La bande de Peter Quill fait une mauvaise opération auprès du peuple Souverain, ce qui les amène au père de Quill...

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Comme évoqué encore récemment dans l'Antichambre de Borat, le Marvel Cinematic Universe a beaucoup de mal à convaincre. Malgré deux phases bien remplies depuis 2008 (on en est à la troisième depuis Captain America: Civil War), le MCU se démarque peu généralement des autres blockbusters, voire se conforme dans quelque chose de déjà vu ailleurs (et souvent en bien meilleur). Pire encore, les films Marvel se réclament souvent du simple teasing, avec des personnages parfois à peine écrits ou installés par des scènes post-génériques plus lassantes qu'instructives. La preuve évidente avec Hawkeye (Jeremy Renner) intégré dès Thor (Kenneth Branagh, 2011) sans réel background (il apparaît quelques minutes et c'est tout), avant d'en voir un semblant dans le ventre mou d'Age of Ultron (Joss Whedon, 2015). A force de faire dans ce type de pratiques, on a plus l'impression de voir les épisodes d'une série télévisée que des films de cinéma. Certains aiment cela, revendiquant un aspect digne des comics. Sauf que très souvent ce qui marche sur papier ne fonctionne pas toujours au cinéma, le MCU le confirmant très régulièrement. C'était la différence avec Les gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014) où la Marvel a plus ou moins donner carte blanche au réalisateur, surement à cause du côté atypique du projet et de la moindre popularité des personnages. 

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo

Le film était finalement assez indépendant du MCU, même s'il y avait des allusions directes qui n'envahissaient pas le film (au contraire d'Ant Man). Ce qui marquait aussi avec ce film c'était sa direction artistique monumentale et n'ayant rien à voir avec la banalité de films antérieurs ou postérieurs de l'univers. La suite de ce qui est honnêtement le meilleur film de la franchise était forcément attendue. (attention spoilers) Dès les premières minutes, on sent que Marvel se donne les moyens de faire du vrai cinéma, qu'il ne s'agit pas seulement de payer des sommes mirobolantes de cachets (il n'y a qu'à voir les cachets monstrueux de Robert Downey Jr pour s'en rendre compte). Le générique est probablement la meilleure scène du film ou tout du moins la plus ambitieuse. Partant de Baby Groot sur Mr Blue Sky (Electric Light Orchestra, 1977), le générique se déroule en ne suivant que son point de vue, jouant sur un arrière-plan plein à rabord d'événements en parfait décalage. Une manière comme une autre de jouer avec les attentes du spectateur qui auront tout le temps d'admirer les scènes d'action du film par la suite, que ce soit dans l'Espace ou au sein même d'une planète. Des scènes d'action spectaculaires et souvent inventives (le piège forestier est savoureux, tout comme le dézingage de l'équipage) renforçant la beauté des CGI utilisées pour un space opera au top visuellement.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Kurt Russell

 

Evidemment Gunn joue sur l'aspect bigger and louder des suites et il n'y a qu'à voir son climax pour s'en rendre compte. On peut aussi citer cette scène délirante où Nebula (Karen Gillian) et Gamora (Zoé Saldana) s'affrontent à bord de vaisseau ou avec un énorme canon sur le dos! Le réalisateur reprend également le principe du prologue et annonce le personnage important du film, le père de Peter Quill aka la légende Kurt Russell. Le premier film abordait la relation entre Peter (Chris Pratt) et sa mère (Laura Haddock) en se focalisant en grande partie sur les cassettes audio qu'elle lui a offert avant de mourir. Ce second opus met donc en avant la relation père-fils inexistante depuis sa naissance. Là où Gunn gagne finalement des points c'est en faisant de ce personnage la némesis de son propre fils. Le rapport est différent de la relation entre Dark Vador et Luke Skywalker par exemple. Ego est un être manipulateur cherchant avant tout à exploiter les pouvoirs de ses multiples enfants (un beau filicide) pour perdurer. Si Vador veut avoir Luke à ses côtés c'est pour en faire son allié, pas un pantin à sa solde, puisque d'une manière ou d'une autre, il aime son fils. Ce n'est pas de l'amour qui ressort d'Ego et Gunn réussit même à en faire un salaud en puissance le temps de quelques révélations.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Zoe Saldana

Le coup de poignard dans le dos par excellence. En jouant sur le parfait contre-pied (tout le monde avait hâte de voir le père Quill et finalement...), Gunn réussit son méchant car inattendu et fourbe. Par la même occasion, Gunn n'hésite pas à jouer de la puissance émotionnelle de paroles et sous-entendus crus, laissant entrevoir une certaine violence. Hormis quelques bribes à droite et à gauche, on n'avait jamais vu un tel ressenti émotionnel dans le MCU. Pour cela, n'oublions pas la dernière scène pré-générique de fin ornée de la magnifique chanson Father and son (Cat Stevens, 1972). Comparé au premier film qui jouait beaucoup sur l'aspect pop, les chansons sont plus significatives. Que Gunn utilise cette chanson à ce moment précis est symbolique, car elle parle du dialogue entre un père et son fils désirant partir du cocon familial. Ce qui renvoie directement à la relation amour-haine entre Peter et Yondu (Michael Rooker). De la même façon, Brandi you're a fine girl (Looking glass, 1972) est une métaphore d'Ego pour parler de sa relation avec sa compagne. Comme le marin de la chanson, il l'aime mais son amour est la mer / sa planète. Puis il y a The chain (Fleetwood mac, 1977) pour montrer le fils prendre son destin en main. Gunn mise également plus sur le comique de situation et l'équipe semble s'être bien amuser, gêrant mieux les personnages. Puis ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir Howard the duck dans une maison close en même temps que Stallone! (fin des spoilers)

Une suite réjouissante et ressemblant vraiment à un film de cinéma avec ce qu'il faut d'argent à l'écran. Comme quoi ce n'est pas difficile Marvel, suffit d'y mettre un peu d'amour...