L'Antichambre de Borat revient toujours plus belle, toujours plus forte. Vu qu'il y a toujours autant de films à chroniquer (on ne s'ennuie jamais sur ce blog, mais ça vous le savez déjà), les séances reviennent jusqu'à atteindre la dernière séquence pour revenir de plus belle. Je rappelle le principe: trois films chroniqués dans des critiques plus courtes, mais tout aussi pertinentes. Au programme: Laika s'attaquant à la culture asiatique; un remake aussi inattendu que réussi; et le retour improbable d'Alex Proyas. Ready? Go! (Attention spoilers)


KuboL'Antichambre de Borat revient toujours plus belle, toujours plus forte. Vu qu'il y a toujours autant de films à chroniquer (on ne s'ennuie jamais sur ce blog, mais ça vous le savez déjà), les séances reviennent jusqu'à atteindre la dernière séquence pour revenir de plus belle. Je rappelle le principe: trois films chroniqués dans des critiques plus courtes, mais tout aussi pertinentes. Au programme: Laika s'attaquant à la culture asiatique; un remake aussi inattendu que réussi; et le retour improbable d'Alex Proyas. Ready? Go! (Attention spoilers)

A l'heure où le public pleure le manque d'originalité à Hollywood, il est toujours problématique que des oeuvres non-franchisées ne trouvent pas leur public. Un paradoxe soulevé dernièrement par le magazine Cinémateaser, évoquant notamment que ce même public se ruera sur des séquelles / remakes / reboots / spin-off / etc, plutôt que sur les films originaux qu'ils recherchent (soi-disant).

En voilà la preuve avec Laika, studio d'animation en stop-motion bataillant depuis 2009 pour s'imposer auprès du public. Chose plus ou moins perdue au regard des chiffres de Kubo and the two strings, réalisé par le patron du studio Travis Knight. D'autant plus sinistre au regard du film, probablement le film le plus ambitieux du studio, que ce soit par sa multiplication du décor ou ses défis techniques. 

Contrairement à Coraline (Henry Selick, 2009) ou ParaNorman (Butler, Fell, 2012) qui avait souvent un ou deux lieux principaux (la maison en deux fois ou la ville et ses horizons), Kubo les multiplie avec des villages, des montagnes et surtout la mer. Une ambition folle qui paye, donnant lieu à des scènes spectaculaires comme l'assaut sur le bateau, où Knight joue parfaitement avec la scénographie restreinte. Une prouesse au regard du côté rude de la stop-motion, nécessitant des heures de travail pour parfois quelques secondes.

L'intrigue est en comparaison plus simple, moins complexe, mais forte de thématiques de qualité. Pour cela, Knight s'est totalement imprégné de la culture asiatique, sans toutefois la singer. Une gageure quand on sait que les américains font souvent dans la caricature. Un respect qui se voit par les masques des sorcières, le thème de la réincarnation (traîté petit à petit pour ne pas brusquer les plus jeunes), le style de combats (c'est magnifique un wu xia pian en animation) ou la sublime musique de Dario Marianelli. 

Par la même occasion, Knight fait de son héros un conteur, entraînant une habile mise en abyme. Dès lors, le héros raconte son histoire et forge sa propre légende. Ainsi, les séquences où il utilise sa guitare amène immédiatement à des histoires dans l'histoire, toutes sublimées par le souci du détail de Laika. 

Kubo est une preuve de plus que la stop-motion n'est pas morte et qu'elle peut encore signer de véritable bijou. 


 

ghostbustersPendant des mois, Ghostbusters (Paul Feig, 2016) a peiné à intéresser, fort d'une promotion globalement ratée. Puis il y avait l'inévitable question: est-ce une séquelle, un reboot (soit rester dans le même univers que les films d'Ivan Reitman) ou un remake (refaire en zappant le reste) ? Il est donc temps de le dire: Ghostbusters est bien un remake et même un bon pour la même occasion. 

Le problème principal des bandes-annonces est qu'elles n'étaient pas drôles, faute principalement d'un contexte. Ce qui n'est pas le cas dans le film (fort heureusement), déclenchant ainsi des fous-rires que l'on pouvait difficilement avoir devant les trailers

Feig tire partie de chacun de ses personnages principaux, le point d'orgue étant atteint par le ton merveilleusement décalé de Kate McKinnon (il était temps que le cinéma l'adoube) et le génie comique de Chris Hemsworth (mais donnez lui une comédie pour lui tout seul !). Même Melissa McCarthy réussit à faire rire, ce qui tient presque du miracle. En se limitant au PG-13, Feig évite les lourdeurs grossières qui pourissaient ses deux derniers films (The heat et Spy). Adios les fuck, vive la sobriété!

Pour ce qui est de l'aspect remake, le traitement des personnages et de l'intrigue sont assez similaire à l'original (découverte de fantômes, formation du groupe, premières affaires, affrontement final). Toutefois, Kristen Wiig s'avère moins cynique qu'un Bill Murray et que Kate McKinnon est plus fofolle que le regretté Harold Ramis. En revanche, les rôles sont toujours ciblés: la sceptique (Kristen Wiig), la convaincue (McCarthy), la scientifique (McKinnon) et l'arrivée tardive (Leslie Jones).

Les caméos sont d'ailleurs fort sympathiques, même si celui de Dan Aykroyd est totalement inutile. Le méchant est plutôt intéressant, homme incompris trouvant dans les fantômes un moyen d'exprimer sa fureur. Au moins, ce n'est pas un Gozer bis. Pour ce qui est de l'aspect visuel, le film s'en sort aussi bien que d'autres blockbusters, sans toutefois innover. 

En résulte, une bonne surprise qui confirme que parfois derrière une promotion pourrie, se cache quelque chose de beaucoup mieux. 


 

GodsAprès avoir abandonner deux projets ("Dracula Year One" devenu Dracula Untold et "Paradise Lost" d'après John Milton), Alex Proyas revient avec Gods of Egypt. Une grosse production à 140 millions de dollars qui n'a cessé de faire parler d'elle suite à une promotion catastrophique. Sans compter la plupart des avis critiques parlant soit d'une bouse, soit d'un nanar, soit d'un gros navet (cochez celui que vous voulez). 

Votre cher Borat n'a écouté que son courage, bien aidé par son amour de la première heure pour ce réalisateur australien qui n'a jamais de bol (remember les productions de tous ses films sauf Prédictions). Oui Gods of Egypt est un mauvais film, mais non ce n'est pas l'immense purge tant déclamée.

Proyas a certainement puisé dans son projet du Paradis Perdu pour son nouveau film mythologique avec son diable (ici Seth) affrontant le bien (Horus et sa clique de dieux). Le récit est ce qui tient tout le film. Le fait que l'on soit dans un univers mythologique aide à rendre possible certaines excentricités (comme la Terre qui est en faites plate ou Ra sur un paquebot spatial).

Le récit n'est pas compliqué, ni moins basique que d'autres. Il s'agit avant tout d'un buddy movie improbable entre un humain qui veut sauver sa fiancée d'entre les morts et un dieu qui veut se venger d'un autre ayant tué son père. Le problème vient surtout des personnages et du visuel.

Les personnages sont creux et jamais développés pleinement. Bek est une sorte d'Aladin; Horus un Hamlet divin et Seth son ennemi d'oncle; Thoth un narcissique... Rien de nouveau sous le soleil. L'ami Gerard Butler cabotine en puissance, quand le reste du casting semble se demander ce qu'il fait là, s'ils ne sont pas mauvais.

Le visuel est ambitieux et on le voit par la plupart des plans (tous tournés sur fond vert). Sauf que certains passent et d'autres pas. Les dieux plus grands que les hommes est une bonne idée sur le papier. Sauf que Proyas triche sans cesse en mettant le dieu en avant et derrière l'humain, jouant ainsi de la profondeur de champ pour économiser. Idem pour les délires guerriers en mode Chevaliers du Zodiaque, le passage d'Hathor dans les enfers (immonde plan-séquence) ou des arrières-plan totalement artificiels. 

Gods of Egypt est un film qui ose et se donne les moyens de ses ambitions, mais se plante sur quasiment toutes ses tentatives. Un potentiel certain, peu de résultats.

A la prochaine!