A l'heure où votre cher Borat parle, le cinéma vient de perdre le célèbre Robert Vaughn. Les plus vieux lecteurs de ce blog (rien de méchant mes amis, restez avec nous) le connaissaient pour son rôle dans la série d'espionnage récemment adaptée par Guy Ritchie, The Man from UNCLE (1964-68). Les plus attachés au cinéma se rappelleront certainement mieux du mercenaire avant tout là pour l'argent dans le remake des Sept samouraïs signé John Sturges (1960). Pas son rôle le plus connu, mais indéniablement une gueule reconnaissable. Mais aussi le méchant de Superman 3 (Richard Lester, 1983), créateur d'un ordinateur délirant visant à dominer le monde et à garder le pétrole rien que pour lui. Mais cet article improvisé du vendredi soir tient à rendre hommage à un autre artiste décédé en ce jour. Votre cher Borat n'est pas un grand connaisseur de Leonard Cohen. Son camarade 2flics vous en parlerait certainement mieux que lui (voir https://lebazardelaculture.wordpress.com/2016/10/27/quand-la-musique-tourne-you-want-it-darker/). La première fois que votre interlocuteur l'a connu était certainement au cinéma en ce jour fatidique du 4 mars 2009. Durant une séance où bons nombres de spectateurs sont partis, nous arrivions au moment fatidique où Dan Dreiberg aka le Hibou deuxième du nom (Patrick Wilson) se libérait enfin de sa timidité (et d'une possible avec la belle Laurie Juspeczyk aka Silk Spectre II (Malin Akerman).

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Les costumes s'enlèvent, les amoureux s'embrassent et là les premières notes d'Hallelujah selon Leonard Cohen (1984) résonne. Ne connaissant que la version ultra médiatisée de Jeff Buckley, l'écoute de cette version fut pour le moins étonnante mais plaisante. Beaucoup ont jugé cette scène de Watchmen (Zack Snyder) ridicule, voire poussive. Pourtant l'Hallelujah signifiait deux choses montrées de manière assez subtile, au delà du fait que ce soit une scène d'amour. En premier lieu, l'orgasme de Laurie symbolisé par un coup de lance flamme, mais surtout la délivrance de Dreiberg, cet homme semblant impuissant dès qu'il n'a pas son costume de super-héros et potentiellement puceau. Comme quoi, dans un film, une chanson bien choisie pour la bonne scène signe souvent un grand moment de cinéma. Il y a eu ensuite Nevermind (2014), générique de la seconde saison de True Detective (2015). Un morceau électrique et plus particulier, au rythme envoûtant jouant pile poil avec l'univers nocturne développé par le générique (un peu moins le cas de la saison en général). Crépusculaire, montrant Los Angeles loin des conventions établies par Michael Mann depuis Heat (1995), le générique de cette seconde saison est peut être moins marquant mais il a de la classe. Puis en septembre dernier, Leonard Cohen m'était revenu aux oreilles le temps du générique de War Dogs (Todd Phillips, 2016). Déjà citée dans Pump up the volume (Allan Moyle, 1990), les paroles d'Everybody knows (1988) dans un tel film apparaissent comme une mise en abîme amusante.

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Ainsi certaines paroles renvoient directement aux deux héros du film incarnés par Jonah Hill et Miles Teller, deux menteurs se servant de la guerre pour s'enrichir et en jouant avec les lois de leur pays. Ainsi, tout le premier couplet pourrait leur être consacrer. La mort de Leonard Cohen m'a fait penser à ces trois chansons en particulier, toujours comme vous avez pu le lire en rapport avec le cinéma et la télévision. Tout en ne se rendant pas compte qu'il était également sur les ost de films que j'ai vu tels Tueurs nés (Oliver Stone, 1994), Good morning England (Richard Curtis, 2009) ou Breaking the waves (Lars von Trier, 1996). A la prochaine...