Avant de passer le nouvel an, certains le verre à la main, d'autres la tête dans la bassine (les deux en même temps marchent aussi, croyez votre cher Borat sur parole), il était temps de faire le bilan cinématographique de l'année. Avant cela, faisons un petit hommage à ceux qui nous ont quitté cette année qu'ils soient liés au cinéma ou non: Vilmos Zgismond, Michel Delpech, Michel
Galabru, Yves Vincent, David Bowie, David Margulies, Alan Rickman, Franco Citti, Ettore Scola, Maurice White, Umberto Eco, Andrzej Zulawski, Tony Burton, Gilbert R Hill, Larry Drake, Ronit Elkabetz, Guy Hamilton, Prince, Billy Paul, Siné, Mohammed Ali, Anton Yelchin, Maurice G Dantec, Bud Spencer, Robin Hardy, Roger Dumas, Michael Cimino, Abbas Kiarostami, Dominique Mézerette, Kenny Baker, Arthur Hiller, Gene Wilder, Joe Polito, Curtis Hanson, Bill Nunn, Herschell Gordon Lewis, Pierre Tchernia, Steve Dillon, Leonard Cohen, Robert Vaughn, Alice Drummond, Gotlib, Michèle Morgan, George Michael, Carrie Fisher, Claude Gensac, Debbie Reynolds et d'autres que votre interlocuteur aurait oublier. Comme chaque année, commençons par le mauvais. Curieusement, votre cher Borat a su se dépatouiller entre le pire du pire, évitant de se faire mal aux yeux ou de s'énerver devant Camping 3 (Fabien Onteniente), Les Visiteurs 3 (Jean Marie Poiré) ou même Independence day Resurgence (Roland Emmerich). En revanche, il y a eu une pléthore de films très moyens, parfois à la limite du passable et des déceptions parfois foudroyantes.

Jem

Attaquons le gros du flop avec Jem et les hologrammes (Jon Chu, 2015), disponible sur le net quelques mois avant sa sortie française pour cause de sortie américaine en octobre 2015. Les plus curieux, plus ou moins privés de le voir en salles pour cause de non-diffusion quasi-évidente, se seront donc fait un plaisir de voir la chose sur le net, qui plus est dans les versions qu'ils souhaitaient (open bar avec vo, vost et même vf, si ce n'est pas beau). C'est ainsi que votre cher Borat a été se faire mal aux yeux devant ce film adapté de la série animée des 80's. Le genre qui pique par des couleurs flashy mais surtout un montage changeant systèmatiquement de format dans une même scène, parfois même le temps de quelques secondes. Permettez à vos yeux de vous délecter de 30 secondes de formats 2:35, youtube, téléphone portable, facebook, twitter ou gopro combinés. Sans compter la cucucherie des actions, mais cela à la rigueur on s'y attendait au vue de ce qui est adapté. On a même droit à une
séquence post-générique pour une suite qui ne verra jamais le jour, le film étant un des plus gros bides de l'an dernier. Comme quoi, le public n'est pas prêt à voir tout et n'importe quoi passer les frontières du cinéma. Pas loin de le rejoindre de par sa surenchère, il y a eu aussi le fameux Sharknado 3 (Anthony C Ferrante, 2015) vu au Festival de Gérardmer. Il n'y a rien de pire qu'un film se prenant pour un nanar alors qu'il n'est qu'une sombre purge.

sharknado 3

Le pire est encore que le film essaye de compenser sa nullité par des guests tous plus improbables (ils ont été chercher Bruno Salomone quand même). L'ennui est quasiment total, d'autant que comme souvent avec The Asylum, les effets-spéciaux sont d'une horreur d'autant plus affligeante que le studio s'en met plein les fouilles avec cette saga de pacotille. L'hôpital qui se fout de la charité. Au rayon du foutage de gueule, 10 Cloverfield lane (Dan Trachtenberg) est un beau lot aussi. Le film a ses qualités (de très bons acteurs, une héroïne mémorable, un certain sens du suspense), sauf que le reste ne tient pas. Beaucoup trop long pour le genre qu'il aborde (le survival), ne se finit pas au bon moment (ou tout du moins un quart d'heure trop tard), une histoire un peu trop similaire à des récits issus de la série La quatrième dimension et du magazine Métal Hurlant (en plus réadapté dans la série Metal Hurlant Chronicles)... 10 Cloverfield lane a déjà plusieurs défauts à son actif, mais c'est encore pire quand on pense à l'aspect totalement mercantile de l'entreprise. Ce n'est certes pas le premier film à exploiter une franchise à partir de quasiment rien, mais la manière de le faire est vraiment gênante. Soit prendre un script, le modifier pour faire comme si c'était une histoire dans un même univers, changer la fin par la même occasion pour mieux coller (alors que la fin originale était bien plus crédible, mais ça c'est une autre histoire) et mettre le titre du film original pour glâner plus de spectateurs qu'initialement prévu.

10 Cloverfield Lane : Affiche

Un type de manigance à vomir. Votre cher Borat n'a pas encore vu Assassin's creed (Justin Kurzel), mais il est visiblement bien partie pour rejoindre le Warcraft de Duncan Jones. A vouloir tout contrôler, Blizzard a probablement bousiller les ambitions du réalisateur de Moon, au point de donner lieu à un film qui plaira peut être aux fans (et encore ce n'est pas gagner), mais laissera le public principal (les néophytes) sur le carreau. Un statut qui ne s'est pas démenti au vue du flop colossal qu'il représente aux USA (merci la Chine pour les recettes internationales). Au point de se demander si une trilogie aura bien lieu comme initialement prévu. Ce qui est relativement problématique tant Jones accumule les intrigues "à suivre", faisant de ce film un véritable résidu d'inutilité attendant les volets suivants pour se terminer. Problématique également quand vos personnages sont peu convaincants, vos acteurs mauvais et votre direction artistique quelconque. Au point de trouver déjà plus plaisant Gods of Egypt (Alex Proyas). On peut plus ou moins parler de "film malade" en parlant du dernier film du réalisateur de The Crow. C'est clairement son plus mauvais film et on voit qu'il a voulu mettre des choses issus de son précédent projet "Paradise Lost". Le film est ambitieux, les plans varient entre le beau et le mauvais, les idées sont parfois sérieusement WTF, certains acteurs cabotinent  comme pas possible (décidément Gerard Butler n'a jamais réussi à passer le cap post-300) quand d'autres ont l'air plus absents. 

gerard butler

"Borat a mieux parler de notre film que de Warcraft! Ahou! Ahou!"

Mais son récit est au moins intéressant à suivre, ce qui est déjà autre chose que Warcraft. Il est déjà plus plaisant de voir un film même mauvais qui a des idées (même mal représentées) qu'un film qui ne fait même pas le minimum syndical. Passons désormais aux déceptions et films moyens avec nos amis super-héros. Une année plutôt bien garnie comme le confirmera encore le top 10, mais qui aura beaucoup déçu comme le prouve Suicide Squad. Subissant les aléas de son studio de fabrication, le film de David Ayer ne s'avère pas mauvais, au mieux sympathique, au pire moyen. Le problème principal étant qu'il n'est pas le film qu'on nous a vendu. Entre des bandes-annonces qui dévoilent des plans qui ne seront pas dans le film (ou se contredisant dans l'ambiance) et un film considérablement changé suite à des reshoots survenus après un premier montage présenté, Suicide Squad est devenu une oeuvre problèmatique entre une cohérence d'univers et un problème véritable d'identité. Sans compter des défauts dont votre cher Borat vous parlera davantage l'an prochain. Captain America: Civil War (les frères Russo) a beau donner la marchandise et bien introduire de nouveaux personnages, il a en revanche lui aussi bien du mal à se trouver une identité. Bloqué entre des éléments issus des films Captain America et une sorte de réunion d'Avengers qui tourne mal, Civil War a aussi bien du mal à justifier son titre.

Harley Quinn (2016)

Le film se contente de citer un run dans son titre et au cours du film pour faire joli, sans réellement s'intéresser aux problématiques passionnantes du comic-book. Il ne s'agit pas forcément de rester dans la fidélité, mais au moins d'utiliser un minimum certaines trames sinon cela ne sert à rien, si ce n'est vendre des livres pour en faire la promotion. L'apocalypse n'a pas vraiment eu lieu pour les X Men non plus. Pas que le film soit moyen, mais il symbolise une immense déception et surtout le volet le plus faible de la saga depuis... X Men Origins: Wolverine (Gavin Hood, 2009). Même Deadpool (Tim Miller) se révèle bien plus crédible de par sa simplicité jamais cachée. X Men Apocalypse (Bryan Singer) aurait pu être un grand film, il ne fait malheureusement que le service minimum et fait un peu n'importe quoi avec sa mythologie, là où le changement de timeline amenait justement à un remaniement logique. Il y a bien des chances que le glouton fasse oublier cette petite déroute en mars prochain. Money Monster (Jodie Foster) avait un potentiel, il ne fait pourtant que du surplace. Déjà vu et un brin téléphoné, il rappelle surtout beaucoup Mad City (Costa Gavras, 1997), ce qui renforce son aspect daté. Blood father (Jean François Richet) ne passionne pas plus, surtout aidé par un Mel Gibson en pleine forme, confirmant qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération. L'occasion aussi pour lui d'aborder des thèmes quelques peu autobiographiques comme l'alcoolisme ou la rédemption.

X_Men_Apocalypse__1_

Une rédemption atteinte ailleurs, mais on en reparlera. Le dernier opus des Tortues Ninja risque fort de s'imposer comme un petit nanar, fort d'un style décomplexé faisant plaisir à voir au détriment de passionner. On n'en demande pas forcément plus et il s'avère déjà moins sérieux que son aîné. The shallows (Jaume Collet Serra) est un film correct parfaitement délectable en plein été, mais pas forcément un film qui restera dans les mémoires. Le retour de Tom Cruise dans le rôle de Jack Reacher ne convainc pas vraiment. L'acteur peut faire ce qu'il veut, il ne peut faire tenir un script aussi peu intéressant et faible en scènes mémorables, là où son aîné cassait littéralement la baraque sans demander de pardon. La folle histoire de Max et Léon (Jonathan Barré) est honnêtement un bon film. Il n'en reste pas moins une petite déception, ressemblant parfois beaucoup trop à une série de sketchs avec un fil conducteur un peu trop faible. En comparaison, La cité de la peur (Alain Berbérian, 1994) a suffisamment de fil conducteur pour faire marcher ses gags sans problème. Passons désormais au fameux top 10. Ready? Go!

  • 10- Le garçon et la bête de Mamoru Hosoda 

Le garçon et la bête : Photo

Après un rattrapage vidéo de ses précédents films, votre cher Borat a réussi à voir le dernier film de Mamoru Hosoda au cinéma. Le garçon et la bête a su se frayer un petit chemin dans les salles, mais ce n'est pas encore maintenant que le réalisateur aura autant de distribution qu'un film de Hayao Miyazaki, visiblement le seul réalisateur japonais à exister pour les exploitants. Ce n'est pas le meilleur cru de son réalisateur, Les enfants loups Ame et Yuki (2012) ayant été un monumental coup de massue. Toutefois Le garçon et la bête est un sacré film, continuant les expérimentations techniques de son auteur. De même, la famille est toujours au centre des tribulations de ses personnages, cette fois-ci avec la relation entre deux pères et leur fils. L'un l'ayant élevé durant plusieurs années, l'autre le retrouvant après des années d'absence. A cela, Hosoda rajoute une nemesis plus que logique, pimentant un peu plus un film où la situation familiale principale est sur le point d'éclater. Mamoru Hosoda confirme son statut plus que légitime d'héritier de Miyazaki aussi bien par la sensibilité de conteur et par sa virtuosité de réalisateur.

  • 9- Arrival de Denis Villeneuve 

Premier Contact : Photo

Un peu moins d'un an avant la séquelle de Blade Runner, Denis Villeneuve confirme la singularité de son cinéma et fait une entrée fracassante dans la hard science. Le réalisateur canadien prend même le parfait contre-pied des trois films du même acabit sortis ces dernières années. Pas de survival en 3D comme Gravity (Alfonso Cuaron, 2013), ni d'épopée à travers les trous de verre à l'instar d'Interstellar (Christopher Nolan, 2014) et encore moins de comédie comme The Martian (Ridley Scott, 2015). Arrival se singularise par une sobriété et un côté anti-spectaculaire changeant radicalement des films précités. Une manière de se démarquer et d'aller vers une science-fiction finalement moins présente, reposant avant tout sur une coopération entre deux types d'individus (l'Homme et l'Extraterrestre). On ne peut pas trop parler de ce film sans le spoiler, mais il s'agit d'une belle oeuvre de science-fiction évoquant le temps, le médium du cinéma mais aussi le parcours émotionel d'une femme dont le but est de sauver le monde le plus rapidement possible. A ce titre, Amy Adams signe une des meilleures prestations, si ce n'est la meilleure, à la fois discrète et attachante. Il serait peut être temps de la mettre un peu plus en valeur, au détriment de certaines actrices un peu trop en vogue.

 

  • 8- Une vie entre deux océans de Derek Cianfrance

Une vie entre deux Océans : Photo Alicia Vikander, Michael Fassbender

Probablement l'ascenseur émotionel de l'année, le genre à faire sortir le kleenex régulièrement tant la beauté du récit est à en pleurer. Le film de Derek Cianfrance a d'ailleurs été beaucoup critiqué sur cet aspect potentiellement lacrymal, mais en soi le cinéma n'est-il pas fait pour émouvoir le spectateur, le faire rire ou pleurer ou les deux à la fois? Ou ce dernier a-t-il désormais honte de pleurer devant un film? Peut être un peu des deux, il n'en reste pas moins qu'Une vie entre deux océans est un beau et dur mélodrame et émeut de par la tristesse et la tragédie qui s'en dégage. Puis il y a évidemment le couple Michael Fassbender / Alicia Vikander absolument touchant et crédible. Pour la seconde fois, Cianfrance a fait les entremetteurs de fortune et c'est probablement l'alchimie de ce couple naissant qui en fait un duo parfait. D'autant que le réalisateur aborde les enjeux moraux à travers deux visions d'un même drame plus ou moins différentes (le remord d'un côté, l'amour possessif de l'autre). Après Blue Valentine (2010) et The place beyond the pines (2012), Cianfrance confirme son don pour évoquer des couples sur plusieurs époques, les cassant pour mieux les faire renaître ou pas. Dans tous les cas, des films réussis.

  • 7- Hacksaw Ridge de Mel Gibson

hacksaw ridge

 

Embourbé dans des projets qui ne se font pas notamment à cause de ses problèmes personnels, Mel Gibson est revenu tel un miracle. Tout d'abord en tant qu'acteur cet été, puis comme réalisateur cet automne. Si Hacksaw Ridge a ses défauts (notamment une tendance à sacraliser un peu trop lourdement son héros dans les dernières minutes), il a un impact tel qu'on finit par en faire abstraction. Parcours intéressant d'un homme aux convictions fortes face à une hiérarchie ne le voyant que comme un boulet, le film prend une tournure fracassante dès que le personnage débarque sur le front. Imaginez la scène du débarquement d'Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg, 1998) multiplié par dix et vous aurez une certaine idée d'un film de guerre violent et sentant le souffre. Gibson aborde l'héroïsme dans les deux camps, ne faisant pas du Japonais un ennemi plus sanguinaire ou cruel que l'Américain, mais aussi en prenant le point de vue d'un père bouffé par les remords et la perte de ses amis. La guerre est plus que des dates, c'est avant tout la Mort qui rôde et les mains sales pleines de sang. Pas de la violence craspec, plutôt une certaine idée de la réalité et on ne remerciera jamais assez Mel Gibson pour avoir réussi à monter un film aussi particulier à l'heure où les films Restricted sont mal vus à Hollywood.

  • 6- The Nice Guys de Shane Black

The Nice Guys

Shane Black nous avait manqué, enfin le vrai Shane Black, celui qui croque ses propres personnages dans un environnement de pur pulp. The Nice Guys est là pour nous démontrer que le scénariste n'a rien perdu de son écriture punchy, faites de répliques bien senties et permettant à certains acteurs d'en ressortir grandi (Robert Downey Jr l'en remercie encore). Black reste dans un genre dont il est passé maître (le buddy movie), aligne des clins d'oeil ou archétypes de son écriture, se fait même plaisir en mettant en scène ses héros à une époque dont se contrefout la plupart du public (les 70's). Sans compter les situations absurdes et spectaculaires agrémentés par des personnages dépassés ou en apparence très forts. Black offre même un rôle en or à Ryan Gosling, parfait père alcoolique et piteux détective. Le réalisateur quant à lui se révèle plus posé, maintenant rôdé à la fois par un film du milieu personnel (Kiss Kiss Bang Bang, 2005) et un blockbuster pur jus (Iron Man 3, 2013). Un vrai régal qui rappelle à quel point Shane Black est indispensable au cinéma d'action depuis 1987.

  • 5- Elle de Paul Verhoeven

Elle : Photo Isabelle Huppert

Popaul le violent est enfin revenu et il n'est pas allé avec le dos de la cuillère. Si le film reste choquant dans ses thèmes, Paul Verhoeven ne cherche pas le trash, y compris dans sa scène de viol. Une scène qui va à l'essentiel, ne s'envenimant pas de plans vulgaires ou potentiellement dégueulasses. Une gageure d'autant que le réalisateur a déjà montré des viols dans son cinéma et s'évite une redite. Malgré un ton merveilleusement caustique, Popaul signe presque une pure comédie de moeurs avec une héroïne indépendante et fière de l'être face au Mâle qui rode et la désire. Sans compter des second-rôles tout aussi piquants et jubilatoires. Isabelle Huppert s'avère le choix parfait pour incarner l'héroïne, au même titre que Virginie Efira dans un rôle de sainte aux moeurs pas si catholiques. Par ailleurs, la scène du dîner de Noël tout comme l'accouchement réservent encore de beaux lots de fous-rires. En venant tourner en France et dans la langue de Molière, Popaul a tourné le meilleur film français de l'année et on l'en remercie.

  • 4- Batman V Superman: Dawn of justice de Zack Snyder

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Mutilé d'environ trente minutes lors de sa sortie en salle, Batman V Superman nous est revenu plus beau, plus propre et plus ravissant encore à travers un beau ultimate cut que l'on peut qualifier de "director's cut". BVS avait déjà un impact fort, il en a d'autant plus dans sa version définitive. Zack Snyder continue à explorer Superman en le confrontant à une nemesis pleine de rage et de violence. Une certaine chauve-souris faisant son retour sur grand écran à travers Ben Affleck, bien plus convaincant qu'en Homme sans peur. Alimenté par un psychopathe en puissance, le duel est avant tout idéologique, d'un côté l'ombre de l'autre la lumière, l'Homme face au Dieu, la peur contre l'espoir. Snyder ne fait pas de cadeau avec ses personnages principaux, explorant leurs failles et des facettes inexplorées jusqu'à présent (Clark Kent en enquêteur, Batman ultra-violent comme sorti de The dark knight returns). En ramenant un peu de mythologie dans l'univers du super-héros, Zack Snyder a probablement signé son film le plus ambitieux, conspué en début d'année, avant d'être réévalué au bout de quelques mois. Les vrais étaient là dès le départ.

  • 3- Zootopie de Byron Howard et Rich Moore

Flash

L'année de Disney fut pour le moins exceptionnelle aussi bien commercialement (entre Marvel, Pixar, Lucasfilms et la filiale mère, ils battent la concurrence à plate couture) que qualitativement. Si Moana (Clements, Musker) a démontré que Disney sait toujours aborder les récits d'aventure aidé par le savoir-faire de réalisateurs plus que rôdés, Zootopie a confirmé tous les espoirs entraînés par plusieurs productions animées de grande qualité. Disney est en plein troisième âge d'or et Zootopie apparaît véritablement comme le sommet. Film policier véritable doublé d'une comédie de moeurs bien sentie, le film est un joyeux cocktail où il fait peut être un peu trop bon vivre. Les apparences sont souvent trompeuses, les magouilles règnent toujours en maître derrière un soi-disant discours de tolérance. On ne peut pas dire que le studio fait dans la dentelle, y compris en se payant la police et son manque de tact ou l'administration dévoilée à travers des paresseux! Ce qui en fait peut être le film du studio le plus adulte, le moins ciblé sur un public en particulier aussi depuis... Atlantide l'empire perdu (Wise, Trousdale, 2001).

  • 2- The Strangers de Na Hong Jin

The strangers

La Corée du sud a considérablement posé sa patte sur cette année cinématographique, dégommant même les américains à leur propre jeu (le jubilatoire Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho). Si d'autres beautés nous attendent l'an prochain (The age of shadows de Kim Jee Woon, Tunnel de Kim Seong-hoon ou Okja de Bong Joon-ho), cette année fut bien chargée avec le nouveau film du réalisateur de The chaser en point de départ. Le réalisateur quitte le polar pour entrer dans le fantastique. Découpé en deux grosses parties (une plus policière, l'autre allant très loin dans l'autre genre précité), The Strangers remue, fait mal et marque considérablement de par certaines idées laissés parfois à l'interprétation du spectateur. Une descente aux enfers qui ne laisse aucun échappatoire à ses protagonistes, y compris dans son final. Imaginez un peu L'exorciste qui rencontre Memories of murder et vous vous ferez une petite idée de ce petit bijou, confirmant définitivement Na Hong Jin comme une valeur sûre d'un cinéma sud-coréen plus qu'indispensable.

  • 1- Mademoiselle de Park Chan Wook

Mademoiselle

Après un passage aux USA pour le moins hitchcockien (Stoker, 2013), Park Chan Wook revient avec une claque. Pas du même acabit que The Strangers, mais plus saugrenue, plus maîtrisée, moins violente. Chaque plan transpire de la minutie de son réalisateur, s'attardant sur le moindre détail, certains pouvant même échapper au spectateur le plus attentif. D'autant plus dans une intrigue moins complexe qu'elle n'y paraît. Le réalisateur se veut également moins fataliste qu'il ne pouvait l'être autrefois (souvenons nous des fins de Sympathy for Mr Vengeance et Old Boy), offrant même un brin d'espoir à travers un couple d'actrices absolument magnifiques à faire tomber amoureux (Kim Min-hee et Kim Tae-ri). Le réalisateur impose également un traitement de la sexualité d'une rare sobriété, filmant les corps avec délicatesse et une sensualité à toute épreuve. Une gageure à l'heure où un grand nombre de scènes de sexe repose sur la vulgarité, voire le rentre-dedans. Mademoiselle s'impose même comme le cru favori de votre cher Borat dans la filmographie de son réalisateur. En tous cas, c'est certainement le film le plus passionnant de cette année et aussi le plus passionné.

 Pour terminer voici les coups de coeur de cette année, en vous souhaitant la bonne année! 

  • The Hateful eight de Quentin Tarantino
  • Creed de Ryan Googler
  • Summer camp d'Alberto Marini
  • Freaks of nature de Robbie Pickering
  • Cooties de Jonathan Milott et Cary Murnion
  • Steve Jobs de Danny Boyle
  • Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson
  • Deadpool de Tim Miller
  • The revenant de Alejandro Gonzalez Inarritu
  • Moonwalkers d'Antoine Bardou Jacquet
  • Saint amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern 
  • Room de Lenny Abrahamson
  • Jodorowsky's Dune de Frank Pavich
  • Midnight Special de Jeff Nichols
  • Le livre de la jungle de Jon Favreau
  • Krampus de Michael Dougherty
  • Hana et Alice mènent l'enquête de Shunji Iwai
  • The neon demon de Nicolas Winding Refn
  • The Witch de Roger Eggers
  • Le monde de Dory d'Andrew Stanton
  • The Conjuring 2 de James Wan
  • Le bon gros géant de Steven Spielberg
  • Jason Bourne de Paul Greengrass 
  • Ghostbusters de Paul Feig 
  • Star Trek Beyond de Justin Lin
  • Pete's dragon de David Lowery
  • Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho
  • Kubo and the two strings de Travis Knight
  • Don't breathe de Fede Alvarez 
  • The accountant de Gavin O'Connor
  • Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier 
  • Alliés de Robert Zemeckis
  • Moana de Ron Clements et John Musker
  • Rogue One de Gareth Edwards