Qui est Chris Pratt? Un des sept (nouveaux) mercenaires? Un gardien de la galaxie se prenant pour le seigneur de l'étoile? Un dresseur de raptors? Un des dézingueurs de Ben Laden? Le mauvais meilleur ami de James McAvoy? Le mari beauf d'Alison Brie? La France connaît en fait peu Chris Pratt ou tout du moins a mis longtemps avant de le découvrir. Avant de devenir le nouvel acteur qu'Hollywood s'arrache, il était Andy Dwyers durant sept ans. Andy qui? La Cave de Borat va vous faire revenir en 2009 où il était guest-star dans la série Parks and recreation. Une série que vous ne connaissez probablement pas chers lecteurs et pour cause, il a fallu la fin de sa diffusion (en 2015) pour qu'une chaîne française daigne la diffuser. Et ce fut Canal +. Autant dire vu uniquement par des abonnés. Sept ans où le téléchargement et le streaming ont (bien) fait le travail. On se plaint souvent du téléchargement illégal en France, en attendant il aide certaines séries à trouver leur public et à se faire une réputation quand aucune chaîne ne veut les diffuser. Ce qui est clairement le cas de Parks and recreation. On ne s'étonne même pas que l'achat de Canal a été régie par le succès des Gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014) et l'arrivée imminente de Jurassic World (Colin Trevorrow, 2015). Ce qui reviendrait à faire de Chris Pratt l'arbre cachant la forêt, car comme évoqué au départ il n'était qu'un guest. Au même titre que 30 Rock (2006-13) est le bébé de Tina Fey, Parks and recreation est celui de sa comparse du Saturday Night Live Amy Poehler.

Parks and recreation (photo promo) (1) 

L'équipe de choc instaurée depuis la troisième saison.

Initialement, cela devait être un spin-off à la série The office (2005-13). Même chaîne, même format (sitcom donc vingt minutes
environ), même principe (un mockumentaire sur les activités professionnelles d'un groupe de personnes), mais dans le département des parcs et loisirs d'une mairie. Amy Poehler était déjà connue par le SNL (on lui doit notamment des parodies mémorables d'Hilary Clinton), mais pas forcément ses comparses. On ne parlera pas forcément de succès d'audience (entre 3 et 5 millions de téléspectateurs), mais la série gagnant en réputation, ses acteurs aussi. Rashida Jones et Aziz Ansari ont leur
propre série désormais (Master of none et Angie Tribeca); Aubrey Plaza enchaîne les comédies avec Zac Efron; Nick Offerman a montré sa moustache du 21 Jump Street à Fargo; Adam Scott s'est retrouvé sur de bons coups cinématographique (Krampus par exemple); Rob Lowe s'est payé un énième come-back; et Chris Pratt est devenu une star. Par ailleurs, il est bon de souligner Plus que sur ces intrigues et comme toutes sitcoms qui se respectent, Parks and rec repose essentiellement sur ses personnages et leur évolution au fil de ses sept saisons. Avouons-le, le pitch est plus que simple puisque, comme évoqué plus haut, nous suivons des employés chargés des parcs de loisirs et autres événements à Pawnee. Rien de fun à l'horizon, ni de grandiose et pourtant de cette banalité, les scénaristes s'en amusent (comme surement Ricky Gervais en son temps).

Photo Amy Poehler, Chris Pratt

Chris Pratt et Amy Poelher à la recherche de leurs conjoints.

Que ce soit faire un parc, une fête du coin ou mieux entrer en campagne d'élection, l'équipe de choc essaye tant bien que mal de les réaliser et ce parfois sur plusieurs saisons. Pour cela, il est bon d'analyser plutôt les personnages. (attention spoilers) Leslie Knope (Poehler) est l'archétype parfait de la femme qui essaye de s'imposer en politique dans un milieu bourré d'hommes et surtout de machos, tout en essayant de rester la plus positive possible. Probablement trop et c'est aussi ce qui fait le charme du personnage. Elle croit en ses convictions et même dans la pire des merdes, elle essayera toujours de garder la tête haute. Durant sept saisons, elle devra imposer son opinion face à des conseillers misogynes ou dépassés (mais toujours en place) et même se battre parfois contre les voisins de Eagleton. En gros, les ploucs obèses face aux riches sveltes. Pas étonnant non plus qu'elle prend en exemple Hilary Clinton, non seulement à cause du fait que Poehler l'a imité en long, en large et en travers, mais aussi par son engagement politique. Avec un regard actuel, la quatrième saison où elle fait campagne pour le conseil de Pawnee anticipe le duel Clinton-Trump. Le personnage de Paul Rudd n'a aucun programme, mais il suscite l'intérêt de la population par sa puissance et opte avec sa conseillère (l'impayable Kathryn Hahn) pour une campagne de dénigration du candidat en face. On ne pouvait pas faire plus visionnaire.

Photo Adam Scott, Amy Poehler

Ben Wyatt le héros par excellence.

Puis Leslie Knope ne serait rien sans son Ben Wyatt (Scott), héros s'il en est de plus romantique. L'amant dévoué à la cause de sa compagne, revenant même d'un job à Washington pour être plus proche d'elle. Terriblement chevaleresque mais inévitablement tordant (y compris quand un bouchon de plusieurs heures avec utilisation de la radio engendre une panne d'essence). Si en plus, c'est un geek confirmé (Val Kilmer peut aller se rhabiller avec son costume de Batman) et un amateur de calzone, alors vous êtes sûrs que Ben Wyatt est un ange parmi les démons. Mais indéniablement le meilleur personnage de la série est Ron Swanson (Offerman). Patron de Leslie, il en est le parfait contraire. Libéral, cynique, contre la constitution, pour les libertés individuelles (il met son ordinateur à la poubelle après avoir découvert que ses coordonnées étaient sur Google !), un mangeur de viandes confronté à un végétarien (en l'occurrence Chris), menuisier et saxophoniste hors pair, Ron Swanson est le parfait second-rôle. Celui qui remet toujours en place ses collaborateurs avec une morale jubilatoire. Puis Ron Swanson est un personnage tout de suite identifiable: une moustache impayable, probablement la plus iconique du paf depuis celle de Magnum ! A cela se rajoute la violence cassante de sa première ex (Patricia Clarkson merveilleuse) et la sexualisation extrême de la seconde (Megan Mullally jubilatoirement vulgaire). 

Ron Swanson rit

Ces trois personnages sont en soi les piliers de la série et ce malgré que Ben n'apparaît qu'à la fin de la seconde saison. Ce qui n'empêche pas les seconds couteaux d'exploser. Chris Pratt vous paraît séduisant dans ses récents films? Attendez de faire la connaissance d'Andy Dwyers, ancien petit-ami d'Ann Perkins (Jones), beauf monumental mais attendrissant jusqu'à en prendre les mauvaises habitudes (un plâtre est toujours utile pour stocker de la nourriture). Le genre débarquant tout nu chez son ex pour la reconquérir! Une scène d'ailleurs imprévue, Pratt devant initialement mettre un caleçon couleur chair. Il se trouve que le caleçon était si pitoyable qu'il a tout enlevé, se dévoilant dans le plus simple appareil devant des Amy Poehler et Rashida Jones surprises! Un passage qui n'avait pas vraiment plu à NBC, mais tout rentrera dans l'ordre. Andy est également l'impitoyable Burt Macklin, l'occasion pour Chris Pratt de faire exploser son quota comique en faisant jouer son personnage à l'agent du FBI. Fort ridicule mais souvent hilarant. Avec April (Plaza) ils forment un couple cocasse, elle sortant de l'adolescence (April est mineure au début de la série), lui l'adulescent trouvant une parfaite partenaire de jeu. April se démarque également par une froideur certaine, contrastant parfaitement avec la gentillesse apparente d'Andy. 

April et Andy 

Que serait également Parks and rec sans l'indispensable Tom Haverford (Ansari), véritable dépensier dans tout et n'importe quoi, ne pouvant vivre sans écran (jusqu'à se faire suspendre son permis à cause de cela) ? A lui se rajoute l'impayable Jean Ralphio (Ben Schwartz), guest en or du même type et dans ce qu'il y a de plus excessif (en plus de faire des raps foireux). Puis Tom c'est les amours contrariés, allant de sa femme s'étant mariée avec lui uniquement pour avoir son visa, sa relation amour-haîne avec Ann Perkins ou d'autres relations sans lendemain (ou pas). Par ce personnage, les scénaristes s'interrogent aussi sur le racisme des américains et ce même à l'encontre de leurs concitoyens. Pour preuve, tous ces personnages (Leslie y compris) lui disant "c'est comme ça dans ton pays l'Inde?", alors qu'il est né sur le sol américain. On ne peut pas faire plus violent, d'autant que ces personnes ne le feraient peut être pas pour un personnage afro-américain. Ann Perkins est un personnage assez particulier, tantôt chiant, tantôt agassant. Pas forcément le personnage que l'on retiendra de la série et c'est peut être aussi pour cela qu'elle comme Chris partent au bon moment. On s'amusera davantage avec le pauvre Garry (Jim O'Heir) changeant continuellement de prénom au cours de la série; l'impitoyable Donna (Retta) mangeuse d'hommes par excellence; ou le déprimé Chris (Lowe) essayant de trouver une voie positive à sa vie. 

Tom Havenford 

Tom ou l'art de la tête de vainqueur.

Parks and rec s'est aussi payé de sacrés guests-stars: Lucy Lawless en troisième femme de Ron Swanson (qui malheureusement finit par ne plus apparaître au bout de quelques épisodes); Bill Murray en maire; Jonathan Banks en père de Ben Wyatt; Kristen Bell en conseillère d'Eagletown; Paul Rudd comme évoqué plus haut; Justin Theroux en amant de Leslie Knope; et même parfois des politiques comme Joe Biden ou Michelle Obama. Parks and rec est une série où l'on rigole avec ses personnages, ces derniers malgré des qualités et des défauts notables comme évoqués étant tous attachants. Les quitter est un peu comme le terrible final de Friends en 2004. Tout le monde ne sera pas d'accord sur ce point, mais durant sept saisons, on s'est amusé et attaché à eux et ils finissent par voler vers d'autres aventures où le téléspectateur n'est pas convié. Si la septième saison a un peu tourné au climat d'adieu (jusqu'à faire tout un épisode avec Johnny Karaté, le personnage créé par Andy pour la télévision), au point de laisser un peu tomber l'anticipation utilisée (la saison se situe en 2017), elle a permis un beau malaise dans l'amitié de Leslie et Ron. Au point de devoir passer par une chanson de Billy Joel pour casser le mur entre eux. Pour sûr, votre cher Borat se souviendra encore du fameux épisode 13 de la saison 3, où nos personnages font une soirée du tonnerre particulièrement alcoolisée.

Ron Swanson danse

Ron Swanson qui danse avec un chapeau sur la tête; Ben Wyatt et son mythique "Bababooey"; Ann et Leslie qui s'engueulent puis se rabibochent; Ann toujours qui massacre Danger zone de Kenny Loggins (1986); la première apparition de Burt Macklin; le même qui le lendemain fera échapper quelques vomissements en pleine marche... Un épisode de folie et à mourir de rire. On notera également l'hommage à Little Sebastian, grand demi-cheval de Pawnee auquel Andy dédiera le mythique 5000 candles in the wind. Car avouez-le qu'est-ce qu'il y a de 5000 fois plus beau que Candles in the wind? (fin des spoilers) Votre cher Borat a beau avoir terminé son visionnage en février dernier, Parks and recreation lui manque déjà. C'est aussi à cela que l'on reconnaît les grandes séries. A la prochaine!