En ce jour de Noël, on ouvre les cadeaux, s'embrasse sous le gui (pour les chanceux) ou s'amuse à regarder les rares films que daignent montrer nos chaînes de télévision entre deux documentaires animaliers. Plus banalement, vous essayez de décuver ou de digérer le repas et les boissons de la veille en vous disant que ce sera pareil demain. Puis à un moment vous allez regarder vos messages, faire un tour sur le web pour voir si le dernier gros blockbuster a finalement montrer de nouvelles images et peut être tomber par hasard sur ce blog que vous connaissez ou non. Après cette longue introduction qui n'a pas vraiment de sens, la Cave de Borat vous souhaite un joyeux Noël et vous offre une nouvelle cuvée pour fêter l'arrivée du divin enfant. Après les longs,
passons au format court dans ce petit cycle Walt Disney en nous intéressant à quelques courts-métrages de Disney et Pixar. (Attention spoilers) Commençons par le plus long avec le fief de Luxo. Votre cher Borat ne reviendra pas sur l'intégralité de leur filmographie courte, l'ayant déjà fait en grande partie par le passé. Il s'agit donc de s'intéresser à des courts qui n'ont pas été évoqué dans ces colonnes, à commencer par Le parapluie bleu (Saschka Unseld, 2013 *). Présenté tout d'abord au Festival de Berlin, il servira finalement d'avant-programme à Monsters University (Dan Scanlon, 2013).

Le Parapluie bleu : Affiche

Le décalage est d'ailleurs assez fort, puisque là où la préquelle du film de Pete Docter est particulièrement cartoonesque, ce court est plutôt photoréaliste. Au point parfois de se demander si c'est bien de l'animation ou du live-action légèrement modifié. La prouesse technique n'en est que plus grande et frappante, confirmant qu'à ce niveau Pixar est devenu quasiment imbattable (Wall-e avait déjà donné le coup de grâce à la concurrence). La photographie de Brian Boyd rappelle celle de Jordan Cronenweth pour Blade Runner (Ridley Scott, 1982) faites de pluie, signaux lumineux et d'obscurité. Le parapluie bleu et le rouge dont il tombe amoureux sont à vrai dire les seules réelles sources de lumières du court-métrage. Par la même occasion, le court-métrage fait directement référence aux premiers travaux du studio (de Luxo Jr à Knick Knack) et évidemment à la saga Toy Story (1995-) en mettant en scène des personnages de type objet ou censés être inanimés. On voit progressivement qu'outre les parapluies principaux, certains éléments du décor ont des réactions, à l'image de cette conduite d'eau poussant le parapluie au sol ou cette bouche d'égoût qui lui souffle dessus. De même, on remarquera que quand le parapluie bleu s'avère mal en point, certains ont un air triste.

PP

Une personnification du quotidien en quelques sortes, où les éléments font rencontrer des êtres inanimés ou pas (les propriétaires des parapluies finissent par boire un café ensemble). On s'amusera d'ailleurs du fait que les humains ne montrent jamais leur visage. Ils ne font que marcher sous des parapluies ou conduire une voiture. Ils n'ont d'ailleurs pas vraiment de personnalité, la plupart des "marcheurs" ayant des parapluies identiques, à la limite même de la déprime en dehors de notre couple également symbolisé par les couleurs bleue et rouge. Le garçon et la fille dans ce qu'il y a de plus banal comme représentation. Un peu comme dans Toy Story avec Andy, on voit même un attachement des propriétaires pour leurs objets. Le propriétaire du parapluie bleu aurait pu en prendre un autre, il finira par revenir sur ses pas pour le retrouver. Pour ce qui est du scénario, il est souvent simple chez Pixar en ce qui concerne les courts-métrages, mais suffisament pertinent pour durer quelques minutes sans problème. Avec des idées simples on fait parfois des miracles et Le parapluie bleu en fait partie avec son histoire d'amour entre deux parapluies, puis potentiellement celle de leurs propriétaires respectifs. Passons ensuite à Lava (James Ford Murphy, 2015). Un court-métrage qui a reçu des critiques assez négatives, certains jugeant la chanson servant de leitmotiv un peu trop mièvre, voire affreusement ridicule.


I LAVA YOU - Pixar (Full Engsub) par IsabellaLindley1

Au contraire de ces dernières, votre cher Borat la trouve particulièrement envoûtante et apaisante, en plus d'être bien interprétée par Kuana Torres Kahele et Napua Greig. Toutefois en version originale, elle passe peut être un peu mieux que sa traduction française. La chanson renvoie directement aux chansons hawaïennes, certains iront même jusqu'à faire allusion au chanteur Iz (le réalisateur serait visiblement fan de sa reprise d'Over the rainbow). Dans tous les cas, une chanson contant l'amour de deux volcans, un en éruption, l'autre éteint, d'abord avec le point de vue du premier, puis du second avant de finir à l'unisson. Là encore une histoire entre deux êtres normalement déshumanisés et pourtant cela fonctionne. Un peu comme Inside out (Docter, 2015) dont il est l'avant-programme (après avoir été diffusé en juin 2014) et The good dinosaur (Peter Sohn, 2015), James Ford Murphy joue d'un savant mélange entre décors quasiment photoréalistes et proches de ce que l'on peut voir sur les îles possédant des volcans ; et la personnification de ses volcans plus cartoonesque. Une difficulté pour les animateurs puisque les volcans devaient gronder tout en chantant, rester le plus naturel possible tout en gardant des émotions. Par ailleurs, il est assez cocasse que le plan final a un camarade plus ou moins similaire dans le dernier film Disney Moana (Clements, Musker, 2016). Le hasard des choses parfois.

Lava : Affiche

Même si certains regretteront la chanson, Lava reste un des plus beaux court-métrages du studio, de par sa richesse graphique folle. A souligner également que la 3D était bien plus utile sur Lava que sur Inside Out, jouant parfaitement de la profondeur de champ particulièrement grande du film notamment grâce à de longs travellings aériens. La même année pour la sortie de The Good Dinosaur, Sanjay Pastel revenait sur son enfance à travers Sanjay's Super team. L'idée était de montrer le conflit identitaire du réalisateur, entre les convictions hindoues de sa famille et ses propres héros issus de la télévision. L'enfant est plus ou moins suggéré comme étant le réalisateur, dixit l'écrito ouvrant le film ("d'après une histoire presque vraie") et les photos servant au générique de fin. Le rituel des séries animées le matin se confrontent à celui du rituel hindou, un conflit entre le père et le fils, le premier cherchant à faire comprendre à son fils que la religion a son intérêt et en soi peut aussi créer des héros. Ce que constate Sanjay à travers une expérience très personnelle. Il en vient à imaginer que le fait d'avoir éteint la bougie revient à libérer un démon représenté de manière difforme, puisque ce dernier absorbe des divinités et symbolisé par le violet. Les divinités présentées Vishnu (en bleu), Durga (en rouge) et Hanuman (en vert) finissent par affronter le démon, mais le salut viendra quand le petit tuera son idole à travers ce jouet super-héros.

'Sanjay's Super Team' Oscars 2016 Short Film (Animated)-HD from Ana Lucia Pio Borges on Vimeo.

Désormais, ses idoles ne seront plus uniquement des super-héros américains, mais également les divinités comme souvent à l'origine des héros modernes. Cela est symbolisé par le retour du jouet, mais aussi le point lumineux sur le front engendrés par Vishnu. Les deux peuvent cohabiter dans l'esprit du jeune garçon. Il est d'ailleurs ironique que les personnages du show télévisé soient plus ou moins représentés de la même manière que les divinités, comme pour confirmer la réappropriation de ces dieux de nos jours sous une autre forme. Toutefois, Pastel n'en fait pas des super-héros de la même manière que Brad Bird. Ainsi, l'affrontement est moins frontal, renvoyant plus ou moins au jeu de rôle avec des attaques de défense principalement. Une manière de varier les plaisirs et surtout de donner lieu à un spectacle inédit. On peut aussi souligner le travail absolument formidable sur la lumière, encore plus fantastique sur un grand écran. Evoquons maintenant le dernier court-métrage de Pixar diffusé en avant-programme du Monde de Dory (Andrew Stanton, 2016). Piper (Alan Barillaro, 2016) impressionne lui aussi par un photoréalisme spectaculaire. La plage a l'air plus vraie que nature, idem pour l'eau et seuls les oiseaux et crustacés semblent un peu plus cartoonesques et encore. 

Le réalisme frappe, bien plus que dans le long de Stanton. Si le court s'avère ravissant, il se révèle en revanche trop simple dans son scénario. Le court manque également de réels rebondissements en comparaison des opus cités plus hauts, eux aussi simples mais savant faire monter le suspense dans leurs intrigues. Toutefois en terme de récit d'apprentissage, on pourrait le rapprocher de Bambi (David Hand, 1942) avec cet enfant partant à la découverte de la nature grâce à sa mère. Le film est assez perfectible en soi, mais il s'avère au moins sympathique et permet à Pixar d'expérimenter. Peu après Monstres et cie (Pete Docter, 2001), les studios Pixar ont commencé à faire des petites extensions de leurs films. La nouvelle voiture de Bob (Docter, 2002) fut le premier d'un grand lot de courts-métrages souvent réalisés pour la sortie vidéo ou depuis en avant-programme de films Disney ou ressorties (ce fut le cas de Small fry et Partysaurus Rex). Le dernier en date qui vaille la peine d'être évoqué est Riley's first date (Josh Cooley, 2015), séquelle d'Inside out. Ces petites extensions permettent parfois d'éviter la suite de trop ou d'aller dans d'autres directions. On avait vu cela avec Baby sitting Jack Jack (Brad Bird, 2005) qui était carrément un élément oublié de l'intrigue des Indestructibles (Bird, 2004), prolongeant le plaisir du final.

Inside Out - Riley's First Date from Maria Grazia on Vimeo.

Riley's first date s'amuse un peu plus du concept initial (voir comment les émotions régissent notre vie) en prenant globalement le point de vue du père entraperçu dans le film (une sorte de QG militaire dirigé par la Colère) et celui du potentiel petit-copain de la petite Riley (un skate-park intérieur). Le Père découvre les joies de l'adolescence balbutiante de sa fille, ce qui a tendance à l'effrayer, là où la Mère ne sait pas trop comment s'y prendre. On tombe dans le cliché connu et souvent évoqué au cinéma du père ne voulant pas du copain de sa fille et ce dernier finit par le convaincre. Ici l'argument sera la musique, qui plus est par l'inoubliable Back in black (AC/DC, 1980). Inutile de dire qu'il est impératif de voir ce court-métrage en VO, la VF ne comportant quasiment aucune voix du film (vous croyez que Charlotte LeBon va se déplacer pour même pas vingt secondes de présence de Joie ?) et alignant les fautes de goût de langage. Imaginez vous celui de Kev Adams dans tout ce qu'il entreprend et vous aurez une vague idée désagréable de la chose. Au moins la VO évite ce problème, en plus d'être déjà mieux représentative des personnages dans le film original. Beaucoup de spectateurs se sont plaints de l'annonce d'un Toy Story 4 pour les années à venir, pourtant Pixar déblaie le terrain depuis 2011. 


Toy Story Of Terror - Full Movie - Part 1/6... par gaubaccuc9x05

Un peu comme les Cars Toons (2008-201) mais en plus consistants, les studios Pixar ont commencé à miser sur des scénettes autour de l'après-Toy Story 3. Le studio a commencé avec trois court-métrages (Vacances à Hawaï, Small fry et Partysaurus Rex), il est depuis passé aux épisodes spéciaux avec Toy Story of terror (Angus MacLane, 2013) et That time forgot (Steve Purcell, 2014), diffusés sur la chaîne ABC et disponibles en DVD par chez nous. S'intéressant aux aventures quotidiennes de nos jouets favoris chez la petite Bonnie, les courts étaient au pire sympathiques, au mieux amusants. Dans tous les cas au moins attachants. Ces épisodes spéciaux vont déjà un peu plus loin. Le premier est l'occasion pour le studio de s'intéresser quasiment pour la première fois à l'horreur, en multipliant les clins d'oeil parodiques. Les premières minutes renvoient aux films de vampires classiques, comme on peut voir une allusion directe à La nuit des morts-vivants (George A Romero, 1968) avec cette femme blonde pourchassée dans un cimetière. Le hérisson bavarois Mr Pricklepants, en bon amateur de cinéma et théâtre, sera l'hôte spécialiste évoquant les codes du cinéma d'horreur. Que ce soit les personnages qui disparaissent, les endroits à ne pas aller ou une créature qui rôde (en l'occurrence un lézard voleur de jouets pour le propriétaire du motel).

Toy Story Metrage (affiche Mike Mignolia) 

Affiche réalisée par Mike Mignola.

Sans compter les allusions à Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) avec un gérant de motel particulièrement douteux et une toile de douche s'enlevant pour laisser place à la menace. Toy Story of terror est aussi l'occasion pour les scénaristes d'aborder la psychose de Jessie, à savoir la claustrophobie. La cowgirl y sera confrontée continuellement durant cet épisode et finira par combattre cette phobie qui lui traîne depuis qu'elle a été abandonné. Une évolution pour le personnage, confirmant que ces extensions ne sont pas forcément là pour faire joli et prolonger banalement la franchise (à la différence des Cars Toons). Comme souvent, ce court est également l'occasion de découvrir de nouveaux personnages comme cette sorte de GI Joe et sa miniature, le dernier jouet issu d'une collection, une sorte de Transformers ou même des Legos. That time forgot revient quant à lui à l'essence même du premier opus en montrant des jouets qui ne sont pas conscients d'en être. Ainsi, Woody, Buzz, Trixie, Rex et le chaton d'or se retrouvent chez un ami de Bonnie avec tout un univers de jouets. Des sortes de gladiateurs dinosaures, une sorte de patriarche machiavélique et une arène où des jouets se font dégommer par notre bande de dinosaures. Leur mythologie est très poussée avec des décors forts et des accessoires multiples.

  

Reptillus Maximus comme la plupart de ses camarades ne savent pas qu'ils sont des jouets, faisant directement penser au Buzz d'autrefois. A la différence que nos chers dinosaures se prennent pour des combattants sanguinaires comme à l'époque des Romains et qu'ils voient le fait de jouer avec des enfants comme une forme de rédition inacceptable. Ainsi les gentils jouets, puis nos camarades deviennent des cibles malheureuses, ce qui donne des scènes pas si éloignées des peplums. Ce qui fait le bonheur du méchant de service, profitant des jeux-vidéo du petit pour faire ce qu'il veut avec des âmes insouciantes. Un court qui permet aussi au dinosaure Trixie de voir qu'elle peut être plus qu'une simple dinosaure et que les rôles que lui donne Bonnie ne sont pas réducteur. Il vaut mieux cela que de n'avoir aucune attention, comme on peut le voir avec le jeune ami de Bonnie avec beaucoup de jouets pour finalement peu d'intérêts de sa part. De quoi attendre en toute confiance le quatrième film Toy Story, en espérant avoir des nouvelles de la bande à Woody par des Toy Story Toons aussi inspirés. Après avoir longuement évoqué Pixar, passons maintenant aux studios Disney. Depuis Paperman (John Kahrs, 2012), Disney s'est remis à la production de courts-métrages pour ses avant-programmes (sauf pour Zootopie). L'occasion d'expérimenter eux aussi de nouvelles techniques et de permettre au studio de confirmer un troisième âge d'or plus ou moins confirmé depuis Tangled (Howard, Greno, 2010). 

Mickey Mouse - Get A Horse (Frozen Short) from Justin Callahan on Vimeo.

Pour le second court-métrage de cette collection, le studio Disney s'en remet à l'inimitable Mickey Mouse. Get a horse (Lauren MacMullan, 2013) avait servi d'avant-programme à Frozen (Lee, Buck, 2013), mais votre cher Borat n'avait pas pu le voir à cause d'un petit retard. Il avait pu le découvrir lors de son récent séjour à Disneyland, qui plus est en 3D. L'occasion de voir à quel point la 3D peut faire de très belles choses quand elle est bien utilisée. D'autant qu'elle contribue parfaitement au délire même du court-métrage. En effet, MacMullan nous présente tout d'abord ce qui semble être un film d'époque, du type que Walt Disney produisait en son temps et le format s'avère très restreint. Le court reprend le principe même des mésaventures entre Mickey et Pat Hibulaire, ce dernier cherchant comme souvent à kidnapper Minnie. On croit alors qu'il s'agit peut être d'un court-métrage restauré, avant d'apercevoir ce qui semble être un rideau autour de l'écran jusqu'à ce que Mickey et Horace passent à travers l'écran et laissent apparaître une salle de cinéma ! A partir de là, la 3D prend tout son sens, l'écran apparaissant comme de la pure profondeur de champ, Mickey et Horace sont ensuite au second plan et le spectateur finalement au premier en admirant le spectacle. 

 Mickey, à cheval ! : Affiche

La transition entre les deux décors se fait par la couleur et l'animation, puisqu'une fois dans la salle, les personnages sont en images de synthèse et non plus en noir et blanc. Un excellent rendu en comparaison d'une célèbre série faisant les beaux jours des petits (mais si, vous avez certainement déjà vu des images de La maison de Mickey, ne faites pas les innocents chers lecteurs). Le court joue sans cesse entre un aspect meta (les personnages finissent par être les propres créateurs de l'histoire et des éléments interragissent avec l'écran, seul vecteur entre l'univers toon et la salle de cinéma) et un vibrant hommage à Walt Disney, ce dernier redevenant la voix de Mickey grâce à des enregistrements. L'hommage va même plus loin puisque Oswald le lapin chanceux apparaît dans le court-métrage. Le lapin ancêtre de Mickey avait été subtilisé à Walt Disney par le producteur Charles Mintz et Disney avait créé la souris en conséquence. Walt Disney n'a jamais pu revoir son personnage lui revenir, au contraire de son neveu Roy puisque les droits sont allés au studio en février 2006. Une histoire d'échange entre un présentateur sportif d'ABC que désirait NBC et le lapin. Depuis, on a pu voir le lapin cocréé par Ub Iwerks dans le jeu-vidéo Epic Mickey et sa suite (2010-12), devenant maître d'un monde où règnent les personnages oubliés de Disney. 

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Son apparition dans Get a horse symbolise son retour définitif dans la mythologie Disney en intégrant la bande à Mickey. Revoir Get a horse en 2D (le film est disponible sur le DVD et le BR de Frozen) fait perdre un peu de la magie du court-métrage. Toutefois, il serait bête de bouder son plaisir devant ce court-métrage inventif et absolument maîtrisé. Passons ensuite à l'Oscar du meilleur court-métrage animé 2015 et avant-programme de Big Hero 6 (Don Hall, 2014) , Le festin (Patrick Osborne, 2014). Dans sa structure, le court-métrage n'est pas sans rappeler l'une des séquences phares de Up (Pete Docter, 2009)Au lieu de voir une parcelle de vie à travers des gens qui vieillissent, meurent ou se retrouvent seuls, Osborne prend le point de vue d'un chien en prenant chaque jour quelques secondes de sa vie. Son rapport à la nourriture évolue en fonction de ce qui arrive dans la vie de son maître. Se contentant de ce qu'il pouvait trouver dehors, le chien change une fois qu'il a rencontré celui qui deviendra son maître. Se nourissant à sa faim, le chien a parfois des petits plus selon ce que mange son maître. Puis un jour, le maître rencontre sa compagne visiblement fan de légumes et les menus sont moins gourmants, plus sains. Du jour au lendemain, le couple se brise (le temps de deux plans) et les mauvaises habitudes reprennent. Le maître tombe dans les travers de la dépression.


Le Festin - Disney Pixar [HD] par addictomovie

Le chien ne le remarque pas tout de suite, se contentant de ce qu'on lui donne avant de remarquer le brin d'herbe habituel que déposait la compagne de son maître. Le Festin est un court assez sombre, abordant l'abandon (le maître trouve Winston relativement jeune dans la rue), puis la dépression de manière indirecte par le prisme d'un élément improbable (la nourriture en l'occurrence). Il faudra bien le meilleur ami de l'homme pour que le maître retrouve le chemin de la raison. Il faut parfois se contenter de peu ou de petites choses de temps en temps. Winston finira par voir les étapes d'un couple à travers ce qu'on lui donne à manger, avec joie ou désintérêt. L'animation reprend le même système que Paperman (le système Meander) utilisé cette fois avec de la couleur. Un rendu de qualité, jouant très bien des lumières (ensoleillée au début et à la fin, ténébreuse au milieu). Enfin terminons sur le dernier cru du studio, servant d'avant-programme à Moana, le court-métrage Inner Workings (Leonardo Matsuda, 2016 **). Si l'animation est plutôt pas mal en dehors de certains corps (une demoiselle se retrouve avec des formes un peu spectaculaires il faut bien le dire), l'histoire est un mix avec peu d'inspiration d'Inside out et de Paperman.

IW

Le personnage d'Inner workings est lui aussi un employé de bureau déprimé à l'idée d'aligner les dossiers dans une ambiance quasiment mortuaire, alors qu'il pourrait très bien s'amuser. Il tombe également amoureux d'une vendeuse de lunettes de soleil rencontrée par hasard. Toutefois, le film reprend davantage du film de Pixar puisque cette fois ce ne sont plus les émotions qui gèrent l'homme, mais le Cerveau et le Coeur personnalisés pour l'occasion. Le cerveau est la figure rationelle, là où le coeur est plutôt partisan du plaisir. Sauf qu'à force de rester dans le sérieux, on passe à côté de sa vie et on n'évolue pas. Quasiment le même concept à peu de chose près. Pas que le court ne soit pas bien de lui-même, mais clairement on sent un vrai manque d'inspiration par rapport aux courts-métrages cités dans cet cuvée. On ne peut pas réussir à chaque fois. Allez à la semaine prochaine!


* Voir ici : http://www.metatube.com/en/videos/224049/Blue-Umbrella-FULL-Short-Film-Pixar-2014-HD/

** Voir ici : https://fr.onmovies.to/film/eIv/Inner-Workings?ep=vx7yo2