Cette semaine, la Cave de Borat va vous évoquer une expérience particulière, un truc qui change de ce que l'on a l'habitude d'évoquer dans cette rubrique. Il est difficile de parler d'un concert ou tout du moins d'en exprimer une critique ou un avis. Au pire on pourra dire que c'était affreux, que la technique était pourrie, qu'il y a eu des retards, que le chanteur était à chier (certains se souviennent des ratages de Guns n' roses dans les 2000's)... Au mieux, on parlera d'un moment inoubliable, du genre que l'on se souvient pour toujours. Cela tient de l'affect pur, là où un film ou une série pourront être analysé, décortiqué ou critiqué pour leur parti-pris. Certes, il y a aussi la notion de choix, choisir l'artiste ou le groupe que l'on veut voir comme on le fait pour un film; mais un film restera identique à la seconde vision, c'est notre perception qui pourra changer. Avec le spectacle vivant, même si la pièce est identique, même si les chansons sont les mêmes que celles jouées à Paris ou à Lyon, le spectacle sera différent car il dépend d'une performance unique. Parler d'un concert revient à évoquer son expérience, les émotions procurées. Votre cher Borat va donc vous évoquer ce qui lui est arrivé le 23 septembre dernier. Initialement, j'aurais dû aller à la Scala pour la Nuit du bis de rentrée, celle où était diffusé Predator (John McTiernan, 1987) et La planète des vampires (Mario Bava, 1965). Un programme qui me donnait furieusement envie, d'autant que l'on parle de copies restaurées.

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En début d'été, j'apprends que le festival Des notes et des toiles (qui avait accueilli l'an dernier Eric Serra notamment) a invité les Goblin ou tout du moins Claude Simonetti et son groupe reprenant les morceaux de Simonetti. Je me tâte, j'attends le début août et par un coup de tête, je prends une place à la Fnac (comme ça, on fait un peu de placement de produit). Je n'avais jamais vu de concert. Il y a bien eu des trucs gratos avec des groupes locaux, mais on ne parlera honnêtement pas de concerts. Des prestations où l'on passe entre deux endroits conviendrait mieux. Rien à priori qui tient de l'expérience de la scène, de l'envie d'y aller pour ça uniquement. Puis surtout rien qui tient de la vraie affiche. A force de voir des concerts à la télévision ou en DVD, on a envie de passer à quelque chose de concret. Je n'avais jamais sauté le pas, faute de renseignements, faute d'envie et surtout de moyens d'y aller. Plus de problèmes de voiture, concert à proximité même si une bonne heure de route (Pont à Mousson), concert qui donne envie... Allez hop! Je connais les Goblin depuis un moment désormais. J'ai vu la plupart des films de Dario Argento de la période 70's-80's et l'empreinte des Goblin est immédiate sur ces oeuvres. De même pour l'ost de Zombie (George Romero, 1978) que j'avais vu bien avant et dont la musique s'imprime directement dans nos oreilles. 

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Ce n'est donc pas un hasard si j'ai eu envie d'aller voir et entendre des titres reconnaissables d'artistes que j'aime. D'autant que j'ai eu la chance de voir Phenomena (1985) et Ténèbres (1982) au cinéma et donc d'écouter leurs ost dans un contexte quasi-similaire. Pour faire attendre l'heure fatidique, le festival a eu la bonne idée de sortir une soundtrack de qualité, avec du John Williams et du Basil Poledouris (entendre Starship troopers dans une salle de concert, le rêve) pour ne citer qu'eux en fond sonore. Il tenait également à rendre hommage au compositeur François Eudes Chanfrault, décédé début mars et à qui l'on devait les bandes-originales d'Haute tension (2003), La colline a des yeux (2006) et Vinyan (2008). Un hommage vidéo avant que le réalisateur Alexandre Bustillo, pour qui il avait composé A l'intérieur (2006), ne vienne en parler avec émotion. Après cela, place à l'ami Claudio et ses musiciens déchaînés, s'exprimant avec un anglais à l'accent forcément un peu italien. La soirée s'est très bien passée, Simonetti se révélant plutôt enjoué derrière son synthétiseur, se permettant même deux petites cartes blanches en faisant des reprises du thème d'Halloween (John Carpenter, 1978), puis de l'introduction de Tubular Bells (Mike Oldfield, 1973) connue pour son insertion dans L'exorciste (William Friedkin, 1973). Ne vous faites pas d'illusion, la plupart des films cités plus haut ont eu droit à leur passage obligé, que ce soit le Romero, Les frissons de l'angoisse (1975) ou Suspiria (1977).

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Alexandre Bustillo

L'occasion de grands moments de musique made in 70's-80's, avec images à l'appui, danseuse au costume fortement couleur chair et show endiablé où solos de guitare et de batterie (signés Bruno Previtali et Titta Tani) se chevauchent. Du rock progressiste diront certains, de l'electro diront les autres, il en reste un spectacle plaisant, déchaîné et où les différents intervenants cassaient littéralement la baraque. Un pur plaisir aussi d'entendre pareils titres dans des conditions live de qualité (pas de problèmes de son et autres problèmes techniques). Vous ne croyez quand même pas que je vais vous laisser en plan, en ne vous donnant pas un peu de bon son à écouter pour enjoliver votre journée? Voici donc une playlist de morceaux entendus durant ce concert, ainsi que quelques photos de l'événement faites par mes soins (ne m'en voulez pas, j'ai fait avec l'endroit où je pouvais me faufiler). A la prochaine!

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Claudio Simonetti, rockstar du soir.

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Simonetti et son guitariste Bruno Previtali.