaac n'est pas aussi mauvais qu'il a été dit depuis la sortie du film en Apocalypse, on peut regretter qu'il ne soit pas aussi important que la menace qu'il est réellement. Il n'est souvent qu'un personnage qui parle beaucoup et laisse ses cavaliers faire le gros du travail.

Si on s'amusera de la présence de Wolverine (Hugh Jackman) en Arme X, on peut toutefois se demander où est la logique là dedans. En étant conscient qu'il va rencontrer William Stryker (Josh Helman), pourquoi irait-il à nouveau tomber dans la gueule du loup?

On regrettera également une profusion de cgi numériques peu discrets, entraînant parfois des scènes pas forcément jolies. La différence du tour de force de ce que l'on peut désormais baptiser "le moment Quicksilver", bijou d'ingéniosité. En résultes, un opus divertissant mais en demi-teinte, le premier depuis au moins le pitoyable Wolverine (Gavin Hood, 2009).


 

tmnt 2

Pour terminer, évoquons le dernier opus des aventures des Tortues Ninja. Le reboot (Jonathan Liesbesman, 2014) n'était pas resté dans les mémoires et ce malgré un succès plutôt impressionnant (plus de 490 millions de dollars de recettes pour 125 investis). La faute à un script qui était surtout un remake déguisé des deux premiers films (Barron, 1990; Pressman, 1991), s'enfonçant dans un sérieux pénible. D'autant plus qu'il n'atteignait pas celui de la bande-dessinée se rapprochant des Daredevil de Frank Miller, notamment dans sa violence graphique.

Voyant que l'angle était à changer, Michael Bay produit un film beaucoup plus fun, jouant la carte du film estival et de la séquelle bigger and louder. Soit la formule qu'il avait utilisé sur Bad Boys 2 (2003) avec un sens de la destruction multiplié par dix sur l'échelle du kaboom.

Inutile de dire que Dave Green ne fait qu'un travail de tâcheron, au même titre que Liebesman sur le précédent film. Le sens du cadre (on perd une bonne partie des plans de traviole comme les lens flares), les explosions, le final avec les éléments dans le ciel (renvoyant directement à Transformers 3), certains plans douteux sur Megan Fox, l'humour lourd... Tout amène à Michael Bay et ce malgré qu'il ne dirige absolument rien. 

Un tare comme une gageure, le savoir-faire technique de Bay entraînant un manque de personnalité total de son réalisateur attitré. D'où un film totalement impersonnel répondant davantage à un cahier des charges.

Il n'en reste pas moins que ce TMNT Out of the shadows est bien plus amusant que son prédecesseur et on est content de revoir les Tortues dans un film au minimum divertissant, à la limite même du gros nanar de studio. Toujours cela de pris après tout dans un été cinématographique qui a eu du mal à se réveiller.

Si on aurait pu se passer de Shredder (Brian Tee) utilisé pour la quatrième fois en six films et d'un Krang pas totalement convainquant, on regrettera que Rocksteady et Bebop ne soient pas plus présents au regard du potentiel fou des personnages sur grand écran. Par contre, on évitera de parler longtemps de Casey Jones, véritable catastrophe en puissance que ce soit en tant que personnage ou d'acteur (Stephen Amell continue de jouer Green Arrow à la télé, vaut mieux en rester là). En résultes, un second opus complètement con mais assumant pleinement sa bêtise. 

A la prochaine!